NOSTALGIA, le Blog qui fait oublier les tracas...

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J.L. Miksa : Manfred Mertes, un talentueux maquettiste

Nous sommes déjà en mars, les fêtes de fin d'année sont loin derrière nous, presque oubliées et je me rappelle de ma promesse d'effectuer un reportage consacré à monsieur Manfred Mertes.

Cet homme n'est autre que le passionné constructeur de la maquette du Puits Saint-Charles de Petite-Rosselle.

J'appelle mon ami et photographe attitré, Walter Heitzmann, afin qu'il convienne d'un rendez-vous avec notre personnage. Rendez-vous est fixé, la date est arrêtée et Walter passe me prendre mais avant de prendre la route, il m'offre des œufs fraîchement pondus par ses poules, j'en suis un peu gêné mais le cadeau est accepté avec plaisir.

Nous arrivons un peu avant l'heure à notre lieu de rendez-vous et j'aperçois déjà devant la porte du bâtiment de l'association une silhouette que je reconnais. C'est Manfred qui nous attend. Il est vêtu d'un manteau car il fait encore un peu froid et même de loin je devine les flexibles de plastique qui s'échappent d'un appareil pour lui apporter de l'oxygène au plus près de ses narines. C'est une image difficile à regarder, je suis troublé mais je ne dois pas le montrer. Walter va garer sa voiture alors que je sors saluer Manfred. Il possède les clés de la porte du bâtiment et nous nous rendons dans la salle de réunion. Chacun se met à l'aise, je le sens tendu, pour le rassurer je lui explique ce que je souhaite faire avec lui en cette après-midi. Un reportage sur ses talents de maquettiste et de l'ancien mineur de fond qu'il a été.

Je sors mes papiers et mon stylo et commence à poser mes questions.

 

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Monsieur Manfred Mertes à gauche

 

Très vite notre homme se lâche dans de nombreuses narrations sur le déroulement des métiers qu'il a exercé, je sens la passion et l'amour du métier encore intacte malgré les nombreuses années qui se sont écoulées depuis sa retraite. Je vois un homme méticuleux, qui fait dans la dentelle, n'oublie aucun détail, cite des noms de machine, de méthodes d'exploitation, il me dessine même un chantier du fond.

Là je comprends mieux pourquoi il adore réaliser des maquettes aussi soignées et précises. Bien sûr que je connais un peu la marche de tout ce qu'il m'explique, mais je ne peux le freiner dans son discours et savoure chaque parole qui sort de sa bouche, en voici un petit compte rendu.

Manfred est né en juin 1939 à Petite-Rosselle dans une modeste famille de mineur qui occupe un logement rue de la Montée, celle qui mène au Puits Saint-Charles. Il passe une enfance aimante auprès de ses parents, va au collège Moderne de Forbach, mais comme beaucoup de fils de mineurs à cette époque, il veut intégrer cette industrie minière.

C'est à 14 ans, en culottes courtes comme il le dit, qu'il va débuter dans l'entreprise qui réserve aux jeunots un métier bien particulier, celui du triage du charbon !

Il est apprenti-mineur au triage de 14 à 16 ans. Chaque jour il voit défiler devant lui une bande de transport avec du charbon et d'autres produits qu'il doit éliminer de la bande.

Ce sont des pierres de schiste, du bois, des morceaux de matériels divers ayant servi à l'exploitation. Cette période est entre-coupée par des stages de formation au métier de mineur, qui sont dispensés au centre d'apprentissage du Puits Simon de Forbach.

De 16 à 18 ans il poursuit son apprentissage au fond de la mine où il effectue des travaux hors tailles d'exploitation. Il est occupé au transport, au nettoyage et autres charges utiles permettant la bonne marche de l'exploitation du charbon. Cette deuxième période est elle aussi entre-coupée de stages au quartier école du Puits Gargan à Petite-Rosselle dans la mine image. Dans d'autres sièges la mine image est au jour, mais ici elle est au fond et de son temps, c'est dans des chantiers réels en exploitation au Puits Gargan, soit en taille montante, chassante ou en dressant, que les apprentis mineurs sont formés.

Une fois son CAP de Mineur en poche à l'âge de 18 ans, il est affecté dans une taille montante en exploitation au Puits Saint-Charles comme boiseur. Tous les travaux sont encore manuels : le charbon est évacué à la pelle (soit dans un engin de déblocage, soit vers des couloirs oscillants ou un convoyeur blindé), le soutènement provisoire ainsi que le définitif est en bois. L'avancement des chantiers dans ces tailles se faisait en trois phases.

La première consistait à faire le havage d'une saignée sur toute la longueur du front de taille, de la foration avec mise en place d'explosifs et au tir de la zone havée.

Les tirs étaient réalisés soit par explosifs couche améliorée (pas de dynamite), soit par tirs à l'Armstrong par air comprimé sous très haute pression (800 bars).

La deuxième phase était consacrée au déhouillage (enlèvement du charbon) et à la pose du soutènement sur toute la longueur du chantier.

La troisième phase servait au ripage du convoyeur blindé, à la préparation du bassin de remblayage et au remblayage hydraulique (le comblement du vide laissé à l'arrière taille par l'enlèvement du charbon).

Durant cette période de ses débuts à la production démarrent les chantiers avec des haveuses à disque. Ces disques pouvaient être assemblés pour former un tambour sur le bras de la haveuse. Ces dernières étaient déplacées à l'aide d'un treuil et d'une chaine de halage qui était fixé à une butte d'ancrage (principe du cabestan). Cette chaine pouvait s'avérer très dangereuse lorsque la haveuse accrochait alors que le treuil continuait à tirer sur elle, laissant du mou derrière la haveuse, et quand le point d'accroche venait à céder, la haveuse faisait un bond vers l'avant ce qui entrainait un coup de fouet de la chaîne.

Cette situation, Manfred l'a vécue. Il a eu la chance inouïe de n'avoir qu'une blessure, certes sérieuse au crâne dont on en voit encore les grandes cicatrices, mais ce coup de fouet aurait pu avoir des conséquences fatales à quelques centimètres près. Sainte Barbe veillait sur lui ce jour-là.

Par la suite ce sont les haveuses S16 Anderson qui prendront le relais, Manfred quant à lui est affecté au remblayage pneumatique. Ce type de remblayage était exécuté au moyen d'une remblayeuse pneumatique pourvue de conduites de 150mm de diamètre qui amenaient des schistes concassés et calibrés, en les propulsant sous une pression de 5 à 6 bars jusque dans les zones déhouillées. Ces schistes étaient amenés jusqu'auprès de la station de remblayages par des convoyeurs à bandes depuis un point proche des chantiers où ils avaient été au préalable culbuté des berlines descendues du jour.    

A partir du début de l'année 1960, il occupera le poste de haveur (celui qui conduit une haveuse) jusqu'en 1962 où il intégrera l'école de maîtrise du 1er degré.

Pour y arriver il a dû 2 fois par semaine suivre des cours pendant une année, en dehors de ses heures de travail, avant de passer et réussir le concours d'entrée. L'école de formation des porions qu'il intègre est au Puits Saint-Joseph. Cette formation durera deux ans.

La première année il fait un stage pratique au fond dans un autre siège que celui d'origine, la deuxième année les stages pratiques se feront dans son siège d'origine.

Au terme de cette année, en 1964 il est diplômé porion 1er degré et réintègre le Puits Saint-Charles jusqu'en 1965, précisément le 7 juillet, date à laquelle il est muté au Puits de Marienau (à cause de la fermeture programmée de Saint-Charles au cours du deuxième semestre de cette même année).

Il assumera cette responsabilité de porion jusqu'en 1972 où après une fois encore, une année de cours préparatoires et un autre concours, il fait son entrée dans l'école des Mines de Forbach pour y suivre la formation d'agent de maîtrise fond 2ème degré, avec en plus une formation en électromécanique.

L'année 1973 le verra nommé porion chef de quartier, grade qu'il gardera jusqu'en 1979, année durant laquelle il accédera au rang de sous-chef porion.

