NOSTALGIA, le Blog qui fait oublier les tracas !

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La Boutique en ligne Nostalgia

Vous êtes déprimé ? Vous manquez de tonus ? Vous tirez la gueule ?

Aller au boulot vous fatigue ? Votre femme (ou votre mari) vous stresse ?

Une capsule de 1000 mg de Nostalgium tous les jours et tout va déjà beaucoup mieux !

NOSTALGIUM, déclaré d'intérêt public devrait être remboursé par la sécurité sociale ! 

Cliquez sur la boîte pour plus de détails !

 

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Suite au succès du Nostalgium et afin de renflouer une trésorerie permettant à ses collaborateurs, jusque-là bénévoles, de se remplir les poches à l’instar de certains politiciens qui font beaucoup moins rire et nous coûtent bien plus cher, Nostalgia a décidé de commercialiser une gamme de produits dérivés dont voici le premier exemplaire :

 

Le Pendentif « Le rouleau »

 

Ce premier article annonce l’arrivée d’une gamme d’objets utilitaires, décoratifs ou simplement originaux que nous commercialiserons à des prix défiant toute concurrence à travers notre réseau domicilié au Panama.

Chacun de ces articles est une pièce unique numérotée entièrement fabriquée dans nos ateliers français de Shanghai par de jeunes professionnels mondialement reconnus.

Ces produits de haute technologie sont toujours livrés avec un certificat d’authenticité entièrement rédigé en Mandarin standard (Putongha / Guoyu).  

 

Vous pourrez consulter la notice descriptive de chacun de ces merveilleux objets en cliquant sur la photo correspondante.

En cas de commandes groupées d’un minimum de 18780 €, un très beau cadeau entièrement gratuit sera joint au colis.

Une partie des bénéfices ainsi réalisés sera par ailleurs reversée à la fondation « Thyristor » ainsi qu’à l’association d’aide et de partage « Un peu de blé pour Clémau ».

 

Merci à toutes et à tous et n’oubliez surtout pas de prendre votre dose quotidienne de Nostalgium !

 

Cliquez sur le pendentif pour plus de détails !

 

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MANIFESTEZ ENFIN INCOGNITO !

Après avoir lu le billet d’humeur du mois de novembre, vous aimeriez également participer aux manifestations style Gilets Jaunes et pouvoir vous approcher du Palais de l’Elysée sans être repéré par la police, votre patron, votre voisin(e) ou votre époux/se ?

NOUS AVONS LA SOLUTION !

Équipez-vous du Slip-Boxer à rayures phosphorescentes le NOSTALSLIP.

(Cliquez sur l’image pour lire le descriptif)

 

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Vous en rêviez ? Nostalgia l’a fait !

 

- Vous devez vous présenter devant un tribunal et vous aimeriez le faire en symbiose totale avec votre avocat ?

- Vous en avez marre de déambuler tout seul et aimeriez être accompagné par votre ami(e), votre conjoint(e) ou votre personnel de maison ?

- Votre conjoint est de nature jalouse et ne veut pas vous laisser partir tout seul ?

- Vous avez peur d'oublier où vous allez ou de vous perdre ?

 

La boutique Nostalgia vous propose en exclusivité mondiale le :

 

B I - A M B U L A T E U R (*)

 

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Cet engin révolutionnaire de toute beauté, entièrement réalisé à partir d'éléments recyclés et recyclable est pourvu des derniers perfectionnements techniques :

 

Wifi - Bluetooth - USB 4.0 – EBS – Correction de trajectoire 

Compensateur de poussée latérale – Pneus 4 saisons – Roulements à aiguilles  Correction continue du parallélisme par asservissement digital 

Micro-processeur développé par la NASA – GPS spécial sourds et malentendants  Clim et filtre anti-Pollen- Panier multifonctions en Gloutex chromé

Freins Blue-Ray (Plus performants que les anciens freins à disque)

Equipé avec 5 roues (mode dynamique) et 5 bouchons (mode statique)

"Michelin Crossclimate 4 saisons" sans supplément de prix.

Poignées ergonomiques - 8 coloris tendance au choix

 

Cette merveille de la technologie est proposée en précommande au prix incroyablement compétitif de seulement :

 

26847 Euros

Ce prix comprend :

- Le Bi-ambulateur complet en Kit

(temps de montage à 2 : environ 13 jours ouvrables)

- La notice en hongrois, moldave, sanskrit, braille et schénégga Platt

- 1 roue (galette) de secours

- 1 pompe à vélo grand luxe en Plastok 

- 2 heures de formation à Vladivostok (voyage non compris)

- 1 abonnement gratuit au magazine « Ma boutique Nostalgia et moi »

 

Cadeau aux 63 premiers acheteurs :

Le livre et l’autocollant « Bi-ambulateur un jour, Bi-ambulateur toujours ! »

 

(*) Marque, modèle et concept déposés par Nostalgia Corp. Ltd.

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D'autres produits dérivés exclusifs Nostalgia seront bientôt disponibles sur cette page...  

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  Tous les programmes TV en un coup d'œil :

  

 

La blague du jour offerte par Nostalgia, le Blog qui fait oublier les tracas !

