NOSTALGIA, le Blog qui fait oublier les tracas...

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Clément Keller : Le beau coin (8)

La fin de l’été était douce et agréable en cette année de première rentrée des classes.

Je passais des heures à rouler avec mon vélo bleu Hirondelle commandé par papa chez Manufrance (1) dans le pré derrière la maison et Oma me prévenait régulièrement que la date fatidique de la rentrée approchait. Pendant des semaines, à intervalles réguliers, elle me répétait sur un ton prophétique qui semblait annoncer l'imminente fin du monde :

 

- Jetz Geschde ball in die Schoul Clémau… May aames Kind, do mouschdde awa imma scheen brav sinn unn gudd hoaysche wenn de léhra ebbes saat… Ich däd Dich jo soo Gèa dehäm behalle… (Tu vas bientôt aller à l’école Clémau… Mon pauvre enfant, tu devras être toujours très sage et bien écouter ce que dit le maître… J’aimerai tant pouvoir te garder à la maison)…

 

Malgré cette préparation psychologique plutôt désastreuse, j'étais impatient de participer à cette nouvelle aventure.

Je sentais vaguement que ce départ vers l’inconnu était une grande et incontournable étape dans ma jeune vie et je me concentrais tout particulièrement sur la promesse faite par maman d’aller en sa compagnie à Forbach, la ville voisine, pour acheter mon premier cartable, une ardoise et quelques autres accessoires apparemment nécessaires à ma nouvelle vie de jeune futur intellectuel.

Le conseil de famille, présidé comme d'habitude par grand-mère, avait également décidé qu'il fallait m’équiper des pieds à la tête avec de nouveaux vêtements ainsi que d’une robuste paire de chaussures ‘tous terrains’ destinée à m'aider à marcher dans de bonnes conditions sur les chemins cahoteux du savoir...

Les consignes avaient été données clairement, il incombait maintenant à maman d'exécuter la mission 'Rentrée des classe du Clémau' au mieux...

Lorsqu'il s'agissait d'achats qui sortaient de l'ordinaire, comme nous ne possédions pas de voiture, il ne restait qu'une seule alternative : prendre l'Autobus pour se rendre au bourg voisin.

Les autobus Federspiel (2) faisaient plusieurs fois par jour la navette entre le village et la ville de Forbach distante d'environ 4 km.

A l’époque, de nombreux petits commerces en tous genres fleurissaient à Forbach et les familles des villages environnants avaient toutes leurs magasins préférés dans lesquels elles faisaient leurs emplettes.

 

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En ce qui nous concernait, notre préférence, lorsqu’il s’agissait de vêtements, était le Soldeur de Roubaix, un petit magasin situé à quelques mètres de l’arrêt du bus, dans la rue Sainte Croix, presqu’en face du photographe Halm.  

Maman aimait faire ses achats dans ce magasin car il était proche de l’arrêt du bus et de ce fait, elle n’avait pas à trimbaler ses achats sur une longue distance.

Cerise sur le gâteau, à côté de ce magasin se trouvait la pâtisserie Ponczec dans laquelle elle s'offrait le luxe de prendre un café et de nous offrir par la même occasion un croissant ou un pain au chocolat que nous dégustions, ma sœur Anne-Marie et moi, en attendant l’Autobus du retour…

Ce jour-là, nous visitâmes en premier le magasin de chaussures Bour dans lequel nous fîmes l’emplette d’une paire de chaussures montantes à lacets munis d’une épaisse semelle en cuir. Le cuir était non seulement un gage de durée dans le temps, mais autorisait également de nombreux ressemelages chez Roger, notre cordonnier local et, si l'investissement était conséquent, il fallait absolument le rentabiliser...

Lors du passage à la caisse, la vendeuse nous proposa à titre préventif, avec un beau sourire commercial, une paire de lacet de rechange ainsi qu'un superbe boîte de cirage, accessoires que maman refusa poliment.

La vendeuse hocha la tête sans insister, prit un ballon sous le comptoir et le gonfla à l'aide d'une pompe posée derrière elle sur une étagère croulant sous le poids de dizaines de cartons à chaussures. 

Une fois gonflé, elle attacha le ballon sur une tige en laiton et me le tendit avec un grand sourire. Je saisis l'objet publicitaire vantant l'enseigne du magasin à bout de bras, et me dirigeais fièrement vers la sortie.

