NOSTALGIA, le Blog qui fait oublier les tracas...

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Em Clemau sei Footzegge : Jouni 2019

Liewe Noschtalschia lèsa, ma hat’s uns jo foagessat, unn die Hitzewéll is jetz doo.

Seit iwa èna wourh homma jetz ‘Kanikel’ wie de JLM gesaat hat unn Ich konn aïch noua soohn das aya ‘Clémau’ in saynem lèwe norh nit so heiss gehat hat.

Sogga im schadde ounam Hazelnoussbôm laft ma die Brih Em Asch erunna wie ma soo scheen bei uns saat… Gonz se schwaygge woun de zimma temberadoua !

Im Schloofzimma homma sogga de fivatèamomédda on die wond gehong, dea onnere, dea diggidale, hat laufend gepibst wè de hoch temberadoua unn donn simma jédesmool warh woa wärend denne paa Schtounn wo ma hon kinne schloofe…

Es geht jo genau so goutt midem fivatèamomédda, ma mouss ne noua moajens schiddelle dassa widda runnagéht…

Om zwèdde Daa voun dea hittzwelle hat may frayndin zuma gessaat :

Im Télé honn se gessaat äldere layt die ounna de hitz layde, solde in de soupamaakt wo die gefriatrouhe stehn hingehn fa sich se eafrische… Solde ma das nit Ah marhe stat wie so E Ochs se schwitze ?

Das wa onnfasich kenn schlèschdi idée oun om selwe noomidda gäh 13h homma unsa Auddo geholl oun sin no Fouabach in’s Cora E paa Schdoun im tiefkihl beraych spatzire gong…

Ich honn norh nie sowiel èldere layt zwische de congéladeua schpatziere gesihn !

Moonsche sinn sogga mit ihrem Youbala koum unn Ich honn sogga E äderes paa gesihn wo ia kepp minoudde long inn de congélateua geschdékt honn als dède se Schdèk haché oda käs ponkourhe sourhe !

Das wa ounglaoublisch wie die gedrängt honn fa so nèkscht wie méschlisch omme congélateua se stehn…

Gèh halwa dray homma imm Fisch beraych donn unsera fraynde de Alphonse unn es Sidonie aus Moaschbach getroff.

Die ware grad dabay sich E wèsch inn rischdung Geflischel se marhe…

Mia hon uns jo schoun long nimmé gesihn oun honn ouns rischdisch gefrayt se mohl widda se trèffe.

Sali ia tzway, sinna ah koum fa aysch E bissie se èafrische ?

Iwa haoupt nit, mia vesourhe schoun sayt na halb stoun onn de congélateua wo’s Hinggelfläsh is eron se koume, mia dèdde gèa Hingelschenkele kaafe fa unsa grillfescht moaje… Mia honn jo foa E paa wourrhe bay uns E Klim inbaue loosse oun hohn iwahaoupt ken houddel mé midde Canicule…

Ay koume dorh moaje bay uns voabay zoum grille ouffem balkoon, Ich wise aysch donn Ah die Klim, die is géniaal !

 

canicule.jpg

 

Om näkschdde moaje gèh halb arth homma schoun voa de dia gestohn unn de Alphonse hat uns im Pyjama mit gonz veschloofene aoue oufgemarh…

Ah… Ia sinn awa frih doo, awa s’mart nix, koume rin, es is jo schoun scheen waam draouss…

In de wohnoung was scheen gemitlisch, 22 ° oun ma honn E wounaschenna moaje gehat, donn  homma semidda guèss, Kafé getrounk oun schlisslisch ah norh se narht mittne guess…

Es waa schoun dray oua moajens wie ma hèm gong sinn oun ouns veschprorh honn das ma ouns ball widda sihn.

Trotz de Klimaonlarrhe im Aouddo ware ma nass geschwitz wima in ounsa schloofzimma rinn gong sin wo de Téamomédda 39 ° ongezeid hat.

