NOSTALGIA vous souhaite de joyeuses fêtes de Pâques...

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J.L. Miksa : Expo sur la mine au centre Leclerc de Betting

Samedi 6 avril 2019.

Monsieur Eugène Ograbek, ancien mineur de fond du Nord et de Lorraine, a organisé une exposition sur le thème de la mine au Centre Leclerc de Betting.

Voyant une opportunité pour promouvoir mon livre "A l’ombre du charbon", il m'a demandé si je souhaitais y participer et c'est avec un grand "OUI" que je me suis lancé dans cette petite aventure.

Il a également contacté des amis avec lesquels ils représentent en tenue la corporation minière aux différentes commémorations des victimes de la mine, tant en France qu'à l'étranger, ce sont Patrick Frénoy et Robert Michel, qui sont venus à l'exposition accompagnés de leurs fils.

Il y avait également Gino Fauruzzo, ancien mineur âgé de 93 ans, Philippe Massing, un jeune de 23 ans passionné de la mine, Jean-Claude Rohr ancien mineur  qui a publié des livres sur la mine, Henry Sergent qui est auteur de livres sur les billets de banque, Jean-Louis Lewandowski ancien mineur et musicien confirmé, et moi-même.

C'est le vendredi précédent la journée de l'exposition que je vais retrouver Eugène à la mairie de Betting où deux agents techniques nous mettent à dispositions des tables, bancs et présentoirs sur pieds. Eugène remercie monsieur le maire qui est venu voir le chargement des effets prêtés par la ville.

Nous partons ensuite décharger l'ensemble au centre Leclerc où l'accueil est très agréable, le responsable entretien nous indique où ranger notre matériel, regarde avec nous comment alimenter en électricité le stand de Robert qui fera des projections de diapos et le surveillant du magasin jette un œil sur nos allées et venues.

La livraison s'est bien déroulée et chacun rentre chez lui.

Le samedi matin une demi-heure avant l'ouverture des portes nous nous retrouvons tous sur le parking et chacun prête main pour installer les tables, présentoirs et bancs.

Ensuite commence le déchargement des affaires de chacun où là encore les coups de mains se font sans compter et chacun met en place son attirail.

C'est Patrick qui a le plus d'objets, y compris deux mannequins taille réelle d'une femme du triage avec son panier de charbon et un mineur en tenue réglementaire.

Il a aussi plus de 70 lampes de mineurs de France et du monde entier (plus d'une trentaine en expo ce jour-là) et divers objets et outils pour l'exploitation du charbon. Jean-Claude partage ce stand en mettant en vente 4 lampes à flamme (allemande, polonaise, belge et française) ainsi que divers livres sur la mine.

J'occupe juste à côté de lui une petite place avec mes livres (deux contes pour enfant dont un bilingue franco-polonais, ainsi que celui sur les mineurs du jour).

Un peu plus loin il y a Philippe qui expose de magnifiques objets qu'il imprime en 3D (dont des lampes sur lesquelles sont représentés des sujets miniers, mais il est aussi capable de graver n'importe quel autre motif à partir d'image, photo, ou de scans).

Plus loin encore Robert et son fils exposent leurs casques, masques, divers objets miniers et projette des diapos sur la mine. Viennent la table et présentoirs sur pieds où Gino expose ses bas-reliefs et peintures sur la mine, une passion depuis toujours dit-il, c'est vraiment un beau travail fait avec passion et amour. Enfin Henri expose ses billets de banque et quelques monnaies en argent.

C'est un fin connaisseur en la matière et il a déjà publié trois ouvrages sur le sujet et en a un autre en préparation sur les billets imprimés en France pour d'autres pays.

C'était l'occasion de voir ou revoir les Napoléon, Richelieu, Pascal, Pasteur et autres billets beaucoup plus anciens.

La journée va débuter et arrive Jean-Louis, ancien mineur, professeur de musique et animateur pour égayer l'exposition par ses talentueuses interprétations au son de l'accordéon.

Il est infatigable et restera jusque tard dans l'après-midi pour nous offrir une musique variée et circonstanciée, dont "les Corons" et "Der Steiger Kommt".

Les nombreux clients du magasin n'hésitent pas à s'arrêter aux différents stands.

Il y beaucoup d'anciens mineurs qui expliquent à leur épouses l'usage de certains matériels, d'autres à leurs enfants, d'autres encore sont fier de nous dire qu'ils se sont servis de tels ou tels autres matériels. Bien entendu comme dans toute expo il y a "le" super visiteur, celui qui a fait tous les métiers (boulanger, menuisier et d'autres encore dont bien sûr mineur) et qui passe et repasse en ressassant sa vie à qui veux bien l'entendre.

Il fera son manège jusqu'en début d'après-midi où enfin il quitte les lieux. Mais bon, comme c'est tout de même un ancien mineur, c'est avec compassion que je l'ai écouté me disant qu'il doit certainement souffrir de solitude et que l'occasion de partager ses souvenirs lui manque terriblement.

Mais ce jour-là j'ai aussi vu dans le regard de certains, qui observaient en silence les objets exposés, une nostalgie mal cachée. Et que dire des chaleureuses salutations entre mineurs devant les stands : ah, salut chef (et me prenant à témoin), c'était mon chef au fond.

Et l'autre un peu gêné par cette mise en avant de sourire généreusement.

C'était aussi cet homme qui tape généreusement sur l'épaule d'un autre et le salue :

- Alors qu'est-ce que tu fais ici ? Elle te manque la mine ? Ah oui, tu te rappelles comme c'était dur avec ce marteau piqueur ?

Et c'était parti pour une bonne rigolade entre deux "jeunes mineurs" qui ne tenaient pas en place et échangeaient de vieux souvenirs en finissant par un : c'était quand même bien ! Je n'ai entendu aucun ancien se plaindre ou gémir sur son sort.

J'ai aussi vu des personnes qui semblaient s'intéresser aux objets sans les connaitre, mais leur curiosité méritait réponse que les exposants et les anciens ne manquaient pas de donner sans oublier le moindre détail :

- Oui, cette pelle à charbon vient du Nord, il y a des cannelures dessus qui n'existent pas en Lorraine, on l'appelle la pelle à 5 côtes, il en a qui en avaient même avec sept côtes, tu t'imagines la taille ? Et en plus comme ces haches, elle a un trou, tu sais pourquoi ? Pour les attacher avec un cadenas pour éviter qu'on les vole !

J'écoutais en silence les explications de Patrick, il savait attirer l'attention. Oui, même moi, ce jour-là j'ai appris beaucoup de choses avec lui comme auprès d'autres exposants.

Mais j'ai aussi vu la tristesse exprimée par une dame qui s'est arrêtée devant moi en me disant que sont mari a perdu la vie au Puits Simon un an avant la catastrophe de 1985.

Cette terrible catastrophe qui avait fait 22 morts. Je lisais sur son visage et dans ses yeux l'immense douleur qu'elle éprouvait, mais un léger sourire de sa part après un mot de compassion m'a fait chaud au cœur, quelle dignité, respect Madame ! 

La matinée se déroulait sans grande sollicitation pour mon livre et, sans être vraiment déçu, car j'ai rencontré des personnes passionnées, ne voilà-t-il pas que juste avant l'heure du repas je vois arriver mon ami Emile Weil avec sa femme Marie-Louise. Emile est venu avec sa caméra faire un reportage pour sa chaine "Media Hombourg" sur Facebook.

