NOSTALGIA, le blog qui fait oublier les tracas...

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La Boutique en ligne Nostalgia

Vous êtes déprimé ? Vous manquez de tonus ? Vous tirez la gueule ?

Aller au boulot vous fatigue ? Votre femme (ou votre mari) vous stresse ?

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NOSTALGIUM, déclaré d'intérêt public devrait être remboursé par la sécurité sociale ! 

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Suite au succès du Nostalgium et afin de renflouer une trésorerie permettant à ses collaborateurs, jusque-là bénévoles, de se remplir les poches à l’instar de certains politiciens qui font beaucoup moins rire et nous coûtent bien plus cher, Nostalgia a décidé de commercialiser une gamme de produits dérivés dont voici le premier exemplaire :

 

Le Pendentif « Le rouleau »

 

Ce premier article annonce l’arrivée d’une gamme d’objets utilitaires, décoratifs ou simplement originaux que nous commercialiserons à des prix défiant toute concurrence à travers notre réseau domicilié au Panama.

Chacun de ces articles est une pièce unique numérotée entièrement fabriquée dans nos ateliers français de Shanghai par de jeunes professionnels mondialement reconnus.

Ces produits de haute technologie sont toujours livrés avec un certificat d’authenticité entièrement rédigé en Mandarin standard (Putongha / Guoyu).  

 

Vous pourrez consulter la notice descriptive de chacun de ces merveilleux objets en cliquant sur la photo correspondante.

En cas de commandes groupées d’un minimum de 18780 €, un très beau cadeau entièrement gratuit sera joint au colis.

Une partie des bénéfices ainsi réalisés sera par ailleurs reversée à la fondation « Thyristor » ainsi qu’à l’association d’aide et de partage « Un peu de blé pour Clémau ».

 

Merci à toutes et à tous et n’oubliez surtout pas de prendre votre dose quotidienne de Nostalgium !

 

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MANIFESTEZ ENFIN INCOGNITO !

Après avoir lu le billet d’humeur du mois de novembre, vous aimeriez également participer aux manifestations style Gilets Jaunes et pouvoir vous approcher du Palais de l’Elysée sans être repéré par la police, votre patron, votre voisin(e) ou votre époux/se ?

NOUS AVONS LA SOLUTION !

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(Cliquez sur l’image pour lire le descriptif)

 

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Vous en rêviez ? Nostalgia l’a fait !

 

- Vous devez vous présenter devant un tribunal et vous aimeriez le faire en symbiose totale avec votre avocat ?

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La boutique Nostalgia vous propose en exclusivité mondiale le :

 

B I - A M B U L A T E U R (*)

 

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Cet engin révolutionnaire de toute beauté, entièrement réalisé à partir d'éléments recyclés et recyclable est pourvu des derniers perfectionnements techniques :

 

Wifi - Bluetooth - USB 4.0 – EBS – Correction de trajectoire 

Compensateur de poussée latérale – Pneus 4 saisons – Roulements à aiguilles  Correction continue du parallélisme par asservissement digital 

Micro-processeur développé par la NASA – GPS spécial sourds et malentendants  Clim et filtre anti-Pollen- Panier multifonctions en Gloutex chromé

Freins Blue-Ray (Plus performants que les anciens freins à disque)

Equipé avec 5 roues (mode dynamique) et 5 bouchons (mode statique)

"Michelin Crossclimate 4 saisons" sans supplément de prix.

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26847 Euros

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Le livre et l’autocollant « Bi-ambulateur un jour, Bi-ambulateur toujours ! »

 

(*) Marque, modèle et concept déposés par Nostalgia Corp. Ltd.

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D'autres produits dérivés exclusifs Nostalgia seront bientôt disponibles sur cette page...  

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Lire les billets d'humour :

Billet Février 2018 (Changements de Présidents)

Billet Mars 2018 (Le catalogue russe)

et Avril 2018 (La grève à la SNCF)

Billet Mai 2018 (N. D. des Landes - Le prix Eurovision)

Billet Juin 2018 (La coupe du monde)

Billet Juillet-Août 2018 (La canicule)

Billet Septembre 2018 (Macronix le gaulois)

Billet Octobre 2018 (Nouveau Gouvernement)

Bllet Novembre 2018 (Gilets jaunes etc...)

Billet Décembre 2018 (Cadeaux de Noël)

Billet Janvier 2019 (La cagnotte)

Billet Février 2019 (La tempête de neige)

Billet Mars 2019 (La vie en jaune)

Billet Mai 2019 (Européennes & Glyphosate)

Billet Juin 2019 (La Canicule 2)

Billet Juillet-Août 2019 (Le système de santé)

Billet Septembre 2019 (Le système de santé 2)

Billet Octobre 2019 (L'affaire B.)

Billet Novembre 2019 (Le marché de Noël)

Billet Décembre 2019 (Le procès W.)

Billet Janvier 2020 (Le Coronavirus)

Billet Février 2020 (Le Buzz)

Billet Mars 2020 (Le confinement) 

 

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13/10/2021
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Oncle Joe raconte : Souvenirs, souvenirs...

(1) Notre petite exploitation fermière

Partis des camps de réfugiés allemands à la mi-janvier 1948, nous avons tout d’abord effectué un séjour de quelques jours à la Caserne Guise à Forbach. Après-guerre, il y avait deux endroits où les familles réfugiées étaient assignées, c’était au Bruch ou à la Ferme de Schoeneck.

Après les quelques jours passés à la caserne Guise, on nous a assigné une nouvelle résidence dans une baraque située à la Ferme de Schoeneck. A cette date, les H.B.L. étaient sur le point d'achever cette cité de baraquements et beaucoup d’entre eux étaient déjà occupées... Celle qui nous a été assignée, devait être achevée depuis un certain temps, car elle était déjà en partie occupée par le laitier Max Reuland qui faisait également dépôt de pain...

Cette baraque était située à peu près au centre de la cité sur la rue principale, qui s’appellera plus tard Rue de la Ferme. L’adresse de notre nouveau point de chute à la Ferme était le 65B complété d’une pièce supplémentaire faisant partie de la section 65A. Elle était située à l’angle de la rue en face d’une pompe à eau potable rouge. Autour de ce baraquement il y avait beaucoup d’espace libre que nous allions par la suite transformer en jardin.

Au milieu de l'année 1949, la plupart de ces baraques étaient entièrement ou partiellement occupées.

Si mes souvenirs sont exacts, je crois que la Ferme de Schoeneck comptait 135 baraquements dont chacun était occupé par deux familles. 

Il y avait même quelques familles nombreuses qui occupaient une baraque entière. Chaque logement était composé d’une cuisine, de 3 chambres à coucher et d’une dépendance intérieure dédiée au stockage qu’on appelait le « cagibi ». Il y avait également un sous-sol en terre battue servant de cave auquel on pouvait accéder par une trappe découpée dans le plancher de la cuisine.