Om nèkschde moaje honn Ich mit mayna frayndin abgemarh dass ma unsere bekoondde Hèanscha fa's Frischdick bringe kindde…

De Daa denoh simma norh E bissie friha hingefaah wail may frayndin E wounascheen schtraouss Bloume im sonda onngeboot baym Aldi kaaf hat unn ongscht gehat hat dasse ingehn wenn se se long in de wéamt laye oun dasses bessa wèa wemma se sofoat hinbringe dèdde…

Mia honn so E wounascheeni wourh in dea klimatisiat wohnoung gehat, unn wima mit ounsere schloofsèck, E Sonda ongeboot im Décathlon, bay ne onkoum sinn honn se ouns ohne viel schnick schnack gesaat dasse kouatz noodem ma weg sinn im Intanet E Last minute Rès imme Kabaysie Noad Westlich in Sibirie in Verkhoïansk gebourht hédde oun dasse sofoat abfahre misse fa om selwe moaje es Flurhsaysch in Fronkfouat se holle…

Seidèm homma wédda voum Alphonse norh voun de Sidonie ebbes gehéat oun ma wisse norh nittemohl ob se schoun voun Sibirie zerick koum sin...

Sait dèm schloofe ma jédi narht im schloofsack hinne bay mia im Gaadde oun waade das die Hitzwéll voabay guéht…

Awa èns is sicha, mia vetroon imma winischa die Blöd Hitzt oun die Miggeschtisch...

May frayndin hatt misch sooggaa hait moaje baim insalbe mit déa Migguestichberouhigougskrèm (!) gefrooht, ob ma dorh nit béssa dèdde E platz fa 2 imme lokale äldaschhaym mit Klimaonlarhe sourhe soldde…

Ma blaywe jo schlisslisch nit éwisch joung !

 

Et voici la version 'franchouillarde' pour les non-initiés :

 

Chers lecteurs de Nostalgia, on nous avait prévenus et la vague de chaleur est arrivée.

C’est la canicule (Kanikel comme dirait JLM) depuis plus d’une semaine et je peux vous certifier que votre ‘Clémau’ n’a jamais eu si chaud de sa vie…

Même assis à l’ombre de mon noisetier, la sueur me coule le long du c… comme on dit par chez nous et je ne parle même pas de la température à l’intérieur !

Dans la chambre à coucher on a carrément accroché notre thermomètre médical au mur, l’autre le digital n’arrêtait pas de ‘Beuguer’ et les ‘bip bip’ qu’il émettait pour cause de dépassement de température, nous réveillaient pendant les rares heures où nous trouvions le sommeil. En réalité ça marche aussi bien avec le thermomètre médical, il suffit de le secouer le matin pour le remettre à zéro…

Au deuxième jour de cette vague de chaleur, ma copine m’a dit :

A la télé ils ont conseillé aux personnes âgées souffrant de la chaleur d’aller se rafraîchir dans les rayons 'surgelés' des magasins… Tu ne crois pas qu’on devrait également y aller au lieu de transpirer du matin au soir comme des bœufs ?   

L’idée n’était pas mauvaise et l’après-midi même, vers 13h, on a pris notre voiture pour aller nous balader pendant quelques heures au rayon ‘surgelés’ du Cora à Forbach…

Je n’ai jamais vu autant de personnes d’un certain âge se promener entre les congélateurs ! Certains étaient venus en déambulateur et j’ai même vu des couples garder la tête au fond des bacs de congélation pendant de longues minutes en faisant semblant de chercher des steaks hachés ou des crêpes au fromage…

C’était fou cette foule qui se bousculait pour essayer d’être le plus près possible d’un des congélateurs…

C’est vers 14h30, dans l’allée ‘poissons et crustacés’ que nous sommes tombés sur un couple d’amis de Morsbach, Alphonse et Sidonie qui essayaient de se frayer un chemin vers le congélateur ‘volailles’. Nous nous étions un peu perdus de vue et ce fut un réel plaisir de les revoir.

Salut vous deux, alors vous êtes également venus chercher un peu de fraîcheur ici ?

Pas du tout, répondirent-ils, ça fait presque une demi-heure que nous essayons de nous approcher du bac de volaille car nous aimerions acheter des cuisses de poulet pour le Barbeuque de demain… Chez nous on a fait installer la clim il y a quelques semaines et la canicule on ne connaît pas… Mais passez donc nous voir demain, on fera des grillades sur le balcon et je vous montrerai la clim… C’est génial !