Je dois avouer que c'était la première fois que quelqu'un que je ne connaissais pas m'offrait quelque chose et je marchais la tête haute et le bras tendu à travers les rues de la ville, désireux de montrer au monde entier mon merveilleux ballon Chaussures Bour rouge...

Nous nous dirigeâmes ensuite en direction de la librairie Meyer dans laquelle nous achetâmes l’équipement complet du futur écolier, à savoir, le cartable, une superbe ardoise, ancêtre de nos tablettes actuelles, un porte-plume, une boîte de plumes Sergent-Major et quelques autres accessoires tels, gommes, crayons de papier etc…

Notre périple se termina finalement chez le Soldeur de Roubaix où maman choisit un robuste pantalon, un pull en laine avec des motifs d’écureuils, une jolie veste fourrée en prévision de l’hiver ainsi qu’une splendide casquette d’aviateur en cuir brun équipée de protège-oreilles rabattables qui me faisait ressembler à un Cosmonaute russe se préparant à escalader l’échelle menant vers son vaisseau spatial sur le pas de tir de Baïkonour...

 

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Maintenant, plus rien ne pouvait m'arriver, j’étais fin prêt !

Le 13 septembre 1954, est un lundi à marquer d’une pierre blanche car ce fut mon premier jour de classe à l’école primaire des garçons de Schoeneck sous la houlette de l'excellent instituteur Félix Thil.

Le bâtiment d'école qui allait m'accueillir se situait en haut du village, pas loin de l’ancienne mairie qui faisait également office d’école de filles.

Encore aujourd’hui, je reste persuadé que ma grand-mère, la Oma était plus inquiète que moi et qu’elle a dû passer une nuit blanche en imaginant son petit-fils adoré, la tête sanglée dans sa casquette d’aviateur, voguant vers l’inconnu à la distance respectable de 800 mètres de notre maisonnée.

Pour parer à toute éventualité, maman avait, une fois de plus, eu des consignes précises à respecter impérativement :

 

- Geh mit dem Kind bis in die Schoul, unn pass noua gudd ouff dasem nix passiat…

Jesses Gott, is mir heit moaje soo schlecht… Vegess nit eme lehra se soohn das dea Clémau so E ämfiddlisches Kind is unn dassa gudd ouffne ouffpasse soll. Ich Glab Ich muss mich jetz E bissie hinlèhe, mia isses gah nit gudd… Das aahme kind… So klän unn schunn so wait weg voun sayna Oma… Wenn das alles noua gudd geht… (Tu accompagneras cet enfant jusqu’à l’école et tu feras bien attention qu’il ne lui arrive rien… Mon Dieu, comme je me sens mal ce matin… N’oublie pas de dire au maître que le Clémau est un enfant si sensible et qu’il prenne bien garde à lui. Je crois que je vais être obligée de m’allonger un peu maintenant, je ne me sens pas bien du tout… Pauvre enfant, si jeune et déjà si loin de sa grand-mère… Pourvu que tout cela se termine bien)... 

Aléa Jacta est, comme aurait dit le grand Jules César juste avant de franchir le Rubicon, le grand jour était enfin arrivé !

 

A suivre.

 

('1) Lire le récit  Opa Adolphe & mon Premier vélo

('2) Lire le récit  Les autobus Federspiel

 

Schoeneck beau coin : autres récits

Introduction

5 Fruits & légumes

Alléluia ! Il marche et il parle...

Je vais ’recevoir’ une petite sœur

A la découverte du monde

Opa Adolphe - Mon premier vélo

Être ou ne pas être... 

 

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31/10/2018
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Em Clemau sei Footzegge Ogdowa 2018

Ogdowa 2018

Hourra ! Jetz homma ändlich E nayi Régiroung… Ealich gessaad, do gebss nit vill nayes awa sie honn mineschdens E Paa kumbelle unna gebroung.