Les logements avaient l'électricité, mais pas encore d'eau courante durant les premières années. Pour accéder à de l’eau potable il y avait plusieurs pompes situées à l’extérieur dans différents endroits de la cité. L’eau courante sur l’évier ne fût installée que vers 1951 en même temps que les plaques de noms des rues.

Lors de notre arrivée, il y avait 3 petits commerces dans la cité. Notre colocataire Max vendait des produits laitiers, (fromage, lait, crème) ainsi que du pain et quelques viennoiseries. Juste en face de Max, il y avait Monsieur Schneider qui tenait une petite épicerie et, tout en haut de la cité, le fermier Muller qui vendait divers produits d'usage courant pour les ménagères ainsi que de la bière et du vin. Le commerce du fermier Muller était une véritable mine d'or car, chaque jour, lorsque le temps le permettait, une demi-douzaine de mineurs s’attablaient après leur dur travail à la mine dans le jardin devant son magasin pour boire un, (souvent plusieurs !) verres à l’ombre d’un grand marronnier sous lequel le tavernier occasionnel avait installé plusieurs tables ainsi que des bancs en bois.

 

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Les époux Muller devant leur épicerie-bistrot

 

Les dimanches et les jours fériés, le « Bar en plein air »  du fermier faisait recette.

Les hommes (et même quelques femmes !) buvaient en parlant du travail, de la politique ou de la famille. Ces discussions donnaient parfois lieu à de petites disputes et de rares fois même carrément à des bagarres. En cas de conflit un peu trop « sérieux », le fermier Muller (le seul à posséder un téléphone à l’époque !) appelait le poste de gendarmerie de Stiring-Wendel qui envoyait la plupart du temps deux gendarmes à bicyclette. Inutile de dire qu’à leur arrivée, la bagarre était terminée depuis un bon moment et que la paix régnait à nouveau sous les branches feuillues du grand marronnier ! Les gendarmes prenaient alors quelques notes pour la forme et, dans la plupart des cas, regagnaient tranquillement le poste de Stiring-Wendel. Autant que je me souvienne, je ne les ai jamais vus procéder à des arrestations durant ces premières années à la Ferme de Schoeneck... !

Avec plus de 200 familles vivant à la Ferme, les commerçants du village et de la ville voisine ont rapidement flairés une source de revenus supplémentaire. Le boulanger Bastian était l'un des premiers à venir chaque jour faire sa tournée en camionnette pour vendre principalement des pains et quelques autres produits d’épicerie courants. A peu près à la même époque, deux bouchers, l'un de Stiring-Wendel (Dach) et un autre de Forbach (Bach) faisaient également une tournée quotidienne.

Ces tournées qui avaient lieu à des heures régulières devenaient pour les résidents des baraques des moments de convivialité et de rencontres mais réduisaient dans une grande proportion la fréquentation des commerces locaux. Les 3 petits commerces de la Ferme ont rapidement perdu du chiffre d’affaires à cause de ces marchands itinérants et celui qui a le plus « souffert » de cette situation nouvelle était Max le laitier. Ce dernier continuait à vendre du lait et des produits laitiers mais la vente de pain a rapidement chuté de moitié à cause de la tournée quotidienne du boulanger et, lorsqu’il vit ses ventes de pain dégringoler à quelques miches par semaine, il prit tout simplement la décision de réduire la taille de son magasin.

C'est à ce moment-là que l'ancien fermier Nicolas Surowiecki (mon père !) venu d'Ukraine a commencé à étendre son activité d’homme de la terre. Avec l’accord des H.B.L. et de son père, Max le laitier déménagea son magasin dans le cagibi de notre baraque et en retour nous laissait la jouissance de la baraque entière sans cette petite zone destinée au stockage. Max avait de bonnes relations avec les H.B.L. et il n’eut aucun problème pour le « déménagement » de son activité. De notre côté, comme nous étions une grande famille, cette opération ne pouvait que nous arranger car, pour un cagibi, perdu nous avons gagné beaucoup d’espace supplémentaire en récupérant l’intégralité du second logement de la baraque ainsi que toute la partie « jardin » s’y rattachant !

Maman transforma rapidement la partie avant de ce terrain en deux jolis jardins d’agréments car elle adorait les fleurs. A l’arrière, une partie fut convertie en un vaste potager et la deuxième section à la terre sablonneuse fut destinée (avec l’aide de Max le laitier et la bénédiction des H.B.L.) à la construction d’une petite grange flanquée d’un poulailler..

Voilà, chers amis c’est ainsi que démarra dans la cité de baraques l’activité agricole de Nicolas Surowiecki, réfugié de guerre venu de la lointaine Ukraine en passant par les camps de travail en Allemagne…

Nous étions les premiers à élever des animaux dans la cité en ces premières années et, au fil du temps, de plus en plus de personnes ont suivi notre exemple en élevant des poulets, des lapins et certains même des porcs. La plupart du bois de construction des clapiers, granges et autres « bâtiments » annexes a été fourni gracieusement par les H.B.L., quant aux planches et aux clous, ils provenaient de la quincaillerie Guir à Forbach. La construction de notre grange et du poulailler a été l’œuvre de papa, de certains de ses amis de la mine et de quelques voisins qui lui ont prêté main forte. L’ensemble a été construit en une semaine, essentiellement après le poste à la mine, toujours dans la bonne humeur et avec l’aide sous forme de calories de la bonne cuisine de maman arrosée de force bière et vin…  

Une fois terminés, le poulailler et la grange étaient prêts à accueillir des occupants.

Deux douzaines de poussins et deux coqs ont été achetés à Klarenthal (en Sarre), six lapins venaient du village, six canetons et six oies provenaient du marché de Stiring-Wendel, deux petits cochons étaient issus de l’élevage d'un fermier itinérant et deux chèvres de deux ans furent rapatriées à la ferme depuis le village de de Bousbach. Nous avions également un chien et un chat et dans la grange des pigeons et quelques souris !

Papa avait également loué deux champs, l'un destiné au foin et l'autre à la plantation de pommes de terre, de choux, de maïs et de haricots. Oui, la Ferme Nicolas Surowiecki était sur la bonne voie et, si les dépenses étaient supérieures aux recettes au cours des premiers mois, après un certain temps l’activité dégagea les premiers bénéfices et même un peu d’argent de poche grâces aux économies réalisées sur l’achat de notre nourriture…

 

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Photo colorisée de Joe posant devant sa baraque au 65 rue de la ferme

 

Mais toute cette activité était une énorme charge de travail pour nous tous, surtout pour Maman, sœur Irène et moi. Papa a aussi construit un petit fumoir dont le fonctionnement  m’incombait ainsi qu’à mon frère Roman. Le plus contraignant dans ce travail consistait à aller régulièrement chercher des copeaux de bois dans la forêt allemande après que les bûcherons aient fini de couper leurs arbres !

