NOSTALGIA, le Blog qui fait oublier les tracas...

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La Boutique en ligne Nostalgia

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La nouvelle boutique est ouverte : CLIQUEZ ICI !

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Vous êtes déprimé ? Vous manquez de tonus ? Vous tirez la gueule ?

Aller au boulot vous fatigue ? Votre femme (ou votre mari) vous stresse ?

Une capsule de 1000 mg de Nostalgium tous les jours et tout va déjà beaucoup mieux !

NOSTALGIUM, déclaré d'intérêt public devrait être remboursé par la sécurité sociale ! 

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Suite au succès du Nostalgium et afin de renflouer une trésorerie permettant à ses collaborateurs, jusque-là bénévoles, de se remplir les poches à l’instar de certains politiciens qui font beaucoup moins rire et nous coûtent bien plus cher, Nostalgia a décidé de commercialiser une gamme de produits dérivés dont voici le premier exemplaire :

 

Le Pendentif « Le rouleau »

 

Ce premier article annonce l’arrivée d’une gamme d’objets utilitaires, décoratifs ou simplement originaux que nous commercialiserons à des prix défiant toute concurrence à travers notre réseau domicilié au Panama.

Chacun de ces articles est une pièce unique numérotée entièrement fabriquée dans nos ateliers français de Shanghai par de jeunes professionnels mondialement reconnus.

Ces produits de haute technologie sont toujours livrés avec un certificat d’authenticité entièrement rédigé en Mandarin standard (Putongha / Guoyu).  

 

Vous pourrez consulter la notice descriptive de chacun de ces merveilleux objets en cliquant sur la photo correspondante.

En cas de commandes groupées d’un minimum de 18780 €, un très beau cadeau entièrement gratuit sera joint au colis.

Une partie des bénéfices ainsi réalisés sera par ailleurs reversée à la fondation « Thyristor » ainsi qu’à l’association d’aide et de partage « Un peu de blé pour Clémau ».

 

Merci à toutes et à tous et n’oubliez surtout pas de prendre votre dose quotidienne de Nostalgium !

 

Cliquez sur le pendentif pour plus de détails !

 

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MANIFESTEZ ENFIN INCOGNITO !

Après avoir lu le billet d’humeur du mois de novembre, vous aimeriez également participer aux manifestations style Gilets Jaunes et pouvoir vous approcher du Palais de l’Elysée sans être repéré par la police, votre patron, votre voisin(e) ou votre époux/se ?

NOUS AVONS LA SOLUTION !

Équipez-vous du Slip-Boxer à rayures phosphorescentes le NOSTALSLIP.

(Cliquez sur l’image pour lire le descriptif)

 

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Vous en rêviez ? Nostalgia l’a fait !

 

- Vous devez vous présenter devant un tribunal et vous aimeriez le faire en symbiose totale avec votre avocat ?

- Vous en avez marre de déambuler tout seul et aimeriez être accompagné par votre ami(e), votre conjoint(e) ou votre personnel de maison ?

- Votre conjoint est de nature jalouse et ne veut pas vous laisser partir tout seul ?

- Vous avez peur d'oublier où vous allez ou de vous perdre ?

 

La boutique Nostalgia vous propose en exclusivité mondiale le :

 

B I - A M B U L A T E U R (*)

 

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Cet engin révolutionnaire de toute beauté, entièrement réalisé à partir d'éléments recyclés et recyclable est pourvu des derniers perfectionnements techniques :

 

Wifi - Bluetooth - USB 4.0 – EBS – Correction de trajectoire 

Compensateur de poussée latérale – Pneus 4 saisons – Roulements à aiguilles  Correction continue du parallélisme par asservissement digital 

Micro-processeur développé par la NASA – GPS spécial sourds et malentendants  Clim et filtre anti-Pollen- Panier multifonctions en Gloutex chromé

Freins Blue-Ray (Plus performants que les anciens freins à disque)

Equipé avec 5 roues (mode dynamique) et 5 bouchons (mode statique)

"Michelin Crossclimate 4 saisons" sans supplément de prix.

Poignées ergonomiques - 8 coloris tendance au choix

 

Cette merveille de la technologie est proposée en précommande au prix incroyablement compétitif de seulement :

 

26847 Euros

Ce prix comprend :

- Le Bi-ambulateur complet en Kit

(temps de montage à 2 : environ 13 jours ouvrables)

- La notice en hongrois, moldave, sanskrit, braille et schénégga Platt

- 1 roue (galette) de secours

- 1 pompe à vélo grand luxe en Plastok 

- 2 heures de formation à Vladivostok (voyage non compris)

- 1 abonnement gratuit au magazine « Ma boutique Nostalgia et moi »

 

Cadeau aux 63 premiers acheteurs :

Le livre et l’autocollant « Bi-ambulateur un jour, Bi-ambulateur toujours ! »

 

(*) Marque, modèle et concept déposés par Nostalgia Corp. Ltd.

 

 

Lire les billets d'humour :

Billet Février 2018 (Changements de Présidents)

Billet Mars 2018 (Le catalogue russe)

et Avril 2018 (La grève à la SNCF)

Billet Mai 2018 (N. D. des Landes - Le prix Eurovision)

Billet Juin 2018 (La coupe du monde)

Billet Juillet-Août 2018 (La canicule)

Billet Septembre 2018 (Macronix le gaulois)

Billet Octobre 2018 (Nouveau Gouvernement)

Bllet Novembre 2018 (Gilets jaunes etc...)

Billet Décembre 2018 (Cadeaux de Noël)

Billet Janvier 2019 (La cagnotte)

Billet Février 2019 (La tempête de neige)

Billet Mars 2019 (La vie en jaune)

Billet Mai 2019 (Européennes & Glyphosate)

Billet Juin 2019 (La Canicule 2)

Billet Juillet-Août 2019 (Le système de santé)

Billet Septembre 2019 (Le système de santé 2)

Billet Octobre 2019 (L'affaire B.)

Billet Novembre 2019 (Le marché de Noël)

Billet Décembre 2019 (Le procès W.)

Billet Janvier 2020 (Le Coronavirus)

Billet Février 2020 (Le Buzz)

Billet Mars 2020 (Le confinement) 

 

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13/10/2021
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Danielle Hofmann Grandmontagne : Le tango d'amour des frontaliers (5)

Entre temps, Annie va souvent avec ses deux enfants voir sa belle sœur Gertrude et sa fille Simone de l'autre côté de la ville. Mais, un jour, l'enfant est prise d'une toux terrible qui l'empêche de respirer.

Elle a beaucoup de glaires opaques dans la gorge, de la fièvre et elle a les extrémités et les lèvres bleutées. Annie est affolée...

Le médecin militaire diagnostique une angine de Vincent, le croup sous sa forme grave, semblable à la diphtérie. Un engin à chenilles vient chercher l'enfant et l'emmène à l'hôpital militaire. Heureusement, la petite fille guérit très vite.

Annie a pu s'acheter un harmonica et joue des chansons pour les enfants, en mélangeant le répertoire allemand et français. Danielle a droit à un peigne et du papier fin pour faire de la musique. Il y aurait bien les disques « Pathé », « la Voix de son maître », avec les œuvres de Maurice Chevalier, Tino Rossi, Joséphine Baker, Yvonne Printemps ou encore des opéras et opérettes, mais un tourne-disque coûte très cher. Alors Annie chante « Le pays du sourire » même sans notes.

Annie, qui est devenue Française par le mariage, reçoit souvent la visite désagréable de personnages en civil à l'aspect sévère. La France est sous le gouvernement de Vichy et ses fonctionnaires lui posent mille questions sur ses origines, sa raison d'être à Rabat, ses amis ou connaissances. En fait, sans le dire clairement, ils la surveillent en pensant qu'elle pourrait être une espionne.

Annie se demande qui la soupçonne : le gouvernement de Vichy ou les Allemands ?