Mais son ascension ne s'arrête pas là !

En 1985 il suit pendant quatre mois la formation d'agent de maîtrise fond du 3ème degré au Puits II à l'Hôpital et devient chef-porion en 1986.

Il exercera cette responsabilité jusqu'en 1988, date à laquelle sa hiérarchie le sachant atteint de sérieux problèmes pulmonaires, souhaite qu'il poursuive une activité professionnelle dans un milieu moins agressif et lui demande de quitter le fond pour le jour.

Cette proposition ne lui convient pas, mineur de charbon dans l'âme, il ne se voit pas travailler au jour loin de sa famille du fond et il choisit de tirer sa révérence en prenant une retraite bien méritée le 1er juillet suivant de cette année 1988.

C'est là que commencent ses galères, allant de visite médicale en visite médicale, tantôt vers les hôpitaux locaux, tantôt à Nancy auprès de médecins experts. Mais notre homme ne se laisse pas abattre, il s'occupe… Il donne un coup de main au Musée De Wendel. Il range le matériel, organise des expositions, des visites avec quelques anciens mineurs retraités comme lui. C'est ensuite l'association des amis du Puits Saint-Charles qui retient son attention et l'attire dans ses filets dont il devient un membre fervent. C'est là un retour vers son premier Puits. Vers sa ville qui l'a vu grandir, où il habitait dans la même maison avec ses parents rue de la Montée, y compris deux années avec son épouse après son mariage, avant d'obtenir un logement rue de la Pépinière qu'il quittera en 1987 pour s'installer à proximité du Puits Marienau rue des Moulins à Forbach.

En plus de ces quelques occupations liées à la vie associative, Manfred poursuit son travail de maquettiste qu'il maîtrise parfaitement. Il a depuis toujours cette passion et a réalisé de nombreuses maquettes dont tout un ensemble de réseaux ferroviaires qui occupe une grande cave dans le sous-sol de sa maison. Il adore créer, façonner, positionner toutes ces miniatures, car pendant ce temps la maladie est oubliée, la souffrance aussi !

Comme il est doué, l'idée lui vient de se lancer dans la réalisation d'une maquette du Puits Saint-Charles qu'il connait parfaitement. Il réalise ainsi à partir de 1998 jusqu'en 2003 plusieurs modules de l'immense maquette. En 1999 il livre le premier module à l'association des amis du Puits saint-Charles et continue à la maison les suivantes, au gré de ses capacités physiques. Les premiers modules donnent lieu à une carte postale dont il annote le dos par ces lignes " Témoignage du passé cette maquette retrace la vie de nos ancêtres, nos parents, une partie de moi-même que je suis heureux de partager avec…".

 

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La carte postale

 

Généreux notre Manfred, il offre tant de travail et de peine à tous ceux qui veulent bien venir en profiter, gratuitement va sans dire, dans la salle d'exposition des amis du Puits Saint-Charles à Petite-Rosselle.

Cette maquette est si belle et réaliste, faite d'après des plans de géomètres pour respecter scrupuleusement les dimensions et dispositions, qu'elle a été courtisée par des responsables nationaux du Musée d'Orsay à Paris, où elle a séjourné en 2004 ainsi que dans la ville de Hayange dont les élus ont voulu offrir à leurs administrés ce superbe travail qui représente l'ensemble du Puits Saint-Charles et quelques habitations de la cité minière attenante. Hayange, ville des hauts fourneaux, des mines de fer, patrie des gueules jaunes, doit, tout comme Petite-Rosselle beaucoup à la famille De Wendel.

Voilà notre homme aujourd'hui à presque quatre-vingt balais au sortir d'un long cycle où il s'est vu dépérir, où il a eu peur de devoir nous quitter, où il a effectué tant de séjours dans les hôpitaux, où il a perdu toutes ses forces... "J'étais si faible à un moment donné que c'est mon fils qui venait me nourrir à la petite cuillère à l'hôpital", me dit-il. 

Durant ce cycle maudit il a connu une souffrance indescriptible mais le voilà maintenant apaisé. En effet, depuis qu'il a été équipé en appareils d'aide à la respiration il "revit" !

Dans son domicile il dispose de deux cuves de 80kg d'oxygène d'où part un long tube de plastique qui lui permet de se rendre dans les pièces de la maison tout en ayant cet apport d'oxygène qui lui est indispensable.

Ces cuves sont remplies chaque semaine de ce précieux trésor que réclament inlassablement ses poumons. Il a aussi à sa disposition un appareil portable pour lui permettre de sortir de chez lui. Cet appareil contient 5kg d'oxygène, ce qui lui donne une autonomie de 3 heures et demi. Il dispose d'un petit chariot pour emporter un autre appareil du même genre qu'il peut soit porter à la main soit à l'épaule en bandoulière. Ainsi paré il peut rester presque 7 heures hors de sa maison. Mais plus jamais, de jour comme de nuit, il ne peut se passer de cet apport vital d'oxygène.

J'imagine ses nuits terribles, pendant lesquelles il doit porter un masque afin d'avoir une "VNI" (ventilation non invasive). Toutes les nuits il doit endurer le port du masque et supporter les bruits et la gêne occasionnée de ce fait.

Et pourtant jamais il ne se plaint. Au cours de tout notre entretien je n'ai entendu aucun râle, aucune agression dans la voix, aucune colère contre qui que ce soit, il dit aller "bien" depuis qu'il est appareillé ainsi. Et même si la triste maladie de son épouse qui doit être dyalisée trois fois par semaine est une autre et difficile épreuve, ils vivent ensemble et j'ai compris que sa discrétion sur le sujet était à la mesure de son courage, de leur courage.

L'instant devient grave, il me faut une diversion aussi Je lui demande alors quelle a été sa plus belle émotion récente et il m'a répondu sans hésiter : "C'est quand j'ai pu voler dans l'avion piloté par mon petit-fils de 19 ans qui suit des études au lycée Faber de Metz et rêve de devenir pilote de chasse. Avant qu'il ne passe son brevet de pilote je lui ai dit que je voulais être le premier à voler avec lui et cela s'est fait, j'en suis fier".

Quelle simplicité, quel beau parcours, quelle leçon de vie. Mais son appareil lui dicte de nous quitter, il s'épuise plus vite que notre homme, Walter nous demande d'aller au pied du Puits Saint-Charles pour prendre une dernière photo. Nous sortons, il me parle de ses deux enfants et deux petits-enfants pendant que nous marchons lentement, la distance est plus longue que prévue, Walter l'encourage à faire encore quelques mètres, je vois que cela n'est pas facile pour lui, mais nous y parvenons et prenons la pose pour garder un souvenir de cette journée puis nous retournons vers son véhicule.

Le vent se lève et Manfred met sa main devant son nez : "c'est le pire qui puisse arriver, le vent chasse l'oxygène qui s'échappe du tube", me dit-il.

Lorsqu'il arrive à sa voiture, il s'y engouffre rapidement pour rester à l'abri de son nouvel ennemi. Je le regarde et j'ai à cet instant le sentiment qu'il est heureux, qu'il est encore dans son récit, qu'il a oublié son appareil. Walter et moi le saluons, nos salutations sont chaleureuses, il démarre sa voiture et après un denier salut de la main qu'il nous envoie depuis sa voiture il disparait au coin de la rue.

Je reste pensif, en admiration devant cet homme qui a eu une carrière bien remplie.

Il a franchi tous les échelons, depuis apprenti trieur en culotte courte, au très respecté poste à grandes responsabilités de chef porion. Mais aujourd'hui j'ai vu deux personnes, le mineur qu'il est resté dans l'âme et l'homme que la maladie fait plier, mais qui tient bon.

Ce dur métier de mineur a fait de beaucoup de nos jeunes hommes des êtres "cassés" qui méritent tout comme Manfred mon respect, notre respect à tous. 