L’exploitation de notre petite ferme avait également quelques petits inconvénients.

Les oies et les canards mangeaient beaucoup et faisaient de ce fait leurs besoins partout et ne payaient pas beaucoup en retour. Alors, petit à petit, à l’occasion des fêtes, nous nous sommes débarrassés d'eux en les faisant passer à la casserole !

Par contre, nous avions quelques bonnes poules pondeuses qui nous donnaient 8 à 10 œufs par jour. Chaque semaine, nous en vendions une douzaine à Max pour qu'il puisse les vendre à son tour au prix du marché, ainsi Max gagnait quelques francs et nous aussi. Environ toutes les deux semaines, vers 7 heures du matin, Irène ou moi partions au marché de Stiring avec notre petite charrette remplie de lapins adultes pour les vendre.

Nous payions notre droit de place et notre permis, soit environ 350 francs de l’époque puis nous faisions une promenade pour vérifier les prix des lapins.

En général, un lapin se vendait 50 francs et vers 10 heures du matin, lorsque nous avions tout vendu, nous rentrions à la maison avec la recette de la vente…

Maman s’occupait de la traite des chèvres deux fois par jour. La première fois de la journée, tôt le matin, avant qu’elles ne soient emmenées en pâture dans le pré situé entre la ville de Klarenthal et le village de Schoeneck que Papa louait à l’année pour la somme de 500 francs.  Le soir, vers 19 heures, maman trayait à nouveau les chèvres et elle obtenait ainsi environ 2 litres de lait le matin et près de 5 litres le soir.

Nous consommions exclusivement du lait de chèvre à la maison que ce soit pour la cuisine ou pour toute autre préparation culinaire nécessitant du lait. La mère d'un de nos voisins devait boire, pour raisons de santé, chaque jour du lait de chèvre et c’est maman qui lui vendait son litre de lait quotidien… Maman en faisait également un fromage d’excellente qualité apprécié de tous à l'exception de ma sœur Lydia qui n’en consommait pas.

Il y avait aussi les porcs, qui étaient pour notre famille une bonne source de revenus, mais, comme je l'ai déjà dit, cela représentait énormément de travail pour nous tous. Quand nous sommes arrivés à la Ferme de Schoeneck, c'était difficile, non seulement pour nous, mais aussi pour la plupart des gens qui y vivaient. Environ 90 % des gens vivaient grâce aux crédits que les marchands locaux accordaient à leurs clients.

Grâce à l’activité de la Ferme Nicolas Surowiecki, nous sommes sortis du cycle infernal du crédit au bout de trois ans environ. Bien sûr cela n’a pas été un cadeau du ciel et nous avons tous travaillé dur pour y arriver…

Malgré cela, quelques années plus tard, lorsque nous avons déménagé pour nous installer dans les blocs de béton de Behren, maman a souvent dit :

- Notre petite ferme et notre jardin me manquent... Quand j'avais besoin de légumes frais ou d'œufs, il suffisait d'aller les chercher, maintenant, je dois courir au magasin...

Les premiers mois de notre vie dans la cité de Behren ont été très durs pour maman. Elle avait beaucoup de temps devant elle, mais elle disait :

- Cuisinière à gaz, eau chaude, des toilettes à chasse d'eau, une douche et une baignoire... Cela ne m'a pas manqué lorsque nous vivions à la Ferme de Schoeneck... Mais maintenant que j'ai tout cela, je ne savais pas ce qui me manquait...  La ferme me manque, mais pas la baraque et tout le travail autour !

C’est vrai qu'il y avait beaucoup à faire, mais, malgré le travail à la mine et le travail autour de la maison et dans les jardins, je trouvais toujours du temps pour sortir avec mes amis et passer des moments agréables. En regardant en arrière, je me demande comment j'ai pu faire tout cela, mais croyez-moi, si j'avais la possibilité de remonter le temps jusqu'à cette époque, eh bien je le ferais sans la moindre hésitation !

 

* * * * * * * * * *

(2) Le cirque est arrivé !

Je ne me souviens plus de la date exacte à laquelle le premier « Cirque » s’est installé à la Ferme de Schoeneck sur notre terrain de jeu la «  Mare », mais je sais que c’était pendant les vacances d’été vers la fin du mois de juillet 1951.

A l’époque, bien que les houillères proposaient déjà des possibilités d’aller en « colonies de vacances », la plupart des enfants restaient dans la cité de baraques et se contentaient des habituels jeux dans les forêts environnantes. Ce n’est que bien plus tard que quelques parents prirent conscience de cette l’offre et en firent profiter leurs rejetons.

Quant à moi, avec tout le travail dans la maison, au jardin et les animaux à nourrir et à soigner, il allait de soi que mes vacances se déroulaient à la maison…

Mais revenons plutôt à ce fameux  « Cirque ». Nous étions en train de jouer sur la place lorsque plusieurs remorques de cirque de couleur rouge et jaune se sont arrêtées entre la place de la mare et la ferme du père Muller.

Deux hommes en sont sortis, se sont dirigés vers nous et ont examiné l’endroit pendant un moment. Après une courte réflexion, l’un d’eux a dit :

L’endroit me semble assez grand pour accueillir la piste et le spectacle, alors c’est bon, on va tout installer ici !

Ils repartirent aussitôt vers les remorques et quelques minutes plus tard ce sont deux jeunes femmes qui sont venues vers nous et nous ont gentiment demandé d’arrêter nos jeux, de vider la place et d’emporter nos affaires afin qu’elles puissent préparer la piste pour le spectacle du soir.

Un peu plus tard, elles sont revenues vers nous avec un tas de petites affichettes écrites en français et en allemand et nous ont demandé si on voulait bien aller les distribuer dans la cité ainsi qu’au village afin que tous les habitants soient informés qu’un cirque vient d’arriver et qu’il donnera un grand spectacle dans la soirée.

Si vous distribuez tous les tracts, vous aurez chacun droit à une entrée gratuite !   

L’argument « entrée gratuite » n’était pas tombé dans l’oreille de sourds et nous sommes aussitôt partis en courant vers le village pour commencer la distribution…

 

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Pendant que nous faisions du porte à porte avec les tracts, les gens du cirque ont installé leur matériel. Ils n’ont pas monté de grand chapiteau mais se sont contenté de mettre en place une structure fermant la piste sur les côtés à l'intérieur de laquelle ils ont disposé une cinquantaine de sièges pliants ainsi que quelques sièges posés directement sur le sol.