Et pour quelles raisons ? Souvent, au cours de l'histoire, les pauvres frontaliers seront soumis à ce genre d'épreuves. Il y aura aussi « Les Malgré Nous », ces français enrôlés de force par l'Allemagne parce que les frontières ont bougé. Et les Sarrois qui devront parler français quand à nouveau les limites territoriales auront glissés.

Un tango linguistique et culturel qui favorise l'amour charnel et les naissances des vrais Européens.

La cavalerie française au Levant

En 1936, Daniel est au 30ème régiment de Dragons à Rémilly, groupe « Hautcoeur ».

Sur une photo, les soldats ont tous une pose décontractée, à part Daniel, droit comme un I, calot posé avec art sur la tête, pas un pli dans la vareuse, ceinturon parfait.

Déjà, c'est la tendance à la perfection, le sens de l'image, de la représentation, du respect total de l'armée et de ses valeurs. « Servitude et Grandeur militaire » d'Alfred de Vigny, sera un des livres qu'il emmène partout. La devise qu'il fera sienne sera «mon premier devoir est de me conforter au règlement ».

Puis, son  régiment embarque sur le Champollion  pour le Levant. Avec enthousiasme, il rejoint les cabines sur le bateau. Les soldats n'emportent pas grand-chose dans leur paquetage à part les vêtements de rechange, quelques photos et livres.

Quand la sirène mugit, annonçant le départ, il est profondément ému. C'est la grande aventure, la découverte de pays lointains chargés d'histoires orientales. 

Il n'est pas seul, il est avec tous ses amis et camarades qui forment la grande famille de l'armée. Un de ses meilleurs amis, Rheinhold, est alsacien. Ce prénom a d'ailleurs toute la saveur des Français frontaliers. Quand, ils débarquent, happés par la chaleur sous leur lourd barda, ils s'émerveillent devant l'atmosphère pittoresque de ce port oriental; les arabes en djellaba avec le chèche enroulé sur la tête qui s'apostrophent dans un langage guttural inconnu, les charrettes à bras, les ânes, les mulets, les mouettes, des tonnes de bagages enveloppés dans de la toile, l'odeur d'huile et de poisson mélangés, les camions militaires qui les attendent.

Des campagnes, des voyages à travers la Palestine, la Syrie, le Liban, la Jordanie.

Un parcours semblable à celui de Lawrence d'Arabie, avec cette passion pour le désert, l'immensité dans le silence du sable, la fierté du peuple arabe et des rêves de justice.

La France administre l’état de Syrie, l’état des Alaouites, l’état des Druzes.

La Syrie n'est pas une colonie française, elle est sous mandat de la SDN, c'est à dire de la Société des Nations.

De ce fait, le régiment fait partie des troupes françaises de SyrieLe Liban est également sous mandat français. Les cartes postales qu'il envoie à Annie racontent son périple, les paysages, les monuments, la culture qu'il découvre.

 

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Découverte des pays du Moyen-Orient

A Beyrouth

A partir de novembre 1936, les troupes françaises du Levant sont stationnées à Beyrouth. Daniel envoie de longues lettres et des cartes postales qui reflètent le charme envoûtant de cette ville. Il prononcera toute sa vie : « à Beyirouth », comme là-bas, plein d'une nostalgie qui ne le quittera plus. Même à l'aube de la vieillesse, il chantera encore, la main sur la joue, l'appel à la prière de la mosquée, se souvenant de la paix du soir au Levant, lorsque la chaleur doucement fait place à la brise légère qui vient de la mer.

Beyrouth est une ville fascinante qui réunit l'antiquité et la modernité sans perdre son identité de ville arabe. Crée 5.000 ans avant J.C. par les Phéniciens, elle tient son nom du mot « puits » en hébreu. Plus tard, elle fera partie de l'Empire Romain et des édifices somptueux consacrés aux Dieux seront construits au Liban.

Sous le mandat français, la ville offre une vie agréable, relativement calme. On la compare même à un petit Paris. L'hôtel Saint Georges, sur la corniche de Beyrouth, bordée par la Méditerranée, a une superbe piscine qui fait le bonheur de Daniel. En face, se situent deux îlots calcaires, les rochers de Raouché, qui abritent la grotte aux pigeons.

Au sommet, une plate-forme, à 21 mètres de hauteur, en bas des rochers dans la mer : Daniel, courageux ou téméraire, exécute des plongeons en double saltos devant ses compagnons médusés !

Le reste du temps, en dehors des manœuvres, il monte son cheval barbe arabe, visite les vieux quartiers, les marchés, les souks ou prend un café place des Martyrs avec ses amis du régiment. Il écoute les chants de la merveilleuse Oum Kalthoum, voix de l'Orient interprétant des titres qui le font penser à sa fiancée, en France : « Réjouis-toi, ô mon cœur »« Je presse le temps tant j'aspire à te voir »« Ô mon cœur, demain est le jour du départ ». Ses missions sont secrètes, il n'en parle jamais dans ses lettres, ni de sa vie au régiment.

Baalbeck au Liban

En 1937, passionné d'histoire, Daniel découvre, dans la plaine de la Bekaa, cette ville construite, il y a 5000 ans par les Phéniciens. Baalbeck tient son nom de Baal, dieu de la force productrice des Cananéens, Assyriens et Phéniciens.

Achab, roi d'Israël, adorait Baal que l'on peut comparer un peu avec Râ, le dieu soleil des Egyptiens, mais qui lui n'exigeait pas de sacrifices humains. Il est consternant de constater que l'homme ait pu imaginer que Dieu exigeait du sang, des sacrifices humains comme cadeaux. Dans de nombreuses civilisations antiques à travers les continents, des Mayas, des Phéniciens en passant par Abraham, on offrait des prisonniers de guerre, des jeunes filles ou des premiers-nés.

Au Levant, à partir d'Isaac, on offrit des animaux.

Les ruines de Baalbeck sont particulièrement impressionnantes. D'abord, parce qu'il y plusieurs temples construits par les Romains, dont le plus beau, est celui de Jupiter. 62 mètres de long, 51 mètres de larges dont les imposantes colonnes dorées par le soleil, rejoignent presque la voûte céleste. Dans le silence de la plaine ensablée, cet édifice monumental dégage un sentiment de paix mêlée à l'éternité.

 

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Damas et Alep en Syrie

La grande Syrie était l'Assyrie. La ville fut fondée au IVème millénaire avant J.C.

Une voie ferroviaire relie Beyrouth à Damas. Le régiment chargea les chevaux et les hommes avec tout le barda dans de vieux wagons et la locomotive à vapeur siffla longuement avant de tirer lentement le lourd chargement  à travers le désert.

Dans la chaleur et la poussière, Daniel songeait à son bonheur de connaître une nouvelle aventure. C'était la guerre, mais dans son esprit, et peut-être aussi sa jeunesse, il ignorait le danger. Il devait séjourner longtemps à Damas, la ville du jasmin et de la rose. Il put visiter à loisir, les somptueux monuments et les ruines de la cité.

Le temple de Zeus, le Palais Azem, Bab Sharqi, une des portes de la ville fortifiée. Saint Paul vécut ici, c'est là qu'il reçut l'illumination, la révélation chrétienne d'où « le chemin de Damas ». On voit encore l'endroit où il s'est enfuit dans un panier de joncs tressés, descendu à l'aide cordes hors des remparts. Daniel s'étonna aussi de découvrir le tombeau de Jean-Baptiste à la mosquée des Omeyyades, où musulmans et chrétiens prient côte à côte le même Saint.

Au souk El-Atik, il découvrit les merveilleux brocards tramés d'or, les objets damasquinés, c'est à dire incrustés de fils de métaux précieux, les tissus et nappes de Damas, étoffes tissés représentant des motifs en surbrillance, les poignards courbes dans leur étuis de cuir sculptés, les bracelets, boucles d'oreilles et colliers aux motifs orientaux en or pur ou en argent.