En vrai pro il a filmé chacun des exposants (après avoir vu son reportage paru dès le lendemain, je peux assurer qu'il est rudement bien fait).

Puis je suis parti déjeuner avec Eugène, le magasin nous a offert (comme aux autres exposants et notre musicien) le repas de midi. Ce ne sera pas la seule générosité du magasin envers les exposants auxquels le directeur a fait parvenir un panier garni où chacun avait droit à trois pains du mineurs et une boîte de pâté Basque, un grand merci au directeur pour cette attention.

Le repas et boissons que chacun pouvait choisir à sa convenance était donné à la cafétéria du centre. C'était la première fois que j'y mettais les pieds et cela m'a rappelé le restaurant d'entreprise de la direction générale à Merlebach où j'ai pris pendant de nombreuses années mes repas de midi. Il suffisait de prendre un plateau et se servir avant de donner à la caissière le ticket distribué par Eugène à chacun des présents. J'ai pu au cours de ce repas découvrir le côté attachant de mon ami Jean-Louis envers son épouse polonaise.

Ces deux-là s'aimaient vraiment. Mais l'heure tournait et d'autres attendaient que nous revenions aux stands pour prendre la relève, aussi nous sommes retournés plus motivés encore vers nos places respectives. Et là enfin la vente de mon livre a débutée.

C'est Patrick qui a vendu mon premier livre à une jeune femme qui est revenu plus tard pour la dédicace. C'est encore une femme qui m'en prend un, puis Patrick, Eugène, Marcel un ancien copain de bureau, Raymond un ancien des travaux neufs qui a participé au fonçage du puits Ouest de L'UE la Houve suivis par quelques autres passionnés de la mine.

Et voilà, entre 13 et 15 heures c'était la foule et puis repos, retour au calme en ce qui me concerne, l'occasion pour faire les stands des copains.

De retour à ma place je vois arriver le député local, monsieur Christophe Arend, qui va saluer un à un les exposants. De très nombreuses photos seront prises par chacun et l'heure fatidique de la fin, fixée à 18 H, sonne.  

Commence alors le ballet inverse, rangement des objets, démontage des tables et bancs, rangement au centre pour un enlèvement le lundi matin.

Après de chaleureuses salutations avec chacun, je quitte les lieux la tête pleine de souvenirs.

Le lundi matin comme convenu je me rends devant le magasin où arrive Robert qui m'achète encore un livre pour lui et un autre pour Jean-Louis. Eugène arrive presque en même temps avec l'employé de Betting. Avant d'entrer dans le centre, Eugène salue le directeur du magasin auquel il offre en souvenir un bloc de charbon sur un socle en bois aux côtés d'un statuette de Sainte Barbe. Le directeur est surpris mais semble très content par ce cadeau visiblement inattendu.

Commence alors un nouveau ballet, chargement, déchargement, rangement et hop l'affaire est bouclée.

Nous nous saluons et chacun retourne à ses occupations, mais avant de quitter le parking du centre, je vais jouer une grille au loto car mon horoscope du jour m'a annoncé une chance incroyable ce jour.

Voilà, c'était une expérience enrichissante. Je suis très heureux d'avoir rencontré Eugène, Patrick, Raymond, Robert, Henri, Gino, Philippe, Jean-Louis, Marcel et tous les clients de ce jour. J'ai pu voir combien l'attachement à la mine est encore présent dans le cœur des anciens mineurs. J'ai vu l'amitié entre frères des ténèbres maintenant au grand jour, intacte après tant d'années. J'ai aussi croisé la tristesse et le chagrin, mais surtout j'ai vu des hommes et des femmes fiers de leur passé, dignes dans leurs situations respectives.

J'ai vu la joie de vivre de tous ces hommes qui grattaient les veines noires de charbon et le succès des lampes à flamme et du pic de mineur que presque tous les anciens et même les non-miniers ont pris ou repris en mains.

Pas de doute, j'avais déjà couvert des commémorations des victimes de la mine dans différents Sièges, fait quelques reportages sur des associations de mineurs (à voir sur www.nostalgia.blog4ever.com), maintenant je sais que je continuerai à aller à la rencontre de ces hommes qui méritent "LE RESPECT".

A voir aussi un magnifique reportage de cette journée effectué par Canal Hombourg sur Facebook (chercher Emile Weil, lui aussi ancien mineur qui ne rate aucun événement pour l'immortaliser avec sa caméra).

Glück Auf camarades.

 

Les exposants avec leur musicien du jour.jpg

 

Les exposants avec leur musicien du jour

 

 Patrick Frenoy et Jean-Lucien Miksa.jpg

 

Patrick Frenoy et Jean-Lucien Miksa 

 

A gauche la maquette d'un chevalement double molette au-dessus du bâtiment du puits et leurs salles des machines.jpg

   

A gauche la maquette d'un chevalement double molette au-dessus du bâtiment du puits et leurs

salles des machines (maquette en alumettes d'Eugène Ograbek réalisée par un mineur du Nord)

 

Mannequins de Patrick Frenoy (dame du triage du charbon et un mineur en tenue avec à ses pieds la pelle à 5 côtes et les haches à trou).jpg

  

Mannequins de Patrick Frenoy (dame du triage du charbon et un mineur en tenue

avec à ses pieds la pelle à 5 côtes et les haches à trou)

 

A droite monsieur le député Arend Christophe et Jean-Lucien Miksa.jpg

  

A droite monsieur le député Arend Christophe et Jean-Lucien Miksa

 

Gino Fauruzzo ancien mineur âgé de 93 ans pendant des explications à une visiteuse.jpg

 

 Gino Fauruzzo ancien mineur âgé de 93 ans pendant des explications à une visiteuse

 

Jean-Lucien Miksa prêt à dédicacer ses livres avec Patrick Frenoy.jpg

 

 Jean-Lucien Miksa prêt à dédicacer ses livres avec Patrick Frenoy

 

Le pain du mineur offert par le centre Leclerc (il doit sa couleur noire à l'ajout de charbon végétal qui lui donne cette couleur noire et lui donne la propriété d'assurer une meilleure digestion).jpg

 

 Le pain du mineur offert par le centre Leclerc

(il doit sa couleur noire à l'ajout de charbon végétal qui lui donne cette couleur noire

et lui donne la propriété d'assurer une meilleure digestion)

 

(c) Jean-Lucien Miksa, le 08 avril 2019.

Photos Eugène, Robert et Jean-Lucien

 

https://static.blog4ever.com/2016/02/814449/artfichier_814449_7967631_201811244441318.jpg

 

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13/04/2019
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Clément Keller : Schoeneck, le beau coin (10)

Beaucoup des souvenirs de ces premiers jours d’école sont encore aujourd’hui très présents dans ma mémoire.