 

  

 

Lire les billets d'humour :

Billet Février 2018 (Changements de Présidents)

Billet Mars 2018 (Le catalogue russe)

et Avril 2018 (La grève à la SNCF)

Billet Mai 2018 (N. D. des Landes - Le prix Eurovision)

Billet Juin 2018 (La coupe du monde)

Billet Juillet-Août 2018 (La canicule)

Billet Septembre 2018 (Macronix le gaulois)

Billet Octobre 2018 (Nouveau Gouvernement)

Bllet Novembre 2018 (Gilets jaunes etc...)

Billet Décembre 2018 (Cadeaux de Noël)

Billet Janvier 2019 (La cagnotte)

Billet Février 2019 (La tempête de neige)

Billet Mars 2019 (La vie en jaune)

Billet Mai 2019 (Européennes & Glyphosate)

Billet Juin 2019 (La Canicule 2)

Billet Juillet-Août 2019 (Le système de santé)

Billet Septembre 2019 (Le système de santé 2)

Billet Octobre 2019 (L'affaire B.)

Billet Novembre 2019 (Le marché de Noël)

Billet Décembre 2019 (Le procès W.)

Billet Janvier 2020 (Le Coronavirus)

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Billet Mars 2020 (Le confinement) 

 

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06/03/2020
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Oncle Joe raconte : ma première voiture

Salut les amis !

Suite à la lecture du récit de Denis Abel (1), des commentaires des lecteurs à propos de leurs premières voitures et des problèmes qu'ils ont rencontrés, je vais vous raconter à mon tour l’histoire de notre première voiture et des péripéties qui y sont liées…

L'histoire est un peu longue mais je suis sûr qu'elle intéressera nos nombreux amis "Nostalgiaques" et qu’elle s’intégrera parfaitement dans la rubrique Oncle Joe raconte.

C'était en 1972 et nous avons enfin décidé d'acheter une voiture...

Nous vivions dans la ville de Chicago et il est vrai qu’on n’y a pas vraiment besoin d'une voiture car, avec tous les services de bus et de métro, on peut facilement se déplacer n’importe où dans la ville... Mais, afin de rivaliser avec les Jones (2) comme nous les appelons ici, nous avons nous aussi fait l'acquisition d'une toute nouvelle Ford Maverick 1972...

Ce modèle est une petite voiture comparée aux "Grosses américaines" comme on les appelle en Europe. Petite mais excellent en termes de consommation de carburant et agréable à conduire en ville et sur de courts trajets.  

Beaucoup de personnes de notre entourage nous ont dit que notre choix était judicieux mais que pour effectuer de longs voyages, une voiture de taille moyenne ou une grande voiture serait bien plus confortable et relaxante que ce petit modèle...

Quoi qu’il en soit, nous avons décidé en 1977 de prendre des vacances et de faire un long voyage de 2 semaines pour aller visiter les chutes du Niagara.

Nous avons donc pris toutes les dispositions nécessaires au bon déroulement de ce séjour et décidé de faire ce relativement long voyage dans notre petite Maverick 1972...

Malheureusement rien ne se passa pas comme prévu et un premier incident eut lieu deux jours avant notre départ.

Pendant la nuit, un chauffard percuta notre voiture garée dans la rue en face de la maison. La maison où nous vivions avait un garage mais ce dernier était utilisé par le propriétaire. La rue Hoyne, qui était à sens unique, était notre place de parking habituelle et il faut reconnaître que jusque là, nous n’avions jamais eu le moindre problème…

Nous étions à 2 jours de notre départ et ce n'était que le début d’une série d’emmerdements.

Que faire maintenant ? Se consoler en oubliant simplement le voyage n'était pas une option car l'hôtel était déjà réservé et les acomptes versés.

Mon épouse Aggie prit l'initiative et déclara :

Tout est planifié, les payements sont déjà effectués, il est hors de question de ne pas prendre de vacances… Quoi qu’il arrive, nous partons !

Comme les réparations de notre Maverick prendraient environ 2 semaines, il nous restait fort heureusement d’autres possibilités : prendre l’avion, partir en train ou en Bus ou louer un véhicule dans la concession locale « Avis ».

Nous décidâmes d’opter pour cette dernière solution et sommes allé louer une superbe Pontiac Phénix 1978, beaucoup plus spacieuse et confortable que notre pauvre petite Maverick

Nous avons volontairement choisi de prendre la route la plus longue afin de profiter des superbes paysages et avons fait quelques étapes ci et là pour pouvoir visiter à notre guise certains endroits que nous jugions intéressants.

Une fois arrivés aux chutes, nous avons visité toutes les attractions et bien sûr, découvert cet endroit fantastique. Nous avons également profité du superbe spectacle des chutes colorées pendant la nuit et avons fait la promenade touristique traditionnelle en bateau Mist.

Bref, nous avons presque oublié nos les problèmes survenus avant notre départ et avons passé un excellent moment...

 

 

Malheureusement, un deuxième incident allait balayer cette sérénité.