Il goûta  aux plats forts épicés de coriandre et piment, vendus dans les échoppes, se régala de loukoums et halva. En fait, il était militaire, mais se passionnait pour l'histoire et la culture des villes où le menait son périple.

 

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Alep est la 3ème plus grande ville de l'Empire Ottoman. Le régiment est stationné en partie dans la citadelle, palais médiéval qui date du XIII ème siècle. Daniel étudie l'histoire de l'empire aleppin, des hittites. Il visite le vieil Alep et sa Grande Mosquée, les caravansérails, lieux d'échanges de marchandises en provenance de Mésopotamie, des bords de l'Euphrate et de la Mer Noire. Saladin a vécu ici au XII ème siècle.

Dans les bazars voûtés, il admire des trésors antiques venus de Mésopotamie, des bijoux ciselés, des pierres précieuses, de riches étoffes. Il va dans les madrasas (les universités coraniques) découvrir les murs sculptés, écouter les chants pour mieux comprendre ses soldats arabes dont certains deviendront ses amis.

Quand, il part en mission, seul Européen avec un bataillon de cavaliers arabes, il dort à l'écart, sous sa tente avec sa meute de sloughis, lévriers d'orient, pistolet sous la tête et sabre au clair.

Il emporte son tourne-disque à manivelle et écoute le disque Pathé, le seul qu'il possède, qui envoie dans le désert, inlassablement, le « Boléro de Ravel ». Romantique, il goûte la saveur du désert et sa relative solitude qui l'amène à méditer. Un jour, il dira : « la définition du colonialisme, c'est, par exemple, de gros capitalistes qui disent envoyer des chaussures en Afrique, mais en réalité, ils n'envoient que les pieds gauches, pour les obliger à échanger leurs ressources contre les pieds droits». En route, ils chassent quelques gazelles pour améliorer les repas de la troupe.

Daniel tombe amoureux de l'Orient, des villes de garnisons chargées d'histoire où il séjourne. Sa passion de l'Orient ne le quittera plus et à la veille de sa mort, alors que sa vareuse de militaire avait été couverte d'insignes de gloire pour ses valeureux combats, qu'il avait reçu des mains du Président Chirac, la Légion d'honneur pour son action concernant l'amitié franco-allemande lorsqu'il était directeur de la Foire Internationale de la Sarre, la Saarmesse, il dira que ses années dans la cavalerie  étaient les plus belles de sa vie...

Le golfe d'Aqaba

Le golfe d'aqaba faisait partie du royaume du roi Salomon. De nombreuses ruines témoignent de l'histoire des Nabatéens. Le djebel rose et gris entoure le Ouadi Araba qui aboutit à la mer morte. L'escadron du Régiment des  Spahis Marocains stationne en 1938 à Aqaba au fort. Les Spahis sous son ordre ont surnommé Daniel « Djebel Kébir », ce qui veut dire Grandmontagne en arabe...

L'escadron fait parfois un succulent méchoui, à la broche, ou enterré, cuit sur un feu de branchages pendant quatre heures, que l'on ne doit manger qu'avec la main droite, la gauche étant impure, car utilisée pour les toilettes. Daniel parle à présent parfaitement l'arabe et dans sa tenue, saroual, le pantalon bouffant, chèche enroulé avec tout l'art de la tradition, il est devenu l'un des leurs.

L'armée française se divise en troupes « Vichystes » et « Gaullistes ». Daniel est heureux de se battre au Levant, car ainsi, il ne risque pas de tirer sur ses frères, ni sur ses copains frontaliers enrôlés dans l'armée allemande.

L'un de ses frères se bat en Suède, les autres en Russie sous les ordres d'Hitler.

Willy, à dix-huit ans, aura les doigts de pieds gelés en Russie et sera amputé. Ses frères ne sont pas des militaires de profession, ce sont de très jeunes gens arrachés à leur famille pour servir de chair à canons selon les décisions d'Hitler.

Daniel est un soldat modèle, il a juré fidélité à son drapeau et obéit aux ordres de ses supérieurs. Pour lui, De Gaulle, est un militaire qui est contre les ordres du gouvernement et vit en Angleterre sans se battre. Dans le désert, sans radio, isolé, proche de la nature et sous le sens de l'honneur inculqué par l'armée, on ne se pose pas trop de questions, on obéit à ses supérieurs.

Plus tard, chaque pays écrira son histoire à la sauce qui l'arrange. D'ailleurs, il est à la fois grave et risible de constater que les enfants indigènes des pays colonisés ou sous mandat français apprennent que leurs ancêtres étaient les Gaulois !

 

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Les sources du Jourdain

Les Spahis sont envoyés aux sources du Jourdain en Palestine. Les Anglais et le Commonwealth se battent contre les Vichystes, ce qui explique la présence des Australiens. L'escadron de Spahis de Daniel coupe la source du Jourdain pour les priver d'eau.

Des pourparlers sont en cours pour « donner » la Palestine aux Juifs immigrés à cause d'Hitler. Les Palestiniens commencent la Grande Révolte Arabe pour conserver leurs terres et arrêter l'exode sioniste, mais ils n'auront pas la victoire. Les grandes puissances sont souvent à l'origine des conflits futurs car elles décident des frontières et du sort des habitants sans tenir compte ni de leur avis, ni de leur histoire. Les mêmes dessineront les frontières des pays d'Afrique sans tenir compte des ethnies ni de leur culture. En fait, ces grandes puissances seront à l'origine d'horribles guerres tribales.

 

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La fin de la guerre :

Le régiment part occuper l'Allemagne

Le régiment de Spahis est muté à Rastatt, près de Baden-Baden, en Allemagne.

La troupe embarque avec les chevaux d'abord sur le bateau, puis en train, avec les wagons à bestiaux. Un long voyage épuisant, surtout pour les chevaux.

Les familles de militaires suivent le régiment, à part. Comme d'habitude, on n'emmène que le strict nécessaire dans de lourdes cantines et les landaus et poussettes. Mères et enfants embarquent dans de gros bombardiers et s'installent sur les bancs le long de la carlingue, une rangée de chaque côté. Evidemment, il faut tenir la poussette d'une main ferme, car c'est un avion fait pour le combat et il y a de nombreux soubresauts pendant le vol...  A suivre...

 

 

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Lire les autres chapitres de ce récit : 

Le tango d’amour des frontaliers (1) (2) (3) (4)

 

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09/05/2022
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Piotr Thyristor : Vive le train... (ou pas) !

Tout avait pourtant bien commencé…

Mi-avril 2022, pendant la période de Pâques, avec ma femme nous sommes invités à un baptême à Niort.
Une très belle fête de famille, de superbes moments passés tous ensemble, plein de choses à se raconter et de jolies balades dans cette belle ville des Deux-Sèvres (79), située pas très loin des Marais Poitevins [en Charente-Maritime (17)].

C’est au retour, que cela s’est gâté…

Pourtant, ayant dû me battre pendant plus de 6 mois pour faire valoir mes droits à la retraite, j’étais convaincu d’avoir connu le pire, en basculant dans un autre monde, « Barjoland », fait de désordre, désorganisation, mauvaise foi, incompétence et incohérence, bref le Chaos.
Je pensais naïvement qu’il ne pouvait pas exister un autre univers aussi « courtelinesque » et « ubuesque » que celui de ces organismes aux noms aussi poétiques et charmants que CNAV, CRAV, AGIRC-ARRCO, DDTE, DIRECCTE, KLESIA, CICAS et autres.

Et cependant, j’ai trouvé : ça s’appelle SNCF !

Les scènes du récit qui suit sont si « décalées » que même Chevallier et Laspalès n’auraient pu les imaginer dans leur fameux sketch Le train pour Pau ; elles sont pourtant intégralement authentiques.