 

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Manfred et moi au pied du Puits Saint-Charles 1

 

Pendant que nous rentrons en voiture avec Walter, nous parlons de lui, de sa brillante carrière et de son courage. Je lui dis avoir été frappé par son perfectionnisme, tant dans les explications qu'il donnait en posant des mots justes, que dans le croquis du chantier du fond qu'il a dessiné et annoté devant moi. Ce croquis est clair, net, précis, la calligraphie est belle, les explications données avec patience, quel homme…

Glück auf Manfred ! Photos Walter Heitzmann, rédaction JL Miksa le 12/03/2018

 

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06/04/2018
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Oncle Joe raconte : Hommage à notre ami 'Le rouleau'

De 1946, date du début de la construction de la cité de baraque de la Ferme de Schoeneck, jusque fin des années 60, date de la démolition des dernières habitations, 'la mare', une place recouverte de sable, était le lieu de rendez-vous de tous les enfants de la cité.

Au pied d'un saule pleureur, légèrement enfoncé dans le sable rouge, il y avait un rouleau en béton, vestige oublié d'un engin de chantier. Durant ces années-là, on ne connaissait pas les aires de jeux avec balançoires, tourniquets ou toboggans et ce bloc de béton arrondi était le seul 'jeu' leur permettant de vivre leurs aventures imaginaires.

Des centaines d'enfants, originaires des quatre coins de l'Europe, trouvèrent à cet endroit, non seulement un havre de paix, mais également une nouvelle patrie.

Ce rouleau, témoin muet d'une époque révolue, est toujours à sa place et notre ami Joe Surowiecki, ancien habitant de la 'Ferme' lui rend ici hommage mérité. Clément.

 

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Notre ami ‘le rouleau’ s’est endormi pour toujours au cœur de la végétation qui a recouvert au fil des années le joli coin de France de notre jeunesse. Il est né je ne sais où, est arrivé là en 1946, je ne sais comment, et a tellement aimé ce petit coin de France qu’il a décidé d’y élire son domicile jusqu’à la fin de ses jours…

Ah, si ce témoin silencieux pouvait parler, il aurait plein d’histoires, parfois tristes, parfois joyeuses à nous raconter… Il pourrait nous parler de notre jeunesse et de notre adolescence vécues dans cet endroit magique que nous appelions ‘la mare’, notre parc d’attraction, le modeste ‘Disneyland’ de nos rêves et de nos jeux vécus ou imaginés dans les baraques de la Ferme…

Oui, ‘rouleau’, si tu savais parler tu nous raconterais avec beaucoup de détails l’histoire de nos jeux de billes, de nos tours de France tracés dans le sable où les capsules de bouteilles remplaçaient les vélos de course, des longues et sonores parties de cartes, de belote ou de Poker 21 qui duraient parfois jusque dans la nuit…

 

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Tu nous raconterais les bouteilles vides que nous allions ramasser pour les échanger contre un peu de monnaie dans l’épicerie du fermier Muller, monnaie que nous injections aussitôt dans les parties de cartes en espérant gagner quelques francs qui nous permettraient de nous payer une place de cinéma au Gloria de Gersweiler, au UT, Apollo ou Rex à Stiring-Wendel et parfois à l’Eden ou au Rex de Forbach…

Et tu nous raconterais aussi les tristes nouvelles, celles qu’on partageait pour ne plus jamais les oublier… La mort accidentelle des frères Ernest et Roger Birig, ou celle de Marcel Bour, des gamins de notre âge, à l’aube de leur vie, sacrifiés sur l’autel ensanglanté des mines de charbon…  

Tu saurais également nous rappeler avec tendresse et pudeur nos premiers rendez-vous avec les filles suivis des baisers hésitants de nos premières amours d’adolescents…

Oui, ami ‘rouleau’, tu es resté, tel un indestructible monument du souvenir, le témoin silencieux et fidèle des années de notre vie dans les baraques de cette ‘Ferme de Schoeneck’ aujourd’hui disparue et qui pour nous était tout simplement le Paradis… Joe Surowiecki.

 

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27/03/2018
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J.F. Hurth : Drôles d'histoires n'est-ce pas ?

(1) LA RENCONTRE

Humide et froide brume matinale, à ma sortie de  la prison  "Metz/Queuleu" .

Je viens de tirer 4 ans pour mise en circulation de faux billets de 30 Euros, dupliqués sur la photocopieuse du "Secours Catholique", avec la complicité de Sœur Marie-Bernadette que je n'ai jamais dénoncée, alors même qu'elle me prenait 10 % , pour le denier du culte.

Debout devant un "Tilbury" (Cabriolet hippomobile à 2 places et capote), attelé à deux canassons faméliques, dont un zèbre aux traits tirés, je reconnais le CLEMENT.

Chapeau haut de forme, favoris grisonnants et manteau queue de pie, il tient en laisse un casque de la Wehrmacht avec l'inscription G.I.

Monte ! qu'il m'aboie méchamment, tout en balançant des confettis sur le zèbre pour le faire démarrer.

On prend l'autoroute. Au péage, il bloque un convoi d'eunuques qui chantaient le  "Le temps des cerises" dans deux corbillards décapotables.

Ensuite, saisissant un mégaphone CGT, bleu marine et clignotant, il m'annonce ceci :

- C'est d'à cause des chroniques pas catholiques que t'écrivais en Platt dans "L'AMI DES FOYERS CHRETIENS", qu'ils t'ont viré de la rédaction. Ensuite, plus de pognon, tu t'es lancé dans le faux bifton, et t'as tiré 4 ans à "QUEULEU" ! Je vais t'aider, tu vas pourvoir bosser, mais faudra  filer droit !

Je te propose de travailler pour le MEGAGIGABLOG de SCHOENECK, une énorme machine à souvenirs, alimentée par des bénévoles pas méchants, mais souvent chauves et  retraités.

(1) - Tu logeras dans ma cabane au fond du jardin. Tu ne seras jamais payé, et à la longue sûrement viré.

(2) - Dans tes textes tu ne feras jamais du GIONO, ni même du PAGNOL. Ça, c'est mes copains et moi, a-t-il ajouté en me mettant une grande claque, suivie d'un tonitruant : 

- C'est bien compris ?

- Oui Patron que j'ai dit, en poussant des cris de douleur d'un footballeur Italien !

- C'est du décalé que tu m'feras, du bizarre que j'veux. Du rigolo pour faire marrer les atrabilaires. Des histoires de flics bien ficelées, avec du causer manière AUDIARD ou façon SAN ANTONIO; du hors-piste quoi !

- Mais gaffe, ne vas pas me les traumatiser. C'est dans le troisième âge que tu tapes et ça claque pour un rien, cette engeance-là. Je ne veux pas d'histoires moi ! C'est de l'audimat qu'imfaut, du résultat noundidié ! (Nom de Dieu!) 

(3) - Rappelle-toi aussi que t'es pas un gars de SCHOENECK ! T'as aucun souvenir de l'odeur des bottes de foin qu'on rentrait dans les greniers, des chèvres à double nationalité qui broutaient l'herbe des Fridolins dans notre jardin familial, des filles Faber difficiles à draguer, des frasques du Fritz, de l'amitié du Joe et de la Nadine qu'à vu De Gaulle...

Tu me ponds un truc régulièrement et à 27 commentaires défavorables, j'te vire. !

C'est compris ? Qu'y me fait, déjà prêt à me balancer une pleine poignée de confettis gros calibre.

 

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Mais là, rapide comme une danseuse du Bolchoï, je fais un gracieux entrechat à droite pour éviter les dangereux projectiles,... qui s'évanouissent… disparaissent... n'existent plus… et... et… je me retrouve éveillé dans le lit conjugal.

Mon épouse à mes côtés, s'explique encore avec le sommeil, ignorante de mon cauchemar.

Il est six heures vingt. Dehors, à potron-minet, l'aurore semble déjà fabriquer une bien belle journée.