Un soir, nous avons décidé d'aller dîner dans un restaurant italien qui serait, aux dire de la radio locale, le meilleur de la région. Personnellement, je ne raffole pas de la cuisine italienne, mais, comme nos enfants et ma femme l’adorent, je n'avais pas grand-chose à dire sur le choix de l’endroit…!

Le restaurant était correct mais en sortant du local Aggie me dit :

Franchement Joe, je mange mieux qu’ici dans n’importe quel restaurant italien à Chicago… !

Deux couples debout près de la porte d’entrée l’entendirent me donner son avis et l’un des hommes se retourna et nous dit :

En effet Madame, l’endroit est comme-ci comme ça mais si vous aimez la cuisine allemande, je vais vous indiquer un super restaurant  à quelques kilomètres d’ici qui s’appelle le « German-Bavarian Restaurant » et je peux vous garantir que vous ne regretterez pas le déplacement et que vous apprécierez et adorerez cet endroit !

Aussi, quelques jours avant notre départ des chutes du Niagara, nous sommes allés dans ce restaurant allemand pour dîner et je dois dire... Wow, quel super endroit !

C'était un superbe bâtiment construit dans le style des maisons alsaciennes, agrémenté à l'extérieur d'une profusion de fleurs et d'arbustes…

Je regarde Aggie et lui dit simplement :

Si l’intérieur est aussi génial que l'extérieur, je suis sûr que nous allons passer un bon moment !

Je ne m’étais pas trompé, tout était parfait. La nourriture, l’ambiance, le service tout était au-delà de nos espérances et nous avons passé une excellente soirée dans cet endroit.

C’est au moment où nous sommes revenus sur le parking afin de récupérer notre voiture pour retourner à l’hôtel que nous avons eu une désagréable surprise…

Notre Phénix de location était introuvable. Nous avons cherché partout et il n'y avait aucun doute possible, la voiture avait été volée et ce, malgré les différents sondages qui disaient que la Pontiac Phenix était la voiture la moins volée aux Etats-Unis...

Et merde... Joe avait une fois de plus gagné le gros lot !

Et maintenant, que faire ? Après notre déposition à la police locale, nous n’avons eu d’autre solution que de rentrer à Chicago avec un Bus de ligne de la compagnie Greyhound !

Ce deuxième incident était devenu un problème qu'il n'est pas facile d'oublier, à commencer avec la société de location Avis où, bien que nous ayons souscrit une assurance qui couvrait le vol, nous avons dû faire de multiples démarches pour pouvoir régulariser notre situation…

C'était la fin de notre voyage à Niagara Falls mais pas encore la fin de nos problèmes, le pire était encore à venir !

Environ 3 semaines après notre retour, nous recevons un appel inattendu du FBI qui nous informe de la visite de deux agents à notre domicile pour le lendemain...

Merde, que pouvait bien me vouloir le FBI ?

Le lendemain matin, après une longue nuit sans sommeil et l’apparition de quelques premiers cheveux gris, deux agents du FBI de la région de Chicago se présentent à la maison pour enquêter sur le but de notre voyage et la raison pour laquelle nous avons loué cette Pontiac Phénix...

 

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Le véhicule était enregistré à Chicago mais avait été volé au Canada et retrouvé dans un endroit désert à quelques miles de Buffalo New York. C'était une des raisons pour lesquelles le FBI était impliqué dans l'affaire, mais c’est la deuxième raison de leur intervention qui devenait plus qu’inquiétante pour moi et Aggie !

Lorsque la police de Buffalo a trouvé la voiture, cette dernière étant enregistrée en dehors de  l'État, ils ont transmis le dossier au FBI qui a pris l’affaire en main.  

Le véhicule retrouvé était, à part quelques petites bosses, en bon état mais le FBI avait trouvé un indice au niveau du coffre de la voiture et cet indice allait devenir NOTRE gros problème !

En effet, le FBI avait trouvé des traces de drogue (de la cocaïne) dans le coffre et, comme nous étions le loueur de la voiture, nous devenions les principaux suspects dans une enquête concernant du trafic de drogue !

Nous avons donc eu droit à cette visite à domicile du FBI ainsi qu'à deux auditions dans leur bureaux de Chicago. Durant la première audition nous avons étés entendus séparément, Aggie dans un bureau et moi dans un autre puis ensemble lors de la seconde audition.

Nous leur avons bien sûr donné toutes les informations nous concernant, des détails précis sur nos vies et évidemment tous les renseignements concernant le véhicule loué.

Après ces trois entretiens nous n'avons plus jamais entendus du FBI, mais je suis sûr que notre résidence de l'époque au 1355 North Hoyne Street et toutes nos activités étaient sous la surveillance du FBI pendant un certain temps et, qui sait, peut-être le sommes-nous encore aujourd’hui...? 

Oui, chers amis, je peux le dire et le répéterai toujours, j'ai eu quelques moments difficiles et effrayants dans ma vie mais cette enquête du FBI les bat tous !

Comme je l'ai dit, c'est une histoire un peu longue et peut-être trop détaillée, mais ce que je sais c’est que quelque part dans les archives du Bureau Fédéral d'enquête le "FBI", il y a un dossier d'enquête dans lequel apparaissent les noms Ferme de Schoeneck ainsi que le nom d’un ancien résident de l'endroit qui s’appelle Joe Surowiecki...