L’entrée en classe des écoliers avait lieu à 8 heures 30. Cela se passait toujours dans l’ordre et la discipline  et le cérémonial était immuablement le même :

 

1) Dire bonjour à l’instituteur

2) Se mettre en rang par deux pour entrer dans le bâtiment au coup de sifflet

3) Accrocher nos vêtements aux patères dans le petit couloir

4) Chausser nos patins puis regagner nos places 

 

Ensuite, et c'était devenu un rituel quasi quotidien, le 'maître' venait inspecter nos cheveux pour s'assurer que nous n’avions pas de poux, puis examinait rapidement le cou, les oreilles et les mains pour voir si notre hygiène était suffisante.

La salle de classe, les pupitres, les bûchettes avec lesquelles il nous apprenait à compter, les images de pommes et de poires que nous mettions dans un panier, les premières lettres tracées sur nos ardoises à l’aide des stylets qui émettaient des cris plaintifs lors de l’écriture maladroite, je revois tout cela comme dans un rêve et il m'arrive encore aujourd'hui de sentir l’odeur de la poussière de craie qui flottait dans l’air…

Un immense tableau noir était disposé contre le mur à côté de l’estrade de l’instituteur. 

C'est sur ce tableau que Monsieur Thil traçait les premières lettres que nous essayions de reproduire malhabilement...

Il y avait d'abord les i, o, u, assez faciles à tracer, puis, et un peu plus tard, les a, n, b qui demandaient déjà plus d'application.

Heureusement, nous avions une petite éponge et un chiffon accrochés par une ficelle à l'ardoise et, lorsque le résultat n'était pas satisfaisant, un petit coup d'éponge suivi d'un essuyage à sec permettait de 'remettre notre ardoise à zéro' et de recommencer jusqu'à obtention d'un résultat acceptable... 

Autre élément incontournable de la salle de classe, le fameux poêle qui trônait, bien en vue avec son tuyau muni de plusieurs coudes permettant de diriger la fumée vers le trou d'évacuation dans la cheminée.

En hiver, il était chargé le matin par l'instituteur avant l'heure de classe et sa douce chaleur nous enveloppait pendant qu'à l'extérieur la neige tombait...

Sur le coté gauche de la grande salle, se trouvaient les deux rangées de pupitres des élèves du cours préparatoire, à droite ceux du cours élémentaire 1 et 2. 

Sur le dessus de chaque pupitre il y avait un emplacement pour les crayons d'ardoise, les craies et, plus tard, pour les plumes et les porte-plumes.

A droite, sur le côté, un trou rond était destiné à recevoir le petit encrier en porcelaine qui allait nous servir quelques mois plus tard lorsque nous saurions écrire et manier la plume...

 

https://static.blog4ever.com/2016/02/814449/artfichier_814449_7112211_201704190454473.jpg

 

Comme l’instituteur enseignait le savoir à plusieurs classes en même temps, il y avait également aux murs, des affiches avec les tables de multiplication, une carte de France avec les départements et même une étonnante affiche représentant un corps humain dont on pouvait voir l’intérieur et qui, pour être tout à fait honnête, me faisait un peu peur…

Le maître m’avait placé au premier rang, à côté d’un gamin des baraques de la Ferme, cette cité d’ouvriers mineurs venus s’installer au village durant les années après-guerre.

Je ne sais plus s’il était russe ou polonais mais je me rappelle que pendant quelques semaines nos échanges se limitaient à des gestes et des mimiques qui nous permettaient de nous comprendre tant bien que mal et de jouer ensemble pendant la récréation dans la cour qui me semblait immense.

Vers 10 heures du matin, nous sortions pour la première récréation et je dégustais mon goûter, une belle tartine faite de 2 tranches de pain blanc entre lesquelles maman avait étalé une épaisse couche de beurre et de confiture.

Les matinées dans ce nouvel environnement passaient très vite et, à peine la récréation terminée, j’avais l’impression que l’heure de rentrer à la maison pour déjeuner en famille sonnait déjà.

Durant les premiers mois de ma nouvelle affectation, maman, toujours aux ordres de grand-mère (Oma), était chargée de me récupérer, si possible sain et sauf, et de me rapatrier dans les meilleurs délais 'afin que ce pauvre petit' (Oma dixit…) puisse se restaurer et reprendre les forces nécessaires pour tenir le coup dans cette épuisante course à la culture et à l’éducation républicaine et laïque.

Il nous fallait une petite dizaine de minutes à Maman et à moi pour retrouver la table familiale, qu’entre temps, Oma avait dressée et sur laquelle trônait, suivant les disponibilités et les saisons de nombreux plats d’inspiration locale dont les fumets venaient chatouiller agréablement mes jeunes narines déjà remarquablement affinées dans la reconnaissance des différents effluves émis par ces plats relativement rustiques…

Cette cuisine familiale n’était en rien comparable avec la haute cuisine, fleuron de notre beau pays de France, mais elle offrait en revanche des plats simples et économiques dont la fonction première était de rassasier les ventres affamés des membres de la famille.

Le seul salaire de mineur de jour (1) et la maigre pension de veuve de grand-mère ne permettaient pas de faire de folies mais les plats mijotés amoureusement par grand-mère n’en étaient pas moins des régals et maman, pour l’instant simple aide cuisinière, apprenait chaque jour un autre tour de main et une nouvelle astuce afin qu’elle puisse un jour préparer elle-même ces mêmes succulents repas.

 

Wenn Ich E mool nimmé dooh bin Résie, mouschde dorh selva goutt Esse Korhe fa de Jorhoon, de Clémau unn fa’s Ami… Louh Goutt tsou, dassde genaou wèscht wimmas marrhe mouss… !

(Lorsque je ne serais plus là Rose, il faudra que tu saches bien cuisiner toi-même pour ton mari Jean, le Clémau et sa sœur Ami… Alors, regarde bien pour que tu saches exactement comment tu devras faire… !).

 

cuisine.jpg

 

Les grands classiques culinaires de l’époque se déclinaient ainsi en des plats simples, bien souvent d’inspiration allemande car les racines de grand-mère se situaient dans le Palatinat, cette région vinicole de l’ouest de l’Allemagne jouxtant notre voisine la Sarre.

Sauerbroode, Maultasche, Grumbakischele, Geling, Rindfläsch Soup, (2) et plein d’autres variantes toutes aussi goûteuses et rassasiantes.

Mon assiette était déjà prête lorsque j’ouvrais la porte donnant sur la petite cuisine et je n’avais plus qu’à prendre place à table pour déguster le 'plat du jour' pendant que grand-mère faisait le point avec maman, laquelle, tel un soldat obéissant, faisait son rapport matinal quotidien avec sérieux et précision…

Pour l’instant en tous cas, tout semblait aller pour le mieux dans le meilleur des mondes et j'apprenais à compter non seulement des bûchettes, des pommes et des poires, mais également les jours, les semaines puis les mois.

 

* * * * * * * * * * 

Avril 1955.

Il semblait déjà loin mon premier hiver d'écolier et, depuis quelques jours, un ciel bleu et limpide confirmait l'arrivée d'un printemps doux et ensoleillé.

Le soleil, qu'on avait presque oublié pendant le rude hiver 1954, réchauffait la bise légère qui faisait frisonner les pétales des premières fleurs dans le jardinet de grand-mère et une multitude d'oiseaux gazouillaient tôt le matin dans les buissons et les arbustes.

Les champs, les prés et les premiers arbustes de la forêt reverdissaient.