En quelques heures tout était prêt et le spectacle allait pouvoir commencer…

Au départ ils n’avaient prévu de ne rester qu’une seule nuit à la Ferme de Schoeneck, mais, comme ils avaient fait le plein le premier soir, ils ont décidé de faire une deuxième représentation le lendemain.

Le spectacle en lui-même était très drôle. Il avait des clowns qui nous faisaient bien rire puis un superbe numéro avec deux chevaux menés par une jeune femme qui faisait sauter un chien dressé d’un cheval à l’autre pendant qu’ils galopaient autour de la piste. Ensuite il y eut plusieurs numéros avec des chiens très bien dressés qui faisaient toutes sortes de tours avec beaucoup d'adresse... Mais la partie qui m’a le plus impressionné fût celle avec une chèvre « déguisée » en taureau noir et un jeune garçon qui jouait le rôle du Toréro. Pour moi, c'était le numéro le plus drôle et le plus réussi de la soirée !

Il y avait également un vieux tigre qui restait sagement assis dans sa cage ainsi que plusieurs jeunes singes dans les arbres qui ont assisté gratuitement au spectacle !

Le tout était accompagné par de nombreux morceaux de musique de cirque joués par un trio de musicien faisant office d'orchestre... Bref, pour un petit cirque venu à la Ferme de Schoeneck, ce n'était pas mal du tout comme spectacle et les habitants adultes et enfants étaient ravis et en ont parlé pendant plusieurs jours.

Les 200 francs dépensés pour voir le spectacle étaient un excellent investissement eu égard au plaisir qu'ils en ont retiré.

Quelques années plus tard, un autre cirque est venu à la Ferme de Schoeneck...

Cette fois, il s'agissait d'un spectacle animalier avec toutes sortes de bêtes sauvages mais ils ne sont restés qu'un seul jour à la « Mare ». Pour 100 francs de l’époque, on pouvait voir des lions, des tigres, des panthères, beaucoup de singes et d'oiseaux, un zèbre et même un chameau ! En fait, ça ne changeait pas grand-chose car nous-mêmes avons parfois été traités d'animaux sauvages par certains de nos anciens !

 

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Après le spectacle, les artistes se reposent...

 

Oui, à la Ferme de Schoeneck on a connu de nombreuses activités et pas seulement nos jeux d’enfants et nos aventures dans la forêt. Il y avait également des activités sportives amateurs comme les courses de vélos organisées par les villes de Stiring-Wendel ou de Forbach. Quelques fois ces courses traversaient le village, puis la Ferme ainsi que la Halte Schoeneck. Ce n’était pas toujours drôle quand ils passaient dans les rues de la Ferme à cause des nombreux chiens errants mais cela n’inquiétait pas vraiment les participants.

Le Village avait deux cyclistes qui étaient d'assez bon niveau qui s'appelaient Reinert et Bastian et, à la Ferme il y avait Perella et Weber deux coureurs moyens qui couraient dans l'équipe de Sarreguemines.

Les organisateurs aimaient passer par Schoeneck à cause de la montée, idéale en vélo, entre Stiring et Schoeneck plutôt que de passer par la Halte vers Petite Rosselle où il n’y avait qu’une légère déclivité. A la Halte vivaient également de nombreux cyclistes amateurs d’origine italienne dont certains (Orlondini et Belardi) avaient gagné plusieurs courses au profit du club cycliste de Forbach…

Voilà, comme vous pouvez le constater, la vie à la Ferme a eu des moments amusants, non seulement avec nous les « jeunes » clowns, mais aussi avec de vrais clowns et des activités sportives sérieuses. Si la vie était dure pour les résidents, ici et là un rayon de soleil apparaissait pour rendre la vie un peu plus facile, ne serait-ce que l’espace d’un instant…

Quant à nous, les jeunes, nous nous amusions 24 heures sur 24. Enfin pas vraiment, il nous fallait quand-même quelques heures de repos afin de récupérer de l’énergie pour jouer ou faire de nouvelles bêtises le lendemain ! A suivre

 

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23/10/2021
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Clément Keller : Le retour des Brabeks (15)

https://static.blog4ever.com/2016/02/814449/artfichier_814449_8811301_202011010736305.jpgNous sommes (toujours et encore !) en 2064 et des brouettes. 

Le monde a bien changé et une équipe composée de savants, de techniciens et de personnages hors du commun a été mise sur pied pour partir à bord du vaisseau spatial C-DLADOB vers les confins de notre galaxie afin de retrouver les traces d'origine de la civilisation humaine localisée sur la planète Manflou. 

Le but de cette expédition, sponsorisée par le groupe Nauss-Talgia, leader incontesté du Blog tridimensionnel L.R.E.M. (Lassant, Ringard, Enervant & Mytho), consiste à récupérer les gènes d'origine de l'espèce humaine afin de les réimplanter dans l'ADN des dirigeants de notre planète pour leur redonner sagesse, intelligence et un sens aigu de la réflexion. Bref, une mission que l'on pourrait d'ores et déjà qualifier d'impossible. C. Keller

 Remarque importante : si vous ne lisez pas les épisodes précédents, vous risquez de ne rien comprendre du tout à ce récit plein de rebondissements. 

 

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EPISODE 1 - EPISODE 2 - EPISODE 3 - EPISODE 4 - EPISODE 5 - EPISODE 6 - EPISODE 7

EPISODE 8 - EPISODE 9 - EPISODE 10 - EPISODE 11 - EPISODE 12 - EPISODE 13 - EPISODE 14

 

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Lupin et Vincent Douitche avaient dégringolé derrière la grosse caisse le long du toboggan donnant sur la soute du C-DLADOB et atterri avec fracas, heureusement sans faire de dégâts, au beau milieu des amplis et des instruments de musique installés sur le sol translucide du vaisseau spatial…

Une belle partie de rigolade chaque fois qu’on utilise le toboggan hein Douitche ? On se refait une nouvelle descente ?

Vincent acquiesça avec un grand sourire et répliqua :

Oui, ça me rappelle mon enfance au village lorsqu’on allait faire des tours de carrousels à la foire et qu’on s’amusait à s’entortiller les sièges sur le manège des chaises volantes ! (1) Allez, viens, on va s'en refaire une autre !

Luping acquiesça et les deux compères s’engagèrent aussitôt sur l’escalier en colimaçon qui débouchait deux niveaux plus haut à l’extrémité nord du couloir principal. C’est en arrivant à quelques mètres de la trappe de descente du toboggan que Luping vit de loin qu’il avait oublié de fermer la porte de sa cabine…

Zut… J’ai oublié de fermer ma porte tout à l’heure, viens, on va le faire tout de suite avant que quelqu’un ait l’idée d’aller fouiller dans mes affaires !

