NOSTALGIA, le Blog qui fait oublier les tracas...

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Em Clemau sei Footzegge : April 2019

Liewe Nostalschia Lèsa, Ich bin im momènt gonz Fetzaywellt…

Ich Souhre schoun sayt zway wourhe may Schègghäft unn finnes nimmé…

Es iss doch änfarh se finne, es hat so E blaua Deggel unn de noomme vunn de Bonk schteht in goldischa schrift drouf. Obna’s klawe oda nit, Ich finnes nimmé !

Ich koomisch norh genaou earinnere von Ich’s om letchdde mool benoutz honn.

Das wa wie Ich mayna frayndin E esse inna wouaschdboud in Fouabarh betzalt honn…

Ich konn misch norh genaou earinnere, 8.60 € honn Ich domols betzalt.

Als Ich hèmm koum bin, honnisch das Schègghäft onn say noamales platz hingeleht, in E Pabbeldeggelscharggel (!) wo Ich aus sichahâtsgrind imam im Gaade unna’s Kaminholtz veschdégge. Awa déa wa nimmé do… Ich honn die 12 Schdère Holz di gonz Wourh änzelt eroumgedrät unn honn nix gefoun…

Donn Honn Ich gedènkt daas Ich’s sunschwo hingeléht honn, doat wo Ich’s Baaggeld noamal hinlèhe, gonz ounne inn de Congélateur inna louftdischdde Toutt…

Doat was awa a nit… Donn honn Ich de gonze Daa die 250 Kg ingefrorenes in de Congélateur widda ingeraoumt, honn im Wéschkoab noogelouht, im Kloo, unn sogga im bett unna de Matratz wo Ich die Bonk Ausiesch unn die Schdayatzéddele hinléhe.

Nix se marrhe, das ding wa endgildisch veschwunn !

Das hatt mich séah geèyaht weil Ich a E Spänd fa die Notre-Dame Kathédraal honn wille marhe. Als Ich gesihn honn das die Familie Arnaud unn Pinaud E bissie vunn hrem geld gènn honn donn honn  Ich gedenkt das Ich a E bissie, im vehälniss zu maynem inkoume, spènde kind…

Un Jetz bin Ich in de Klèm…

Wie soll Ich don mayne 2.35 € hinschigge ohne Schègghäft ? Ich honn das gonze Minz ouf die Poscht im doaf gebroung (Ja, mia honn norrh änni !) awa das liewe Mädde hat ma gesaat dasses vebott wéa geld imme Päksche oder mit Chronopscht se veschigge…

Ich Bin so rischdisch vetzeifelt wail Ich Jetz widda E nayes Schègghäft beschdelle muss wo das alte eascht 8 joah ald wa unn fascht nit benoutz wa…

Hoffentlisch doud das nit de widdaoufbaou voun de Kathédraal vetzöggere, unsa Macronix dea Galia hat jo veschprohr das die in 5 Joah widda oufgebaout wèa…

Wenn ebbes nit klabbe soll donn klappt’s halt nit… Es is lèdda soo !

So, liewe lèsa, bis donn, bleiwe gesound unn bis zoum nägschdde moohl !

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Et voici la version sous-titrée pour les non-Plattophones :

Chers lecteurs de Nostalgia, je suis en ce moment complètement désespéré…

Ça fait 15 jours que je cherche partout mon chéquier et je n’arrive plus à mettre la main dessus.

Il est pourtant facile à reconnaître, il a une belle couverture bleue avec le nom de ma banque écrit dessus en lettres dorées.

Eh bien, croyez-le ou non, impossible de le retrouver !

Je me souviens pourtant très bien de la dernière fois que je l’ai utilisé, c’était lors d’un repas que j’avais offert à mon amie en février  2016  dans un snack à Forbach.

Je me souviens même du montant de ce chèque : 8.60 €… En rentrant, je l’avais rangé à son endroit habituel, un carton que je cachais, par mesure de précaution, dans le jardin sous le bois servant à allumer la cheminée…

Eh bien figurez-vous qu’il n’y est plus ! J’ai retourné morceau par morceau les 12 stères de bois pendant toute la semaine et je n’ai pas réussi à remettre la main dessus…

Ensuite, je me suis dit que je l’avais peut être rangé ailleurs, à l’endroit où je planque l’argent liquide, au fond du congélateur dans un sachet hermétique…

Eh bien il n’y était pas non plus. J’ai passé la journée à remettre les 250 kg de produits surgelés en place, à fouiller dans la corbeille à linge sale puis dans les WC et même sous le matelas, là où je mets habituellement mes relevés de banque et ma déclaration d’impôts rien, mon chéquier a définitivement disparu !

Ça m’embête beaucoup car je voulais également faire un don pour la reconstruction de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Lorsque j’ai vu que les familles Arnaud et Pinaud ont donné un peu de leur argent, je me suis dit que moi aussi je devais participer à cette reconstruction en faisant un chèque en rapport avec mes revenus…

 

https://static.blog4ever.com/2016/02/814449/artfichier_814449_8211934_201905154126652.jpg

 

Et maintenant je suis coincé… Comment faire pour envoyer ma participation de 2.35 € si je ne retrouve pas mon chéquier ?

J’ai ramené des espèces au bureau de Poste du village (oui, on en a encore un !) mais la gentille dame à la réception m’a dit que c’était interdit de les envoyer par colis postal ou par Chronopost…

Je suis désespéré et je vais être obligé de commander un nouveau chéquier alors que celui-ci  n’avait que 8 ans et n’a pratiquement pas servi…

J’espère que cela ne retardera pas la reconstruction de cet édifice que notre  Macronix le Gaulois nous a promise avant 5 ans !

Décidément, quand ça ne veut pas ça ne veut pas…  C’est malheureusement ainsi…

En attendant, à bientôt chers amis lecteurs et portez-vous bien !

 

 

Lire les autres billets d'humour :

Billet Février 2018 (Changements de Présidents) 

Billet Mars 2018 (Le catalogue russe) 

Billet Avril 2018 (La grève à la SNCF) 

Billet Mai 2018 (N. D. des Landes - Le prix Eurovision) 

Billet Juin 2018 (La coupe du monde) 

Billet Juillet-Août 2018 (La canicule) 

Billet Septembre 2018 (Macronix le gaulois) 

Billet Octobre 2018 (Nouveau Gouvernement) 

Billet Novembre 2018 (Gilets jaunes etc...) 