Voilà, c’était ma petite contribution relative à notre première voiture, une bonne vieille Ford Maverick... Après la Maverick, en 1979 nous sommes monté en gamme en achetant une Ford LTD2 (comparée à la Maverick la LTD2 était une Tank!).

Entre la LTD2 et maintenant nous avions quelques autres modèles, toutes des voitures de taille moyenne. Actuellement, dans notre garage à Streamwood, vous trouverez une Ford Mustang modèle 2003, une Ford Focus 2016 et le coup de cœur d’Aggie, une superbe Sonata Hyundai hybride modèle 2020 !

 

(1) Pour lire ce récit, cliquez ICI

(2) Personnes ayant une brûlante envie de posséder quelque chose

 

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20/09/2020
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Clément Keller : Schoeneck beau coin (12)

Vive les vacances !

Ma première année d’école primaire allait se terminer et mon instituteur, Monsieur Félix Thil, avait décidé d'alléger, pour notre plus grand bonheur, le programme scolaire du cours préparatoire et du cours élémentaire 1 et 2.

Désireux de nous faire profiter des premières belles journées de cette fin du mois de juin 1955 il nous emmenait régulièrement faire de longues promenades durant lesquelles il partageait avec nous sa passion de la nature.

A l’époque, l’école, située en haut du village, n’était pas très éloignée d’un endroit que les anciens connaissent bien et qui s’appelle le ‘Gersweiler Graben’, un large fossé situé près des champs de blé proche de la frontière franco-allemande.

Lorsque nous longions ces champs, il y faisait un arrêt et nous avions droit à une première Leçon de choses, le nom de cette discipline scolaire que nous appelons aujourd’hui pompeusement  Sciences de la vie et de la terre.

Monsieur Thil nous expliquait alors avec beaucoup de pédagogie que le blé atteint sa maturité fin juillet et que, lorsque la tige était sèche et que l'épi se courbe vers le bas, c'était le moment de la moisson. Ensuite, il détachait un de ces épis, l’égrenait dans le creux de sa main pour nous montrer les grains, puis nous donnait de longues et détaillées explications sur la fabrication de la farine, le métier des meuniers, le rôle de la boulangerie et terminait son exposé sous forme de morale en nous rappelant le respect que nous devions porter à la nourriture…  

Ces leçons de vie en pleine nature m’ont laissé des souvenirs inoubliables et, encore aujourd’hui, lorsque je longe un champ de blé lors d’une promenade, je ne peux m’empêcher de revoir le visage de mon instituteur et d’avoir une pensée émue pour celui qui m’a ouvert l’esprit à la connaissance et au savoir…

Les semaines et les promenades se succédaient puis ce fût le début tant attendu des grandes vacances…

Durant les derniers jours de classe, dans la cour de l’école pendant la récréation, les plus grands chantaient à tue-tête :

Vive les vacances, plus de pénitences, les cahiers au feu… Et le maître au milieu…

L’image terrible d’un bûcher et de mon instituteur, pieds et poings liés en train de se tordre de douleur sous les flammes qui le consumaient me faisait frissonner de peur mais les copains un peu plus âgés avaient vite fait de m’expliquer que tout cela relevait d’une tradition écolière visant simplement à manifester sa joie de ne plus aller à l’école jusqu'à la rentrée suivante.

Les semaines de mes premières ‘grandes’ vacances se déroulaient paisiblement et les jours se suivaient et se ressemblaient. Lorsque le temps le permettait, nous allions faire des promenades en forêt avec maman, grand-mère et ma sœur cadette Anne-Marie.

Avec maman nous allions également nous promener à travers les ruelles bordées de baraques de la Ferme (1) et nous nous arrêtions chaque fois chez le laitier Milich Matz où maman nous offrait une de ces succulentes Madeleines posées dans un panier en osier sur le comptoir du minuscule magasin.

Parfois c’était Adolphe, mon grand-père maternel, qui nous prenait par la main et nous emmenait en compagnie de son épouse Rose, ma marraine, promener au bord de l’eau près des 3 étangs ou cueillir des fraises sauvages et parfumées que nous dégustions sur place avec gourmandise…

Ces longues promenades en forêt m’ont laissé d’inoubliables souvenirs de calme et de quiétude. Il pleuvait de la lumière dans l’ombre des sous-bois et des oiseaux qu’on ne voyait pas y lançaient leurs notes claires…

C’était cela, la douce chanson des bois de mon enfance..

 

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Bien des années plus tard, en lisant « Les contemplations » de Victor Hugo, les phrases du grand écrivain ravivaient ces souvenirs et les images de ces instants magiques me revenaient aussitôt à l’esprit :

 

Arbres de la forêt, vous connaissez mon âme,
Au gré des envieux, la foule loue et blâme
Vous me connaissez, vous, vous m’avez vu souvent,
Seul dans vos profondeurs, regardant et rêvant.
Vous le savez, la pierre où court un scarabée,
Une humble goutte d’eau de fleur en fleur tombée,

Un nuage, un oiseau, m’occupent tout un jour…

 

Puis, au retour de ces promenades, le quotidien reprenait vite le dessus...