A travers la porte entrebâillée, Luping repéra immédiatement le verre posé à côté de la bouteille de Kirsch dont France Ouaze venait de se servir une lampée…   

Merde, quelqu’un est entré dans la cabine et s’est servi un verre de ma gnôle pendant notre absence… J’espère que c’est un des habitués de nos soirées sinon on risque d’avoir de sacrés problèmes… Inutile de consulter le chip de la caméra de surveillance interne, elle ne s’active qu’après la fermeture de la porte… Allez, on ferme et on redescend, avec un peu de chance c’était un des nôtres…!

La deuxième descente du toboggan les amusa un peu moins que la première.

Luping restait songeur et les blagues alsaciennes de Vincent ne réussirent pas vraiment à le dérider…

Il installa méthodiquement sa grosse caisse entre les Toms, la grande cymbale et le  Charleston puis demanda à Vincent s’il voulait bien boire une petite mousse pour se changer les idées…

Vincent n’était pas du genre à refuser une bonne bière. Il se dirigea d'un pas rapide derrière la sono et tira du compartiment arrière d’un ampli guitare Marshall deux grands bocks qu’il apporta en souriant à Luping.

T’as refait le plein avec de la blonde d’Uberach 2060 ?

Evidemment ! Tu sais que je la prends en direct chez Trossat c’est tout de même la meilleure et c’est celle que tu préfères non ?

Tout en discutant il tira vers lui le petit robinet caché sous la caisse claire et remplit l’un après l’autre les deux chopes…

S’Gilt s’écria Vincent en choquant son verre contre celui de Luping…  

S’Gilt camarade… Prost et à la bonne nôtre !

 

studio.jpgSalle de répétition du C-DLADOB. Notez l'agencement personnalisé de la caisse claire réalisé par Luping

 

Pendant que les deux amateurs de houblon trinquaient, France Ouaze marchait d'un pas rapide le long du couloir donnant vers le poste de pilotage où l’attendait le Commandant Tifris. En arrivant à la hauteur de la cabine de téléportation, elle fut surprise de voir que la porte de cette dernière était fermée à l’aide d’une grosse chaine en acier munie à ses extrémités d’un énorme cadenas… Le module de codage permettant l’ouverture avait été démonté et une affiche ‘Entrée interdite sans autorisation du Commandant’ était collée sur la vitre en Gloutex aseptisé…

C’est quoi ce nouveau délire ? On est en pleine psychose collective ! Il faut absolument que j’essaye de calmer le jeu pensa-t-elle tout en déverrouillant la porte d'accès au poste de pilotage à l’aide de son fouignasseur universel…

Tifris attendait son rapport avec une impatience mal contenue et France Ouaze vit de suite qu’il n’était pas dans son état normal.

Son regard d’habitude vif et brillant semblait vide et déconnecté. Sur la table, à côté d’un verre de Coca à moitié vide, elle compta pas moins de 7 emballages vides de Nostalgium 2060Tifris s’était apparemment shooté avec ces comprimés pour oublier les soucis liés aux disfonctionnements de la mission et espérer échapper ainsi à un probable Burnout (2).

Mes respects mon Commandant, voici une partie des documents que vous m’avez fait demander…  

Mes respects à vous également sainte sœur France Ouaze… Je viens de faire le point et je suis arrivé à la conclusion qu’il ne nous reste plus qu’à allumer des cierges, à prier et à nous asperger d'eau bénite si nous voulons mener la mission qu’on nous a confiée à terme…

Mon Commandant, ou me permettez-vous de vous appeler tout simplement ‘Tifris’ ? J’aimerai tout d’abord vous faire part des points positifs relatifs à notre grande aventure…

Chère France Ouaze, vous pouvez même m’appeler par mon véritable prénom ‘Clémou’, je n’y vois aucun inconvénient… Quant aux points positifs dont vous parlez, je pense qu’on en aura vite fait le tour au vu de la situation !

- Eh bien, cher Clémou, dans ce cas, appelez-moi également par mon prénom de baptême qui est ‘Léontine’, un prénom que m’ont donné mes parents en hommage à Léontine Arman de Caillavet, une femme charmante et très cultivée qui fut la maîtresse et l’égérie de votre grand écrivain et critique littéraire Anatole France…

Tout en devisant, France Ouaze avait ouvert le lourd dossier et extrait une première liasse de feuillets qu’elle posa sur le bureau face à Tifris.

Il s'agissait d'un document de synthèse présenté sous forme d'argumentaire et illustré avec de nombreuses photos (3) décrivant avec précision et objectivité la situation actuelle de la mission. Plusieurs points y étaient détaillés et Tifris ne put s’empêcher de hocher la tête en signe d’approbation lors de la lecture du document…

Vous avez raison Léontine, nous n’avons eu aucun accident grave à ce jour et plusieurs de nos membres d’équipage se sont effectivement distingués plus qu'honorablement lors de situations critiques.

Je pense par exemple à Luping qui a réussi à ramener Vincent Douitche sain et sauf à bord du vaisseau le jour où ce dernier a été touché à la tête par un débris de cuvette de W.C. flottant dans l’espace lors d’une sortie technique où il s’était trompé de trajectoire en cliquant 2 fois sur la commande de son réacteur dorsal…

Je pense également à cet épisode où Ted Oupty et Chang-Tal ont réussi grâce à leur sang-froid à éteindre le pantalon en feu de Thyristor pendant qu’il somnolait à côté de son Barbystor (4) qu’il croyait éteint… Nous avons ce jour-là frôlé la catastrophe mais tout ceci ne doit pas nous faire oublier d’autres ‘incidents’ bien moins glorieux comme par exemple celle de la récupération in-extremis de Chang-Tal à l'aide d'une corde suite à une sortie 'alcoolisée' dans l'espace ou celle de Ted Oupty, coincé dans le conduit d'évacuation des déchets parce qu'il avait voulu récupérer des bananes impropres à la consommation  jetées dans les poubelles aspirantes des cuisines....

 

vincesp.jpgVincent Douitche quelques secondes avant sa collision avec un débris spatial (Photo Phil Oxéra) 

 

Bien sûr Clémou, nous allons faire un point précis de tout cela en toute sérénité et je vous propose de le faire lors d’une séance de sophrologie Caycédo-Ouazienne (5) que j’ai mise au point et publiée dans ma thèse de Docteur en Psycho Somatique Irréfragable. Cela vous convient-il ?

Tifris esquissa un léger sourire et hocha la tête… Il était soulagé de savoir qu’il pouvait compter sur France Ouaze et plongea sa main dans la poche gauche de sa combinaison pour en tirer une énorme clé qu’il lui remit en signe de remerciement :

Merci Léontine, voici le seul double de la clé fermant le cadenas du local de téléportation. Je vous la confie car j’ai confiance en vous. J’ai préféré démonter le module de codage car un code peut être piraté en toute discrétion, tandis qu’une serrure nécessite un effort mécanique et du temps pour être forcée…

Merci Clémou, vous pouvez compter sur moi… Je vous promets que d'ici peu, l’harmonie la plus totale règnera à nouveau à bord du C-DLADOB... Et maintenant, si vous voulez bien me suivre dans mon cabinet, nous allons démarrer en toute sérénité notre première séance de sophrologie et parlerons de tout le reste plus tard ! A suivre...