Billet Décembre 2018 (Cadeaux de Noël) 

Billet Janvier 2019 (La cagnotte) 

Billet Février 2019 (La tempête de neige) 

Billet Mars 2019 (La vie en jaune)

 

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15/05/2019
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J.F. Hurth : Police, Sexe et Harmonica

Amédée FOUILLARD n'était pas Shérif, juste Officier de Police du district de NOIREMINE, une ville qui "était une fois dans l'Est".

Ce fin limier était chargé de la sécurité des 17.216 habitants qu'on appelait les "NOIREMINEURS".

Et l'on pouvait dire que la ville était bien gardée, pas comme à  MARSEILLE où même les Arabes n'osent plus sortir le soir.

Quant aux NOIREMINEURS, beaucoup d'entre eux passaient leur journée sous terre, dans le monde du charbon, de l'obscurité et souvent de la peur.

Mais de retour chez eux, dans leur coron de surface, la télé les rassurait tous les soirs, en leur annonçant des misères et des catastrophes bien plus grandes, mais qui avaient lieu ailleurs. Alors la vie redevenait belle et la trouille plus facile à vivre.

 

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A NOIREMINE un jour, le drame eut lieu quand même.

Amédée Fouillard a 47 ans. Son épouse TATYANA est une splendide Biélorusse d'importation, de couleur blanche.

Charpentée comme une nageuse Soviétique, à l'exception de deux seins audacieux, elle a dû laisser tomber sa profession de vétérinaire, en même temps que tombait le mur de Berlin. Or, l'ensemble tombait bien, car Tatyana, grâce aux frontières désormais ouvertes, put arriver en France sans armes ni bagages car aucun de ses diplômes n'y fut validé.

Alors, amoureuse du monde animal comme elle l'était, c'est sans hésitation, ni embarras du choix d'ailleurs,  qu'elle accepta d'exercer sa passion et ses connaissances, à l'abattoir municipal, en qualité de "désosseuse" de 1ère classe.

Amédée et Tatyana eurent deux enfants, conçus amoureusement et selon les préceptes d'une fameuse méthode. Celle du Dr. "HO GINO", un gynécologue Asiatique de couleur jaune, nippon ni mauvais mais bien allumé quand même, car il voulait réguler les naissances dans le monde entier, grâce à une méthode qui portait son nom, mais qui ne fonctionnait que lorsque les couples ne couchaient pas ensemble.

Le corollaire de cet échec contraceptif, se traduisit par des milliers d'enfants qui dès leur naissance faisaient tirer la tronche aux parents, quand ce n'est pas le couple qui se défaisait, chacun accusant l'autre d'avoir couché ailleurs.

Il faut aussi préciser que le  Dr. HO GINO avait de bonnes raisons d'en vouloir aux femmes.

Oui, à la fin de la guerre, deux de ses maîtresses n'eurent  même pas  la courtoisie de le prévenir de leur disparition. 

L'une à HIROSHIMA, à la suite d'une fausse couche, l'autre à NAGASAKI dans un accident de voiture, pas loin de la gare.

Rappelons qu'il a définitivement cessé de vivre dans les années 70. Mais, dans certains EHPAD, quelques unes de ses anciennes victimes, lui en veulent encore derrière leurs déambulateurs.

Mais revenons à l'Amédée Fouillard qui dans son rôle de justicier local, était très occupé par le grand banditisme qui régnait dans sa ville.

C'est à regret qu'il mettait ses malfrats au violon, alors qu'il jouait bien mieux de l'Harmonica. BANDITISME oui !

-  Dans les maisons de retraite où l'alcool, la drogue et une prostitution déferlante, faisaient des ravages.

- Dans les écoles primaires où les maîtres étaient confrontés au terrorisme des élèves, qui exigeaient avec la complicité des parents, la suppression des mauvaises notes et la traumatisante correction à l'encre rouge.

- Plusieurs cas de "radicalisation" avaient été signalés chez les 3ème année de maternelle, sans compter un spectaculaire vol de "GABARDINE" dans le vestiaire du centre culturel, lors d'une soirée LOTO, animée par GINETTE.

C'est ce crapuleux délit qui mit la ville en émoi. Dès le lendemain la presse parlait du scandaleux vol de l'unique manteau d'ALBERT, un unijambiste qui venait de perdre sa femme RAYMONDE, la redoutable patronne du Café du Commerce.

Le journal louait aussi le courage de GINETTE  qui avait malgré la panique des joueurs, su mener son LOTO au bout et remettre leurs cadeaux aux champions.

Or l'enquête menée rondement par Amédée FOUILLARD, démontra qu'ALBERT, qui s'était lui-même dérangé pour assister aux obsèques de sa femme, portait bien la GABARDINE au cimetière.

A partir de ce moment là l'enquête piétina et la presse ne ménagea pas Amédée, malmené qu'il fut par d'incessantes critiques.

C'en fut trop. Même jouer des heures à l'Harmonica ne le calmait plus. Fouillard à force de côtoyer les rivages de l'immonde et par peur de dévisser, se mit à chercher un exutoire dans la pratique du sport. Et ce fut le Tennis !

Membre Fondateur du club de NOIREMINE, ses obligations sont grandes et les nombreuses réunions du Comité Directeur, souvent arrosées comme des troisièmes mi- temps, se terminent très tard et en chansons paillardes, avec l'Amédée à l'Harmonica.

TATYANA sa Biélorusse désosseuse d'abattoir de 1ère classe, n'aime pas trop ces absences et parfois même trouve au retour de ces nuits, que l'haleine d'Amédée est fort chargée...voire désagréable. Souvent endormie, elle ne connaît pas non plus l'heure à laquelle il rentre, bien qu'il prétende invariablement : "Il est juste... 1H 10' ma chérie".

Mais cette nuit-là il est 4H47',  lorsque notre flic musicien, ouvre la porte avec une prudence fébrile. 

Mais laissons Amédée FOUILLARD lui-même,  vous raconter comment les choses  se sont passées ce soir-là...