Revenons à notre retour de Niort : nous avions réservé un premier TGV devant assurer la liaison Poitiers-Massy, puis un deuxième TGV de Massy à Lorraine TGV.

Nous sommes partis de Poitiers à 14h19, devions arriver à Massy à 15h51, quitter Massy à 16h27 puis arriver à Lorraine TGV à 18h14.

Le train quitte Poitiers et s’élance ; avec mon épouse, nous évoquons les bons moments  de cette fête de famille, lorsque le train ralentit, jusqu’à s’arrêter totalement, en pleine campagne. Une voix retentit dans le haut-parleur :

- Ici, votre Chef de bord : le TGV s’est arrêté inopinément. Nous faisons le point avec le conducteur et reviendrons vers vous. Retard estimé : 25 minutes...

10 à 15 minutes plus tard :

- Ici, votre Chef de bord : le conducteur va effectuer un reset de la machine. Nous vous informons que l’électricité est coupée, la climatisation ne fonctionnera donc plus.

Nous sommes arrêtés en pleine campagne, sous le soleil qui tape de plus en plus fort : impossible d’ouvrir les fenêtres dans un TGV ; de plus, les portes du train restent fermées pour des rasions de sécurité. Il fait donc de plus en plus chaud et tout le monde commence à transpirer. Au bout de 10 à 15 minutes, nouvelle annonce dans le haut-parleur :

- Ici, votre Chef de bord : la manipulation n’a pas fonctionné, le conducteur va effectuer une dernière tentative. Retard estimé : 1 heure.

Toujours pas de contrôleur ou d’agent visible…

 

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Un quart d’heure passe et le haut-parleur grésille à nouveau :

- Ici, votre Chef de bord. Les différents essais n’ont rien donné. Nous allons nous rendre à la gare de Vendôme, où de l’eau vous sera donnée. Une rame de remplacement viendra vous chercher afin de vous acheminer à Massy. Retard estimé : 3 heures.

Quelques temps plus tard, l’électricité revient et le convoi se remet en route ; on suppose qu’une locomotive est venue remorquer le TGV.

Ouf, la clim fonctionne à nouveau : ça fait du bien !
Nous aimerions en savoir plus, mais toujours personne pour nous renseigner : comment va-t-on faire pour notre correspondance ? Y aura-t-il de la place ? À quelle heure va-t-on finalement arriver à Lorraine TGV ?
L’application « SNCF Connect », installée sur nos Smartphones, pourtant très bavarde lors de l’aller, avec une diffusion régulière d’informations sans grand intérêt (« nous entrons en gare de xxxx », « nous quittons la gare de xxxx », « n’oubliez pas vos affaires dans le train »), après avoir fourni quelques informations très brèves et inexploitables, devient bizarrement muette.
Je décide de consulter la rubrique « Besoin d’aide ? Trouvons la réponse qui vous convient » : je tape « TGV panne Poitiers » ; réponse « vous souhaitez aller à Cannes ; confirmez-vous ? ». Je laisse tomber.

Le haut-parleur retentit à nouveau :

- Ici, le Chef de bord. Je demande aux agents SNCF présents dans le train de venir me rejoindre en voiture 4, près du bar, pour une réunion de crise pour nos passagers...

Ce n’est pas rassurant… De plus, il est très étonnant que cette communication se fasse par haut-parleur et pas en privé, via le téléphone dont ils sont tous dotés.

Enfin, arrive notre « Chef de bord », que nous voyons pour la première fois en chair et en os. Très rapidement, les questions des passagers, pourtant restés très polis, l’agacent :
- Ben, une panne, ça peut arriver, non ? 
Vous croyez que ça me fait plaisir, moi ? Je devais partir en congés !
Bon, nous n’en saurons pas plus. Étonnant qu’une personne, sensée représenter l’entreprise dans laquelle elle travaille, puisse s’exprimer ainsi.

Lorsqu’il quitte le wagon, arrive un autre agent, vraiment pas plus agréable, bien que les passagers restent toujours très calmes. Mais, et c’est normal, nous avons tous des questions à lui poser. Ses réponses sont du même acabit que celle du Chef de bord :
- Lorsqu’il y a des problèmes avec des avions qui ont du retard, les gens sont beaucoup plus tolérants et ne se plaignent pas autant... On s’en prend toujours aux agents de la SNCF !

 

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Le summum est atteint lorsqu’on lui demande comment cela va se passer pour notre correspondance : étant donné qu’elle sera déjà partie lorsque nous arriverons à Massy, il y a fort à parier que la correspondance suivante risque d’être saturée, surtout après le week-end de Pâques ; réponse :

- Eh ben, si par exemple, vous êtres 50 et qu’il n’y a que 20 places, ce seront les 20 premiers qui auront de la place. Vous comprenez, c’est une question de sécurité : on ne peut pas surcharger les trains...

Nous arrivons enfin à la gare de Vendôme : à la sortie du train, nous trouvons effectivement des packs d’eau sur le quai, à même le sol. Les bouteilles d’eau auraient pu nous être distribuées, mais non ! Bon, estimons-nous heureux, ils auraient pu mettre des abreuvoirs à bestiaux.

Après une longue attente, la rame en panne est dégagée sur une voie latérale et arrive enfin la rame de remplacement en provenance de Massy. Les agents de la SNCF présents sur le quai nous disent de nous installer où nous voulons : il n’y a plus de numéro de wagon ou de place à respecter.
Nous rentrons donc dans la rame de remplacement, posons nos valises, nos affaires et nous installons. Sur les sièges, de petits cartons-repas ont été posés : pas grand-chose, mais c’est toujours bon à prendre. À peine installés, le haut-parleur retentit :

- Merci de bien vouloir garder les mêmes numéros de voiture et, si possible, les mêmes numéros de place...

Ce même message est diffusé à plusieurs reprises.

Nous décidons de ne pas bouger et, étonnamment, le transfert de la rame en panne à la rame de remplacement se passe plutôt bien.

Le train part enfin en direction de Massy, puis ralentit au bout d’une dizaine de minutes puis, nouveau message dans le haut-parleur :

- Ici votre Chef de bord ; le TGV s’arrête inopinément ; nous faisons le point et vous informerons.

Finalement, le train accélère et tout rentre dans l’ordre.

Nouveau message :

- Les passagers ayant une correspondance en direction Strasbourg ne doivent pas descendre à Massy, mais rester en voiture jusqu’à Roissy, où un TGV les acheminera vers Strasbourg...

Nous restons donc dans le train jusqu’à Roissy, où nous descendons et nous hâtons de prendre notre correspondance.

Le train est annoncé pour un départ à 20h02, mais le numéro de voie ne figure pas sur le panneau d’affichage. Nous interrogeons un agent de la SNCF, qui nous informe que le train a 20 minutes de retard et que le numéro de voie ne va pas tarder à être communiqué.

Nous en profitons pour lui faire part de nos déboires et lui demandons comment faire, car nos billets sont valables pour la correspondance Massy-Lorraine TGV de 16h27 et pas pour celle de Roissy-Lorraine TGV-Strasbourg de 20h02. Réponse : « Je vous accompagnerai jusqu’au train et en informerai mon collègue ».

Le numéro de voie est finalement annoncé ; arrive un flot de voyageurs qui courent vers la voie et l’agent qui devait nous accompagner nous dit simplement « C’est par là ! ».

Nous ne voulions pas rater le train, sinon j’aurais pris quelques minutes pour lui parler du pays ! D’ailleurs, au fur et à mesure de notre périple, les (rares) agents SNCF présents dans le train nous demandaient de nous renseigner auprès des agents SNCF de la gare à venir et les (rares) agents SNCF de la gare nous renvoyaient vers les agents SNCF du train à venir… une manière comme une autre de se débarrasser du problème …et des personnes !