En même temps, mon portable clignotant et dandinant sur le chevet, soupire de plaintifs Ummm- Umum-Umm et m'affiche un nouveau récit du CLEMAU. Il n'en faut pas plus pour remettre mes neurones en place. Je peux attaquer la lecture.

C'était un de ces récits fluide et paisible dont il a le secret. Qui vous accroche, qui vous fait dérouler le moderne bidule à touchers caressants, pour voir s'il en reste beaucoup, s'il faut économiser le plaisir, lire plus lentement, déguster plus attentivement.

Une histoire de sa petite enfance; celle qui grandit harmonieusement en même temps que le bonhomme, dans une famille aimante et modeste.

Il y a l'odeur du foin, de la cuisine et la découverte des personnages qui vont avec.

Les parents qui protègent, le OPA qui éduque, la OMA qui élève et, au fond du jardin, la Petite Cabane d'après-guerre, qui chevauche allègrement une capricieuse frontière.

Tellement bien ciselée qu'elle est, son horloge à souvenirs. Si vraie qu'elle est, la réminiscente histoire de ce gamin impétrant la vie, que nous les gens de là-bas, on y reconnait souvent la nôtre.

Oui la nôtre, celle qu'on aimerait savoir raconter aussi bien que lui. Celle qu'on a envie de lire à des amis à haute voix, comme je le fais parfois.

Alors merci Clément de m'avoir fait rêver à une deuxième fois.

Et, pour obéir à mon cauchemar, je vais tout de même essayer de te faire du petit SAN ANTONIO mâtiné de minuscule AUDIARD.  

 

(2) C'EST LE BÉRU QU'ON L'APPELLE

Fronz, qu'il me fait mon collègue de la BAC (Brigade Anti Criminalité), faut que tu me rendes un service.

- Ben vas-y,  cause donc Le Béru que je lui dis !

- C'est difficile à expliquer...

- C'est quoi ? Une femme, une bavure, un cadavre à faire disparaître, manger bio...

- Non, une soirée à l'Opéra.

Il m'aurait annoncé qu'il avait mis en garde à vue l'Evêque du coin pour trafic de stupéfiants dans un bordel de Pigalle, que ma surprise eut été soutenable.

Par contre, Le Béru à l'Opéra, ça relevait du miracle.

Mais faut déjà que je vous le présente, comme ça vous comprendrez mieux mon confondant désopilage…

En réalité il s'appelle Oscar Ruber, mais tout le monde l'appelle naturellement  Béru, et pour appuyer le personnage on dit "Le Béru",  en référence aux aventures  du célèbre adjoint du Commissaire San-Antonio, héros des romans de Frédéric Dard.

Né à Petite-Rosselle, il a toujours prétendu avoir été conçu à la Halte-Schoeneck, un soir  d'hiver, pendant une panne de batterie des autobus Faiddachpill.

Ses parents étaient les seuls passagers sur la banquette arrière et... selon son décompte,  c'était vers les années 1951… ou 52 à la rigueur.

Ruber alias Béru, a été intégré dans la Police Nationale sans concours, après sa courageuse Guerre d'Algérie et ses nombreuses médailles, dont la fameuse "Valeur Militaire" et le très prestigieux "Ordre National du Mérite". En somme c'était un héros, un vrai, et c'est sûrement pour ça qu'il n'en causait à personne.

Malheureusement tout ce courage, ce dévouement et cette abnégation, ne lui ont pas laissé le temps de maîtriser les subtilités qui sont de l'ordre de l'écrit. Le participe passé et la conjugaison, c'est pas pour lui. Pour tout vous dire, il n'est même pas bon en math !

D'ailleurs, la seule règle de trois qu'il connaisse c'est : Action - Réaction - Arrestation.

C'est pourquoi, proche de la retraite, il est "Sous-Brigadier à l'ancienneté" et donc à l'apogée de sa carrière.

A l'entendre jurer en " Platt" sans la moindre faute de Français, c'est sûr que c'est un vrai gars de chez nous.

Le Béru qu'est le meilleur des collègues, est aussi redoutablement efficace en interventions de toutes natures.

Lorsqu'il dégaine son "357 Magnum" plus vite que l'ombre d'un doute, il prétend que c'est son côté "Epistolaire..."

Faut dire aussi que ses 110 Kg, camouflés et répartis dans son 1m97 de taille, lui facilitent la tâche. Car, quand on voit son ventre, Le Béru  n'est jamais loin et, sa seule apparition dans une scène de violences, de crime ou de flagrant délit, fait taire les effets de l'alcool, de la drogue, de la haine ordinaire et de la bêtise humaine en général.

Le Béru sait mieux que quiconque murmurer à l'oreille des imbéciles. C'est bien simple, les affaires qu'il règle sur le terrain en quelques minutes de bon sens, nécessiteraient pour un Major de l'ENA, la création de trois groupes de travail, l'intervention de deux experts et de plusieurs psychologues de soutien…

Il est aussi un grand supporter du "TOUFOUTT", Le Béru.  C'est pas compliqué, dans le Foot il comprend tout, il connaît tout.

Quant aux Berlioz, Proust, Rembrandt, Socrate et les autres, en bon vieux flic, c'est depuis belle lurette qu'il leur a interdit de stationner dans ses neurones.

Donc le vl'a  devant moi, l'air penaud à se tordre les mains comme un gamin.

 

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- Alors c'est quoi ton problème d'Opéra, accouche Le Béru !

- C'est à dire que je me suis retrouvé à l'Opéra sans trop le vouloir et qu'on y donnait  "SIEGFRIED". L'auteur, c'est un type qui s'appelle "WAGNER".

J'ai rien compris, mais les collègues de la Brigade veulent à tout prix que je leur fasse un rapport de la pièce et  de cette satanée soirée.

Ah ! Je la voyais venir l'énorme et sympathique enflure. Son problème était gros comme une maison. Il voulait que je gratte à sa place.

L'écriture c'était son "Talon fragile", qu'il disait.

- Allez, fais-moi un brouillon et je m'arrangerai pour monter l'histoire, que j'y concède.

Le soir même il me tend  un chiffon avec quelques lignes et me raconte le reste.

Voilà donc après reconstruction, la traduction des notes embrouillées du Béru, pour vous expliquer sa bien involontaire soirée à l'Opéra, un monde qu'il ne connaissait pas.

 

 

(3) LE BERU A L’OPERA

Mardi soir, que des conneries à la télé (Om Dinschta Owend, niks wie Kwatsch on da Télé). Pad' Foutt,  pad' Rugby, même pad' Grand Prix.

Dans notre salon ma femme la BERTHA, juste assez enveloppée pour pas être obèse, s'agrippe hargneusement à la télécommande familiale. Croyante au point que même le curé s'en méfie, elle cherche à  "Ripleiller" son émission préférée :  "Le Jour du Seigneur". Autrement dit la messe du dimanche, sans communion, sur notre canapé vert, un jeudi.

Plusieurs combats singuliers nous avaient déjà opposés sur le plan religieux, à telle enseigne, que moi le Béru,  sentant mon état de grâce menacé,  j'ai pris la courageuse décision de ne rien dire et d'aller au cinéma.   

J'arrive à "KINEPOLIS ", pas un Western à l'affiche. Que des films nuls, genre :  Amour, Psycho, et Compagnie…  Mais ô surprise, un OPERA retransmis en direct du "Métropolitan" de New-York.  

C'est quoi c't’histoire d'OPERA ? Opéra, Oper... was isson das ?

Et là subitement, "mais c'est donc bien sûr", une brutale remontée de souvenirs  me rappelle que tout gamin, mon grand Père n'écoutait que çà, L' OPERA ! Die OPER. C'était dans les années 50

Nous habitions alors à PETITE-ROSSELLE, dans la plus belle rue du monde, au fond d'une cité qui appartenait à Monsieur DE WENDEL. Ce Monsieur  était très généreux, car il nous logeait gratuitement, à condition de travailler dans ses dangereuses et profondes  mines de Charbon.