Je ferme la porte d'entrée qui couine et j'attaque la montée d'escalier. Un putain d'escalier, avec ses 17 marches puant la vieille cire, gémissant d'usure et qui me fait tousser deux fois, avant d'ouvrir la grinçante porte de l'appartement.

Je traverse le salon sans me cogner, je réprime en douceur un rot de moyenne intensité, je traverse le bureau et je vois la chambre conjugale entr'ouverte.

Mon exquise Tatyana dort d'un sommeil angélique, lovée... et légèrement découverte à hauteur du genou gauche.

Et là,  je me souviens fort bien. C'est le moment où surgit "L'Idée fixe". Oui ce genre d'idée qui arrive dans un coin du cerveau, là où le bon sens est difficile à localiser.

Lorsque je vois le galbe raffiné, la blancheur suggestive et le grain parfait de cette jambe slave, faiblement éclairée par le rayon blafard d'une lune opaline, suspendue comme un gigantesque testicule, dans un ciel constellé d'étoiles... ALORS !!

Alors, je remercie le "Très Haut" de m'avoir permis de conserver intact mon cerveau reptilien, celui qui justement rappelle impérativement aux mammifères que nous sommes, les besoins vitaux :

- MANGER - BOIRE - DORMIR et, se REPRODUIRE !!

Hâtivement, je raccroche le  Holster d'où dépasse la crosse de mon 357 magnum de service.  

Les enfants sont chez les parents, ça tombe bien et mon pantalon aussi. Dès lors l'idée fixe s'accélère exponentiellement.

Trois mètres plus loin c'est la chemise et, plus loin et plus fébrilement encore tout le reste, sauf une chaussette que je ne quitte que pour la Saint Valentin.

En extase je frôle de ma main experte ce genou offert et je ne remarque pas que TATYANA à peine éveillée, me regarde de l'œil inexpressif d'une désosseuse professionnelle, examinant un quartier de viande.

- C'EST QUI ?... qu'elle démarre avec la rudesse de ces slaves victimes de l'émigration, juste après les affres de la seconde guerre mondiale.

- C'est moi mon amour que je murmure d'une voix déjà rauque...

- C'EST QUELLE HEURE ?... poursuit-elle en se retournant avec une petite fuite d'un bruit délicieusement incongru et laissant dans le même mouvement exposée en liberté, une moitié de fesse charnue et appétissante.

C'est 1H 10' que je précise à 4H38', titulaire d'une dose d'alcoolémie propice aux "idées fixes"

A ce stade du récit,  il n'est pas inintéressant de rappeler ce qui dans le même segment de temps, se passe dans le reste du monde:

- A Colombey-les-deux-Eglises, De Gaulle vient d'achever ses "Mémoires de Guerre".

- A Guéret dans sa Creuse natale, Poulidor rêve d'un gilet jaune

- A Frankfort, de retour chez lui, Cohn Bendit vient de fêter ses 24 ans     

- A Noiremine, dans la salle de bain, Ginette compte fiévreusement ses bénéfices du Loto.

- A Hazebrouck dans le Nord,  il fait 14° avec un vent faible.

                             

* * * * * * * * * * 

 

Je tente alors le tout pour le tout, en engageant ma jambe droite et froide dans le lit tiède.

Tatyana soliloque immédiatement quelques mots dans un sabir franco/Stalinéen qui échappent à l'Officier de Police imprudent que je suis.

Car je n'ai pas compris que ses paroles étaient en réalité une mise en garde, mais encouragé par "l'idée fixe",  j'engage alors le reste de mon corps dans le lit douillet et convoité.

ERREUR TOTALE ! Le combat fut immédiat, sans concession, d'une violence inouïe !

Epilogue du drame :

Bouté hors du lit conjugal Amédée FOUILLARD se relève avec la dignité, dont seuls les hommes savent faire preuve dans ces situations là.

Sans chemise, sans pantalon, il se dirige vers la cuisine, la tête entre les épaules et "l'Idée fixe" désespérément mobile entre les jambes.

Sur le carrelage glacé, pieds nus devant le réfrigérateur de marque "BRANDT" la fierté du ménage, il termine un yaourt périmé et, avec le délicieux accent des courageux ressortissants de la Moselle/Est, on peut l'entendre dire !

Un jour... oui un jour… je l'aurai, je l'ôôrai !

  

Pour conclure ce dossier, soyons objectifs.

La vie d'Amédée FOUILLARD n'était  pas une sinécure avec GINETTE  au loto, TATYANA  au lit et une affaire de "GABARDINE" jamais résolue.

Mais le temps passa, l'heure de la retraite d'Amédée avait sonné depuis longtemps, lorsque GINETTE fut mise en terre quelques années plus tard.

Au cimetière le temps était maussade ce samedi 27 Avril 1969.

C'est à la demande d'ALPHONSE le mari de la défunte, qu'Amédée joua  l"Ave Maria" de Schubert sur son Harmonica chromatique, histoire de mettre l'ambiance à la descente du cercueil.

 

harmonica.jpg

 

Tout le gratin du Loto était là, même le beau- frère du Maire, avec son uniforme de pompier et des espadrilles neuves.

Et subitement, il se mit à pleuvoir très fort au cimetière de Noiremine et, l'ancien flic avait oublié son parapluie.

Tiens prends le mien, que lui fait l'ALPHONSE avec un clin d'œil de jeune veuf en liberté.

La GABARDINE que j'ai sur le dos, c'est une sacrée qualité, ça laisse rien passer.

Je l'ai trouvée  ce matin dans les affaires de… GINETTE.      

 

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11/05/2019
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Jean-Lucien Miksa : Retrouvailles au pays des lutteurs

Jeudi le 25 avril je reçois un appel téléphonique d'un vieil ami, Norbert Krause que j'ai rencontré pour la première fois en 1968 et revu une seule fois en 1986.

Il me demande si je venais au repas des anciens lutteurs qui aura lieu le dimanche qui suit, le 28 avril. J'ai répondu que j'allais faire tout mon possible pour être présent ce jour-là.

Je joins par Facebook notre ancien entraîneur Raymond Fullenwarth qui m'envoi vers Joseph Aronica, l'organisateur de ces retrouvailles (avec Patrick Schaeffer).