Pendant ces premières vacances j'étais de nouveau à la maison toute la journée et je partageais ces instants en famille comme un an plus tôt, lorsque je n'allais pas encore à l'école.

C'était aussi le temps des démarcheurs à domicile, de ceux qui frappaient à la porte, attendant qu'elle s'entrebâille pour ne plus vous lâcher en vous entraînant dans un boniment incompressible qui pouvait parfois durer longtemps. 

Je me souviens par exemple du passage d'un marchand de "Sapin des Vosges" à qui maman achetait de petits sachets pleins de bonbons durs en forme de bourgeons.

Ces bonbons qui étaient réputés pour calmer la toux avaient un délicieux goût mentholé et une douce odeur de résine. On accueillait avec plaisir ce vendeur là et maman faisait ainsi provision d'air pur pour l'hiver. 

J'ai également le souvenir d'un vendeur d'aspirateurs qui avait réussi un matin à s'introduire dans notre cuisine. Ma mère ne savait plus comment s'en débarrasser, il débitait des arguments à n'en plus finir et finalement, avec l'accord de papa nous sommes devenus les heureux propriétaires d'un aspirateur-balai de marque Balex remplissant également les fonctions de casque sèche-cheveux et de pistolet à peinture. C'est certainement ce dernier argument qui a fait craquer papa qui se voyait déjà définitivement débarrassé des pinceaux et des rouleaux à peinture qu'il fallait longuement nettoyer après chaque utilisation...

Mais la réalité était tout autre et, mis à part une peinture à l'eau très diluée qui ne couvrait rien, l'appareil refusait obstinément de pulvériser quoi que ce soit... 

Les achats en ligne et Internet n'existaient pas encore, mais la publicité dans les journaux et le bagou des vendeurs faisant du porte à porte suffisaient la plupart du temps pour convaincre les acheteurs potentiels ! 

 

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En ce temps-là, l’argent de poche n’existait pas et c’est grand-mère qui me donnait de temps en temps une pièce que j’avais vite fait de dépenser à la petite épicerie Coop située au bout de la rue, ou au bureau de tabac du village, une boutique si étroite que trois clients l'emplissaient…

Sur un comptoir, bien trop haut pour nous, étaient alignés de grands bocaux remplis de bonbons variés et colorés.

On achetait des caramels à 1 franc (l'ancien franc valait 1 centime), et les jours fastes, un Carambar à 5 francs ou un Chewing-Gum, lequel, s’il se révélait gagnant, donnait droit à un deuxième gratuit. On y trouvait aussi des pochettes surprises en forme de cornets brillants et colorés dans lesquelles se dissimulait sous de grosses boules de papier chiffonné, un insignifiant jouet de pacotille lequel, à défaut d’avoir de la valeur, nous remplissait de fierté parce qu’on l’avait gagné… 

Derrière le comptoir s'alignaient des étagères garnies de paquets de cigarettes, de tabac, de boîtes d’allumettes et de quelques accessoires pour fumeurs.

Sur la gauche, en entrant dans le magasin il y avait également un tourniquet chargé d’illustrés et de quelques journaux. Je le faisais tourner doucement pour découvrir un à un les titres des nouveaux bouquins : Kiwi, Rodéo, Pepito, Pim Pam Poum et autres BD dont je commençais à faire une consommation effrénée…(2)

La vie sociale et commerciale dans le village connaissait en ces années après-guerre un essor sans précédent et de nombreux commerces et bistrots étaient à la disposition des habitants du village…

Les bistrots étaient au nombre de huit.

Il y avait le café des sports Koenig, la Valuta du côté allemand, un autre bistrot dont j'ai oublié le nom situé à côté de la boucherie Kleiss, le café Greiner avec sa grande salle de danse, l’Auberge lorraine, le Tigre, le restaurant couscous Abdallah et, à la Ferme, l’épicerie-buvette du père Muller.

Quant aux magasins, on en dénombrait pas moins de 18 !

Il y avait le tabac tenu par la naine Lénsche du côté allemand, la laiterie Ida, la boucherie Kleiss, le magasin COOP tenu par la famille Wachs, le bureau de tabac "Touvak Spatz", l’épicerie "Adolé" géré par la famille Rennolet, la boulangrie-épicerie "EDEKA" tenue par le boulanger Auguste Bastian, le magasin SPAR du "Knoutcha", une mercerie, un SANAL renu par Madame Notteghem, l’épicerie Dewes en face de l’église, la boucherie Wagner, le coiffeur Wachs Gilbert, une quincaillerie "Gräling Max" une épîcerie "Les Ecco", et, à la cité de baraques de la Ferme, une "SAMER", le laitier "Milich Matz" tenu par M. Reuland et l’épicerie-bistrot du père Muller

A suivre…

 

(1) Plus d'infos sur la cité de baraques de la Ferme de Schoeneck ICI

(2) Plus d'infos sur les BD des années 50-60 ICI

 

Autres récits de la série Schoeneck beau coin : CLIQUEZ ICI

 

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12/09/2020
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Denis Abel : Une occasion en or

Manfred, notre voiture, Dédée qui riait et moi.