Ich honn das geffill gehat das de gong im Elysée Palascht zimmlich lea wa wärend de létschde 14 Daa…

Unsa Macronix iss verässt ohne dea grosse Charles (De Aznavoua, nit dea onnere !) dea hat ne jo a falle gelosst ohne Ebbes se soohn…

Noo dem Hulot, iss A unsa Inneminischdda, dea neavéese Chrischtof Colomb mim Schiff ab fa Lyon se endecke… Do hat unsa grossa Chef grund gehat sich soye se marrhe, dea wajo ball so wait dassa E annongs uffem ‘Bon Coin’ gemarrt hét fa Minischddere se finne !

In der tsait, honn E paar onnere vunn unsere Polidigga alles vessourt fa de ‘Buzz’ se marrhe…

De Vallz der hat E trik gefunn. Denne villa ma nimmé in Fronkraich, donn gedda halt noo Baarcelona ! 

Do iss ma eigentlisch ebbes ingefall, wenn die Fronzosse nimmé de Macronix wille, kinnt dea Sich jo als Biajemäschdda in Arménie Uffschtelle, wissena, das lond voum grosse Charles (Also schun widda, dea klène grosse, nit déa grosse grosse, dea iss jo schunn long wegg voum Finschdda) ! Biajemäschdda vunn Erivonn, das wéa doch ebbess Geehl ?

Donn wa jo noch De Mélanchon, déa hat sich jo soo uffgeréschtt…

Dea marrt jo soo als werra de Sounekénisch, de Louis 14 ! Déa hat jo äme politsischt ins gesicht gekrisch das Ea die Répoublik iss, das may Kumbbel wo ouf de Groub geschafft hat gessaat hat das sei Owaschdaya unnadaa im Simonschart nit so gekrisch hat wenn se nit genoung kohle gemarh honn !

Do kritt mass jo so rischdisch mit de ongscht se doun wemma bedenkt das so änna Fronkraich régiere will !

Ich komma gudd voaschdelle was do passiat wenn änna voun sayne Minischdda mo nit invastonn wèa…

De Mélanchon, dèa misst Emohl no Canada Gehnn unn doat E ‘Pétard’ raahre, das berouischtt.

Unsa fraynd de Augouscht Calamia, dea wohnt jo doat, hat ma gesaat das ma in Canada jetz offiziell Cannabis raahre déaff…

Unn wenna de Cannabis nit Wedraht, konna jo Ah e bissie Nostalgium holle, das iss genau so Goutt unn wéad ball vunn de Krongekass betzalt !

Soo, Liewe Noschdalschia Lèsa, jetz génnich s’laab ounna meim Noussboom rächele, s’iss jo schunn long Héabschdd unn ma honn imma noch 28° in de sunn.

Unsa Welt iss jo wiaklisch duayenènna !

 

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Et, comme promis, voici la version française pour les non-Plattophones... 

Hourra ! Nous avons enfin un nouveau gouvernement…

Franchement, il n’y a pas grand’chose de nouveau mais ils ont au moins réussi à caser quelques-uns de leurs amis. J’avais l’impression pendant 2 semaines que les couloirs de l’Elysée étaient un peu vides…

Macronix était parti en voyage sans le grand Charles (Aznavour, pas l’autre !) qui l’a également laissé tomber sans donner de préavis. Après Hulot, c’est notre ministre de l’intérieur, l’impétueux Christophe Colomb qui a largué les amarres pour aller découvrir Lyon… Il avait du souci à se faire notre grand commandeur, il était d'ailleurs sur le point de mettre une annonce sur le bon coin pour trouver des ministres !

Pendant ce temps, quelques autres de nos politiciens essayent à tout prix de faire le Buzz…

Valls lui, a trouvé une combine. On ne veut plus de lui en France, qu’à cela ne tienne, il va se présenter à Barcelone !

Je viens d’ailleurs d’avoir une idée : si les français ne veulent plus de Macronix, il pourrait aller se présenter comme maire en Arménie, le pays du grand Charles (encore une fois le petit grand, pas le ‘grand’ grand qui lui est parti depuis longtemps…).

Maire d’Erevan, ça en jetterai non ?

Et puis il y avait le Mélanchon qui s’est beaucoup énervé… Voilà qu’il se prend maintenant pour le roi soleil, Louis XIV, en hurlant au visage d’un policier que la république c’est lui !

Mon copain qui travaillait au fond de la mine au Puits Simon m’a dit que même son porion de quartier ne hurlait pas aussi fort lorsqu’ils ne sortaient pas assez de charbon !