Joseph que je ne connaissais que de renom, m'avoue que le quota est atteint, mais sa générosité fera qu'il ajoutera une chaise à la tablée afin que je prenne part à la fête.

J'étais ravi.

Pendant les deux jours qui suivirent je n'ai fait que penser à cette ancienne équipe de Stiring-Wendel dont je faisais partie il y a déjà si longtemps, c'était fin 1969.

Je revoyais les autres membres de cette prestigieuse équipe et me remémorais les clubs contre lesquels nous disputions des combats. Il y avait au plus près Petite-Rosselle, Freyming-Merlebach et Sarreguemines. Un peu plus loin Maizières-lès-Metz, Hayange, Algrange.

Nous luttions aussi en championnat de Sarre en Allemagne en ligue B et puis en ligue A où nous fûmes champions deux années consécutives.

Les villes adverses qui me restent en mémoire sont, Sarrebruck Saar09, Guersweiler, Sankt Ingbert, Riegelsberg, Fürstenhausen, Heusweiler, Koelerbach et d'autres encore.

Je revoyais nos déplacements en championnats de Lorraine, de France, à l'étranger (Belgique, Luxembourg), bon sang tout était si clair comme si c'était hier.

Je mesurais l'énergie et la volonté qu'il fallait déployer pour gagner un combat.

A cette époque les tapis de luttes étaient encore de forme carrée, les combats duraient trois fois trois minutes sur le tapis, le temps passé en dehors du tapis n'était pas compté, certains combats duraient non pas neuf mais jusqu'à vingt minutes.

Il était interdit de boire de l'eau pendant les combats, parfois l'entraîneur mouillait discrètement notre serviette pour nous humidifier les lèvres.

Quelles belles souffrances ! Je revoyais la solidarité du groupe, tant aux entraînements que le jour des combats, nous ne formions qu'un seul homme, tous derrière celui qui était sur le tapis. Mon Dieu, comment cela était-il possible ?

Et quelles belles rigolades après les rencontres, les chants que nous avaient appris Monsieur Wolf, la fierté de notre président Houllé ancien champion de France, tous ces souvenirs rendaient mon attente pénible, j'avais hâte de retrouver ces amis avec lesquels nous chantions une vieille chanson de lutte en allemand : Ringer du alleine, du allein sollst meine freude sein (lutteur toi seul, toi seul doit être ma joie)…

Enfin le dimanche arrive, je prends mon véhicule et vais vers Henriville au restaurant Fayel. J'entre dans la salle et vois des personnes que je reconnais, le temps a façonné les visages mais les traits et les expressions de chacun n'ont pas changé. Je les salue et constate avec bonheur la joie qui s'exprime à chaque poignée de mains.

Au fil des minutes qui passaient d'autres lutteurs arrivent et une franche pagaille gagne les lieux. Les accolades se suivent et les rires fusent de toute part.

L'organisateur a beaucoup de mal à faire asseoir les lutteurs autour de la table et ce fut l'instant solennel ou ce dernier prit la parole pour remercier chacun d'avoir fait le déplacement. Il demande d'observer une minute de silence en mémoire des amis disparus au cours de ces dernières années.

Pendant l'apéro et tout le repas les discussions furent nombreuses, de petits groupes se formaient entre les plats pendant lesquels les souvenirs fusaient, les rires et une joie indescriptible. Nous étions tous pressés de raconter nos aventures et chacun a pu s'exprimer et a été écouté. C'est là que j'ai remarqué que chacun avait une bonne mémoire, mais que nous n'avions pas enregistrés les mêmes séquences et ce fut le jour de nombreuses découvertes. 

Je constatais que ces hommes, pour la plupart aujourd'hui sexagénaires et septuagénaires, étaient restés de vrais amoureux de ce noble sport, la lutte.

Tous ont mis les pieds sur un podium en championnat de Lorraine, certains sur celui de France, d'Europe, même du monde.

Il y avait des sélectionnés aux jeux olympiques, des sélectionnés aux équipes régionales et allemandes, quelle belle brochette de talents.

Les voir ainsi radieux, oubliant leurs tracasserie musculaires ou dorsales, était une vraie leçon de vie. A aucun moment je n'ai entendu de phrases négatives, de plaintes ou de regrets. Et pourtant les opérations d'hernies discales et autres séquelles physiques étaient en surnombre dans cette salle ce jour-là, mais rien ne le trahissait.

Le plus jeune avait 49 ans et le plus âgé en affichait 78 !

Beaucoup ont continué après leurs heures de gloire à transmettre leurs valeurs et savoir en devenant entraineur à leur tour, arbitres, d'autres en dirigeant des clubs de lutte, certains ont eu des responsabilités au sein de la Fédération Lorraine et Nationale de Lutte.

Belle reconnaissance à ces clubs perdus entre la France et l'Allemagne, comme titrait en son temps un journal parisien en parlant d'une manifestation de mineurs à Merlebach.

Les lutteurs de notre coin de France peuvent être fiers de leurs anciens, tout comme ces anciens sont fiers de ceux qui ont poursuivis leur histoire en les remplaçant sur les plus hautes marches des podiums. 

Ces hommes ont bien construit leur vie en dehors du sport, ce sport avec ses valeurs en a fait des mineurs, techniciens, ouvriers qualifiés, ingénieurs, chef d'entreprise et même commandant de gendarmerie. Aujourd'hui ils sont tous réunis autour d'un bon repas ou le tutoiement est de rigueur.

Notons que M. Cirk Waldemar ancien président du club de Sarreguemines a été un pilier dans l'organisation de la participation des clubs locaux pour évoluer en Sarre et a reçu la plus haute distinction de la Fédération Allemande à ce titre. Di Bartolo Vincent a été 4ème au championnat du monde, Di Lorenzo Carlo est encore de nos jours entraîneur au sein du réputé club allemand de Guersweiler. Empêché par ses responsabilités, M. Attardo Salvatore qui a été président de la Fédération Nationale de Lutte est aujourd'hui président de la Fédération du Grand-Est.

La lutte est une si vieille pratique dans nos clubs que certains ont combattus avant la création de la FFL (Fédération Française de Lutte) sous la coupe de la Fédération des Communistes.