Nous sommes sur le quai, bondé, et attendons ce fameux train : rien, toujours rien…
Nouvelle annonce via les haut-parleurs sur le quai :

- Suite à un loupé [je cite mot pour mot], nous vous demandons de changer de voie, de prendre le train à destination de Lyon et de descendre à Chessy où vous pourrez prendre une correspondance en direction de Strasbourg...

Tout le monde se précipite et essaie de s’engouffrer dans le train déjà bondé.

Nous sommes tous collés les uns aux autres, comme dans un métro en heure de pointe, mais avec en plus valises, sacs, affaires et vestes sous le bras. Un véritable capharnaüm.
Et dire que l’on nous avait précédemment indiqué que l’on ne pouvait pas surcharger des trains, pour des raisons de sécurité…

Nous descendons à Chessy, où nous avons, à nouveau, beaucoup de mal à trouver un agent SNCF. Finalement, nous apercevons une « agente » de la SNCF, à qui nous tentons d’expliquer cette histoire décousue, de plus en plus difficile et de plus en plus longue à raconter. Elle nous conseille de prendre un RER en direction de la gare de l’Est, afin de prendre un train vers Strasbourg.

Nous lui expliquons que le train allant de la Gare de l’Est à Strasbourg passe par Lorraine TGV, mais ne s’arrête pas à Lorraine TGV. Elle affirme le contraire.

Je monte le ton et lui demande de vérifier, ce qu’elle fait. Après avoir contacté sa responsable par téléphone, elle confirme mes dires et nous demande de nous installer dans une salle d’attente en nous informant qu’elle allait finir son poste et que l’un de ses collègues allait venir…

Un (très) long moment plus tard, arrive un autre agent SNCF, qui liste le nom de toutes les personnes concernées par ce problème, en nous promettant de revenir avec une solution.
Un nouveau (très) long moment plus tard, il arrive avec 2 autres agents et un chariot rempli des mêmes petits cartons-repas que l’on nous avait distribué précédemment.

Au lieu d’effectuer la distribution dans la salle d’attente, ils laissent le chariot dans le couloir : du coup, un certain nombre de personnes présentes, mais non concernées par le problème, sont venues se servir, certaines repartant avec 2-3 cartons sous le bras…

Bien plus tard, l’agent revient avec des billets pour un train partant le lendemain matin à 07h52, en direction de Strasbourg, avec arrêt à Lorraine TGV, mais au départ de Roissy !
Bien plus tard encore, il nous remet des bons de prise en charge pour une nuit d’hôtel à l’hôtel Séquoia Lodge, situé à proximité immédiate du parc de Disneyland.

Nous lui demandons comment nous rendre à l’hôtel ; réponse :

- Il y a une navette.

Ceci ne nous avançant pas beaucoup, nous lui demandons où prendre cette navette; réponse :

- À la sortie de la Gare, mais pas juste devant...

Nous sortons de la Gare : il fait nuit, et après nous être renseignés auprès de passants, nous trouvons cette fameuse navette qui nous amène à l’hôtel.
Nous y arrivons à plus de minuit, épuisés. C’est un très bel hôtel, mais nous n’avons vraiment pas eu le temps d’en profiter.

Le lendemain, après quelques petites heures de sommeil, nous quittons l’hôtel, sans avoir pris de petit-déjeuner (il est 6h30 et le restaurant n’ouvre qu’à 7h00) et prenons la navette en direction de la gare de Chessy.  Et là, bizarrement, nous trouvons des nuées d’agents de la SNCF, regroupés et arpentant l’intérieur de la gare tels des pigeons et nous proposant même de nous renseigner : un peu facile, quand le problème est passé…

 

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Nous prenons le train de Chessy à Roissy, en profitons pour prendre un rapide petit-déjeuner, et embarquons finalement dans le TGV de Strasbourg, qui nous a déposé à bon port en Gare de Lorraine TGV à 10h25, soit avec environ 16 heures de retard !

Je terminerai cette « petite » anecdote par un bon mot de l’un des passagers :

- Quand ils ne sont pas en grève, ils sont en panne !

 

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23/04/2022
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Danielle Hofmann Grandmontagne : Le tango d'amour des frontaliers (4)

Déclaration de la guerre

En 1939, les tanks roulent déjà à Paris. La guerre est imminente. Il faut hâter le mariage. Annie, bien que son père soit français a la nationalité allemande.

De nombreux frontaliers seront confrontés à ce dilemme : choisir le pays en fonction de son cœur, même si on est né à cheval sur deux nationalités. Daniel, en costume de Spahis et Annie en tailleur blanc se marient le 17 août 1939 à Versailles avec pour témoins Pierre Brenner, l'oncle français cheminot, le frère de son père venu de Charleville et un préposé de la mairie. Puis, ils vont tous les trois manger dans un restaurant. Il n'y aura pas de noces festives, le mariage a lieu dans la plus grande simplicité.

Daniel rejoint son régiment et part sur le paquebot Champollion pour le Levant.

Il a organisé le voyage d'Annie en bateau pour le Maroc. Il faut agir vite. Là-bas, elle pourra vivre quelques temps chez sa sœur et  le  mari de celle-ci.

Elle met ses quelques effets, vêtements et photos dans une petite valise et part à Marseille. Durant deux jours, elle attend le grand paquebot.

 

champollion.jpg

 

En attendant, elle s'installe dans un petit hôtel et a le temps de découvrir la vieille ville. Ravie, elle voit le premier palmier de sa vie et la mer. Elle se promène dans les ruelles pavées du vieux port, regarde les barques des pêcheurs, hume l'odeur des embruns mêlés aux effluves de poissons.

Au loin, on aperçoit le château d'If. Les vieilles pierres des maisons aux portes basses, les trottoirs aux bords inégaux, les vieilles femmes habillées de longues robes noires, la tête couverte de fichus parfois avec un reste de dentelle, les badauds en maillot de corps et chapeau de paille, les petits cafés bruyants du port où l'on sert le pastis.

La vue des grands paquebots, c'est le début de l'aventure vers l'Afrique. Elle décide de parcourir la Cannebière, puis d'aller visiter Notre Dame de la Garde.

Monter deux cents marches par cette chaleur est éprouvant mais elle est récompensée en découvrant la basilique. Un monument à l'architecture romano-byzantine de toute beauté. Elle allume un cierge et prie la Sainte Vierge de protéger Daniel à la guerre.

Le lendemain, en prenant un petit déjeuner sur le vieux port, elle lit le journal « Le petit Marseillais ». Accroché au mur par son long manche de bois, le quotidien est à la disposition des clients à la condition de le remettre en place après lecture.

Les nouvelles sont mauvaises, alors elle part se promener dans les ruelles étroites. Dans la vitrine d'un chapelier, elle découvre un adorable bibi orné de cerises rouges. Elle l'achète, car elle ne sait pas ce qu'on peut trouver comme chapeaux au Maroc.

Elle doit embarquer dans l'après-midi. Elle retourne à l'hôtel chercher sa petite valise et marche vers le port.

Une foule de gens s'agitent sur les quais : des porteurs avec d'énormes baluchons sur la tête, des femmes avec des enfants bruyants ou en pleurs, des scènes d'adieux, des vendeurs de journaux, des marins, des militaires, des cireurs de chaussures, des badauds, des triporteurs chargés outrageusement de multiples valises.

Elle se dirige vers l'escalier d'embarquement et monte sur le grand navire en pensant à son père constructeur de bateaux. Au milieu des bousculades, elle rejoint sa petite cabine puis la sirène mugit et très lentement le paquebot s'éloigne des quais...

 

marseillais.jpg

 

 

La mer Méditerranée est truffée de mines et c'est avec angoisse qu'elle effectue la traversée, heureusement sans encombres.

A l'arrivée, un soleil de plomb étouffe Casablanca. Après toutes les démarches administratives, elle débarque ; sur le quai, des appels en arabe, des mulets, des bourricots, des hommes en djellaba, chèches sur la tête, des monceaux de ballots, des calèches, des charrettes à bras, et des Européens qui cherchent parmi les arrivants leurs familles ou amis. Personne n'attend Annie dans la chaleur moite.