Quand on avait bien travaillé  on pouvait aller dans les bistrots,  élever des poules ou dormir tout le temps. D'ailleurs ça ne dérangeait pas du tout Mr. De WENDEL qu'on dorme tout le temps, pourvu qu'on travaille beaucoup. En plus, il nous laissait penser ce qu'on voulait Monsieur DE WENDEL, mais fallait pas en parler. Alors beaucoup avaient arrêté de penser. Et puis voilà tout.

Mon OPA donc, pas encore mort de sa silicose, mais déjà bien placé parmi les disparus à venir, passait tous les soirs son temps à rouler ses vingt cigarettes du lendemain .

En même temps, oreille collée à sa "TSF/RADIOLA", il écoutait des OPER dans sa cuisine enfumée. C'est vrai qu'il adorait l'Opéra, alors qu'il n'était pas intellectuel pour deux ronds, puisqu'il n'allait même pas à la messe, mais ça je vous raconterai une autre fois. Je crois que c'est à cause du Curé qu'avait été trop gentil avec les Choristes ou avec le Bedeau, je sais plus.

Me v'la donc devant l'affiche de cet OPERA titré  "SIEGFRIED"  et qui représentait un superbe guerrier musclé, genre "TERMINATOR", armé d'une épée carrossée "EXCALIBUR", avec un air aussi méchant que SCHWARZENEGGER à l'époque où il faisait son cinéma que dans les films.

De plus, l'auteur était un nommé "WAGNER", rien à voir avec le commerçant de FORBACH.  Non là, c'est  "RICHARD" qu'il s'appelait, sûrement un ancien de chez nous, mais vas-t-en savoir de quel coin  et dans quelle cité exactement.

Dès le début j'ai senti l'erreur. Ah ! la connerie que t'as faite Le Béru, que je me suis pensé... Ah, le con , l'imbécile ! Heureusement que j'ai rencontré un collègue de la Brigade de nuit, que sa femme Prof de philo, avait traîné dans cette galère. Je vous raconte pas. Ou plutôt si :

Ecoutez bien :

Quatre heures de spectacle, et trois mi-temps.!

Et ça gueulait sur scène, et ça chantait des trucs nuls, avec des dièses et des bémols comme pas possible. Dans l'Orchestre pas une batterie, pas un synthé, même pas une guitare électrique. Rien quoi !

En plus, alors que dans la salle il y avait un public d'environ 400 compatriotes bien habillés, sur scène ils s'enhurlaient en boche d'époque, avec des sous-titres imprimés en Français jaune de maintenant.  

Ils nous ont rendus fous,  Bon Dieu ! (Noudidié, Die honn uns farikt gemach !)

Et puis, fallait comprendre !

- Allez je vous résume en quelques mots, cette banale affaire de C.. , enfin de mœurs familiales comme on dit maintenant... Une affaire d'ailleurs, qu'à la Brigade de nuit on réglait en un quart d'heure sur place, avec 0 lignes de main courante au Poste. Le tout entre une intervention pour tapage nocturne et un homicide volontaire.

 

sieg.jpg

 

Donc, SIEGFRIED, notre "SCHWARZI" de l'affiche, la trentaine, les yeux plus bleus qu'allemand, sûrement d'extrême droite, car franchement opposé à l'abolition de la peine de mort, ce SIEGFRIED donc, est le fils incestueux de SIEGMUND et de SIELGLINDE du pays de "WALKYRIE".

Avant d'aller plus loin, faut que je vous dise que le pays de "WALKYRIE" se trouve largement au-dessus des nuages, chez des Dieux inventés par les Boches de l'époque.

Le DIEU en Chef de là-bas se nomme "WOTAN" et il habite dans une superbe villa appelée  la "WALHALLA". Faut savoir que les "WOTAN", c'est la branche Teutonne de la famille des "ZEUS", qui eux étaient grecs à fond la caisse et encore honnêtes pour tout vous dire. Pas comme ceux de maintenant qu'ont des dettes partout.

Allez, accrochez-vous je continue pour vous expliquer cette famille tuyau de poêle... Pass ouf, jetzt geh'ts loos !

Mais là-bas à la WALHALLA, il y a aussi la superbe BRÜNNEHILDE, une nana un peu nympho, endormie par son père, qui en avait marre de la voir coucher avec tous les DIEUX de son service.

Notre SIEGFRIED voudrait bien la niquer aussi, mais il ne sait pas que c'est sa sœur !

-T'imagines la connerie et la famille donc !

Iwaléé da mol was e Kwatsch, oun was e Famill !    

Je poursuis. Pour y arriver, SIEGFRIED doit tuer un dragon avec sa magique EXCALIBUR,  une épée qu'il a forgée tout seul, de nuit et sûrement au noir.

Alors là, pour les bloggeurs qui sont encore en ligne, faites gaffe ça se complique :

Mais, sur  place il y a l'horrible  "MIME". Oui, le mec il s'appelle comme ça et il est  le fils de "ALBERICH", le patron des "NIBELUNGEN" (C'est le monde d'en bas, de la brume etc..,  mais ça vous pouvez laisser tomber...)

Or, ce salopard de "MIME", a un plan diabolique que le beau SIEGFRIED ne pourra que difficilement déjouer. (Là j'avais ajouté "Poil au Nez", mais la Direction m'a censuré...)

Oui, en effet, et sans le savoir, not' héros n'est que partiellement invulnérable, puisque porteur du péché originel que WOTAN, ce Dieu pervers, lui a laissé au passage, on se demande pourquoi !

La "guigne" quoi !  (Là aussi , j'avais mis "La Merde",…  censuré aussi)

Pov' gamin, il en a bavé je vous dis pas avec ce psychopathe de "MIME" et ses sbires.

Ils lui ont chauffé l'enfer à blanc ! (Die honn dem die Hell haiss gemach !)

Oh! oui.. Le martyr qu'il a souffert notre SIEGFRIED. Si  jeune, si blond, si bien éduqué et tellement amoureux. De plus, j'ai l'impression qu'avec la BRÜNNEHILDE, ils n'ont même pas copulé. J'ai demandé à  la Prof cultivée de mon collègue à la sortie, elle n'en savait rien non plus....

QUATRE heures de spectacle, sans compter les arrêts de jeu. Heureusement qu'il y avait mon copain de la brigade de nuit.

A partir de la 2ème mi-temps on a fait un "Haka", question de mettre le feu quoi.

Mais la salle n'a pas suivie. Trop de personnes âgées, pas loin de la soixantaine, même plus harcelable pour certaines vieilles en bas résille et foulard  Hermès. Pas la moindre ambiance, aucune communion.

Oui... il y a bien eu quelques "ALLEZ  SIEGFRIED", quand à la fin il a essayé de sauter la BRÜNNEHILDE à travers l'armure, mais sans plus, c'était mou, mou,  trop mou !

Pourtant ça ne manquait pas de coups fourrés sur le terrain. Des trahisons, des assassinats, des brutalités inouïes ! On a même vu deux croche- pied et pire : un pied levé ! Bref, tout y était pour chauffer la salle, mais il n'y avait vraiment rien à faire. (Es  waa halt nik's se mache !)

Rien à foutre qu'il en avait ce public de "Bobos". Muets et atones qu'ils étaient ces vieux machins de souche. Pas un cri d'orfraie, pas une vague, pas une fumigène, même pas une banderole. 

RIEN, RIEN, RIEN ! !  Bonjour  l'ambiance !

OPERA qu'ils appellent ça !

Quarante-deux Euros que ça coûte. Me verra plus ce WAGNER ! ! Signé :   Le Béru.

 

♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦

 

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11/03/2018
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Parlez-nous de vous : Hugues (H.L.)

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J'ai découvert le blog de Clément en découvrant sur YouTube la chanson Kohlechip blues.

Clément a bien voulu m'envoyer les paroles en Platt qui me rappelaient la langue que j'entendais parler durant mon enfance.

Je découvre beaucoup de choses sur le blog de Clément et beaucoup de détails sur la vie et le quotidien des hommes et des femmes vivant au cœur de cet ancien bastion industriel du charbon. Respect à tous ces mineurs !