Je ne peux citer le palmarès de chacun, mais beaucoup ont été plusieurs fois champions de Lorraine, de France et ont connus une brillante carrière au sein d'équipes allemandes.

Je remercier au nom de tous les participants nos amis Joseph Aronica et Patrick Schaeffer (tous deux multiples champions de France tout de même) qui a ont eu l'idée de ces retrouvailles et en ont été les valeureux organisateurs.

Merci à chacun d'être venu et avoir partagé ses souvenirs.

Merci également à Daniel Malnoury pour son talent de photographe, auteur des magnifiques photos de ces retrouvailles.

Merci aux propriétaires du restaurant Fayel de Henriville, tenu par Erwin Posselt et son épouse Lucienne, pour l'excellent repas servi d'une façon magistrale par le personnel qui avait en plus de notre tablée, à s'occuper d'un repas de baptême avec de nombreux convives.

En terminant d'écrire ces quelques lignes l'émotion me serre le cœur et j'adresse un chaleureux salut à tous ces camarades.

Joseph m'a annoncé en avant-première, que nos deux compères comptent remettre ça l'année prochaine en invitant les lutteurs de Metz et d'Allemagne.

Ils nous promettent de belles surprises pour ces deuxièmes retrouvailles.

Liste des participants (par ordre alphabétique) : Aronica Joseph, Beck Jean-Marc, Courbière Jean, Cirk Waldemar (et son épouse), Di Bartolo Aldo, Di Bartolo Vincent, Di Lorenzo Carlo, Durand René, Durand Pascal, Fath Louis, Fullenwarth Raymond, Hauguth Ralph, Hauguth René, Hundorf Marcel, Jopek Jean-Claude, Klosset Jacques, Kowarowski Didier, Krause Norbert, Malnoury Daniel (et son épouse), Mangin Jean-Pierre (et son épouse), Meiner Heini (et son épouse), Meiner Denise, Miksa Jean-Lucien, Romano Luigi, Nomane Hocine, Schaeffer Patrick, Zizi François. Trois anciens de Schoeneck dans cette liste : Raymond Fullenwarth (134 rue de la Frontière) Norbert Krause (103B rue du Coin) Jean-Lucien Miksa (132A rue de la Frontière).

Petites nouvelles sorties des "luttes news Grand Est n°58" :

- Yezza Marwane (Sarreguemines) termine 1er au tournoi international aux USA U20 lutte libre

- Luttenauer Emma (Sausheim) termine 1ère au tournoi international Gotham City New York U20 lutte libre féminine

- Sticker Quentin (Schiltigheim) termine 1er au tournoi international de Sarrebruck lutte libre

- Pour la troisième fois consécutive le comité régional du Grand Est devient le 1er comité de France (12 comités de région) grâce au travail exceptionnel des clubs

- Schiltigheim se classe 1er club de France, Sarreguemines 5ème, Maizières-les-Metz 9ème, Stiring-Wendel 13ème sur les 28 clubs du Grand Est

- Au tableau des médailles récoltées par les clubs, Schiltigheim est 1er avec 22 médailles, Sarreguemines 2ème avec 16 médailles et Stiring-Wendel se hisse à la 6ème place avec 5 médailles.

Ces résultats montrent que tant les dirigeants que les sportifs de notre région sont la preuve d'un enracinement du sport de la lutte au plus haut niveau.

 


 

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06/05/2019
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Clément Keller : Elle a eu chaud !

Le père Kolobanski (1) était cocu depuis pas mal de temps, et comme bien souvent dans ces cas-là, il en était le dernier informé.

Lorsque ses copains lui annoncèrent la nouvelle, il réagit comme la plupart des cocus du monde et refusa d'abord de croire ce qu'il appelait des ‘racontars’ puis pria incessamment ses amis d'arrêter de propager ce genre de ragots faute de quoi il leur montrerait de quel bois il se chauffait.

 

marche mineurs.jpg

 

Mais il devint tout de même un peu plus méfiant et fut pris d'un léger doute lorsqu'il surprit dans les conversations grivoises de ses amis, quelques points de détails qui le firent réfléchir. Il lui semblait que ses copains savaient certaines choses de sa vie privée qui ne concernaient à priori que sa femme et lui...

Quand ses doutes se transformèrent en certitude, il prit garde de ne rien laisser paraître de ses soupçons, et continua, mine de rien, à vaquer à ses occupations quotidiennes.

Il partait tous les jours travailler à la mine, sa musette sur le dos, et ne changea rien à ses habitudes qui puisse donner l'alerte à son épouse.

Ce n'était qu'un matin grisâtre de fin d’automne qu'il décida de prendre sa revanche.

Comme tous les jours, il déjeuna copieusement, récupéra la musette avec le casse-croûte et le ‘Kaffeeblesch’ (2) puis sortit de chez lui un peu avant treize heures pour aller prendre le train du poste d'après-midi. Il se permit même de lancer un sonore ‘à ce soir’ à son épouse qui était restée debout sur le pas de leur porte.

Il avait été informé par un ami digne de confiance qu’à peine arrivé à la hauteur du chemin qui coupait à travers la forêt, sa femme ouvrait la fenêtre qui donnait sur le jardin et faisait entrer son amant dans leur chambre à coucher.

Kolobanski avait rejoint sa bande d’amis du poste d’après-midi, les salua, parla de choses et d'autres, plaisanta comme à son habitude puis, prétextant soudain l'oubli de son paquet de cigarettes, quitta le groupe en confiant sa musette à son ami Boleslaw et regagna en courant la cité. 

Il arriva hors d’haleine devant chez lui et essaya aussitôt d'ouvrir la porte d'entrée.

Elle était bien évidemment fermée de l'intérieur, et les bruits de voix étouffés qu'il entendit à travers la cloison lui confirmèrent que Madame n'était pas seule à la maison...

Il contourna la baraque et entra dans le jardin. Au moment où il s'engagea dans l'allée, il vit une silhouette en bras de chemise sauter à travers la fenêtre puis s'enfuir en courant vers les bois. Il eut juste le temps de reconnaître le grand Wladek, mais cela n'avait dans le fond plus aucune importance, la seule chose qui l’intéressait c'était de donner une leçon mémorable à son épouse infidèle.