Avec sa petite valise à la main, elle cherche sans tarder la correspondance pour aller à Rabat où l'attend Gertrude, la sœur de son mari. Le capitaine Charles, originaire de Lorraine, l'époux de Gertrude, sert dans l'aviation. Une partie de l'armée française est stationnée à Rabat.

A l'arrivée, Annie cherche à deviner qui est sa belle-sœur dans la foule, car elles ne se connaissent pas encore. Tout s’est passé si vite à Versailles pour son mariage. Heureusement, grâce à l'uniforme de Charles et le joli chapeau de Gertrude, indices de reconnaissance, tous les trois se saluent avec chaleur, en français.

Les deux belles sœurs ont pour langue maternelle l'allemand, mais pendant longtemps, guerre oblige, elles vont cacher leurs origines frontalières. Elles utiliseront parfois de drôles de mots, comme par exemple une « larmoire » (l'armoire), ou un « lévier » (l'évier), ou plus tard des « snougoute » pour des snow-boots. Ou bien des traductions littérales « fermes la porte, ça tire », (le verbe ziehen en allemand se traduit aussi bien par tirer que faire du courant d'air) ou avoir une grenouille dans la gorge (un chat), comme tous les frontaliers en connaissent.

D'ailleurs, les Lorrains parlent aujourd'hui encore un patois germanophone et les vieilles personnes ne parlaient pas encore le français à cette époque.

En arrivant au logement de fonction, fourni par l'armée, Annie est heureuse de constater qu'il est agréable bien que petit et surtout, elle  est ravie d'être au Maroc, plus ou moins à l'abri de la guerre et des bombes. Le sol de carrelages sent bon l'eau de javel et le savon noir. Tout est gentiment décoré avec les moyens du bord, les petits napperons amidonnés avec soin et même quelques fleurs.

Gertrude, fine cuisinière a concocté un couscous pour l'occasion et le lendemain, lorsque Charles a rejoint son régiment, les deux belles sœurs vont visiter Rabat.

 

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Une grande promenade, avenue de la Victoire, place Lyautey, la Tour Hassan, le jardin des Oudayas, les remparts de la Médina, la casbah, puis, elles entrent au souk, grand marché arabe.

On y trouve de tout, des tissus chamoisés, des babouches, de la laine, des tasses en métal, des paniers tressés, des épices, de la viande, piste d’atterrissage pour les mouches, des gâteaux, des volailles et moutons vivants, des sucreries multicolores, des vêtements, des bijoux finement ciselés et mille autres choses, tout cela dans un brouhaha assourdissant.

Des ânes très chargés passent à travers les étroites ruelles bordées d'échoppes, accompagnés par les tonitruants « Balek » (attention, place!) de leurs maîtres qui courent en les tenants par la bride.

Annie voit les premiers dromadaires de sa vie. Gertrude l’entraîne encore voir l'hôpital militaire Marie-Feuillet, puis épuisées, les jeunes femmes rentrent au logis.

Tous les jours, elles sortent faire quelques courses et, bien que le choix des marchandises soit restreint, elles font des tajines ou des couscous avec ce qu'elles trouvent et découvrent la cuisine marocaine. Parfois aussi, elles vont à Rabat Salé à la plage. Il y a bien quelques terrasses de restaurants, mais, en ce temps-là, les femmes ne vont pas au café. 

Puis, Gertrude lui annonce la grande nouvelle : elle est enceinte ! Avec joie, elles brodent, cousent et tricotent pour le bébé à venir.

De temps à autre, bien que rarement, Daniel vient en permission et décide d'obtenir aussi un logement de fonction. Un beau petit rez-de-chaussée avec courette leur est attribué à Rabat Salé. Annie est ravie d'habiter au bord de la mer et se débrouille pour créer des meubles avec des caisses de bois ou même de carton habillées de jolis tissus.

Tous les jours, elle nettoie au savon noir et à l'eau de javel le petit logis. Parfois, il y a des cafards qu'elle ramasse à la pelle pour les brûler. Heureusement, il n'y a pas de punaises.

Un jour, dans la petite cour, elle découvre un gros scorpion noir, relativement dangereux. Elle l'entoure d'alcool à brûler et y met le feu. Il est vrai qu'il faut toujours contrôler chaussures et vêtements à cause des scorpions.

Les ressources sont maigres, car c'est la guerre et Annie entreprend de gagner un peu d'argent grâce à ses talents. Elle a des doigts de fée, crochète d'adorables napperons, tricote des robes pour enfants et n'a aucun problème pour les vendre.

Pendant son ouvrage, Annie chante souvent : « La chapelle au clair de lune », « J'attendrais ton retour, le jour et la nuit »« Adieu mon petit officier », « Sombreros et mantilles », « Les roses blanches pour ma joli Maman », « Les beaux dimanches de printemps ».

Il est étrange de constater qu'aujourd'hui les chanteuses n'ont plus le même timbre de voix alors que leurs cordes vocales n'ont pas changé...

 


Un jour, elle annonce à Daniel qu'elle est enceinte. Évidemment, il est sûr d'avoir un fils, futur cavalier. La grossesse est pénible, car il fait très chaud et l'enfant est prévu pour juillet en pleine canicule.

A cause de la chaleur et du long chemin qui l'oblige à traverser la Médina, elle ne va presque plus voir Gertrude qui entre temps a accouché d'une petite fille, Simone.

Daniel est en campagne, elle est seule. De temps à autre, elle va à la « Goutte de lait », institution destinée à accompagner les futures mamans et les conseiller après la naissance. On y mesure le poids des bébés, on contrôle leur alimentation si la mère n'a pas assez de lait, bref c'est un peu le carnet de maternité qui existe aujourd'hui.

Une nuit, les douleurs commencent, elle perd les eaux et se retrouve toute seule...

Pas le choix, elle prend la petite valise préparée, et se met en route avec son gros ventre et traverse la Médina pour se rendre à la maternité de l'hôpital militaire. Terrorisée, craignant de mauvaises rencontres, elle se traîne péniblement dans la nuit noire.

En arrivant à l'entrée du bâtiment, elle est accueillie  par une sage- femme plutôt âgée et revêche qui lui demande où elle en est. Question stupide, la jeune femme n'en sait rien, c'est le premier accouchement. On l'allonge dans un lit de fer, dans une salle aux murs et au sol recouverts de carrelages blancs.

Elle va y passer plus de trente heures, en souffrance continue. La sage-femme surgit de temps à autre en lui disant de ne pas crier comme cela, qu'un accouchement est un acte naturel. (Elle ne doit pas avoir d'enfant !) L'enfant ne vient toujours pas et le médecin militaire vient voir l'état de la parturiente. Immédiatement, c'est le branle-bas de combat.

L'enfant, déjà bleue, est extraite au forceps. Misère ! Erreur ! Le garçon tant attendu est une fille. Tant de douleurs pour cela, tant d'espoir anéanti.

Le rôle de la femme, à l'époque, était de donner un héritier mâle. Que va dire son mari devant cette honte ? Daniel avait commandé le champagne pour fêter avec ses copains de régiment. Profondément déçu, il annule tout.

La petite fille ne sait bien sûr rien du fait que son sexe est si malvenu.

On la prénomme quand même Danielle, comme son père. Elle a une si grande rage de vivre, un tempérament de combattant, une telle détermination de s'imposer que tout le monde s'étonne devant ce petit bout de fille. Des boucles blondes, les yeux bleus malicieux, elle est très mignonne. Annie veut sa revanche : « une fille ? C'est aussi bien qu'un garçon ! »

Elle a toute la journée pour s'occuper exclusivement de l'enfant et la petite apprend très vite, dans tous les domaines ! 