Ça fait peur de voir un gars qui prétend gouverner notre pays s’énerver de telle façon… J’imagine la réaction de ce dernier si un de ses ministres n’était pas d’accord avec lui…

Le Mélanchon devrait s’expatrier au Canada, et fumer un 'Pétard', il parait que ça calme !

Notre ami Auguste Calamia, qui habite là-bas, m'a dit qu'on avait officiellement le droit d'y fumer du Cannabis maintenant...

Et s'il ne supporte pas le Cannabis, il peut également prendre un peu de Nostalgium c'est tout aussi efficace et en plus, bientôt remboursé par la sécurité sociale !

Bon, chers amis nostalgiaques, sur ces bonnes paroles je vais aller ratisser les feuilles sous mon noisetier. C’est déjà l’automne depuis un moment et il fait toujours 28° au soleil.

Notre monde est vraiment perturbé !

 

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Lire les autres billets

Billet Février 2018 (Changements de Présidents)

Billet Mars 2018 (Le catalogue russe)

Billet Avril 2018 (La grève à la SNCF)

Billet Mai 2018 (N. D. des Landes - Le prix Eurovision)

Billet Juin 2018 (La coupe du monde)

Billet Juillet-Août 2018 (La canicule)

Billet Septembre 2018 (Macronix le gaulois)

 

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19/10/2018
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Jean Lucien Miksa présente : A l'ombre du charbon

Notre ami JLM (Jean-Lucien Miksa) que les blogueurs doivent maintenant connaitre pour ses reportages et billets d'humour, a le plaisir d'annoncer la sortie de son livre :

  

À L'OMBRE DU CHARBON

 

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Cet ouvrage de 250 pages au format 15x23 cm est édité par les Éditions du Net et a été retenu pour participer à la sixième journée du manuscrit francophone qui a lieu le 24 octobre 2018.

Dans cet ouvrage, Jean-Lucien nous emmène sur un terrain qu'il affectionne particulièrement, celui de la Mine où il a passé la plus grande partie de sa carrière professionnelle. D'abord comme technicien dans les bureaux de la direction des HBL à Freyming-Merlebach, puis sept années au service du Mineur dans un siège d'exploitation de charbon, celui de la Houve à Creutzwald. 

Il nous raconte avec maints détails les fonctions des personnels qu'il encadrait au titre d'agent de maîtrise, nous raconte quelques anecdotes mémorables, ses temps parfois difficiles et d'autres de bonheur qu'il a partagé avec eux.

Les métiers dont il nous parle ne sont pas ceux des Mineurs du fond qui ont toute la place qu'ils méritent dans les films et livres parus.

Non, il nous parle de ceux qui sont restés "à l'ombre", ceux qui étaient au bas de l'échelle, ceux qui chaque jour accomplissaient des tâches ingrates, mais oh combien utiles pour la bonne marche de l'entreprise et le confort du Mineur qui remonte au jour après son dur labeur au fond.

Ces métiers inconnus du grand public sont ceux du carreau, de la lampisterie, des bains-douches et des portiers.

Lorsqu'il visitait le carreau à son arrivée à la Houve avec le chef du carreau Jean G. et son ingénieur Pierre K., ce dernier lui dit : tu seras notre mémoire. A cette époque il ne savait pas que cette phrase était prophétique, mais des années plus tard, après avoir quitté son travail, l'auteur a noté ses impressions et données techniques encore en sa mémoire pour les restituer au public.  il lui aura fallu attendre de longues années pour sortir de la tourmente et trouver le courage de se lancer dans un travail d'écriture qu'il nous livre dans son ouvrage.

L'auteur nous parle aussi de ses premiers pas en CCFC (congé charbonnier de fin de carrière) ainsi que son entrée en retraite à un âge qui n'est pas en adéquation avec un repos forcé.

Mais avant tout il veut par ses écrits rendre un hommage sincère à ces hommes humbles et volontaires qui méritent de sortir de l'ombre pour prendre la place, qui est la leur, aux côtés de leurs frères du fond. GLÜCK AUF

 

 Le livre À L'OMBRE DU CHARBON est disponible sur le site leseditionsdunet.com en version papier au prix de 26€ (plus frais d'envoi) et bientôt en format numérique téléchargeable à un prix beaucoup moins élevé. Cet ouvrage peut également être commandé dans votre librairie habituelle.