 

(1) Cette anecdote est largement documentée dans le dossier personnel de Vincent Douitche, dossier dont nous publierons bientôt de larges extraits.

(2) Plus d'explications concernant ce remède miracle en cliquant ICI

(3) Les photos illustrant les dossiers ainsi que celles témoignant de la vie à bord du vaisseau sont pour la plupart dues à Phil Oxéra, un ex-Paparazzi grec reconverti dans le reportage spatial. Avant de faire partie de l'équipage du vaisseau spatial, Phil Oxéra a longtemps collaboré en tant que photographe indépendant aux magazines Marie Patch, Nous trois, N'Gala Gala, Closet et Âmes factuelles

(4) Plus d'infos sur le Barbystor en cliquant ICI

(5) Dans le but de pallier à la dégradation des mœurs intrinsèque décrites par la psychothérapeute Scandinave Aymée Delot-Danlvain, France Ouaze a longuement travaillé à l'amélioration de la sophrologie Caycédienne en y rajoutant un module personnel (Ouazien V. 3.2) permettant de remédier à la fragilité latente de la société sans négliger pour autant de s'intéresser aux ouvertures s'offrant à long terme afin de les fédérer à travers un décisionnel pour le moins récursif, voire emblématique. Malgré l'inertie contemporaine, France Ouaze préconise un audit non xyloglotte afin de prendre en compte les options subliminales mercatiques amicrozythiques avec beaucoup de recul et ce, en préconisant une régression larvée afin de prendre en compte les multiples options systémiques des décisions passées. C'est assez clair ?

 

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06/10/2021
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Clément Keller : Le retour des Brabeks (14)

https://static.blog4ever.com/2016/02/814449/artfichier_814449_8835728_202011252730918.gifNous sommes en 2064 et des brouettes. 

Le monde a bien changé et une équipe composée de savants, de techniciens et de personnages hors du commun a été mise sur pied pour partir à bord du vaisseau spatial C-DLADOB vers les confins de notre galaxie afin de retrouver les traces d'origine de la civilisation humaine localisée sur la planète Manflou. 

Le but de cette expédition, sponsorisée par le groupe Nauss-Talgia, leader incontesté du Blog tridimensionnel L.R.E.M. (Lassant, Ringard, Enervant & Mytho), consiste à récupérer les gènes d'origine de l'espèce humaine afin de les réimplanter dans l'ADN des dirigeants de notre planète pour leur redonner sagesse, intelligence et un sens aigu de la réflexion. Bref, une mission que l'on pourrait d'ores et déjà qualifier d'impossible. C. Keller

 

→ Remarque importante : si vous ne lisez pas les épisodes précédents, vous risquez de ne rien comprendre du tout à ce récit plein de rebondissements. 

 

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Les bras chargés de dossiers, France Ouaze remontait le long couloir en direction du poste de pilotage dans lequel le Commandant Tifris l’attendait avec une impatience mal contenue. Elle savait que les informations contenues dans ces pages risquaient d’irriter Tifris mais elle savait également qu’elle avait les moyens de le calmer grâce à l’utilisation de son diffuseur portable d’ondes à fragmentation Kalmos V. 2.0 auxquelles il ne pourrait résister.

Dans le cas peu probable où les ondes Kalmos n'agiraient pas sur le mental du Commandant, France Ouaze, au-delà de sa formation de psy, avait également une solide expérience de sophrologie Caycédienne qu'elle n'hésiterait pas à mettre en œuvre si le besoin devait se faire sentir... 

C’est en arrivant à la hauteur de la cabine de Luping-Dépyss qu’elle vit à travers la porte entrouverte ce dernier en compagnie de Vincent Douitche en train de faire la poussière sur la collection de nains de jardins posés sur les nombreuses étagères qui tapissaient les murs de la cabine.

T’as oublié de nettoyer grincheux dit Luping à Vincent tout en époussetant blanche neige…

Tu parles du Commandant ? Rétorqua Vincent avec un rire sonore…

Les 2 compères n’avaient pas vu France Ouaze qui s’était planquée derrière un des piliers en Gloutex (1) qui soutenait la voûte panoramique du vaisseau.

De toute façon, il est l’heure de faire une répétition du spectacle, s’exclama Luping dans un rire sonore… Prends ton Pipeau, on y va ! 

Luping bascula la grosse caisse sur le côté et la roula vers la porte de sortie de sa cabine, suivi de Vincent qui jouait « De profundis Morpionibus » sur son Pipeau tout en sautillant au rythme de la grosse caisse sur laquelle Luping tapait en cadence…

Les deux artistes se dirigeaient maintenant vers la porte du toboggan interne débouchant dans les cales du C-DLADOB afin d’atteindre la coursive dans laquelle ils avaient l’habitude de se rendre pour pouvoir répéter en toute tranquillité le Show qu’ils envisageaient de donner lors du spectacle de la fameuse soirée "Côte de bœuf intersidérale".

France Ouaze suivit encore du regard les deux « musicos » puis les vit disparaître avec un fracas de grosse caisse mêlé de rires gras et sonores dans la trappe donnant sur le Toboggan…

Elle sortit de sa cachette et ne put s’empêcher d’entrer dans la cabine dont les deux énergumènes avaient laissé la porte ouverte… Elle n’avait pas eu l’occasion jusqu’à ce jour de visiter les cabines du personnel car ces endroits étaient classifiés « Hautement privés » afin de garantir une zone d’épanouissement personnel à chacun des hommes et femmes formant l’équipage.

A peine entrée dans la cabine, le regard de Françoise fut attiré par un cadre doré éclairé par un spot accroché au mur dans lequel elle découvrit un document extrait d'un Tabloïd des années 2020 présentant un Luping Dépyss dont elle ignorait apparemment l'existence car le dossier personnel qu'elle tenait en main ne faisait aucune mention de cette activité plus qu'inattendue.

 

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Dans la cabine, 137 nains de jardin étaient soigneusement alignés par ordre de taille sur des étagères en Gloutex translucides dans lesquelles étaient noyées des diodes électro luminescentes colorées clignotant au rythme du fameux Potache’s Thème (2) dont Lupin assurait à l’époque la base rythmique à l’aide de la vieille batterie Sonor qu’il avait réussi à embarquer avec ses bagages et sa cave à vin à bord du vaisseau…

Des spots de couleurs éclairaient les personnages et la statue de Blanche-Neige était particulièrement mise en valeur grâce à un spot holographique qui projetait autour d’elle des scènes du fameux film de Walt Disney.