A quatre ans, elle sait lire et écrire. Annie dit à tout le monde qu'elle a peur que l'enfant n'attrape « une méningite, tellement elle est précoce ».

Une de ses amies vient de perdre une petite fille de quatre ans d'une encéphalite fulgurante  en quelques jours. Danielle sait qu'une maman peut mourir quand on est encore une petite fille, maintenant, elle  apprend qu'on peut mourir même si on est encore enfant.

Danielle pose toujours trop de questions, des « pourquoi » à rallonges, sans fins.

Alors, sa mère répond ou lui chante : « Pourquoi les oiseaux ont des plumes partout.. » ou « Pourquoi les bateaux vont sur l'eau ».

A peine un an après le premier accouchement, Annie est de nouveau enceinte.

Elle devra à nouveau traverser la Médina la nuit, mais, cette fois, c'est pire, car c'est au milieu des émeutes. Terrorisée par les cris et les coups de fusil, elle court autant qu'elle peut avec son gros ventre. L'accouchement sera moins difficile, mais à nouveau une fille, Christiane. Elles ont dix-huit mois de différence d'âge et la dernière est fragile. Christiane a eu une terrible dysenterie qui risque de lui coûter la vie. Elle nécessite des soins constants.

 

 

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A l'époque, il n'y a que des couches en tissus qu'il faut changer six fois par jour, plus les draps et oreillers, le tout à faire bouillir dans une lessiveuse sur le fourneau. Ensuite, il faut frotter, sécher, puis repasser. Avec deux enfants et leurs biberons et bouillies, c'est beaucoup de travail. Une femme marocaine propose ses services de lingère avec son « sabum », le bon savon noir arabe.

Danielle apprends quelques bribes d'arabe grâce à elle. Intrépide, l'enfant se sauve souvent dans la rue pour découvrir le monde. Il y a le porteur d'eau, vêtu d'étoffes écarlates, son grand chapeau, son outre en peau de chèvre, les tasses en fer qui s'entrechoquent à chaque pas et son appel tonitruant pour proposer à boire. Danielle est toujours effrayée par cet homme qu'elle appelle le « Boumboum ».

Plus encore, d'ailleurs, par le cul de jatte qui se déplace sur sa planche à roulettes avec un fer à repasser dans chaque main.  Derrière la maison, il y a une cour toute blanche au sol de mosaïque  turquoise, une atmosphère de calme et de chaleur invitant à la sieste ;  devant l'entrée, un petit jardin clôturé, quelques fleurs et cactus et surtout un portillon que Danielle peut ouvrir toute seule ! Dès que sa mère relâche sa vigilance, elle s'échappe pour aller dans la Médina rejoindre une échoppe tenue par ses amis, vieux Juifs ashkénazes qui la gâte avec des morceaux de tripes séchées. « Salam aleikoum » !

Les commerçants des souks connaissent bien la petite fille aux boucles blondes qui veut tout savoir. « Pourquoi ? » et « Comment ça marche ? »...

Elle se promène avec hardiesse du haut de ses trois ans en admirant les couleurs des tissus brillants, les gestes des artistes qui gravent les plateaux de cuivre.

Ici, elle reçoit un loukoum ou un doigt de gazelle (friandises arabes), là, on lui donne un joli sifflet en poterie peinte représentant un tout petit oiseau; un peu d'eau au fond et ce sont des trémolos de merle. Elle remercie en arabe « choukran ».

Son père est tombé sous le charme de Danielle et, quand, il vient en permission, il emmène avec fierté sa fille à la messe. L'enfant a hérité de son caractère, toujours souriante et malicieuse.

Quand, dans les bras de Daniel, elle trouve que le sermon du curé est trop long, comme elle ne doit pas parler à l'église, elle mord l'oreille de son père pour lui indiquer qu'elle veut rentrer. Parfois, le cavalier militaire, son père vient sur son pur-sang arabe blanc, qu'il a nommé Bucéphale, comme le cheval d'Alexandre le Grand, leur rendre visite.

Il saute par-dessus la barrière et pour un peu, il rentrerait en selle dans la maison comme le Roi Mohammed monte dans la Tour Hassan à cheval.  A suivre...

 

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04/04/2022
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Clément Keller : Le retour des Brabeks (17)

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Le monde a bien changé et une équipe composée de savants, de techniciens et de personnages hors du commun a été mise sur pied pour partir à bord du vaisseau spatial C-DLADOB vers les confins de notre galaxie afin de retrouver les traces d'origine de la civilisation humaine localisée sur la planète Manflou. 

Le but de cette expédition, sponsorisée par le groupe Nauss-Talgia, leader incontesté du Blog tridimensionnel L.R.E.M. (Lassant, Ringard, Enervant & Mytho), consiste à récupérer les gènes d'origine de l'espèce humaine afin de les réimplanter dans l'ADN des dirigeants de notre planète pour leur redonner sagesse, intelligence et un sens aigu de la réflexion. Bref, une mission que l'on pourrait d'ores et déjà qualifier d'impossible. C. Keller

→ Remarque importante : si vous ne lisez pas les épisodes précédents, vous risquez de ne rien comprendre du tout à ce récit plein de rebondissements. 

 

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EPISODE 1 - EPISODE 2 - EPISODE 3 - EPISODE 4 - EPISODE 5 - EPISODE 6  

EPISODE 7 - EPISODE 8 - EPISODE 9 -  EPISODE 10 -  EPISODE 11 

EPISODE 12 - EPISODE 13 - EPISODE 14 - EPISODE 15 - EPISODE 16

 

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Pendant que la Commandant Tifris prenait le thé avec France Ouaze et que Luping-Dépyss et Vincent Douitche martyrisaient leurs instruments de musique en buvant force godet de vin d’Alsace, Chang-Tal et Ted prenaient place dans les fauteuils du poste de pilotage, elle à la place du Commandant et Ted à la place du navigateur.

Devant eux les instruments de contrôle multicolores du tableau de bord scintillaient et des chiffres dont certains clignotaient s’affichaient sur les écrans tridimensionnels.

Chang-Tal avait saisi le stylet sensitif afin de noter l’heure de leur arrivée dans le journal de bord numérique lorsque Ted fut soudain prit d’un énorme éternuement qui la fit sursauter et lâcher le stylet qui roula sous le tableau de bord…

Tu pourrais prévenir avant d’éternuer mon athlète cacochyme lui dit-elle tout en se baissant pour ramasser l’objet qui avait roulé tout au fond de la console…  

De nature curieuse, Chang-Tal, accroupie à quatre pattes sous le tableau de bord avait vite repéré tout au fond de celui-ci un étrange coffret, mal fermé par un couvercle en bois, et en partie recouvert par un tissu de la même couleur que l’armature du tableau de bord.

Elle tira le coffret vers l'avant et ce dernier jaillit sans effort de sa cache car il était monté sur un bras télescopique qui se déplia automatiquement à hauteur d’homme… (1)

Chang-Tal se redressa, regagna sa place et enleva le cache de ce qui ressemblait à un rack métallique munie de poignées et d’un écran de visualisation. En bas du coffret  était fixée une plaque sur laquelle elle n’eût aucune peine à déchiffrer l’inscription à moitié effacée « Surveillance sécuritaire privée ».

Le tout était branché sous la console à l'aide d'un long câble munie de fiches USB 26 et, sur le côté de l’appareil, se trouvait également un support où était accroché un casque Rainbowtooth (2) de la dernière génération avec micro capacitif intégré…

Le mot « Privée » avait tout particulièrement attiré son attention et elle ne put s’empêcher de poser son index délicatement manucuré sur la surface tactile tout en poussant du coude Ted qui s’était assoupi dans son fauteuil :

Regarde ça mon Teddy, un système de surveillance interne ! Ce truc a été rajouté dernièrement car il n’existait pas lors de notre précédente visite dans le poste de pilotage !