Vous trouverez sur le site les treize premières pages du livre consultables en ligne.

 

Vous pouvez aussi contacter l'auteur pour une commande. Après plusieurs commandes il fera un achat groupé auprès de son éditeur et vous fera parvenir sans frais d'envoi votre livre avec une dédicace personnelle.  

 

Pour visiter le site de la journée du manuscrit francophone et lire un extrait de l'ouvrage CLIQUEZ ICI

 

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16/10/2018
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Les Vamps : états d'âmes

A peine 6 mois après l'enterrement de son JÄP, la veuve SCHIDEL, trouve un nouveau compagnon. Un vieux mineur de PETITE-ROSSELLE, qui a une belle pension et une vieille "ARONDE" noire. On l'appelle "Le SEPP".

 

* * * * * * * * * * 

 

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Parvis de l'église St. Joseph à SCHOENECK, 9h30, un beau dimanche de Mai 1960.

Frau SCHTIPPEL, VAMP N°1 : 

- Wéa hätt donn das gedenkt ? Jetzt is déa JÄP noch nit halva faul, do hat sei Witwe, choun E neier Koschtgänger. Ich wollt mich schäme, das gibs doch nit !
Madame HUDDELVAMP N°2 : 

- Das is doch noua E Penssioon's Geschicht, Frau SCHTIPPEL.
V.1, nostalgique… : 

- Wisoo donn E Penssioon's Geschicht, das is villeicht noua E chéni liebesgeschicht.
V.2

- Ich mèn iha honn E Boobe, Frau SCHTIPPEL ! Mit dem Alter héat ma doch ouf mit dem Liebeskwatsch . Donn fängt ma on ze Zéhle !
V.1, rêveuse... : 

- Ich wéa aa mol géa valiebt gewän, awa mei Monn hat ma's Vabott. Don honn ich ouf gehéat se souhche. 
V.2

- Do honn na awa recht gehatt, weil mit de Bigoudis un's Kiddelschiatz, do hätte na beschtimt Kenna gefoun !
V.1, mélancolique... : 

- Wenn iha noua wisste, wie oft ich träme, vom E chééne, schtolzer Monn, mi'm E Auto, oun E bische Poésie in de Woate... Das wollt mia longe, Frau HUDDEL.
V.2

- Oun voa was donn nit, E weisser Schãffer Hund mi'm E Roode Schlips, hinne im Auto ! Ich mènn iha hon E Knall, Madame SCHTIPPEL !
La SCHTIPPEL... pernicieuse… : 

- Ei iha waare doch aa valiebt, wie na die éacht Zeit vaheirat ware. Grad voa das eier Monn mit En's von de "Barake" abgehau is. E Poolemädel, honn die Leit domohl's gesaht.
V.2 ... très énervée... : 

- Néé, ken Poolemädel, E ITALIÈNAWEIB. So klènie Grosschniss mit a dick Broucht oun schwartz gefärbte Hoa. De Daivel soll die Fremde holle !
V.1, très salope insiste... : 

- EI was isson aus dènne zwei woa ?
V.2, excédée… : 

- Was wèès ich donn ! Ich konn eich noua soon das die "MACARONI SCHNEPP", onschtadt se koche, se flicke oun se schticke, ongefong hat se schtudiere, oun mei Kaméél von LOUIS hatt niks gesaht. Ich glab das faulenz't jetzt als Schuléhrin, oder Profèssa i'm E Lycéé, bei METZ. Zum Klick honn se kenn Kinna kriet, sounscht hätt's die aa noch vadoap.

V.1

- Ich honn's immer gesaht, die Biecher mache die Leit dumm, doddeldich oun blééd ! 