Avant de raconter cette histoire, situons l’époque :

J’étais en instance de divorce, avec 2 enfants confiés à la mère qu’elle laissera chez mon ex-belle-mère pour disparaître on ne sait où…

En attendant la fin de stage pour partir dans la Sidérurgie, je logeais chez ma cousine Dédée et chez Manfred le héros de cette histoire.

Il faut savoir que j’avais le permis et que lui essayait de le passer.

Comme bien souvent, Manfred avait une idée géniale « Ché Bein vrai çha » comme dirait la mère Denis.

Notre génie trouve une « Dauphine occasion en or » et, sitôt dit, sitôt fait, achète la voiture.

En attendant qu’il ait son permis, c’est moi qui conduis et je dois dire qu’en dehors de l’armée, cela faisait 6 ans que je n’avais pas conduit de véhicule automobile…

Une fois au volant de la bonne occasion en or, 1er malheur :

Au début, je ne roulais pas droit et, chaque fois qu’une voiture nous croisait, je m’arrêtais et essayais de me ranger sur le côté.

Manfred disait « gib gaz !» (accélère !), Dédée riait à l’arrière, et moi j’attendais…

Le monstre me faisait rouler, rouler et, à la fin tous les deux se moquaient de moi.

Une fois de retour, j’entendais régulièrement « gib gaz »… Cela les faisait rire et, comme si ça ne suffisait pas, ils colportaient l’histoire aux cousins, cousines et à tous leur entourage.

Finalement, au bout de quelques jours, il me semblait que je devenais un conducteur comme les autres, c’est en tous cas ce que je croyais car un deuxième malheur allait arriver…

On c’était fait rouler car l’occasion en or consommait plus d’eau que d’essence, mais comme rien ne nous arrêtait, on roulait avec un Jerrican de réserve plein... d’eau.

Arrive la Saint Silvestre et la neige. Après le festin de fin d’année bien arrosé, nous ramenons nos cousins et un Jerrican à la cité Stéphanie.

Saoul comme une bourrique (notre plein à nous), nous faisons le « plein d’eau » chez eux et, au retour, l’alcool et la neige aidant, inévitablement, le fossé nous attendais…

À l’époque le seuil d’alcoolémie de 0,6 % n’existait pas ni le slogan « boire ou conduire », par contre, notre Dauphine occasion en or semblait le connaître car elle nous a rapidement mis en sécurité dans un fossé.

On l’a laissé dans le fossé et nous sommes rentrés à pied en titubant avec le Jerrican vide (c’est nettement plus léger !). Malgré quelques chutes sur le chemin du retour, il nous reste de bons souvenirs et des rires lorsque nous pensons à notre « Dauphine occasion en or » !

J’en ris encore en écrivant ces lignes…

 

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Une fois à la Sidé dans un appartement, (entre temps je me suis remarié avec Anne-Marie) nous avons continué à nous voir.

Un jour, Manfred et moi sommes partis à Thionville acheter un gâteau, et, au retour, sur une belle ligne droite, je double un bus, mais un camion arrive en face.

Je fonce, mon Manfred se fait tout petit, je me rabats, le regarde, il se redresse, sueur au front, et je lui dis ironiquement « Gib gaz » !

Explosion verbale pendant toute la durée du parcours, puis, de retour à l’appartement, je lui dis crânement : « vas-y, raconte ta peur aux cousins » !

J’avais eu ma revanche, mais j’avoue avoir été inconscient et cela sans la moindre goutte d’alcool…!

Quand il racontait cette anecdote, inévitablement il rajoutait « mein Liva Mann !» (Mon pauvre ami ! en patois). C’est ça la formidable amitié.

Hélas, bien des années plus tard notre Manfred décède et, 40 ans après, nos enfants se souviennent encore de lui...

Les dimanches c’était piscine le matin et, l’après -midi, jeux.

 

jeux1.jpg

Manfred trichait effrontément. Il inventait un nouveau règlement, renversait les pions et déplaçait ceux des enfants.

Dédée, Anne-Marie et moi on se régalait à les entendre se chamailler, les enfants, eux, ne cédaient pas et continuaient impassiblement à jouer...

Je suis même persuadé que nos enfants attendaient Manfred avec impatience pour pouvoir jouer avec lui...

Ce petit récit que je viens d’écrire est plus qu’une simple histoire car pour nous c'est une formidable aventure…

Épilogue :

Je me suis remarié et, après bien des péripéties, nous avons eu 4 enfants.

Nous fêterons nos noces d’or cette année avec le regret que Manfred et Dédée manqueront à la fête, mais nous aurons une tendre pensée pour eux.

Salut les ami(e)s !

 

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08/09/2020
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Danielle Hofmann Grandmontagne : le vieux tirailleur sénégalais

C'était en 1979. J'avais bien économisé pour m'offrir des vacances au Sénégal, voir Dakar, rencontrer ces gens que j'avais découvert autrefois dans les deux gros volumes encyclopédiques de mon enfance : « La France d'Outre-Mer » édités en 1949.