Au centre de la collection trônaient les répliques en terre cuite des membres de l’équipage ainsi que celle du Commandant Tifris. Ce dernier était représenté vêtu d’un short à fleurs, coiffé d’un immense béret basque et tenant un glandouilleur gyroscopique à la main (3)

De l'autre côté des étagères, dans une alcôve protégée des regards indiscrets par un rideau en fibres de bambou lyophilisés que France Ouaze écarta d'un geste précautionneux, on devinait des centaines de bouteilles de grands crus, quelques dizaines de flacons d'alcools divers portant tous une médaille "Prix spécial de la confrérie des assoiffés de Moselle-Est" ainsi qu'une vingtaine de bouteilles de Kirsch Briottet dont certaines étaient déjà largement entamés... 

Dans un des coins de l'alcôve était posé un grand tonneau retourné flanqué de quelques chaises de bar ainsi que des verres de toutes formes et de toutes tailles, le tout surmonté d'une immense enseigne lumineuse clignotante sur laquelle on pouvait lire : Luping's Troquet, ouvert tous les jours uniquement sur Rendez-Vous.... 

France Ouaze, la bouche grande ouverte et les yeux écarquillés, restait debout au milieu de la cabine comme pétrifiée. Un bar clandestin ! Dans ses rêves les plus inavoués, elle n’aurait jamais pensé voir cela un jour…

Mais que diable se passait-il dans la tête des membres de l’équipage ? Seraient-ils tous en train de perdre la raison ? Le rayonnement cosmique en serait-il la cause ou serait-ce plus simplement la promiscuité et le manque d’occupation ? Pour l’instant elle n’avait aucune réponse mais elle prit la ferme résolution de s’attaquer au problème dès qu’elle aurait terminé son briefing avec le Commandant…

A tout hasard, et pour se donner du courage, elle se versa un grand verre de Kirsch d'une des bouteilles entamées. Elle avala le contenu du verre d'un seul trait puis quitta avec précautions la cabine pour rejoindre Tifris dans le poste de pilotage. A suivre...

 


Un document rare : Vincent Douitche à ses débuts lors d'une fête de la musique

 

(1) Le Gloutex (du nom de son inventeur Alexandre Gloutard) est un matériau composite à matrice thermoplastique hélicoïdale dont la principale caractéristique est d’être transparent lorsqu’il est soumis à la lumière et opaque à 99,65 % dans l’obscurité. Les premiers échantillons de Gloutex ont été utilisés pour la construction de la Papamobile du Président Macrondel de Sôssysson.(Indre et Loire).

Ce véhicule révolutionnaire fit sensation lors de la cérémonie de béatification en 2062 du comique troupier Giovanni Castexo. Cet hommage eut lieu pendant l'inauguration de la première succursale officielle de la grotte de Lourdes située à Tizi Ouzou dans le parc Tamagrha (Daïra de Tizi Ouzou, Grande Kabylie, Algérie).

 

(2) Luping Dépyss a été batteur dans un groupe mythique local "Les Potaches" durant les années soixantes. Pour en savoir plus et écouter un extrait de leur musique CLIQUEZ ICI

 

(3) Le glandouilleur gyroscopique est la version optimisée du dernier inhibiteur freudien à phases compensées agissant sur le facteur d'inertie conjoncturelle de l’onde Alpha émise en Feedback par le cortex cérébral. Lors de l'utilisation, il convient toutefois de prendre en considération l'ensemble des alternatives envisageables eu égard à la dualité de la situation induite, et ne pas négliger d'anticiper la globalité des problématiques pouvant être générées de façon aléatoire dans le cadre d’une utilisation circumambulatoire non orthodoxe du générateur (Extrait du discours du ministre de la santé Olivan Verrier à la tribune de l'assemblée nationale en juin 2052). 

 

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12/09/2021
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Clément Keller : Le retour des Brabeks (13)

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Le but de cette expédition, sponsorisée par le groupe Nauss-Talgia, leader incontesté du Blog tridimensionnel L.R.E.M. (Lassant, Ringard, Enervant & Mytho), consiste à récupérer les gènes d'origine de l'espèce humaine afin de les réimplanter dans l'ADN des dirigeants de notre planète pour leur redonner sagesse, intelligence et un sens aigu de la réflexion. Bref, une mission que l'on pourrait d'ores et déjà qualifier d'impossible. C. Keller

 

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Toujours vêtu de sa robe de cérémonie en Organdi rose, Yves Abyen se tenait debout devant l’entrée principale de la Fashion Week à Berlin où des milliers de visiteurs du monde entier se bousculaient. Toute la Jet Set et l'élite fortunée de la planète était présente pour voir et surtout être vue lors de cette nouvelle édition du plus grand défilé de mode de l'année.  

Un peu à l'écart de la foule grouillante, Yves tenait en laisse à l’aide de la ceinture de sa robe Klébard, le chien qu’il avait recueilli sur le chemin menant à la porte Mélanchouille (1) où se déroulait l'évènement auquel il était censé participer.

 

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Photo souvenir de Berlin : Yves Abyen en compagnie de Klébard

 

Son téléphone cellulaire à cryptage concentrique à la main, il attendait avec une impatience mal contenue que le Commandant Tifris daigne enfin répondre à son appel à l’aide car il venait de se faire refouler par le service d’ordre sous prétexte que les chiens n’étaient pas autorisés à entrer dans l’enceinte de la manifestation.

Respectueux et fidèle à sa décision d'adopter son nouvel animal de compagnie, il était hors de question pour lui de s'en séparer et Yves avait préféré renoncer au défilé plutôt que d'abandonner Klébard.

Ce dernier mâchouillait d'ailleurs, en signe d'affection, le gros orteil du pied gauche de son maître qui attendait en trépignant que le Commandant Tifris veuille bien décrocher son téléphone.

C’est à la toute dernière vibration du glafouilleur résonnant que Tifris s’empara nerveusement du combiné et hurla un « Commandant Tifris, je vous écoute » dans le capteur vocal…

Yves se sentit soulagé et tenta d’expliquer calmement la situation en évitant bien sûr de parler de Klébard car aucun animal n'était autorisé à bord du vaisseau spatial C-DLADOB.

Mes respect mon rayonnant Commandant, Euh… j’ai un problème ici à Berlin, je suis devant l’entrée du salon et j’ai été refoulé car le chien… non, le chip biométrique de mon Klé. pardon, de mon accréditation n’est pas reconnu par les services de sécurité… Je ne pourrais de ce fait participer à l'évènement... Quelles sont les instructions dans ce cas de figure mon lumineux Commandant ?