Il rebroussa chemin et retourna vers la porte d'entrée que sa femme avait ouverte entre-temps. Stanislas s'engouffra sans un mot à l'intérieur de la baraque en claquant violemment la porte derrière lui.

Son épouse légitime était livide et terrorisée. Elle le vit s'approcher de la cuisinière qui ronflait dans la pièce, et ne comprit pas pourquoi le premier geste de son cocu de mari fût de charger le fourneau avec plusieurs pelletées de charbon.

 

feu2.jpg

 

Elle pensait qu'il allait lui mettre une bonne paire de baffes comme il l'avait déjà fait en d'autres occasions (3), mais non, son Stanislas s'occupait exclusivement du fourneau.

Pendant quelques minutes elle essaya même de se justifier en balbutiant des explications confuses, mais le mari bafoué ne semblait prêter aucune attention à ses jérémiades, il s'occupait uniquement du feu.

Il activa la combustion en ouvrant le tirage au maximum et, toujours sans un mot, attendit, debout à côté du fourneau, que les plaques de cuisson soient rouges de chaleur.

L'inquiétude de la femme grandissait. Elle commençait à tourner nerveusement en rond dans la pièce, le visage défait et le regard absent.

Son mari n'avait pas prononcé le moindre mot depuis qu'il était rentré et elle se doutait bien qu'il n'ignorait plus rien de sa liaison coupable avec le voisin.

Ce qui l'inquiétait le plus c'était de ne pas savoir à quelle sauce elle allait être accommodée. Elle aurait préféré qu'il lui balance tout de suite une volée mais Stanislas Kolobanski restait de marbre et ne bronchait pas.

Le feu ronflait de plus en plus fort, et elle était de plus en plus inquiète...

Quand le père Kolobanski considéra que le moment était arrivé, il empoigna son épouse par la taille, la souleva sans effort apparent comme il l’avait fait lors de leur nuit de noces et la déposa sur la plaque de la cuisinière chauffée au rouge.

Il se contenta de lui crier que si elle avait le feu au c.., autant que ce soit vrai puis sortit de chez lui en claquant la porte du domicile de moins en moins conjugal.

La mère Kolobanski poussait des hurlements horribles. Le court instant qu'elle avait passé assise sur le fourneau lui avait occasionné des brûlures sérieuses et ses cris eurent vite fait de rameuter tout le voisinage.

Tous les habitants de la rue étaient maintenant rassemblés devant la baraque dans laquelle s'était déroulé le drôle de drame et ce furent les gamins qui propagèrent en premiers la mésaventure fumeuse dans la cité...

Le Kolobanski a assis sa femme sur la cuisinière et lui a brûlé le c.. parce qu'il l’a vu faire trico-traco (4) avec le voisin..."  

Sa vengeance d’homme bafoué n’avait duré qu’une dizaine de minutes et le père Kolobanski était reparti en courant vers la Halte-Schoeneck (5) pour ne pas rater son poste.

Il réussit de justesse à sauter sur le marchepied du train qui était déjà en marche et dans lequel l'attendaient ses collègues de travail.

Voilà, leur dit-il en récupérant sa musette, j'avais encore un petit problème à régler, mais maintenant c'est bon, on peut y aller !

Son petit problème était entre temps pris en main par une voisine charitable qui s'activait à calmer la douleur de la victime en lui enduisant copieusement la partie la plus charnue de son anatomie avec de vieux linges imbibés d'huile.

Il était bien sûr hors de question d’appeler un docteur, cette affaire était bien trop personnelle et la victime aurait dû répondre à plein de questions gênantes.

En tous cas, la leçon avait porté ses fruits. Wladek ne mettrait plus les pieds chez elle se dit-elle tout en essuyant d'un revers de main tremblante les larmes de douleur qui coulaient sur ses joues en feu…

Il n’y eut ni enquête de police, ni plainte ni nouveau drame.

La leçon avait porté ses fruits et, à partir de ce jour mémorable, Madame Kolobanski devint une épouse aimante et fidèle qui ne s’écarta plus jamais, si l’on en croit la rumeur publique, du droit chemin.

Le seul fait de penser à ce faux-pas extra-conjugal ravivait aussitôt en elle une vieille douleur à un endroit de sa personne que la décence m’empêche de nommer ici…

Ça aussi, c’était la Ferme de Schoeneck

 

(1) Les noms des personnages ont bien sûr été changés...

(2) Cliquez ICI pour voir à quoi ça ressemble..

(3) Oui, je sais, à l'époque certains maris faisaient peu cas des droits de la femme en général et de la leur en particulier !

(4) Inutile de vous faire un dessin je présume...

(5) Plus d'infos sur cet endroit en cliquant ICI

  

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02/05/2019
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J.L. Miksa : Expo sur la mine au centre Leclerc de Betting

Samedi 6 avril 2019.

Monsieur Eugène Ograbek, ancien mineur de fond du Nord et de Lorraine, a organisé une exposition sur le thème de la mine au Centre Leclerc de Betting.

Voyant une opportunité pour promouvoir mon livre "A l’ombre du charbon", il m'a demandé si je souhaitais y participer et c'est avec un grand "OUI" que je me suis lancé dans cette petite aventure.

Il a également contacté des amis avec lesquels ils représentent en tenue la corporation minière aux différentes commémorations des victimes de la mine, tant en France qu'à l'étranger, ce sont Patrick Frénoy et Robert Michel, qui sont venus à l'exposition accompagnés de leurs fils.

Il y avait également Gino Fauruzzo, ancien mineur âgé de 93 ans, Philippe Massing, un jeune de 23 ans passionné de la mine, Jean-Claude Rohr ancien mineur  qui a publié des livres sur la mine, Henry Sergent qui est auteur de livres sur les billets de banque, Jean-Louis Lewandowski ancien mineur et musicien confirmé, et moi-même.

C'est le vendredi précédent la journée de l'exposition que je vais retrouver Eugène à la mairie de Betting où deux agents techniques nous mettent à dispositions des tables, bancs et présentoirs sur pieds. Eugène remercie monsieur le maire qui est venu voir le chargement des effets prêtés par la ville.