Do brauche na noua ounsa Paschtoa se betrachte. Imma die Biebel in da Hond, oun Sounschtwo niks !
V.2, étonnée… : 

- Wisoo, Sounschtwo niks, Frau SCHTIPPEL ?.
V.1, hors d'elle ! : 

- Ei ounam Rock ! Wen a das nit vaschtéén, don konn ich eich nimmé helfe !
V.2

- Ei wo héa wisse na das donn ? Unsa PASCHTOA is doch E so chéna, onschtennischa oun gouda Monn. Das is doch nit mééschlich !
V.1... chuchotte à V.2. : 

- Es HILDEGAT hat ma's gesaht, Das geht nit voa nicks beichte, wènn's douchta is in da Kiach...
V.2

- Oh ! Jésous Maria, Ich honn nit gewist das es HILDEGAT so from is !
V.1, les yeux rivés au ciel... : 

- Ich mènn monschmohl iha wäre hinna'm Mond dehèm, Frau HUDDEL. Wenn iha wisste was ich wèès, don wollte na eich nit so dumm droon stelle. In ousa'm "Chéne Ecke", do passiere wiacklich wouschte Sache ...
V.2

- Ei was passiert donn in unsa'm chéne Doaf ? Miia kinne na doch alles soon, do koumt nicks E raus, Frau SCHTIPPEL...
V.1, confidentiellement… : 

- Der Vasouffene FRITZ vazehlt in all Wiatschafte, eier MARYLOUIS wéa schwonger vom Ihm. Ich honn eich voa kouatzem choun gesaat, das eier Mädel Treck om Schtecke hat.
V.2, à peine étonnée, soucieuse : 

- Chouwidda schwonga unser MARYLOUIS !! Hoffendlich koum's ousa'm Paschtoa nit on die Ohre. Donn misse ma noch E mohl die "Abtreiwasch" bezahle. Genau wie Voaschjoha, wie's aus de Férie koum is. Ich honn dem Mädel choun Dausend mohl gesaht, es soll ouf passe mit de Mānner. Die honn doch all es Héatz in da Bouks, oun die Bouks ouf de Knie, vafliks noch E mohl ! Mensch die Kinna, sin doch noua Problééme oun Soaihe ! 

Ounsa MARYLOUIS, das schlaaht seim Vater noo, oun die "Hinn mache ken Katze", wie ma saaht. Loss mich noua mohl Hem koume...

Ich valèèse dem die Lévitte, das wéat mich héére ! Schwonger vonem FRITZ, da is E Kind mi'm E Wasserkop garandiert. Was sohn donn noua die Leit ?

Les cloches sonnent, elles montent les marches de l'église, têtes pieusement baissées..

V.1, soupire en regardant le beau "Suisse d'Eglise"... : 

- Mensch geht dem Kiaieschweizer die Ounifoam so chéén, Wenn déa nit geheirat wèa, donn wollt ich nit nèè sohn... 

 

 

religion2.jpg
Sur le parvis elles attaquent un autre sujet… Il y a tant à dire..
- Frau HUDDEL, ich wollt eich noch frohe... Honn iha choun ebbes von dem "ROULEAU de la MAAR" gehéat ?
- Ei sicher Madame SCHTIPPEL, doat treffe sich doch die Junge von da FÈAM. 

Der KELLA'CH Clémau vom Unadoaf, wéa aa dabei, oun wéa wèès, wéa noch..
Sogaa Mädele kääme owen's, fascht im Dunkele... Iwaléhe eich E mol, oun das alles nit weit vom Wald !
Wènn doat die gross "Trauerweid" oun die "Hecke" schwetze kinde... Im Gottes Wille, donn wisste mia das ounsa aami Jougend in da kréécht Gefahr is. 
Ich sohn imma, wéa wèès was doat on dem "Rouleau" gefoummelt wiat, mit denne gonze Fremde, die noch ken Woat Platdaitsch schwetze kinne ?
- Ah ! Frau HUDDEL, es koumt ma grad noch ebbes inn, voa das ma in da Kiach sitze.
Der SCHTIVEL'S iha frischer Koschtgänger wisse na, der ROSSLA SEPP, hat déa nit E Koumpel gehat noomen's FRONZ ?
So E ROSSLA Ongéwa aus da "plus belle rue du monde", wie der Doumkop selwa saht. 
Weil von dem Schlooseklopper, honn ich mich nämlich E mohl dricke gelost, bei'm SOUMMER ouf da Donzmousik.
Awa déa Casanova hat bei mia niks geboutzt. E Rossla... Ich bin doch nit varrickt !
Soh, jetzt mousse ma awa rinn gehn, sounscht macht déa "Schweitzer" Ballava, oun mia valiere die Zwei bechte Plätzer, direct vohre om Altaa.
Elles entrent dévotement… 

 

* * * * * * * * * * 

Traduction délibérée en Français "accentué", de l'époque :

A peine 6 mois après  l'enterrement de son JÄP, la Veuve SCHTIVEL, trouve un nouveau compagnon. Un vieux mineurs de PETITE-ROSSELLE, qui a une "belle pension" et une vieille "Aronde" noire. Chez lui, on l'appelle "Le SEPP".