Le lendemain matin vers 7h30 nous avons débarqué chez eux et c’est en pyjama et les yeux bouffis qu’Alphonse nous a ouvert la porte…

- Ah, eh ben vous êtes tôt, mais ça ne fait rien, entrez, il fait déjà chaud dehors…

Dans l’appartement il régnait une agréable température de 22 degrés et nous passâmes la matinée en agréable compagnie avant d’attaquer les grillades, le café et finalement le repas du soir…

Ce n’est que vers 3 heures du matin que nous nous quittâmes en nous promettons de nous revoir rapidement. Dehors, la canicule était toujours aussi oppressante et, malgré la clim dans la voiture, c’est en sueur que nous retrouvâmes notre chambre à coucher et les 39° affichés par le thermomètre…

Le lendemain matin, on s'est mis d'accord avec ma copine pour apporter à nos amis des croissants pour le petit déjeuner.

Le surlendemain nous sommes arrivés chez eux un peu plus tôt car ma copine leur avait acheté un magnifique bouquet de fleurs la veille en 'Promo' chez Aldi et qu’elle avait peur qu’avec cette chaleur, les fleurs seraient fanées et qu’il fallait se dépêcher de leur ramener…

Nous avons passé une semaine merveilleuse dans la douceur de leur appartement climatisé et c’est en nous voyant débarquer avec nos sacs de couchage, achetés en promotion au Décathlon, qu’ils nous ont annoncé sans fioritures qu’ils venaient de réserver sur Internet en Last minute, juste après notre départ dans la nuit, un séjour d’une semaine dans un chalet au nord-est de la Sibérie à Verkhoïansk et qu’ils étaient obligé de partir le matin-même pour embarquement à l’aéroport de Frankfort…

 

chalet.jpg

 

Depuis, ni Alphonse ni Sidonie, n’ont plus donnés signes de vie et nous ne savons même pas s’ils sont déjà rentrés de leur escapade sibérienne.

En attendant, nous dormons toutes les nuits à la belle étoile, au fond du jardin dans nos sacs de couchage en attendant la fin de la vague de chaleur…

Ce qui est sûr, c’est que nous supportons de plus en plus mal cette saloperie de canicule et les piqûres de moustiques...

Ma copine m’a d'ailleurs demandé ce matin pendant qu’on se badigeonnait de crème apaisante, si le moment n'était pas venu de chercher 2 places dans un EHPAD climatisé de la région… Que voulez-vous, on ne restera pas jeunes éternellement !

 

Lire les autres billets d'humour : 

Billet Février 2018 (Changements de Présidents) 

Billet Mars 2018 (Le catalogue russe) 

Billet Avril 2018 (La grève à la SNCF) 

Billet Mai 2018 (N. D. des Landes - Le prix Eurovision) 

Billet Juin 2018 (La coupe du monde) 

Billet Juillet-Août 2018 (La canicule) 

Billet Septembre 2018 (Macronix le gaulois) 

Billet Octobre 2018 (Nouveau Gouvernement) 

Billet Novembre 2018 (Gilets jaunes etc...) 

Billet Décembre 2018 (Cadeaux de Noël) 

Billet Janvier 2019 (La cagnotte)

Billet Février 2019 (La tempête de neige) 

Billet Mars 2019 (La vie en jaune)

Avril 2019 (Le chéquier perdu)

Billet Mai 2019 (Européennes & Glyphosate)

 

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03/07/2019
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Parlez-nous de vous : Emile Weil

emile en reportage.jpg

 

De la chaudronnerie, en passant par l'extraction du charbon, en route vers le reportage.

Emile est né le 26 février 1947 au domicile de ses parents dans la cité minière de Sainte Fontaine, cité située entre la ville de l'Hôpital et Freyming-Merlebach.

Son père était porion mineur et sauveteur au puits de Sainte Fontaine. Sa mère, comme toutes les femmes de mineurs de cette époque, restait au foyer pour s'occuper du quotidien et surtout des enfants, car cette famille s'agrandira encore après la naissance d'Emile, avec la venue de deux frères et de deux sœurs.

Petit garçon il ne s'intéresse pas vraiment à l'école car il veut très vite "gagner sa vie".

C'est ainsi qu'il entre en apprentissage aux établissements Munch de Hombourg-Haut pour y apprendre la chaudronnerie.

Il ne sait pas encore que ce noble métier va lui permettre de voir la vie "autrement" que le simple commun des mortels. En effet grâce à ce métier où il faut savoir lire un plan, être capable de réaliser des pièces métalliques de toutes tailles et de les assembler avant de les monter sur un site industriel, il a acquis la faculté de voir en perspective, de projeter dans son esprit un dessin vers la réalisation finale. Cette faculté lui permet de se plier aux dures exigences de la vie sans a priori.