Les blés plantés dans les champs derrière l'école s'allongeaient et s'épaississaient et, tôt le matin, une brume légère s'échappait parfois du sol des nombreux jardins fraîchement bêchés...

 

- Ich Glaab ma kinne jétz de Clémau Elèn in Die Schoul gehn loosse, ess iss Jo moajens schoun scheen hell unn èa kènnt Jo jetz de wèsch, suggèra Oma un matin... 

(Je crois qu'on peut laisser le Clémau aller tout seul à l'école, il fait déjà bien clair le matin et il connait le chemin maintenant).

 

Ce matin là, je bombais fièrement le torse, arrimais d'un geste nonchalant de vieil habitué mon cartable sur le dos et pris pour la première fois, seul, le chemin du savoir...

Un immense boulevard menant vers la liberté et vers de nouvelles aventures s'ouvrait désormais devant moi... à suivre

 

(1)  Le salaire d'un ouvrier travaillant à la mine au 'jour' correspondait en gros à un SMIC actuel.

(2)  Pour voir quelques-unes de ces recettes  CLIQUEZ ICI

 

https://static.blog4ever.com/2016/02/814449/artfichier_814449_7967631_201811244441318.jpg

 

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29/03/2019
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Em Clemau sei Footzegge : Mèatz 2019

Frija, wemma hat wille mit seinem Auddo voun ènem poungt tsoume onnere fahre, hat ma seéascht gelouht dassma say Firaschein debay hat, say Fesischeroung unn E carte d’identité. Donn hat ma geprift ob ma genoung louft in de räfe hat, genoung bènzin im Tonk unn ob’s Auddo imme goudde tsouschdont is.

Awa das wa frija…

Haidzedaa, es éaschdde was ma marre mouss is se louhe ob ma déa berihmde Gäle Jagge hinna de schaib hat wail das jetz E rischdischa Laissez-Passer fa jéda sérijösa Auddofahra is unn ball uffem Fronsésche foone abgebilt wèad wie doomools die Lys Bloum als Kéniglisches tsäsche….

Enna voun mayne Koumbelle is voa kouatzem ongehall voa, nit voun de Politsay awa onn soomme Barrasch voun de Gäle Jagge, die ne gefroot honn woa das gälle ding laye hät.

Ea hatt das gälle ding awa nit debay gehat unn so hat dea liwe gälle Musieu ènfarh zum gesaat dassa waschaynlisch E Macronix dea Galia wäla wèa, also E Gälla Jagge unn Folgsfaind… Wa das E ding !

Dèa hat donn long misse dischkudiere, uff sei Kinna unn sei kronggi Mudda schwörre dassa say lewelong imma links gewält hat, soo links dassa sich ball nimmé midde Reschd hond helfe konn. Donn haddane noch erklèad dassa so gèhe de Macronix dea Gallia iss dassa grad uffem wäsch wa fa E extra-brèdda Gälla Jagge se kaafe, èna woha scheen bräd hinna say Windschutzscheib léhe konn…

Die liewe gälle Mèna honne schlislisch géhn gelosst unn èa hat donn die gonz Wourh fascht noamaal waydda gelèbt middeme Päksche Tranxene unn E paa Valium Berouigougsmiddel Tablèdde…

Ich honn on dem Somschdda a misse ins Cora no Fouabarh faarre wayl Ich ma E naya Schdilo honn wille kaafe fa may Voaschläsch ins das Cahier de Doléances in de Märi insetroon.

Was mich onbetrèft, honn Ich, unna onnerem, die Médaille du Mérite fa all Fronsooze die unsa régirung unn die wourentlische Manifeschdatsionne norh E paa Yoah aushalle misse velongt.

Ich honn schoun imma voun sonna Médalie geträmt, die änsischdde wo Ich in maynem lèwe kritt honn ware die MoudaGoddes Médalie wo may Marraine unn may Obba in de 50-60 Johre voun de Pilschafaade noo Louad mitgebroung honn.

Damit Ich sicha waa das Ich noch om selve Daa serick koume konn, honn Ich may 3 Gälle Jagge (Ja Ich honn 3 Schdigg !) hinna’s Auddofinschda geléht, may Familliemiglidda wo mitma ons Auddo koum sinn alle gèa fescht in die Ahme gedriggt unn gekisst unn bin donn mit träne in de Aoue, ohne serik se loue, ènfach abgefaa…

Ich honn on dem Daa glick gehat... Die Gälle Männa ware graad debay 30 kilos Merguez, wo se woume Oatsmétsia geschenkt gritt honn, se broodde. 

So honn Ich may Schdilo tsimlich schnell kaaffe kinne unn bin donn schnelle widda zerick in's Doaff gefah... Foatsetseung folgt

 

So, liewe Noschdalgia lèsa, wail ma's jo imma E bissie sponnend marrhe soll, wärich aych de näkschdde Monat voun mayne Goudde Idée vezähle, wo unsa Régirendde, die sich jo als 'Volksvetrèdda' dooschdéle, inchpirirre soldde...

Bis ball, de Clémau.

 

gilet.jpg

 

Version française pour les non-initiés :

Avant, lorsqu’on voulait prendre sa voiture pour se rendre d’un endroit à un autre, on s’assurait d’avoir son permis de conduire, son attestation d’assurance, une pièce d’identité puis on vérifiait si la pression des pneus était correcte, qu’on avait assez d’essence dans le réservoir et que le véhicule était en bon état de marche.

Mais ça, c’était avant…

De nos jours, le premier geste avant de partir consiste à vérifier si le fameux « gilet jaune » est bien posé sur le tableau de bord car ce dernier est devenu un véritable laissez-passer pour tout automobiliste qui se respecte. Un de mes amis s’est fait arrêter dernièrement, non par la police, mais par un barrage de Gilets jaunes qui lui ont demandé où était cet accessoire qui devrait bientôt fleurir sur le drapeau national au même titre que la fleur de Lys de notre royauté passée…

Bref, comme il n’en avait pas, le gentil Monsieur vêtu de jaune lui a fermement fait comprendre que ce crime de lèse-gilet prouvait tout simplement qu’il était un électeur de  Macronix le Gaulois et, par définition, contre le peuple en général et les Gilets jaunes en particulier… Quelle histoire !

Il a dû longuement parlementer, jurer sur la tête de ses enfants préférés et de sa vieille mère grabataire qu’il n’en était rien, qu’il avait voté toute sa vie tellement à gauche qu’il n’arrivait pratiquement plus à se servir de sa main droite. Il expliqua qu’il était viscéralement anti Macron et qu’il avait justement prit la route ce jour-là, pour aller s’acheter un gilet jaune de grande taille qu'il voulait étaler le plus largement possible derrière son pare-brise…

Les gentils Messieurs jaunes le laissèrent finalement passer et, malgré cette aventure, il réussit à reprendre une vie normale grâce à quelques cachets de Valium et une boîte de Tranxene.

Ce samedi-là, j’avais également décidé d’aller au Cora de Forbach pour m’acheter un stylo neuf afin de mettre par écrit ma contribution dans le cahier de doléances de la Mairie.

En ce qui me concerne, je voulais demander, entre autres, la médaille du mérite pour tous les français qui doivent encore supporter le gouvernement actuel et les manifestations bihebdomadaires pendant quelques années.