Deux gros livres, reliés de cuir vert, 850 pages, très lourds, que je regardais sur la table de la cuisine à Senlis, en écoutant les trompettes du régiment de cavalerie de mon père, espérant y retrouver l'atmosphère de Rabat où je suis née.

Des images, des photos, d'immenses cartes géographiques dépliables, des informations sur le climat, la végétation, l'alimentation, les animaux, les maisons ou huttes, les vêtements traditionnels ou la nudité, les langues multiples, les cultures, les ethnies, les coutumes, la politique de la grande France, présente partout dans le monde, un peu comme l'Empire Britannique, en moins large ! De quoi alimenter l'imagination d'un enfant de sept ans et surtout la base d'une grande passion : la découverte d'autres civilisations et façons de penser.

Dans l'avion qui avait commencé son atterrissage, j'écarquillais les yeux pour voir un baobab, des villages de huttes exotiques, toutes ces merveilles dont j'avais tant rêvé.

En sortant de l'avion, je fus happée par une intense chaleur et une luminosité féerique.

J'étais venue seule pour ne pas être influencée par des commentaires, pour découvrir à mon seul rythme et mes impressions personnelles une partie de ce continent qui me fascinait.

Dans le bus qui m'emmenait à M'Bour, au village de vacances, j'admirais les murs des toute petites maisons en pisé, peintes aux couleurs de l'arc en ciel, surtout dans les tons de bleu et turquoise, avec des dessins représentant des formes géométriques ou des animaux de style naïf.

Des femmes traversaient les rues, éblouissantes de lumière dans leurs boubous, portant des bassines sur la tête, une expression de bonheur simple parfait dans le regard.

J'étais innocente, naïve, l'Afrique pour moi, c'était simplement le pays où je suis née, ma patrie de cœur.

 

danielle village.jpg

 

J'arrivais avec un superbe chapeau colonial trouvé chez un antiquaire qui avait dû appartenir d'ailleurs à Stanley ou Livingstone, j'en étais presque sûre. Robe kaki  qui mettait mes boucles blondes en valeur, je me faisais mon cinéma. A l'arrivée au village de vacances, nous fûmes répartis dans de jolies cases aux toits de chaume, un lit en bois, une moustiquaire, douche et w.-c., une armoire peinte, j'étais ravie.

Au bar, à l'accueil, une noix de coco avec paille et les premiers mots de sénégalais :

« Nan'gadef ! » Bonjour ! avec un grand sourire qui découvrait des dents blanches étincelantes. Et des fleurs « pour la jolie blonde ! ».

Le soir, des buffets gourmands avec de grosses langoustes que les vacanciers allemands délaissaient à mon grand bonheur. Je ne me nourrissais que de fruits de mer et noix de cocos ou mangues.

A la plage, je restais au bord de la mer, car l'atlantique envoyait de gros rouleaux de vagues dont je me méfiais ; j'allais nager dans la piscine sous les palmiers.

J'avais emmené une œuvre de Léopold Sendar Senghor, président du Sénégal et homme de lettres que j'aimais beaucoup. Un livre sur la négritude qui représente les valeurs et la culture du continent africain. J'ai toujours beaucoup apprécié les œuvres des auteurs africains de langue française car ils ont un talent extraordinaire pour traduire la poésie et le langage imagé de leur culture.

Le 17 juillet, jour de mon anniversaire, je décidais d'organiser une fête à la plage.

Je commandais des spécialités sénégalaises. J'avais engagé une troupe de danseurs avec musiciens et tambours et un griot jouant de la kora, sorte de guitare africaine.

J'invitais quelques amis parmi les vacanciers, des gens du personnel de l'hôtel et un libanais et son ami gambien du village voisin. Je voulais que ma fête soit multiculturelle.

A la plage, sur un tableau, j'avais écrit « Bienvenue » en ouolof, en allemand, en italien, en anglais, en français.

Les chants, les danses, les tam-tams, la cuisine épicée, le vin de palme pour la couleur locale contribuèrent à une ambiance extraordinaire de simplicité et fraternité.

C'est à ce moment, qu'un jeune homme vêtu d'une djellaba blanche, vint vers moi, me dit qu'il était « très honoré » par mon invitation et m'offrit un pendentif en argent représentant la croix du Sud. J'étais émue aux larmes, car il ne possédait pas grand-chose et me comblait de toute sa richesse. Refuser l'aurait blessé, alors je le serrais très fort dans mes bras et demandait au joueur de kora de créer une chanson sur cet événement.

En Afrique, autrefois, il n'y avait pas de livres. C'était le griot avec sa kora qui transmettait l'histoire orale des généalogies, événements, faits et armes de l'ethnie.

Je demandais à mon généreux donateur son nom et celui de son village.

- « PA », pas du Sénégal, mais de Gambie » répondit-il, mais qu'il ne pouvait y aller souvent, le voyage étant cher. C'était l'occasion de lui marquer ma reconnaissance, alors je lui annonçais que nous irions ensemble rendre visite à ses valeureux parents en Gambie, s'il le voulait bien.