C'est pourquoi quand son entreprise projette de fusionner les services extérieurs (personnels en déplacements) des usines Munch de Frouard et de Hombourg-Haut, il décide de quitter l'entreprise et se tourne tout naturellement vers le seul recruteur industriel local, les mines de charbon. C'était en 1973 et son ancienne entreprise fermera ses portes en 1983.

Lorsqu'il se retrouve au fond de la mine, il s'adapte facilement à ce nouveau et dur métier de mineur. Il gravit les échelons et malheureusement, après un accident de travail, sur décision médicale il est muté au jour. Soucieux du bien-être de ses camarades il prend des responsabilités syndicales en devenant suppléant du délégué mineur de son secteur.

Les années passent et en 1996, de par le Congé Charbonnier de Fin de Carrière, il prend sa retraite à l'âge de 49 ans.

Là, débute une période de grand calme où notre homme qui aimait venir en aide aux autres ne veut pas rester inactif, mais que faire quand pendant toute sa carrière professionnelle on a obéi aux ordres et que maintenant il n'y a plus personne pour le diriger ?

Une période rendue encore plus difficile par la disparition prématurée de son épouse qui décède en 2001.

Emile se retrouve seul pendant trois longues années avant de faire une rencontre qui va tout bouleverser.

C'est Marie-Louise qui le sort de sa torpeur. Emile reprend le dessus, il s'intéresse à l'informatique et, poussé par celle qu'il vient d'épouser, il se lance dans le reportage.

Animé par la volonté de servir les associations de sa ville en faisant connaitre leurs activités, il achète une caméra, crée une page sur Facebook ainsi que sur YouTube et part à la rencontre de ses concitoyens.

 

emile et marie louise.jpg

 

Emile en compagnie de son épouse Marie-Louise

 

Très vite il est accepté de tous. En parfait bénévole, il ne compte pas le temps qu'il consacre aux autres. Entre les reportages in-situ et les montages faits au domicile, ce sont parfois plus d'une dizaine d'heures de travail qu'il consacre pour finaliser son travail.

Il se perfectionne en matériel et logiciels en bon autodidacte qu'il est, pour offrir une meilleure qualité de visionnage à ses fans qui sont de plus en plus nombreux.

Figure incontournable dans toutes les manifestations locales, il ne s'arrête jamais de faire tourner sa caméra dans sa ville.

En 2014 il reçoit même la "médaille d'honneur de la ville" des mains du maire M. Laurent Muller.

S'il est fier de cette reconnaissance, il est un peu déçu par certains qui ne respectent pas son emploi du temps en cherchant à s'imposer, mais c'est mal connaitre notre homme qui ne confond pas serviabilité avec asservissement et qui poursuit maintenant au-delà des murs de sa ville ses nombreux reportages.

 

emile à l'espace de Wendel Hombourg haut.jpg

 

Fin 2018 il fait la rencontre d'un autre féru de reportages, Jean maxime qui, en son temps était Reporter pour une radio locale.

Leur intérêt commun pour la Mine et ses hommes va faire que l'un à la caméra et l'autre au micro, ils vont se lancer dans différents reportages et pensent à s'unir pour perpétuer la mémoire des hommes qu'ils ont si bien connus, les mineurs de charbon.

Un troisième larron viendra compléter cette équipe, c'est Clément, le webmaster d'un site "Nostalgique"(ww.nostalgia.blog4ever.com), qui poursuit un projet concernant les anciens baraquements construits pour les Houillères du Bassin de Lorraine à la "Ferme" de Schoeneck après la seconde guerre mondiale. Il s'agit d'aménager "une place du souvenir" en hommage aux anciens habitants de cette Ferme avec l'aide de la municipalité de Schoeneck.

Cette nouvelle équipe animée par le même objectif, la mémoire de leurs aînés, va travailler d'arrache-pied pour continuer d'offrir aux internautes qui les suivent de nombreux reportages et documentaires.  Texte et photos : Jean-Lucien Miksa, juin 2019.

 

Pour visiter la page YouTube d'Emile CLIQUEZ ICI

Pour visiter sa page Facebook CLIQUEZ ICI

 

Ci-dessous le reportage réalisé par Emile lors de la visite d'Aggie Surowiecki à la future place du souvenir :

 

 

 

 

Autres portraits : 

- Chantal Faber (Miss Nostalgia) 

- Joe Surowiecki (Oncle Joe) 

- Jean-Lucien Miksa (JLM) 

- Walter Heitzmann (HKW) 

- Hugues L. (H.L) 

- Auguste Calamia 

- Joseph Schoumer 

- Emile Weil (Média Hombourg) 

 

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19/06/2019
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Clément Keller : Schoeneck, le beau coin (11)

La pâte à modeler.