J’ai toujours rêvé d’avoir une médaille honorifique car les seules que j’ai possédées à ce jour étaient celles de la sainte vierge que ma Marraine et mon Opa avaient ramenées dans leurs bagages lors de leurs nombreux pèlerinages à Lourdes durant les années 50-60...

Pour être sûr d’être de retour dans la journée, je posai mes trois gilets jaunes (oui, j’en possède 3 !) derrière le pare-brise, embrassai longuement les membres de ma famille qui m’avaient accompagnés jusqu’à la voiture puis démarrai sans me retourner  avec quelques larmes dans les yeux…   

J’ai eu de la chance. Les gardiens du rond-point étaient occupés à griller les 30 kilos de Merguez offerts par un généreux boucher du coin.

Je réussis à acheter mon stylo neuf dans un délai que je qualifierai de raisonnable et repris confiant la route du village... à suivre

 

Voilà, chers lecteurs nostalgiaques, comme il faut toujours ménager un peu de suspense, je vous parlerai le mois prochain des idées brillantes que j’ai eues et qui mériteraient d’être prises en compte par ceux qui nous gouvernent et se disent les 'représentants du peuple'...

À bientôt, Clément.

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Pour nos nouveaux amis et visiteurs 'Plattophones'  qui ne la connaîtraient pas encore ,

voici la version en 'Platt' de ma chanson 'Le Blues du charbon' : Le 'Kohlechip Blues'

 

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Lire les autres billets d’humeur & d’humour

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Billet Mars 2018 (Le catalogue russe)

Billet Avril 2018 (La grève à la SNCF)

Billet Mai 2018 (N. D. des Landes - Le prix Eurovision) 

Billet Juin 2018 (La coupe du monde)
Billet Juillet-Août 2018 (La canicule)

Billet Septembre 2018 (Macronix le gaulois)

Billet Octobre 2018 (Nouveau Gouvernement)

Billet Novembre 2018 (Gilets jaunes etc...)

Billet Décembre 2018 (Cadeaux de Noël)

Billet Janvier 2019 (La cagnotte)

Février 2019 (La tempête de neige)

 

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08/03/2019
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J.L. Miksa : Commémoration de la catastrophe du puits Simon

Lundi 25 février 2019 une bien triste journée malgré le radieux soleil qui inonde de ses chauds rayons toute la Moselle-Est comme presque toute la France.

Triste journée car je dois me rendre à Forbach à 13h30, au Puits Simon où il y a 34 ans, le lundi 25 février 1985 avait lieu l'une des catastrophes minières les plus destructrices en vies humaines. Ce sont en effet 22 mineurs qui y ont trouvé la mort, une mort atroce lors d'un coup de grisou suivi d'un coup de poussière qui fera en plus de ces nombreux morts, 269 blessés.

Le mémorial qui leur est dédié a été dessiné par mon ami et voisin de bureau Jean-Marie Legendre qui était projeteur au service architecture des HBL à Freyming-Merlebach.

Je me vois encore penché sur sa planche à dessin à regarder ses croquis, comme si c'était hier. Il avait demandé aux géomètres des HBL de noter en surface l'endroit exact de la catastrophe, car c'est là qu'il voulait que soit érigé le mémorial dont des lames de fer forgé symbolisent les éclairs de l'explosion, des blocs de béton représentent les galeries sur lesquelles sont inscrits les noms des victimes et, sur deux poteaux s'élevant vers le ciel représentants le puits, un tableau porte vingt-deux casques de mineurs. Vingt-deux mineurs dont la vie s'est brusquement arrêtée à 7h20 ce matin du 25 février 1985.

 

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Les flammes de l'explosion, à l'aplomb du lieu-même de la catastrophe à 1050m sous terre

 

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Mise en place des participants, en arrière-plan le mémorial.

 

A l'époque j'étais jeune dessinateur, aujourd'hui retraité des mines, je viens pour témoigner à l'ensemble de la profession et aux nombreux mineurs présents, mon hommage aux victimes et à leurs familles.

Avant le début de la cérémonie, une dame me raconte comment son mari a échappé à cette catastrophe. Elle me dit qu'un collègue à son mari qui devait aller travailler au poste du matin à 6h, voulait changer de poste avec son mari qui lui devait aller travailler en inter poste à 12H, ce collègue fait malheureusement partie des morts car son mari avait refusé ce changement qui lui a sauvé la vie. J'ai ressenti pendant qu'elle me racontait cette incroyable histoire, comme une sorte de culpabilité et de remerciement au ciel pour avoir épargné son mari ce jour-là. 

Un peu plus tard un ami d'enfance me raconte qu'il travaillait au fond dans ce même puits dans un autre chantier ce même jour et qu'après avoir perçu quelque chose d'anormal, son chef porion, téléphone à la main lui disait d'un air hagard, … il y a deux morts, … puis trois, et décida de faire remonter tous les mineurs de sa taille un après l'autre, dans le calme absolu, sans qu'ils ne sachent avant d'être au jour, surpris par l'ampleur des secours, qu'une catastrophe venait de se produire. Ses yeux sont embués, moi aussi je dois me forcer pour retenir mes larmes.

 

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Le président M. Neu lors de son allocution

 

La cérémonie débute par le discours du président de la fédération des mineurs qui retrace méthodiquement la chronologie des événements, puis il égrène un à un les vingt-deux noms et prénoms des victimes : Pierre Albert (piqueur), Armand Birkle (ouvrier-mineur), François Bregant (chef d’équipe), Gérard Buchheit (chef de poste), Joseph Cusmano (piqueur), Sébastien Cusmano (piqueur), Denis Dellmuth (chef de poste), Marcel Demmerle (équipeur), Gérard Erbst (chef d’équipe), François Gander (électromécanicien), Michel Grosjean (piqueur), Charles Hahl (chef de poste), Dominique Kisler (piqueur), Michel Krayanoff (piqueur au traçage), Jean Maik (électromécanicien), Oulaïd Moufki (ouvrier-mineur), Serge Philippi (ouvrier-mineur), Laurent Spaeth (électromécanicien), Alain Variengien (ouvrier-mineur), François Wintzerith (équipeur), Roland Wolf (porion), Romain Zapp (boutefeu).

C'est ensuite le maire de Forbach qui prononce son discours, suivi par monsieur le député qui raconte à l'assistance dans son discours, que ce jour-là il rentrait du coke lorsque son père est arrivé le matin avec sa voiture de service pour annoncer à sa mère que le puits Simon vient de connaitre une catastrophe et qu'il est sans nouvelles de son oncle qui y travaille. Ce n'est que vers midi qu'il apprendra que son oncle est sain et sauf, lui qui devait travailler à proximité des lieux de la catastrophe n'a eu la vie sauve que grâce une panne de la locomotive qui devait le conduire à cet endroit.

L'émotion est forte, le président de la fédération des mineurs reprend la parole pour appeler un après l'autre les syndicats, le maire de Forbach, le député, les représentants de la SNI ainsi que les représentantes des familles pour le dépôt des gerbes.

 

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Les gerbes déposées au pied du mémorial

(la gerbe des familles est hors photo, plus à droite sur une stèle en marbre)

 

Il demande ensuite de respecter une minute de silence avant de donner rendez-vous à l'assistance l'année prochaine où, pour la commémoration des 35 ans de cette catastrophe, une messe sera dite le matin-même, suivie par la cérémonie de la commémoration au mémorial et enfin un repas suivra.