Nous partons ensuite décharger l'ensemble au centre Leclerc où l'accueil est très agréable, le responsable entretien nous indique où ranger notre matériel, regarde avec nous comment alimenter en électricité le stand de Robert qui fera des projections de diapos et le surveillant du magasin jette un œil sur nos allées et venues.

La livraison s'est bien déroulée et chacun rentre chez lui.

Le samedi matin une demi-heure avant l'ouverture des portes nous nous retrouvons tous sur le parking et chacun prête main pour installer les tables, présentoirs et bancs.

Ensuite commence le déchargement des affaires de chacun où là encore les coups de mains se font sans compter et chacun met en place son attirail.

C'est Patrick qui a le plus d'objets, y compris deux mannequins taille réelle d'une femme du triage avec son panier de charbon et un mineur en tenue réglementaire.

Il a aussi plus de 70 lampes de mineurs de France et du monde entier (plus d'une trentaine en expo ce jour-là) et divers objets et outils pour l'exploitation du charbon. Jean-Claude partage ce stand en mettant en vente 4 lampes à flamme (allemande, polonaise, belge et française) ainsi que divers livres sur la mine.

J'occupe juste à côté de lui une petite place avec mes livres (deux contes pour enfant dont un bilingue franco-polonais, ainsi que celui sur les mineurs du jour).

Un peu plus loin il y a Philippe qui expose de magnifiques objets qu'il imprime en 3D (dont des lampes sur lesquelles sont représentés des sujets miniers, mais il est aussi capable de graver n'importe quel autre motif à partir d'image, photo, ou de scans).

Plus loin encore Robert et son fils exposent leurs casques, masques, divers objets miniers et projette des diapos sur la mine. Viennent la table et présentoirs sur pieds où Gino expose ses bas-reliefs et peintures sur la mine, une passion depuis toujours dit-il, c'est vraiment un beau travail fait avec passion et amour. Enfin Henri expose ses billets de banque et quelques monnaies en argent.

C'est un fin connaisseur en la matière et il a déjà publié trois ouvrages sur le sujet et en a un autre en préparation sur les billets imprimés en France pour d'autres pays.

C'était l'occasion de voir ou revoir les Napoléon, Richelieu, Pascal, Pasteur et autres billets beaucoup plus anciens.

La journée va débuter et arrive Jean-Louis, ancien mineur, professeur de musique et animateur pour égayer l'exposition par ses talentueuses interprétations au son de l'accordéon.

Il est infatigable et restera jusque tard dans l'après-midi pour nous offrir une musique variée et circonstanciée, dont "les Corons" et "Der Steiger Kommt".

Les nombreux clients du magasin n'hésitent pas à s'arrêter aux différents stands.

Il y beaucoup d'anciens mineurs qui expliquent à leur épouses l'usage de certains matériels, d'autres à leurs enfants, d'autres encore sont fier de nous dire qu'ils se sont servis de tels ou tels autres matériels. Bien entendu comme dans toute expo il y a "le" super visiteur, celui qui a fait tous les métiers (boulanger, menuisier et d'autres encore dont bien sûr mineur) et qui passe et repasse en ressassant sa vie à qui veux bien l'entendre.

Il fera son manège jusqu'en début d'après-midi où enfin il quitte les lieux. Mais bon, comme c'est tout de même un ancien mineur, c'est avec compassion que je l'ai écouté me disant qu'il doit certainement souffrir de solitude et que l'occasion de partager ses souvenirs lui manque terriblement.

Mais ce jour-là j'ai aussi vu dans le regard de certains, qui observaient en silence les objets exposés, une nostalgie mal cachée. Et que dire des chaleureuses salutations entre mineurs devant les stands : ah, salut chef (et me prenant à témoin), c'était mon chef au fond.

Et l'autre un peu gêné par cette mise en avant de sourire généreusement.

C'était aussi cet homme qui tape généreusement sur l'épaule d'un autre et le salue :

- Alors qu'est-ce que tu fais ici ? Elle te manque la mine ? Ah oui, tu te rappelles comme c'était dur avec ce marteau piqueur ?

Et c'était parti pour une bonne rigolade entre deux "jeunes mineurs" qui ne tenaient pas en place et échangeaient de vieux souvenirs en finissant par un : c'était quand même bien ! Je n'ai entendu aucun ancien se plaindre ou gémir sur son sort.

J'ai aussi vu des personnes qui semblaient s'intéresser aux objets sans les connaitre, mais leur curiosité méritait réponse que les exposants et les anciens ne manquaient pas de donner sans oublier le moindre détail :

- Oui, cette pelle à charbon vient du Nord, il y a des cannelures dessus qui n'existent pas en Lorraine, on l'appelle la pelle à 5 côtes, il en a qui en avaient même avec sept côtes, tu t'imagines la taille ? Et en plus comme ces haches, elle a un trou, tu sais pourquoi ? Pour les attacher avec un cadenas pour éviter qu'on les vole !

J'écoutais en silence les explications de Patrick, il savait attirer l'attention. Oui, même moi, ce jour-là j'ai appris beaucoup de choses avec lui comme auprès d'autres exposants.

Mais j'ai aussi vu la tristesse exprimée par une dame qui s'est arrêtée devant moi en me disant que sont mari a perdu la vie au Puits Simon un an avant la catastrophe de 1985.

Cette terrible catastrophe qui avait fait 22 morts. Je lisais sur son visage et dans ses yeux l'immense douleur qu'elle éprouvait, mais un léger sourire de sa part après un mot de compassion m'a fait chaud au cœur, quelle dignité, respect Madame ! 

La matinée se déroulait sans grande sollicitation pour mon livre et, sans être vraiment déçu, car j'ai rencontré des personnes passionnées, ne voilà-t-il pas que juste avant l'heure du repas je vois arriver mon ami Emile Weil avec sa femme Marie-Louise. Emile est venu avec sa caméra faire un reportage pour sa chaine "Media Hombourg" sur Facebook.

En vrai pro il a filmé chacun des exposants (après avoir vu son reportage paru dès le lendemain, je peux assurer qu'il est rudement bien fait).

Puis je suis parti déjeuner avec Eugène, le magasin nous a offert (comme aux autres exposants et notre musicien) le repas de midi. Ce ne sera pas la seule générosité du magasin envers les exposants auxquels le directeur a fait parvenir un panier garni où chacun avait droit à trois pains du mineurs et une boîte de pâté Basque, un grand merci au directeur pour cette attention.