Je ne suis pas du bassin houiller mais de Blénod les Pont à Mousson, une ville dans laquelle s’est installée en 1856 la première ’usine à fer’, un des principaux établissements industriels de la Lorraine : La société anonyme des hauts fourneaux et fonderies de Pont-à-Mousson (tuyaux en fonte, plaques d'égout etc.), devenue aujourd'hui Saint-Gobain PAM.

Le développement de cette industrie a entraîné une forte augmentation de la population ouvrière et, en 1872, une cartonnerie produisant des objets en carton laqué et appartenant à la famille Adt (originaire de Forbach !) voit également le jour sur un bras du canal latéral à la Moselle. Dans les années soixante, une centrale thermique utilisant le charbon lorrain est construite, donnant ainsi une nouvelle impulsion à l’économie locale.

C’est ainsi que j’ai grandi à l'ombre des hauts fourneaux où j'ai passé ma jeunesse (fin des années 60-70). Mon père a travaillé aux fonderies et la vie et la culture que vous décrivez pour Schoeneck n'était pas très différente à Blénod, un autre melting-pot de gens venus de partout.

Le charbon, on savait ce que c'était à Blénod : les trains avec les wagons marqués "HBL" arrivaient pour alimenter la centrale thermique, la plus grande de France à l'époque.

Et puis il y  avait la cokerie qui fabriquait le coke pour les hauts fourneaux.

Quand le vent d'Est soufflait, on sentait l'odeur du charbon brûlé et, lorsqu'il y avait de la neige, eh bien le lendemain, une fine poudre noire la recouvrait...

Comme chez les ouvriers du charbon, nous avons également connu la dureté du travail et la solidarité entre les gens des cités ouvrières telles la ‘cite lorraine’ et son quartier appelé la ‘petite Pologne’ puis, dans les années 60 ce fut l’arrivée des nombreux immigrés italiens venus chercher du travail dans la sidérurgie.

Non loin de chez moi se trouvait la mine de fer de Dieulouard d’où était extraite par nos gueules jaune’ la fameuse ‘minette de Lorraine’ qui alimentait les hauts fourneaux. 

J'ai beaucoup de souvenirs de cette ville qui vivait (et vit encore) au rythme des 3 huit et des coulées de fonte.

Le Platt, ça c'est une autre histoire... D'abord une tante et un oncle de Sarrebruck chez qui j'allais en vacances et où tous parlaient en Platt. De cette époque il me reste des souvenirs de promenades avec mon cousin dans les bois, probablement pas loin de Schoeneck.

Et puis, il y avait un autre oncle et des grands-parents maternels chez lesquels je passais également de merveilleuses vacances. Mon seul regret aujourd'hui c'est qu'on ne m'ait pas transmis cette langue, mais je vais me rattraper grâce à Nostalgia ! 

 


 

J'ai quitté la France il y a 17 ans pour aller vivre à Washington avec mon épouse et mes deux enfants. Sur le plan professionnel, je suis directeur des activités sportives dans un lycée et je suis également très impliqué dans la natation de compétition.

J'ai d’ailleurs bien connu la piscine de Forbach avant l'incendie qui la ravagea ainsi que celle de Merlebach ou j'allais faire des compétitions. 

Je vis au Nord de Washington, dans l'état du Maryland, tout contre le district, dans le quartier de Kensington construit en 1958 où s’érigeaient auparavant d’anciennes fermes.  

Ici, les banlieues s'étirent sur des kilomètres et se ressemblent toutes. C'était le rêve de tout américain de s'installer dans les Suburbs durant les années 50-60. 

Comme je disais en arrivant ici : c'est comme dans les séries TV, ... sauf qu'on est dedans !

Les gens sont surpris quand ils découvrent Washington. La ville est très verte, beaucoup d'arbres et de parcs, peu d'immeubles, ce n'est pas New York !

Ici, la nature est proche de la ville. Il y a d’abord le fleuve Potomac, et, plus proche de chez moi, le C&O canal (Chesapeake and Ohio Canal, qui rejoignait la baie de la Chesapeake et la rivière Ohio). Ce canal  n'est plus utilisé de nos jours mais il en reste des tronçons qui sont entretenus pour la joie des promeneurs et des pêcheurs.

Petit clin d’œil au charbon : il y a deux trains chargés de charbon venant de Virginie de l’ouest qui passent chaque semaine pas loin de chez moi devant la gare de Kensington qui est resté telle qu'elle était il y a un siècle. J'ai compté pour un de ces trains 122 wagons plus les grosses motrices diesel, l’ensemble fait plus de 2 km de long et alimente en combustible les centrales à charbon de la région ! 

J'ai également visité quelques endroits où l’on exploitait des mines de charbon, mais, en Virginie de l'ouest, beaucoup de mines ont fermé, laissant les habitants sans ressources. 

Par ailleurs, en venant aux Etats-Unis, j'ai été très étonné de découvrir combien la culture allemande était toujours présente. Il y a eu une forte immigration au 19ème siècle et, en Pennsylvanie, on entend toujours un dialecte allemand qui rappelle le Platt. 

Voilà, vous en savez un peu plus sur moi. Pour terminer, j’aimerai rappeler que l'Unesco a catalogué le Platt parmi les langues en danger d'extinction et je pense que ce serait une grande perte dans un monde où tout se mondialise et s'uniformise. En plus, et c'est un atout non négligeable, le Platt donne accès facilement à l'allemand et même à l'anglais. 

Voilà chers amis, il ne me reste plus qu’à souhaiter bonne chance au Blog Nostalgia et un chaleureux Glück Auf à tous les anciens mineurs ! Cordialement, Hugues.

 

Autres portraits : 

Chantal Faber (Miss Nostalgia) 

Joe Surowiecki (Oncle Joe) 

Jean-Lucien Miksa (JLM) 

Walter Heitzmann (HKW) 

 

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04/03/2018
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Em Clémau Sei Footzegge

Dans cette rubrique, je proposerai régulièrement à nos lecteurs maîtrisant le Platt, un petit billet d'humeur sur des sujets d'actualité ou tout simplement quelques élucubrations générales en fonction de l'envie du moment.

Si vous-mêmes avez envie de participer, n'hésitez pas à nous faire parvenir vos textes en Platt. Votre orthographe sera la nôtre, nous n'attachons ici aucune importance à la façon dont vous retranscrirez cette langue, il s'agit avant tout de garder la saveur des expressions et de les retranscrire sous une forme phonétique. 

 

Fébroua 2018

Ya unn jetz ? Wie soll's donn weida géhn ? Voaychtjoa hat ma ball gemännd das die Weld unnageht unn jetz gehts  doch Weidda… Ma honn E naya Brézidentt kritt, so E junga der schtraalt wie E butzlumbbe wenn a dorum tappd, gaa keen veglaych mit dem alde, der jo imma im rän gestonn hat unn de Schlips so scheen kwea boombele gelosst hat.

Jetz werd alles warscheinlich besser wäre unn wenn’s nit bessa wead don simma halt selwa dron schuld !

Unser fraynde die amériggonner hon jo a E naya Brésident kritt, so E koomicha mit gons gäl-rode hoa... Ich wäs jo nit ob dea bessa wéad wie dea onnere wo E bissie dunkla wa, awa E scheeni Fra hadda schunn der Droumb... Sei foanome is jo Donald, soll déa vilaycht aus Disneyland koume ? Na Ja, abwadde unn Té tringge, ma wäre schunn noch siin wi's weidda gehd. 

 

macron.jpg

 (c) By KAK

 

Donn homma a noch E soo schlimma windda gehat ! Zwölef sendimmedda schnee in Paris, das gebs yo gah nit, das hat jo gonz fronkraych douajenänner gebrung ! Do iss jo keen audo mee gefaah, keen tsurr mé unn keen audobus mé…

Wie ich noch jung waa, do homma de  Federschbiel Audobus geholff schiwe wenss gladd war awa der iss gefaah !