Je décidais donc de faire cette excursion en Gambie pour découvrir ce peuple débordant de gentillesse.

Deux jours, plus tard, avec deux couples d'amis du village de vacances, on louait un Dodge-taxi-brousse pour aller là-bas. A M'Bour, Pa monta à bord. La savane défilait sur les bords de la route. J'étais un peu déçue qu'il n'y ait pas de grands animaux sauvages, girafes ou éléphants, mais ce n'est pas la région. De temps à autre, on voyait des vautours, une aigrette ou un phacochère.

J'étais heureuse chaque fois que l'on traversait un petit village de cases aux murs de pisé, colorés. On traversa le fleuve Saloum et bientôt on arriva à Messira où l'on devait prendre le ferry pour aller en Gambie, un tout petit pays enclavé dans le Sénégal.

C'est alors que je l'ai vu ; le vieux Tirailleur Sénégalais, là sur le port, près de la place du marché. Il n'avait qu'une jambe et un grand bâton pour le soutenir, mais une superbe très vieille vareuse militaire pleine de médailles militaires!

J'ai laissé mes amis attendre près du Dodge l'embarquement et suis allée vers lui.

En souriant, il m'a demandée si j'étais française.

 

danielle tirailleur3.jpg

 

Émue, je lui ai dit que j'avais vu toutes ses décorations militaires de loin et que je voulais le remercier d'avoir combattu pour la France, pour ma vie.

Il me raconta la guerre, ses faits d'armes pour lesquels il avait reçu ses médailles, Paris, Lyon, Marseille, les villes qu'il avait traversé, ses amis de régiment et puis aussi que malheureusement sa retraite militaire française au Sénégal était bien moindre que celle des combattants de l'armée en France.

J'étais gênée pour mon pays ; cet homme n'avait plus qu'une jambe et il portait avec gloire et honneur les vestiges de son uniforme, alors que la France l'avait laissé tomber.

J'imaginais les cimetières militaires français où reposent des Sénégalais. Je l'invitais à déjeuner sur le port. C'est à ce moment que retentit la sirène du bateau.

Alors, je lui donnais un gros billet en l'embrassant, le remerciais encore et lui demandais d'aller manger en pensant que j'étais avec lui.

En courant, essoufflée, je montais sur le ferry pour rejoindre mes amis...

 

 

Fascinée, je regardais les vieilles carcasses de navires rouillés qui encombraient la rade tandis que le bateau s'éloignait du port.

Une demi-heure plus tard, nous étions à Bathurst, capitale de la Gambie.

On débarqua le 4/4 Dodge et on reprit la route vers le village de Pa.

En Afrique, on n'offre pas de fleurs, mais on fait des cadeaux au chef du village.

Nous avions emmené deux sacs de mil, du sucre et du tabac en vrac. En arrivant, suivant le code de la politesse locale, nous sommes allés présenter nos hommages au chef et lui offrir nos cadeaux.

C'était un village de cases, loin dans la brousse et les gens étaient assis sur la terre battue, certains sur des nattes, d'autres à même le sol. Deux femmes aux seins nus pilaient le mil et le chef était entouré de ses femmes dont une gamine allongée qui gémissait. Je demandais si elle était malade, si on pouvait faire quelque chose.

- Non, non, elle a seulement ses règles...

Le vieux chef nous remercia pour les cadeaux et nous invita à manger avec eux.

Mes amis allemands étaient un peu paniqués par le manque d'hygiène, mais je leur expliquai que ce serait un affront de refuser. On nous fit asseoir sur des billots de bois et une des femmes nous apporta de la bouillie dans une calebasse de courge séchée et une cuillère en bois.

Il nous offrit aussi de la bière de mil. J'étouffais mon fou-rire et je n'expliquais pas à mes amis allemands que les femmes crachent dans le liquide pour la fermentation.

Poliment ils mangèrent un peu et burent juste une gorgée de cette boisson dangereuse par son haut degré d'alcool.

La nuit était venue, le griot chantait en s'accompagnant de la kora, les tam-tams résonnaient, quand tout à coup, un petit garçon d'environ sept ans s'approcha de moi avec un tout petit morceau de papier d'emballage marron et un crayon de deux centimètres de long et me dit en anglais :

- Please, Mama, give me your adress ! 

En Afrique, par tradition, chaque femme est une maman pour les enfants.

Bien sûr, j'écrivais mon adresse et notais la sienne dans mon carnet. Cela a été le début d'une grande amitié et nous avons correspondu jusqu'à son âge adulte, puis les courriers se sont perdus car il était dans un autre pays d'Afrique. Il courait tous les jours quatre heures pour aller à l'école, et la même chose au retour.

Je lui envoyait des livres en anglais, un ballon de foot, une pompe pour le gonfler et un short à l'effigie de Franz Beckenbauer, un champion allemand. Studieux, il a pu aller au lycée et devenir conducteur d'engins. En Gambie, nous n'avons jamais eu de problèmes avec la poste, mes colis sont toujours arrivés. 

J'ai été la Mama d'un petit garçon africain...

 

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28/08/2020
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