Il y avait plus de deux cents personnes présentes ce jour-là, de nombreux porte-drapeaux d'associations de mineurs, un grand nombre de mineurs et sauveteurs en tenue ainsi qu'une quinzaine de mineurs allemands en uniforme qui sont venus pour se joindre au recueillement autour de ce mémorial.

La profession et la foule ont su une fois encore rendre hommage à ces hommes qui au sacrifice de leur vie ont participés à l'épopée de charbon. Malgré toutes les catastrophes, les mineurs ont toujours repris leur travail dans cette terrible angoisse de l'accident individuel ou collectif, à Simon comme dans les autres puits, jusqu'à la fin de l'exploitation du charbon en France en 2004 au Siège de l'UE la Houve à Creutzwald en Moselle.

 

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Mineurs allemands 

 

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Mineurs allemands

 

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Portes drapeaux associations de mineurs et mineurs des HBL en tenue

(bleu : ouvriers mineurs, orange : sauveteurs du poste central de secours de Freyming-Merlebach

 

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Photo souvenir des mineurs en tenue 

 

Glück Auf !

 

(c) Textes & Photos :

Jean-Lucien Miksa (Auteur du livre ’A l’ombre du charbon’) le 25 février 2019 

 

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28/02/2019
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J.F. Hurth : Sexe et immortelles amours

COMME PROMIS, CAUSONS SEXE

C'est par un singulier hasard que je suis arrivé sur un Blog où des personnes écrivent leurs souvenirs, rappellent le bon vieux temps, certaines même mettent ces réminiscences collectives en musique et en scène. D'autres encore écrivent des récits ou commentent l'actualité en patois local. Superbe ! 

C'est du "Francique" qu'ils disent, en parlant de leur vernaculaire qui n'est pour le commun qu'un allemand vaguement déformé, mais qui en revanche permet de dire trois phrases d'un seul mot et, même d'y ajouter de la métaphore, selon la tonalité ou l'expression du visage.

Ces blogueurs sont en général des personnes retraitées, donc dans une tranche d'âge qui va du Quinqua. avancé, à l'Octo. abouti...

Ils ont bien entendu des enfants, des petits enfants et parfois même au delà.

Il s'agit par conséquent  d'individus absolument indispensables à l'expression de la mémoire collective et les histoires de leur vécu ou de leurs familles sont passionnantes.

Souvent les plus vieux parlent des difficultés de la vie à l'époque où dans certaines familles on n'avait qu'une orange à Noël. Leurs enfants pensent que la pauvreté commence "quand on a qu'une seule télé "..

Ils sont assez nombreux à s'écrire, à s'interpeller et à commenter avec humour et forces figures de style  leurs interventions.

Mais curieusement, ils semblent n'avoir aucun souvenir de leurs aventures amoureuses et encore moins de la technique utilisée pour se reproduire.

Queue de chique, nada, bernique. Rien !

Cependant l'implacable réalité de leur présence et celle de leur descendance, prouve bien qu'il s'est passé quelque chose. Il semblerait qu'il s'agisse d'une espèce d'activité inavouable, dont personne par courtoisie ne cause, et qu'à peine l'évoquer serait la consécration du mauvais goût.

Alors quoi ?

Est-ce du savoir vivre que de ne pas parler du savoir aimer. Est-ce du mauvais goût que de raconter une aventure amoureuse ?

Imagine-t-on un livre, un film, un opéra, une biographie ou un spectacle, dans lequel n'interviendrait  pas cette belle émotion.

- Mais c'est de la pudeur Monsieur...                                                                         

- Oh,  Noudidié !, mais tu vas te taire, dou Kwatcha !

Allez, conjecturons un peu, pourquoi ces silences tonitruants ?

Il est vrai que dans notre coin ça bossait dur. Alors ces mineurs fatigués, prenaient-il courageusement sur leur temps de sommeil pour se reproduire ?

Œuvraient-ils donc dans le noir, honteux de sacrifier à des interdits, dont pour qu'ils comprennent bien, on leur avait expliqué que c'étaient des cochonneries qui menaient tout droit en enfer ?

Tous ces anciens travailleurs maintenant blogueurs parfois, ont-ils oublié ces quelques  beaux et intenses moments que la nature leur proposait, avant l'orange de Noël  et après de bien abstinentes "Stille Nacht" ?

Je suis sûr qu'il s'agit d'une étourderie, et que c'est pas grave. Pensez donc, des choses importantes de ce calibre là, ça ne s'oublie pas. Il y va de la survie de l'espèce !

À écouter leur silence, on pourrait croire que "Libido" c'est un  gros mot, alors que c'est juste  une appli. intégrée dans notre disque dur.

Pourtant ils n'évoquent jamais rien. Ni la "chose", ni l'avant ni l'après du bel exercice alors que cette activité procréatrice constitue depuis nos ancêtres Australopithèques ou Pithécanthropes, le seul dénominateur commun,  capable de gommer pendant près d'une demi heure d'enthousiasme, la condition sociale de l'homo erectus moyen.

Autrement dit, c'est kif- kif. Quand on b..., on est tous pareils.

Plus de statut social, un protocole de base, des positions variables, parfois créatives pour les meilleurs, un résultat unique.

Et Yop la boum!  

Bon, on peut admettre que nos religions ont diabolisé pour d'inavouables raisons, nos instruments de plaisir et parfois même de bonheur.

Et tout ça pour nous rendre bien dépendants de la culpabilité  dès notre "atterrissage", avec déjà une casserole originelle aux fesses, que de bons sorciers ensoutanés escamotaient à coup de flotte miraculeuse, de goupillons magiques, et d'incantatum en patois divum,  juste avant le gueuleton du baptismus.

 

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Mais bon sang, l'Amour c'est quand même un truc extraordinaire, hallucinant. Y a pas plus mystérieux, rien n'est plus chargé d'émotion et de vérité.

Ben oui ! Déjà, c'est beau d'aimer. Ensuite c'est le partage par excellence. En outre c'est naturel, écolo, voire même bio.

Pas de date limite de conso, juste en restant dans la limite des stocks disponibles, tout le monde se débrouille, y a que les fainéants qui trouvent des excuses.

Et il faut pas qu'on en cause librement ?

On ne parlerait pas non plus de ce miracle qu'est l'orgasme (vous vous rappelez...), c'est çui qui nous fait grimper dans de belles altitudes en auto-propulsion, avec des possibilités identiques d'intensité jouissive. Que l'on soit riche ou pauvre, médecin ou mineur, homme ou femme, notaire ou tonton flingueur, footballeur noir ou blanc...

Pour tous, même implosion exquise?

Tiens donc, et on en cause pas !

Ah, noudidié, suis-je bête. C'est parce qu'il faut se servir de ces vulgaires accessoires que d'aucuns appellent "Sexe".

Ces instruments que nos grands parents n'osaient qu'à peine regarder, souvent même lorsqu'il s'agissait du leur.

Eh ben oui, je crois que là aussi on s'est fait arnaquer proprement. Nous les fidèles brebis, à suivre un Bon Berger barbu, tellement mystérieux que même son beau frère, "RITON le maquignon" qui volait ses clients dans la banlieue de Jérusalem, ne savait plus où il voulait en venir.