Ma had das gefihl das es gonze lond unnagehd wenn ämool E bissie schnee fallt. Die laid sind doch ga nix mé geweehnnt.

Das grosse théma dissjoa is jo die fraue beläschdischung. Als Monn muss ma heidzedaa schwer uffpasse was ma saahd. Wenn de boojoua saacht unn debay E bissie larcht do muschdde uffpasse das de nit als peaveass hingeschdellt wärscht…

Om beschdde sahdd ma gah nix mé unn dud nur noch mit sayna aygena fraa schwetze, unn sogar doo muschdde ufpasse was de saachd, awa das wa jo noch imma soo !

So, das wär’s E mohl voaleivich, bis ball Ihr liewe Noschtalgia Lésa ! De Clémau

A la demande de quelques visiteurs ne maîtrisant pas cette langue universelle qu'est notre Platt, voici ci-dessous une traduction succincte de ce chef d'œuvre de la littérature schoeneckoise :

Et maintenant ? Comment ça va continuer ? L’année dernière on avait presque l’impression que le monde allait s’écrouler et pourtant tout continue… On a 'eu' un nouveau président, un jeune qui resplendit comme une serpillère (expression typiquement intraduisible !) lorsqu’il déambule... Aucune comparaison avec l’ancien qui était toujours sous la pluie et qui avait la cravate qui pendouillait de travers… Donc, tout devrait aller mieux, et si ce n’est pas le cas, on ne pourra s’en prendre qu’à nous-mêmes !

Nos amis américains ont aussi 'reçu' un nouveau président, un bizarre avec des cheveux jaune-rougeâtre… Je ne sais pas s’il deviendra meilleur que l’autre qui était un plus ‘foncé’ mais ce qui est sûr, c’est qu’il a une belle femme le Droump.

Son prénom c’est Donald, vous croyez qu’il vient de Disneyland ? Bon attendons et buvons du thé, on verra déjà comment ça va continuer.

Et puis on a également subi un hiver terrible ! 12 centimètres de neige à Paris, c’est pas possible, ça a complètement désorganisé la France ! Plus aucune voiture ni bus ni train ne roulaient… Lorsque j’étais enfant, on aidait à pousser l’autobus Federspiel lorsqu’il y avait du verglas mais au moins il roulait !

On a l’impression que c’est la fin du monde lorsqu’il y a un peu de neige qui tombe…

Les gens ne sont plus habitués à rien…

Le grand thème cette année c’est l’agression vis-à-vis des femmes. En tant qu’homme il faut de nos jours faire très attention à ce que l’on dit.

Si tu dis bonjour en souriant un peu, il faut faire attention de ne pas être traité de pervers…

Le mieux c’est de ne plus rien dire et de ne parler plus qu’à sa propre épouse, et même là, il faut faire attention à ce que l’on dit, mais ça, c’est depuis toujours…

Voilà, c’est tout pour l’instant, à bientôt chers lecteurs de Nostalgia !

PS : Sur le dessin, Hollande dit à Macron : tout ça c'est à toi maintenant !

 

Mäatz 2018

De winda iss jetz ball voabay unn bei mia im gadde sieht ma schunn die easchdde blume die unnam unkraut blihe…

Die Faasenart is jetz a voabay awa bei uns laaffe noch E paar dorum mit so scheen gefäabdde hoohr… Bei denn is wascheinlich die faab noch nit abgong oda die mache das mit asbsicht das ma se bessa sieht  wenn se iwa die schtroos geen wen die audo soo schnell bei uns duaich brumme…

Do is jo woa E paa Daa soga E kamion in E maoua geffaa in Scheenegge tzum glick sinn die zwei nur laicht feletst… Das hett Jo kinne schlimm ausgehn…

Das is jo aa noch so E théma die schnelle auddos bei unns inn de schtroos. De Olivié, unsa gemäneroot hat Jo veschproch das ebbes passiere wiad, villaycht wead’s in Scheenegge so wie in Paris gemach, das ma donn gaa nimé duaych weschidene stroose faare déaff…

Oder das ma bezahle muss wie in Rom wemma in die stadt mim auddo fahre will…

Wadde ma mol ab wie’s weidda gehdd. 

 

accident.jpg

 

Jetz honn jo die änglänner huddel middem Pouddin, der naye Brésidänt vunn Russlond.

Dea wa jo noch nitt gewäldd unn hat die waal schunn gewunn. So E syschdèm iss jo gaa nitt so schlecht, do spaat ma fill gäld unn brauch nitt so long se wähle… Vilaycht kummnt das bei uns aa noch. Donn kinnde ma de Magron 18 joor long behalle, das wär jo vilaycht gaa nit so schlecht donn wära jo endlich so alt wie say fraa !

Wema schunn wunn scheene fraue schwätze, Ich honn E kumpel der is jo die letscht zayd so oft uffem Indanett, Ich honn oongscht gehat das der onfongt douysch se drähe… 

Er hat sich jetz sogaa E kadaloohr mid fraue aus Russlond bestelld, so äna wo de da äns aus surre konscht unn donn noo Fronkraysch gelivatt gricht. Ze eacht hon Ich mich Gewunnad awa don hadda ma éakléad das die roussiche Fraue mit winich gäld auskoume unn de gonze daa in de Kich Schaffe…

Do is mia aah E licht Ufgong… So schlecht is das alles jo nit. Das muss ma sich doch e mool vorschtelle : E frau di noch nit e mool ondwoadd gebt wemma ebbes saat !

Äni di nit de gonze Dah bei de Freyndine sitz unn Kaffé trinkt, unn die em sogar noch die Schuh wiggst wemma mool luschd hat in die Wirtschafft ze gehn !

Om libschdde dät Ich ma a so E kadaloohr bestelle Ich honn awa nur ongschd das meines do nit so richdich inveschdonn wär !

Na Ja, liewe Noschtalgia lèsa, spass muss jo aa sinn… Hauptsach es werd widda waam un’s head uff se Schnéje…

De näkschdde Friling kummt beschtimmt ! De Clémau

Comme promis, voici la traduction (succincte) de cette prose en 'Platt' schoeneckois...

L’hiver est bientôt fini et, dans mon jardin, on voit déjà, sous les mauvaises herbes, poindre les premières fleurs…

Le carnaval est également terminé mais il y en a encore quelques-uns qui traînent par chez moi avec les cheveux joliment teints…

Probablement de la teinture qui ne s’enlève pas ou bien ils le font exprès pour qu’on les aperçoive mieux lorsqu’ils traversent la route quand les voitures roulent comme des bolides…

Il y a quelques jours on a même eu droit à un camion qui a foncé dans un mur à Schoeneck, heureusement les deux passagers n’ont été que légèrement blessés…

Ça aurait pu finir très mal… C’est un sujet de discussion ces voitures qui roulent trop vite chez nous dans la rue. Olivier, notre élu municipal nous a promis qu’ils allaient prendre des mesures. Peut-être qu’on fera à Schoeneck comme à Paris, on n’aura plus le droit du tout de rouler en voiture dans certaines rues ou alors il faudra payer comme à Rome si on veut rouler en voiture en ville… Attendons la suite…

Maintenant les anglais ont des problèmes avec Poutine, le nouveau président russe.

Ils n’avaient pas encore voté qu’il était déjà élu. Un tel système n’est finalement pas si mauvais, on économise beaucoup d’argent et les élections ne durent pas si longtemps.

On l’adoptera peut-être également chez nous et ainsi on pourra garder Macron pendant 18 ans, ce qui ne serait pas si mal, il aura enfin l’âge de sa femme !