 

Parvis de l'église St. Joseph à SCHOENECK, 9h30, un beau dimanche de Mai 1960.

Frau SCHTIPPEL (Vamp N°1) :

- Mais qui aurait pensé  çà ! Le JÄP n'est qu'à moitié bouffé par les vers et sa veuve a déjà un nouveau copain. Mais j'aurais honte. C'est pas possible !

Madame HUDDEL  (Vamp N°2) :

- Mais c'est  sûrement une histoire de pension, Frau SCHTIPPEL

V.1, nostalgique :

- Pourquoi une simple histoire de pension. C'est peut être une belle histoire d'amour..

V. 2 :

- Mais vous êtes dingue Madame SCHTIPPEL !  A cet âge là on arrête les âneries amoureuses, et on commence à compter !

V.1, rêveuse :

- Moi aussi j'aurais aimé être amoureuse, mais mon mari me l'a interdit. Alors j'ai arrêté de chercher...

V.2, péremptoire 

- Vous avez bien fait, parce qu'avec votre tablier et vos bigoudis, vous n'auriez trouvé personne !

V.1, mélancolique :

- Si seulement vous  saviez combien de fois j'ai rêvé d'un bel homme, qui me déclamerait des poésies dans une belle voiture....  Mais je n'en demande pas plus Madame HUDDEL, cà me suffirait.

V.2, les bras en l'air :

- Et pourquoi pas avec un Chien Berger Blanc en pyjamas rose sur le siège arrière !! Mais vous êtes  complètement givrée Madame SCHTIPPEL !!

V.1, pernicieusement :

- Mais vous étiez amoureuse aussi au début de votre mariage. Juste avant que votre bonhomme fiche le camp avec une fille des "baraques de la Ferme". Les gens disaient que c'était une Polonaise...

V.2, très énervée :

- Nooon ! pas une Polonaaaiiise, mais une  petite "RITAL", une "MACARONI" avec une grande gueule, des gros nichons et des cheveux noirs. Que le Diable emporte les étrangers !

V.1, très salope insiste :

- Et qu'est-ce qu'ils sont devenus ces deux là.... donc ?

V.2, excédée :

- Mais qu'est-ce que j'en sais. Tout ce que je peux vous dire, c'est que la "RITAL",  au lieu de faire son ménage, s'est mise à étudier et mon LOUIS, ce chameau, n'a rien  dit.

Je crois que cette fainéante doit être Instit. ou Prof. dans un Lycée de Metz. Heureusement qu'ils n'ont pas eu d'enfants, parce qu'elle les aurait pourri aussi avec ses bouquins.

V.1 :

- Moi, je l'ai toujours dit, les livres ça rend les gens bêtes et stupides ! Vous avez qu'à regarder notre Curé. Toujours la Bible à la main et rien ailleurs...

V.2, étonnée :

- Comment çà, "rien ailleurs", Madame SCHTIPPEL  ?

V.1, énervée :

- Mais sous la Soutane ! Si vous ne comprenez pas ça, je ne peux plus vous aider !

V.2 :

- Mais comment vous savez tout ça ? Notre Curé est tout de même un bel homme, gentil et courtois. C'est pas possible ce que vous racontez.

V.1, chuchotte à  V.2 :

- C'est la HILDEGARDE qui me l'a dit. C'est pas pour rien qu'elle va toujours à confesse, quand il fait sombre dans l'Eglise...

V.2 :

- Ohh... doux Jésus, je ne savais pas que HILDEGARDE était si pieuse !

V.1, re-bras en l'air :

- Parfois je me demande si vous n'êtes pas un peu "demeurée", Frau HUDDEL. Mais si vous saviez ce que je sais, vous feriez sûrement moins l'imbécile. Dans notre village,  il se passent des choses pas très propres...