Mais nous ne sommes pas les seuls, rassurez-nous, car notre progéniture aussi, à l'autre extrémité des inhibitions et de la connerie, se fait rouler par un phénomène inverse, mais tout aussi pernicieux. Celui de l'irrespectueuse banalisation de l'activité de nos curieux orifices et protubérances déclencheurs  de désir et de plaisir. 

Jadis sujets de honte et de turpitude, aujourd'hui simple complément d'objet dans les médias, la vie courante,  et dans les sites spécialisés bien sûr.

Quiconque aurait une autre explication que la lapidaire théorie de "l'Éternel recommencement", qu'il le fasse savoir, le monde entier est à l'écoute.

Et si on faisait un essai tout doux, tout doux, pour traiter ce sujet sensible avec la vérité du cœur et l'élégance du souvenir propre ?

Et si on décidait de considérer que les premiers émois de l'adolescence méritent eux aussi d'être racontés ?

Un peu comme si l'on s'éloignait des racines évoquées dans nos récits jusque là, pour aller vers le tronc, les branches et peut être un jour même, des ramures jusqu'aux feuilles du bel arbre de vie.

Rassurez vous, on ne va surtout pas oublier la plume Sergent Major, le ronflant poêle à charbon, le crissement de la craie sur le tableau noir, et le Maît'd'école en blouse grise et qui avait de l'autorité lui...

On n'oubliera jamais non plus les marchands de glace ambulants, les commerçants qui faisaient crédit, le poivrot du coin, la beauté des fêtes patronales et les rencontres au "Rouleau de la mare".

Non c'est très beau, et c'est indispensable pour la narration d'une suite.

Mais ce n'est qu'un coin du voile, croyez-pas ? Fondamental  et très fort certes, mais quand même, un COIN !

- Alors, comme un réenchantement nécessaire, pourquoi ne pas raconter par exemple : 

La naïveté et l'exquise candeur du premier baiser de la préadolescence ? Ce ne serait pas mal non plus. D'autant qu'il compte rudement, celui-là de baiser ! Car souvent il nous a mis dans une situation d'émoi physique ou mental, jamais connue avant. Ça vaut bien le souvenir du marchand de glace avec sa clochette, non ?

- Ou encore évoquer une première expérience de drague, réussie ou pas. Pathétique ou rigolotte. Garçon ou fille. J'y vais... ou... j 'ose pas... Pourquoi il me serre comme ça ? Tiens, j'avais jamais senti çà... pourquoi  j'ai les mains moites... etc...

- Et le Mariage, pourquoi on se gênerait ? Les préservatifs... Oh mein Gott! les "préparatifs", voulais-je dire, les candides espoirs, la trouille confondue d'enthousiasme, la fête, la joie comme il faut parce qu'il faut, l'immense tendresse d'une dévouée belle mère, etc...

- Et enfin ! La TORRRRIDE nuit de noces !!!.

- Noooon !!! NON, pardon,! Plus tard... rassurez vous. C'est trop technique, y aura une formation pour mise à jour des plus anciens.

- Par contre, le voyage de noces dans le  BITCHERLAND, à la plage de sable fin de l'étang de BAERENTHAL, ça on peut.

C'est propre et diablement poétique, même lorsqu'on s'aime sous la pluie, sans parapluie ni maillot de bain.

- Pour celles et ceux aussi qui,  pour des raisons budgétaires, ou tout simplement pour être tranquilles, auraient fait le voyage de noces tout seuls, 

Qu'ils n'hésitent à nous faire part de leur intéressante expérience.

Mais je me dissipe, je m'égare, je me disperse... Je vous parle "EROS et FESSES", alors que je voulais vous entretenir des "ECRIVEURS NOSTALGISTES" et d'une superbe fille IMMORTELLE et Académique. Toutes mes excuses chers amis, je suis vraiment désolé, pardon...

Mais voyez-vous, depuis que P. DESPROSGE, en forme ce jour là, citait le peu catholique H.HIMMLER lequel, sortant d'un confessionnal en esquissant un entrechat, aurait dit : "Chic, faute avouée est à moitié pardonnée. Je vais revenir !"

Eh bien depuis ce jour là, je n'ai plus aucun problème d'absolution et si la censure valide mon texte, je reviendrais vous raconter la suite.

Peut être à bientôt donc...

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L'AMOUR ENFANT DE POEME.., PAS SÛR.

 

 

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Me vl'à donc retourné chez vous. La dernière fois en digressant, je vous ai parlé "SEXE", alors que je voulais aussi vous causer des difficultés de la très honorable  et rare profession, "D'ECRIVEUR  NOSTALGISTE".

Une corporation pourtant indispensable à notre histoire, mais scandaleusement mal payée. Frappée d'anathèmes, parfois complimentée par la famille et quelques aficionados,  il n'en demeure pas moins que le métier est rude.

J'en ai même connu une de ces écrivaines locales, une énorme Bourguignonne qui picolait et qui n'avait jamais lu CELINE.

Ben, ça ne l'a pas empêché de s'envoyer en l'air, de rouler sans permis et d'écrire de très belles lignes.

A contrario,  j'en connais un dans notre coin, " d'Ecriveur Nostalgiste".  Lui il est pas gros, juste légèrement enveloppé, mais intelligent quand même.

Il vous gratte de ces articles,  je vous dis pas.  Des écrits de toute nature, des récits, de la chanson, des  vidéos,  de l’histoire locale.., tout quoi.  

Ah, on peut dire qu'il bosse et pour pas un fifrelin encore. Bon, on raconte bien que sa ravissante secrétaire très particulière, aurait ouvert une Cagnotte à l'insu de son  plein Graal dans une banque Parisienne, près d'ORLY.

Méfions-nous des rumeurs et des effets de la jalousie. Mes limiers sont sur le coup et je vous rassure, il n'y aura pas une nouvelle affaire «MADOFF ».

Moi je dis que même s'il y a quelque chose, il mérite que les flics ferment un peu les yeux. Un bosseur comme ça, faut qu'il reste.., et c'est pas un bracelet électronique qui va l'empêcher d'écrire.

Tenez, rien que ses "Billets d’Humeur". Faut voir avec quel humour il les torche, sans la moindre complaisance.

En plus ça ne le gêne pas d'écrire en bilingue de chez nous, alors qu'il n'y a plus que quelques vieux sonotonés qui comprennent.. 

Ses copains l'appellent "Clémau"  Moi, en ma qualité de doyen des thuriféraires, rétribués par la cagnotte à 30 Euros le compliment, je reste prudent, et je délégue à l'insolent Voltaire le soin de fignoler l'éloge dans son délicieux patois.

"Monsieur, poursuivez donc votre élégant pourfendage des travers de notre société. A l'époque de Molière,  vous fûtes fait Sociétaire ! "

Avant de vous raconter l'histoire d'un Immortel Amour, je veux encore remercier un Polonais qui est à lui seul la vivante  preuve d'une intégration réussie,  bien qu'il ne boive pas.