A propos de belles femmes, j’ai un copain qui est ces derniers temps si souvent connecté sur le Web que j’ai eu peur qu’il disjoncte… Il s’est même commandé un catalogue avec des femmes russes, un catalogue où l’on peut s’en choisir une et se la faire livrer en France. J’ai d’abord été surpris mais, lorsqu’il m’a expliqué que les femmes russes n’étaient pas dépensières et travaillaient toute la journée dans la cuisine, j’ai eu un déclic…

Finalement c’est pas si mal que ça. Imaginez un instant : une femme qui ne répond pas lorsqu’on lui dit quelque chose, qui n’est pas toute la journée chez les copines à boire le café et qui vous cire même les chaussures lorsque vous avez envie d’aller au bistro !

Sur le moment, j’avais bien envie de me commander aussi un catalogue mais je crains que la mienne ne soit pas vraiment d’accord !

Voilà, chers lecteurs de Nostalgia, faut bien plaisanter de temps en temps, le principal c’est qu’il fasse à nouveau un peu plus chaud et qu’il arrête de neiger.

Le prochain printemps arrivera certainement ! 

 

April 2018

Wemma’s rischdisch iwalét donn is es leewe doch koomisch unn nit imma wimma sich’s foaschtelt…

Bay unns zum bayschbihl, wemma bis jetz in férie gefaa sinn homma imma de Audobuss geholl.

Das is imma gudd gong unn waa a nit so daya. Uff jede fall ware ma imma sefridde…

Do hat jo zelétscht may beschdi Fraa summa gesaat : Ay glabschde donn nit das ma mol middem Zuuhr fahre kinde ?

Das iss jo soo gemitlich unn Ich wär jo soo gear E mol middem Tégévé gefahr…

Na ja, warum don nit honn Ich gesaat, Ei wo dèdschdde don gear hinfahre ?

Ay mir ware doch soo long nimmé in Pariss, do kindde ma jo vun Fouabar direkt de Tégévé holle unn in onnatalb schdunn wäre ma schunn in Pariss…

Na ja, wenn Ich nee soon do gebs wilayscht ballawa also honn Ich liwa nix gesaat unn honn mich sofoat on may Kompiudda gesitzt, honn E hoddel fa 3 daa résaviadd unn bin nohea noch schnell uff de Fuabarra Boonhoff gefaa fa zwei aller-retour Tégévé billets fa noo Pariss ze kaafe…

Gonz billisch ware se grad nit, awa middem rabatt weil ma jo schunn ball 70 sinn ware se so donn schlisslisch doch E bissie billischa wie E neies Auddo.

Maynes wa soo froh, dasses dray daa long noua Parisa lieder gesung hat…

Sous les ponts de Paris, J’aime Paris au mois de mai, Il est 5 heures Paris s’éveille unn laudda so fronsésische dinga…

Sie singt jo nit schlecht awa um éalisch se sinn, ich waa trodzdem so rischdisch froh das ma ball wegfahre…

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E paa daa spädda homma unsere koffa gepackt unn E kumbel hat uns donn onn de Fouabarra Boonhoff gefaah.

Wie ma dort onkum sinn war alles so scheen ruhisch unn Ich honn misse schdaune das soo winisch laid doat ware… Mia sinn doch nitt die änsiche wo hait no Pariss fahre odda ?

Ich honn jo a nit gewusst uff wasfarem Gläs de Zuurh noh Pariss abfaat also hon ich so e nettes mädsche mimme rodde Iagge wo SNCF (*) druff geschdonn hat gefroot.

Das liewe ding hat gelacht unn hat ma gesaat das die Boohn schtraikt unn das ma hait vorm Boonhoff in E Audobuss schtaye misse dea uns donn noo Paris faat…

Ich hät mich jo ball dodgelacht wenn meines nit debay gewähn wär… Doo fahre ma fa ä mohl middem Zuurh in oualab unn misse schuwidda middem Audobuss fahre !

Die Räss war im grosse gonze scheen, E bissie dayera unn longsomma wie sunscht, awa mim Zuuhr simma bis jetz imma noch nit gefah.

Uffem hemwäsch honnse imma noch geschtreikt unn ma honn donn A widda mim Audobuss fahre misse !

Komisch... Seit dem hat mei fraa a nix mé von Zuuhrfahre gesaad…

Unn Ich sowiso nitt, sunscht héts waascheinlich ballawa geen unn das muss jo nit sinn, ess läwe is jo soo schunn zimlich komplitziat…

Enns iss uff jedefall sicha, beim näckschdde Oualab farre ma mim Audobuss...

Wemma glick hon donn schtraygge die unn ma misse villaycht in E Zuuhr umschdaye donn kinde ma endlich E mool mim dem Tégévé fahre !

Friya hat May Oma imma gesaad : Wo E wille iss, iss E wäsch ! Domols hat's jo a noch kenn schtraik bei de Tégévé fahra genn...

Soo,  Liewe läsa das wär’s voalayvisch… Blaywe gesund unn munda unn vegesse nit jéde Daa Nostalgia se läse.

Biss ball !

 

(*) Savoir Nous Calmer Facilement ?

 

Et, comme promis, pour les 'non-plattophones', voici la traduction non-littérale de ce récit totalement fictif :

Si on réfléchit bien, la vie est tout de même bizarre et pas toujours telle qu’on l’imagine…

Chez nous par exemple, lorsqu’on partait en vacances on prenait toujours l’autobus. 

Ça marchait très bien, ce n’était pas trop cher et on a toujours été satisfait.

Dernièrement la meilleure de mes épouses m’a dit : Tu ne penses pas qu’on pourrait pour une fois partir en train ? C’est tellement confortable et j’aurais tant aimé rouler une fois avec le TGV…

Pourquoi pas ai-je répondu, mais où aimerais tu aller ?

Ca fait tellement longtemps qu’on n’a pas été à Paris, on pourrait prendre directement le TGV à Forbach et, en une heure et demie on serait à Paris…

Bon, si je dis non on va peut-être s’engueuler alors j’ai préféré ne rien dire, je me suis assis devant mon PC pour réserver 3 nuits d’hôtel et je suis parti dans la foulée à la gare de Forbach acheter 2 billets aller-retour en TGV pour Paris.

Les billets n’étaient pas vraiment bon marché, mais grâce aux remises accordées parce qu’on avait presque 70 ans ils ont finalement coûté un peu moins cher qu’une nouvelle voiture.

Ma moitié était si contente qu’elle n’a chanté que des chansons parlant de Paris pendant 3 jours : Sous les ponts de Paris, J’aime Paris au mois de mai, Il est 5 heures Paris s’éveille et plein d’autres trucs en français…

Franchement, c’est pas qu’elle chante mal, mais j’étais tout de même content qu’on parte rapidement… Quelques jours plus tard nous avons fait nos valises puis un pote nous a ramené à la gare de Forbach.

Arrivé sur place j’ai était étonné de voir que tout semblait tranquille et qu’il y avait si peu de gens dans la gare… On n’était quand-même pas les seuls à partir pour Paris non ?

Comme je ne savais pas sur quel quai partait le train j’ai posé la question à une jeune demoiselle vêtu d’un blouson rouge au dos duquel était écrit SNCF…

La gentille demoiselle m’a expliqué en souriant qu’il y avait grève et qu’on allait partir de la gare avec un autobus qui nous conduirait jusqu’à Paris…

J’aurais éclaté de rire si ma femme n’était pas avec moi… Pour une fois qu’on part en vacances en train, on est à nouveau obligés de prendre l’autobus !

Globalement le voyage était agréable, il était un peu plus cher et a duré un peu plus longtemps que d’habitude mais on n’a toujours pas eu le plaisir de rouler en train car sur le chemin du retour, il y avait à nouveau grève et on a encore dû reprendre l’autobus !

C’est bizarre… Depuis ce jour,  ma femme ne parle plus de voyage en train…  

Moi non plus d’ailleurs sinon on se serait peut-être engueulé, et ça, ce n’est pas nécessaire, la vie est déjà assez compliquée comme ça…

Une chose est sûre, la prochaine fois qu’on part en vacances on prendra l’autobus et, avec un peu de chance, si ces derniers sont en grève, on nous embarquera dans un train et on le fera finalement quand-même ce voyage en TGV… A bientôt ! 

 

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25/02/2018
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