V.2 :

- Mais qu'est-ce qui arrive dans notre si "JOLI COIN" ? A moi vous pouvez tout dire, je suis la discrétion même...

V.1 :

- Il paraît que le FRITZ, vous savez l'ivrogne, ben le FRITZ il raconte dans tous les bistrots que votre fille la MARYLOUISE, serait enceinte de lui. Je vous avais pourtant déjà prévenu que votre gamine filait un mauvais coton !

V.2, à peine étonnée... soucieuse :

- Encore enceinte notre MARYLOUISE ?

Pourvu que ça ne vienne pas aux oreilles du Curé ! Va falloir qu'on paye la "Faiseuse d'Anges" encore une fois. Comme l'année dernière , lorsqu'elle est revenue de vacances. 

Je lui ai pourtant déjà dit cent fois de se méfier des hommes. Ils ont tous le cœur dans le pantalon et le pantalon sur les genoux, nom d'une pipe !

Bon sang les enfants ne sont que des ennuis et des problèmes. Notre MARYLOUISE, ressemble à son père et comme on dit : "Les chiens ne font pas des chats" !

Attendez que je rentre ce soir, je m'en vais la chapitrer, elle va m'entendre celle-là !

Enceinte par le FRITZ, mais c'est un trisomique garanti ! Que vont dire les gens ?

Les cloches sonnent, elles montent les marches de l'Eglise pieusement, têtes baissées.

V.1, soupire en regardant le  beau "SUISSE D' EGLISE" :

- Mon Dieu comme l'uniforme va bien à notre "SUISSE". S'il n'était pas marié, je ne dirais pas non...

Arrivées sur le Parvis elles attaquent un autre sujet... il y a tant à dire...

- Madame HUDDEL, je voulais encore vous demander : Est-ce que vous avez entendu parler de cette histoire du "ROULEAU DE LA MARE"...?

- Mais bien sûr Madame SCHTIPPEL, c'est près de ce vieux "ROULEAU" en béton que se retrouvent les jeunes de la "Ferme".

Le Clément des KELLER d'en bas du Village en fait partie et, Dieu sait, qui encore...

Même des filles y vont le soir à la tombée de la nuit. Vous vous rendez compte ? Et tout ça pas loin du Bois !

Ah, si le saule pleureur et les haies qui sont autour, pouvaient parler... Mon Dieu, on en saurait des choses sur toute cette jeunesse en danger...

Moi je me demande toujours ce qui se passe vraiment près de ce "ROULEAU", avec tous ces étrangers des baraques qui ne parlent même pas le Platt !

- Ah, Madame HUDDEL pendant que j'y pense, vous ne savez pas si le nouveau copain de la Veuve du JÄP, ce "SEPP de ROSSELLE", n'est pas ami du FRONZ qui se vante d'habiter la "plus belle rue du monde" ?

Parce que ce Casanova là, il m'a fait la cour un soir au bal chez "SOMMER". Mais je l'ai envoyé promener. Un ROSSELLOIS, mais chuis pas encore folle quand même !

Bon maintenant c'est l'heure de rentrer à la messe, si on veut retrouver les meilleures places, juste devant l'Autel.

Elles entrent dévotement.

 

* * * * * * * * * * 

 

Octobre 2018
Les "RÄTSCH", je les ai baptisés "VAMPS" dans mes récits, car leur ressemblance avec un duo d'humoristes féminins bien connu, est flagrante à mon avis.
Je suis sûr qu'au Purgatoire, où elles séjournent depuis quelques années, elles mettent une ambiance d'Enfer. 
Leur remplacement a été immédiat, car d'autres "RÄTSCH" se sont révélées très compétentes immédiatement et ce, sans la moindre nécessité de formation.
À SCHOENECK, le temps est à l'automne.
Dans une clairière de l'ancienne "FERME", le CLÉMAU, le CHAN-LUCIEN oun de WALDA installent le "Disque Dur" de leur jeunesse...
Mais il a une forme bien étrange... On dirait un "ROULEAU". 
Cherchez pas, c'est lui la vedette de la future place Joe/Wiki SUROWIECKI
... Fronz

 

 

* * * * * * * * * * 

 

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Juste Fiel, v’là les Vamps !

 

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27/09/2018
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20/09/2018
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