AH! Chère FRANCE ! Ô douce FRANCE pays de Pagnol, de Napoléon et de Johnny qui était presque Belge. Que seraient devenus tous ces pauvres gens des pays de l'Est et d'ailleurs, sans l'abnégation et nos admirables capacités d'accueil, quand la nécessité économique nous y contraignait si vivement.

Cet étranger signe "JLM", mais je pense que ce n'est qu'un pseudo utilisé par peur de représailles. Oui la fameuse trouille de ces gens de l'Est, malgré la mort de  "Staline" en 1953, la chute du "Mur" en 1989, et les  "Gilets jaunes"  au rond point du CORA, hier soir.

Il nous administre cette fois-ci un récit de la plus belle tradition onirique, en exploitant avec bonheur les ressorts de la chimère, de l'utopie, de l'imaginaire et donc du rêve.

L'ensemble tellement bien ficelé qu'on a envie d'y croire,  jusqu'au moment où ce bougre de narrateur se réveille dans son lit et nous rappelle à l'ordre du jour de notre terrestre condition.

Bref j'ai dégusté, bien que le leitmotiv de cette histoire rêvée, fût notre si vénérable "ACADEMIE  FRANCAISE", au sein de laquelle notre auteur fait accéder un impétrant parfaitement inconnu. Un quidam originaire d'un patelin au nom imprononçable, peut être bien situé en Allemagne, si ça se trouve.

Et, conformément à un usage désuet, à ce nouvel Académicien il faut offrir un  "MOT" du Dictionnaire, alors que notre inconnu qui venait de changer sa tondeuse, attendait sûrement un chèque.

Tant pis, si le mot trouvé était  "CLEMENCE". On se demande pourquoi pas  KEWIN, ou  CYCLOPEDE, après tout..

Alors voilà, pour tout vous dire cette histoire m'a rappelé l'un de mes plus cuisants échecs sexuels, épilogue d'une longue carrière sans succès, de CASANOVA  des bals musette.

Car moi savez-vous,  comme un imbécile incorrigible et prétentieux, c'étaient les filles les plus inaccessibles que je convoitais sans vergogne.

Tout particulièrement celles d'un certain âge (encore maintenant d'ailleurs..), celles qu'on voyait dans les journaux avec des tronches à lunettes, avec déjà quelques stigmates du passé, l'ensemble pour moi synonyme d'une culture que je n'avais pas.

Souvent écrivaines de livres bien tournés. Celles- là me faisaient chavirer. Surtout  celles qui habitaient trop loin pour les capacités du réservoir de ma mobylette.

L'une d'entre elles avait vraiment fait vibrer mes sens et je n'avais pas à forcer pour fantasmer sur sa personne, dès la lecture de l'un de ses ouvrages qu'elle avait titré : "MEMOIRES d'HADRIEN "

Même que je ne comprenais pas tout, dans le noir et au fond de la mine de charbon où je bossais. Mais j'avais vingt ans et j'étais amoureux de cette appétissante "Marguerite", quinquagénaire bien sonnée,  tout comme un récent Président, de sa mature Prof de français...  

Un jour j'ai appris qu'elle avait été élue à l'Académie Française, autrement dit à l'Institut. Exactement donc, comme dans le rêve de  "JLM", l'ancien Polonais !

Bondiou, mon amoureuse désormais "Immortelle" au Palais de l'Institut, le Parlement des Savants !

Vingt Dieux, quelle Nana cette fille ! La classe, que je me suis dit dans la langue de chez moi. Je vous raconte pas ou plutôt si,  je vais vous dire…

 

marguerite.jpg

 

YOURCENAR qu'elle s'appelait. Une sacrée "Marguerite", pleine de littérature gros débit. Que du bon, rien à jeter, encore mieux que la télé.

Pas une faute de Français, alors qu'elle n'était même pas née à Paris, à Bruxelles si c'est pas malheureux.

Puis elle est morte, complètement décédée mon Immortelle. C'était en 1987, et j'en fus très affligé, car voyez vous, depuis des années je lui avais envoyé pléthore de poèmes, souvent précédés de compositions florales du meilleur goût. 

Jamais de réponse, jamais de merci. Un consternant silence.

C'est lorsque mon épouse toujours bien coiffée, commença à prendre ombrage de ma curieuse relation épistolaire, que j'ai adressé un ultime courrier d'indignation et de colère à Marguerite.

C'était un poème d'Alphonse ALLAIS que je savais par cœur. Le voici :

 

Oui MARGUERITE, dès l'instant que je vous vis

Beauté sublime, vous me plûtes.

De l'amour qu'en vos yeux je pris,

Sur- le- champ vous vous aperçûtes,

Mais de quel air froid vous reçûtes

Tous les soins que pour vous je pris !

Combien de soupirs je rendis !

De quelle cruauté vous fûtes !

Et quel profond dédain vous eûtes,

Pour les fleurs que je vous offris !

En vain, je priai, je gémis,

Mais dans votre dureté vous sûtes,

Mépriser tout ce que je fis.

Même un jour je vous écrivis,

Un billet tendre que vous lûtes,

Et je ne sais comment vous pûtes,

De sang froid voir ce que j'y mis.

Ah ! Fallait-il que je vous visse,

Fallait-il que vous me plussiez,

Qu'ingénuement je vous le disse,

Qu'avec orgueil vous vous tussiez.

Fallait-il que je vous aimasse,

Que vous me désespérassiez,

Et qu'enfin je m'opiniâtrasse,

Que même  je vous idolâtrasse,

Pour qu'un jour vous me cédassiez !

Mon amour, ma douce dulcinée,

Laissez- moi de grâce,  vous aimer.

 

Aucune réponse. RIEN, RIEN,  toujours RIEN !! 

Ce n'est qu'à la fin des années quatre vingts, quand Mr. Google commençait à avoir réponse à tout, que j'ai appris que "Marguerite" avait vécu en couple et en excellente compagnie pendant près de 45 ans, avec une intellectuelle de son milieu.

Mais bon sang elle aurait pu me le dire.  Ça peut arriver à tout le monde !

Fallait-il par civisme en informer les autorités ou juste  faire une lettre aux parents  ainsi que le suggérait mon épouse, heureusement hétéro, comme une bonne partie de nos voisins, peut-être...

Finalement on s'est courageusement abstenus. Et comme il n'y avait rien à la télé, fallait bien se mettre à penser.         

Extrait de Cyrano de Bergerac  :

 - Mais pourquoi Cher monsieur, tous ces mensonges qui ne servent à rien ?

 - Parce que voyez-vous Chère madame, c'est bien plus beau, lorsque c'est inutile !  

 

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Un jour dans la mine 

Drôles d’histoires (La rencontre - C'est le Béru qu'on l'appelle - Le Béru à l'opéra) 

 Alarme citoyens ! (Suivi de : Engagez-vous qu'y disent...) 

Mémoire d’un rouleau 

Juste fiel, v’là les Vamps ! 

(La cure - La veillée funèbre - Etats d'âmes) 

Les affaires Félix

 

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Nos années 60

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Programme TV & Humour

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Schoeneck beau coin : autres récits

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5 Fruits & légumes

Alléluia ! Il marche et il parle...

Je vais ’recevoir’ une petite sœur

A la découverte du monde

Opa Adolphe - Mon premier vélo

Être ou ne pas être...

 Premier jour de classes 

 

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16/02/2019
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