Le repas et boissons que chacun pouvait choisir à sa convenance était donné à la cafétéria du centre. C'était la première fois que j'y mettais les pieds et cela m'a rappelé le restaurant d'entreprise de la direction générale à Merlebach où j'ai pris pendant de nombreuses années mes repas de midi. Il suffisait de prendre un plateau et se servir avant de donner à la caissière le ticket distribué par Eugène à chacun des présents. J'ai pu au cours de ce repas découvrir le côté attachant de mon ami Jean-Louis envers son épouse polonaise.

Ces deux-là s'aimaient vraiment. Mais l'heure tournait et d'autres attendaient que nous revenions aux stands pour prendre la relève, aussi nous sommes retournés plus motivés encore vers nos places respectives. Et là enfin la vente de mon livre a débutée.

C'est Patrick qui a vendu mon premier livre à une jeune femme qui est revenu plus tard pour la dédicace. C'est encore une femme qui m'en prend un, puis Patrick, Eugène, Marcel un ancien copain de bureau, Raymond un ancien des travaux neufs qui a participé au fonçage du puits Ouest de L'UE la Houve suivis par quelques autres passionnés de la mine.

Et voilà, entre 13 et 15 heures c'était la foule et puis repos, retour au calme en ce qui me concerne, l'occasion pour faire les stands des copains.

De retour à ma place je vois arriver le député local, monsieur Christophe Arend, qui va saluer un à un les exposants. De très nombreuses photos seront prises par chacun et l'heure fatidique de la fin, fixée à 18 H, sonne.  

Commence alors le ballet inverse, rangement des objets, démontage des tables et bancs, rangement au centre pour un enlèvement le lundi matin.

Après de chaleureuses salutations avec chacun, je quitte les lieux la tête pleine de souvenirs.

Le lundi matin comme convenu je me rends devant le magasin où arrive Robert qui m'achète encore un livre pour lui et un autre pour Jean-Louis. Eugène arrive presque en même temps avec l'employé de Betting. Avant d'entrer dans le centre, Eugène salue le directeur du magasin auquel il offre en souvenir un bloc de charbon sur un socle en bois aux côtés d'un statuette de Sainte Barbe. Le directeur est surpris mais semble très content par ce cadeau visiblement inattendu.

Commence alors un nouveau ballet, chargement, déchargement, rangement et hop l'affaire est bouclée.

Nous nous saluons et chacun retourne à ses occupations, mais avant de quitter le parking du centre, je vais jouer une grille au loto car mon horoscope du jour m'a annoncé une chance incroyable ce jour.

Voilà, c'était une expérience enrichissante. Je suis très heureux d'avoir rencontré Eugène, Patrick, Raymond, Robert, Henri, Gino, Philippe, Jean-Louis, Marcel et tous les clients de ce jour. J'ai pu voir combien l'attachement à la mine est encore présent dans le cœur des anciens mineurs. J'ai vu l'amitié entre frères des ténèbres maintenant au grand jour, intacte après tant d'années. J'ai aussi croisé la tristesse et le chagrin, mais surtout j'ai vu des hommes et des femmes fiers de leur passé, dignes dans leurs situations respectives.

J'ai vu la joie de vivre de tous ces hommes qui grattaient les veines noires de charbon et le succès des lampes à flamme et du pic de mineur que presque tous les anciens et même les non-miniers ont pris ou repris en mains.

Pas de doute, j'avais déjà couvert des commémorations des victimes de la mine dans différents Sièges, fait quelques reportages sur des associations de mineurs (à voir sur www.nostalgia.blog4ever.com), maintenant je sais que je continuerai à aller à la rencontre de ces hommes qui méritent "LE RESPECT".

A voir aussi un magnifique reportage de cette journée effectué par Canal Hombourg sur Facebook (chercher Emile Weil, lui aussi ancien mineur qui ne rate aucun événement pour l'immortaliser avec sa caméra).

Glück Auf camarades.

 

Les exposants avec leur musicien du jour.jpg

 

Les exposants avec leur musicien du jour

 

 Patrick Frenoy et Jean-Lucien Miksa.jpg

 

Patrick Frenoy et Jean-Lucien Miksa 

 

A gauche la maquette d'un chevalement double molette au-dessus du bâtiment du puits et leurs salles des machines.jpg

   

A gauche la maquette d'un chevalement double molette au-dessus du bâtiment du puits et leurs

salles des machines (maquette en alumettes d'Eugène Ograbek réalisée par un mineur du Nord)

 

Mannequins de Patrick Frenoy (dame du triage du charbon et un mineur en tenue avec à ses pieds la pelle à 5 côtes et les haches à trou).jpg

  

Mannequins de Patrick Frenoy (dame du triage du charbon et un mineur en tenue

avec à ses pieds la pelle à 5 côtes et les haches à trou)

 

A droite monsieur le député Arend Christophe et Jean-Lucien Miksa.jpg

  

A droite monsieur le député Arend Christophe et Jean-Lucien Miksa

 

Gino Fauruzzo ancien mineur âgé de 93 ans pendant des explications à une visiteuse.jpg

 

 Gino Fauruzzo ancien mineur âgé de 93 ans pendant des explications à une visiteuse

 

Jean-Lucien Miksa prêt à dédicacer ses livres avec Patrick Frenoy.jpg

 

 Jean-Lucien Miksa prêt à dédicacer ses livres avec Patrick Frenoy

 

Le pain du mineur offert par le centre Leclerc (il doit sa couleur noire à l'ajout de charbon végétal qui lui donne cette couleur noire et lui donne la propriété d'assurer une meilleure digestion).jpg

 

 Le pain du mineur offert par le centre Leclerc

(il doit sa couleur noire à l'ajout de charbon végétal qui lui donne cette couleur noire

et lui donne la propriété d'assurer une meilleure digestion)

 

(c) Jean-Lucien Miksa, le 08 avril 2019.

Photos Eugène, Robert et Jean-Lucien

 

https://static.blog4ever.com/2016/02/814449/artfichier_814449_7967631_201811244441318.jpg

 

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13/04/2019
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