Votre lumineux Commandant à d’autres chats à fouetter en ce moment et se contrefiche de votre participation à cette sauterie… On vous a téléporté là-bas sur instructions de votre Psy France Ouaze et si vous ne pouvez pas remplir votre mission vous regagnez l’hôtel, vous récupérez votre fourbi et vous retournez le plus rapidement possible à la cabine de téléportation pour revenir à bord… Vous m’avez compris ? C’est un ordre ! J'ai d'autres problèmes bien plus importants à règler... Merci et bon retour !

Yves Abyen ne chercha pas à discuter et marmonna un vague « A vos ordres mon sérénissime Commandant » avant de raccrocher et de reprendre avec Klébard le chemin en direction du Grand Hyatt Hôtel où il avait laissé ses affaires.

- Tant pis, se dit-il, je vais en profiter pour renifler un peu l'ai de Berlin avant de retourner à la cabine de téléportation... Ca fait si longtemps que je n'avais plus remis les pieds ici... Allez viens Klébard, on va faire une belle promenade tous les deux, on va aller Unter den Linden, là bas il y a des arbres où tu pourras lever la patte...

 

* * * * * * * * * * 

 

Dans le poste de pilotage, Tifris cliqua nerveusement sur le bouton d’appel de France Ouaze pour lui demander une copie du dossier personnel complet d’Yves Abyen afin qu’il puisse l’étudier et se faire une idée précise du profil psychologique et des antécédents de son chef d'équipe chargé de l'entretien.

Au moment de l’appel de Tifris, France Ouaze était occupée à vider les flacons de vaccin de leur contenu et de remplacer celui-ci par du sérum physiologique (2).

Elle reposa calmement le petit entonnoir, essuya ses mains délicates sur un chiffon de soie et se connecta sur la base de données du personnel afin de faire une copie du dossier d’Yves Abyen à l'aide de l'antique et poussiéreuse imprimante à aiguilles qui trônait dans un coin de son bureau.

Tifris était resté fidèle aux écrits sur papier lesquels, selon lui, étaient pérennes alors que les données numériques lui semblaient bien trop volatiles. Le poste de Commandement était d’ailleurs encombré de dizaines de classeurs de toutes tailles et de toutes couleurs dans lesquels il stockait toutes les informations possibles et imaginables…

Quelques minutes plus tard, France Ouaze apparut, souriante comme à son habitude, le dossier Abyen à la main. Sa formation de psychologue lui fit comprendre immédiatement que le Commandant était dans un état de tension nerveuse extrême et elle se contenta de poser le dossier sur le bureau sans chercher à engager la conversation…

Tifris se redressa sur son fauteuil, regarda France Ouaze d'un air égaré, se gratta furtivement le bout du nez et, dans un soupir, la remercia avec un sourire crispé non sans demander si l’opération « vaccination bidon » était en bonne voie…   

Pas de problèmes Commandant, je suis en train de préparer les doses fictives et je pense terminer tout cela d’ici ce soir. Concernant le dossier Yves Abyen, j’aimerais toutefois attirer votre attention sur ce document qui définit le profil créatif du personnage avec beaucoup de précision… En disant cela, elle tendit à Tifris la copie d'une coupure de journal extraite du périodique « Modes et Travelos » dans laquelle on pouvait lire la biographie suivante :

 

Yves Abyenn un créateur hors du commun : Lassé de l’omniprésence du polyester bas de gamme dans les rayons de ses boutiques préférées, le jeune créateur Franco-Berlinois Yves Abyen, décide sur un coup de tête de lancer sa propre gamme de fringues, dans des matières, style et confection à l’image de son idole Ted Ladipuce. Réhabilitant sans pression aucune la tendance des Charentaises à carreaux et du Kittelschirz (3), il se positionne en véritable précurseur dans le Fashion Market avant de déclarer publiquement que la tendance de l’année de sa collection se déclinera dans le Short à manches longues et évasées tombant sur les chevilles et le tablier rétro à motifs allégoriques. Suite à cette déclaration fracassante, tout l’espace médiatique Mode et Fashion entra en délire. L'actrice française Audrou Tatey prétend même avoir fait imprimer son "Kittelschirtz" avec la devise d’Yves Abyen « Osons maintenant, pour le reste, on verra plus tard ». De nombreuses vedettes du Show-Business lui emboitent aussitôt le pas et même la grande chanteuse lyrique Carli Bruna se produisit sur scène lors d'un récital vêtue d'un Short à manche longues et d'un Kittelschirz aux couleurs du drapeau national Moldave. Quelques semaines après cet évènement, Yves est contacté par le directeur artistique de la maison Choco Canelle qui lui demandera de dessiner une nouvelle gamme de vêtements de type éthique et luxe commercialisée dans le monde entier sous la griffe « Nakunburn ». Le succès fût rapidement au rendez-vous et le point d'orgue atteint lors de la tournée d'adieu des Rolling Stones en 2047 lorsque le chanteur Mick Jagger se produisit sur scène muni d'un  Biambulateur Nostalgia (4) et vêtu d'un seul Short à manche longues Nakunburn. Sachons rendre hommage ici à la magnifique aventure d'Yves Abyen, cet anonyme ex-vendeur de Paninis à la sauvette berlinois qui a su se hisser, grâce à son talent, sa créativité et son audace au rang des plus grandes icônes du monde de la mode ! 

L’article était illustré par une superbe photo du jeune Yves présentant quelques-unes de ses dernières créations… 

 

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Quelques-unes des créations d'Yves Abyen

 

Tifris n'en crût pas ses yeux... Encore un membre d'équipage qui cachait bien son jeu !

Mais pourquoi diable se retrouvaient-ils tous dans son vaisseau ?

L'opération Planète Manflou était-elle un piège tendu par les dirigeants de la planète pour se débarrasser d'eux ou s'agissait-il effectivement de l'élite des astronautes choisis pour leur compétence...? Il n'avait pas la réponse pour l'instant, mais il fallait absolument clarifier la situation... Il rappela aussitôt France Ouaze et exigea cette fois une copie des dossiers personnels de tous les membres d'équipage occupant un poste à responsabilité. 

À situation exceptionnelle, sachons prendre des mesures exceptionnelles ! A suivre

 

(1) L'ancienne porte de Brandenburg. Si vous aviez lu les épisodes précédents vous le sauriez déjà !

(2) Idem. Lisez les épisodes précédents ! 

(3) Le Kittelschirz était un tabler porté au quotidien par les mères de familles dans les années 50-60. Chang-Tal a relancé cette mode au mois d'août 2021 lors de ses vacances en Moldavie. Pour voir ce document CLIQUEZ ICI (Eh oui, on ne s'en lasse pas !)

(4) Ceux parmi nos lecteurs qui ne connaitraient pas encore le Biambulateur trouveront toutes les informations concernant cette merveille de la technologie d'aide à la personne en CLIQUANT ICI.  

 

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23/08/2021
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