Hein ? Quoi ? Qui ça ? Où ? grommela Ted, encore somnolent, et qui mit quelques instants à ouvrir les yeux et à retrouver ses esprits…

Là, regarde cet écran... J'ai l'impression qu'on peut nous surveiller depuis le poste de Commandement !

L’écran s’était illuminé et une invite « Reconnaissance vocale activée » s’afficha aussitôt.

Chang-Tal avait mis le casque et, dans les écouteurs, une voix féminine aux intonations langoureuses confirma que les options Vue en direct, Capture Ecran ou Visionnage des enregistrements étaient maintenant accessibles…

Chang-Tal n’en croyait pas ses yeux ! La vie à bord du C-DLADOB était surveillée et tous les faits et gestes de l’équipage pouvaient être contrôlés… Le Commandant était vite mis hors de cause car, s'il avait eu accès à ces images, ça ferait longtemps qu'il aurait pris des mesures et ne serait pas déprimé au point de nécessiter une thérapie chez France Ouaze... Quelqu'un d'autre espionnait l'équipage et Chang-Tal avait besoin d'en savoir plus !

Les trois options du menu nécessitaient l’introduction d’un code confidentiel mais l’accès aux enregistrements était resté actif car quelqu’un l’avait utilisé dernièrement et oublié de déconnecter le système…

Ted s’était à nouveau assoupi et n'entendit pas sa bien aimée donner des instructions en parlant à voix basse dans le micro intégré au casque :

« Enregistrements Chang-Tal » murmura-t-elle en fixant l’écran des yeux…   

Une fraction de secondes plus tard une première photo s’afficha à l’écran.

Chang-Tal tressailla et un long frisson parcourut tout son corps.

Elle n’en crût pas ses yeux… Ce qu'elle vit à l'écran lui coupa le souffle !

 

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La photo sur laquelle elle se reconnut de suite avait été prise il y a quelques années lors de sa formation d’astronaute au centre de Scheu-Neck (3) et, à ce jour, pour des raisons évidentes, elle n'avait jamais montré ce document à personne. 

Sur le cliché elle posait en compagnie d’un de ses flirts de l’époque, un jeune et athlétique pompier australien avec lequel elle avait eu une aventure pour le moins torride, voire brûlante… (4)

- Heureusement que mon Teddy-Boy s’est rendormi ! se dit-elle. Il valait mieux qu'il ne voie pas ces photos compromettantes car elle avait eu cette aventure alors qu’ils vivaient déjà ensemble et partageaient la même couche… C'était une simple amourette de passage, un caprice, qu'elle avait presque oublié.. 

Elle se tourna vers son amoureux pour s'assurer qu’il continuait à dormir et se mit à feuilleter les autres documents contenues dans son dossier.

Ted ronflait à poings fermés, son visage affichait un sourire béat.

Chang-Tal pressentait qu'elle n'était pas au bout de ses surprises mais elle était loin de se douter de tout ce qu’elle allait encore découvrir...

 

* * * * * * * * *



Dans le cabinet de France Ouaze, Tifris avait fini de siroter son thé au jasmin et se préparait pour sa première séance de Sophrologie Caycédi-Ouazienne. (5)

Sa "thérapeute" l'attendait, stéthoscope autour du cou, vêtue d'une blouse immaculée devant un profond et confortable fauteuil sur lequel étaient posés un blouson clouté de motard ainsi qu’un casque de réalité virtuelle qu’elle lui demanda de revêtir.

- Nous allons commencer notre travail avec une première séance de régression dans laquelle je vais vous replonger dans votre prime enfance. A partir de là nous allons reconstituer l’intégralité de votre parcours psycho-aprosexite et nous nous arrêterons au fur et à mesure sur les instants ayant impacté votre personnalité que ce soit de façon positive ou négative. Nous ferons ensuite une synthèse analytique et circumambulatoire de tous ces évènements et c’est à partir de ce moment-là que nous pourrons mettre en pratique le module Ouazien de ma thérapie… Pour agrémenter ces séances, nous allons nous mettre en situation de mobilité et c’est pour cela que nous allons les faire alternativement en Moto ou en voiture virtuelle suivant les circonstances… Aujourd’hui nous commencerons par un petit trip en voiture sans aucun impédimenta…(6)

Tout en expliquant la procédure de manière détaillée, France Ouaze avait tendu un volant gyroscopique à Tifris ainsi qu’un trousseau avec des clés de contact…

- J’espère que le blouson est à ma taille adorable Léontine, vous savez, je « chausse » du XXL en vêtements ! répliqua Tifris avec un grand sourire.

- Ne vous inquiétez pas cher Clémou, j’ai prévu le coup, j’ai pris du 4XL pour être sûr que vous vous sentirez à l’aise…!

Tifris n’eut aucun mal à enfiler le blouson et prit place sur le fauteuil.

La séance pouvait commencer…



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Pendant que tous ces évènements se déroulaient à bord du C-DLADOB, très loin de là, au Canada, plus précisément dans l’Ontario, en rase campagne, au nord du lac doré dans l’ancienne Mapleside Sugar Bush, Bloc le Rek dansait et s’amusait comme il le faisait pratiquement tous les jours dans la cabane à sucre où le module de téléportation l’avait déposé lors de son "échappée" volontaire du vaisseau spatial. (7)

Le temps passait à vitesse grand V et Bloc ne se privait pas de prendre du bon temps.

Il avait d'abord participé au Carnaval de Québec, puis au Festival du voyageur au Manitoba et fêtait actuellement la grande fête de la galette de sarrasin à l'ancienne en buvant force verres de « Caribou », cette boisson apéritive issue d'une recette ancestrale québécoise faite à base de vin rouge, d'alcools et d'arômes naturels qui était devenue en quelques jours sa boisson favorite. 

Bloc le Rek s’était d'ailleurs si bien intégré aux us et coutumes locales qu’il commençait même à s'exprimer en « français québécois » avec les nombreux amis qu’il s’était fait depuis son arrivée…

C’est vrai que la vie est belle ici ! se dit-il en tapant dans ses mains au rythme de la musique… J’aimerais tout de même savoir ce qui se passe dans le C-DLADOB et j’ai bien envie d’aller y jeter un coup d’œil un de ces quatre pour voir comment les choses ont évolué là-haut… Et, si là bas les nouilles ne sont pas toutes dans la soupe, je m'en câlisse, rien ne m'empêchera de me téléporter à nouveau et de revenir retrouver mes chums ici ! A suivre

 

(1) Lorsque je parle de "hauteur d'homme", je ne fais bien entendu aucune référence à la taille (en constante progression !) de Ted Oupty

(2) Après le Bluetooth des années 2000, et après avoir épuisé toutes les couleurs primaires, les concepteurs des nouvelles versions ont opté pour ce terme signifiant 'Arc en ciel' afin d'être définitivement en adéquation avec l'air du temps...

(3) Avant de participer à la mission, tous les membres d'équipage du C-DLADOB ont effectué un stage de formation dans ce centre spatial créé dans les années 2022 après l'absorption de la Russie par l'état libre du Zelenskyland septentrional.  

(4) Je sais, le jeu de mot est nul et capillotracté mais je n'ai pas pu m'empêcher de la faire !

(5) Si les autres épisodes ne vous intéressent pas, essayez au moins de lire l'épisode précédant pour comprendre pourquoi Tifris a besoin de cette thérapie : CLIQUEZ ICI !

(6) Bon d'accord, il y a quelques mots compliqués dans le texte mais en lisant ce récit, nous vous offrons pour le même prix l'occasion de vous cultiver et de briller par la suite en société !

(7) Impossible à comprendre si vous n'avez pas ce chapitre : CLIQUEZ ICI !

(8) Quand je vous disais qu'il maîtrise déjà (presque) parfaitement le québécois !

(9) Il n'y pas de "(9)" Nostalgia vous l'offre gratuitement rien que pour vous faire plaisir... On dit Merci qui ?

 

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17/03/2022
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