Monsieur Thil Félix, mon premier instituteur au cours préparatoire, a été dans ma jeune vie l’enseignant qui réussit à ouvrir mon esprit, déjà curieux et avide de savoir, à l’apprentissage de la langue française car, comme je vous l’ai déjà raconté dans les récits précédents, comme beaucoup de mes camarades, j’intégrai le cours préparatoire de l’école communale du village en 1954 sans comprendre ni parler le moindre mot de français… 

Comme bien souvent, grand-mère n’avait retenu que le côté négatif de la chose et se lamentait déjà devant les lourdes épreuves qui attendaient son petit-fils unique et préféré :

Jetz mouss das Kind norh froonschésch léhre, Hoffentlisch géht das goutt, Ich bin jo schoun iwa sechsisch oun konns norh imma nit…

(Maintenant il va falloir en plus que cet enfant apprenne le français, et moi qui ai déjà plus de 60 ans je n’y arrive toujours pas).

En effet, malgré quelques efforts méritoires, les bases de la langue française de ma ‘Oma’ se limitaient à quelques expressions basiques :

Boschoua (Bonjour) Orewa (Au-revoir), Bouddèl (bouteille) Odschawel (Eau de Javel), Trotwa (Trottoir), Barablé (Parapluie) et à quelques extraits de chants liturgiques qu’elle avait l'habitude de psalmodier le soir, assise au bord de son lit, tout en égrenant son immense chapelet modèle 'compétition' :

Chirai, Chirai, Chirai, Chirai lavoir un Schour… Ozièl, Ozièl, Ozièl, Ozièl dans ma Batri…

(J’irai la voir un jour, au ciel dans ma patrie)… (1)

Jusqu’à l’âge de six ans, c’étaient les seuls mots dans la langue de Molière que j’entendais de temps à autres et je n’ai pas besoin de vous faire un dessin pour vous décrire l’état dans lequel mes camarades des ‘baraques de la Ferme’ (2) et moi-même nous trouvions dans cette école de la République dont la langue officielle se situait à des années-lumière de nos vernaculaires respectifs…

 

maramcle.jpg

 

Clémau et sa sœur Anne-Marie (Ami)

 

Ce qui est merveilleux dans le monde de l’enfance c’est qu’on apprend vite et que la faculté d’adaptation aux différentes situations est quasiment instinctive voire innée.

En l’espace de quelques mois, nous possédions tous les bases suffisantes pour comprendre et nous faire comprendre dans cette ‘nouvelle’ langue qui serait dorénavant la nôtre…

Il faut préciser que notre instituteur pratiquait également le ‘Platt’ (3) et cela nous a beaucoup aidé durant les premières semaines de notre toute nouvelle vie d'écoliers.

Felix Thil était un excellent pédagogue et, si derrière ses fines lunettes cerclées d’acier son regard bleu était bienveillant, il forçait également au respect.

L’expression ‘une main de fer dans un gant de velours’ collait parfaitement au personnage car il savait doser avec beaucoup de subtilité les encouragements ou, le cas échéant, les réprimandes.

 

classe.jpg

 

Une salle de classe des années 50

 

Si durant les premiers mois de classe dans ce 'Cours Préparatoire' nous apprenions à compter avec des bûchettes, à lire et à déchiffrer les lettres et les syllabes grâce à ‘Nini et Toto’ et à ‘Papa fume la Pipe’, notre instituteur faisait également appel à notre esprit créatif en utilisant un ‘ingrédient’ qui m’était totalement inconnu jusqu'alors : la pâte à modeler…

Une fois par semaine, il distribuait à chacun d’entre nous un petit bloc de cette masse malléable et colorée devenue grise à force d‘être mélangée et triturée en nous donnant pour seule consigne de laisser libre cours à notre imagination. 

Et ce n'est pas l'imagination qui nous faisait défaut... Que d’animaux et d’objets extraordinaires naissaient alors de nos petites mains lors de ces ateliers de ‘sculpture’ improvisés et, même si certains fougueux destriers ressemblaient plus à un chien ayant eu un grave accident de la circulation ou à un animal ayant subi des modifications génétiques irréversibles, c’est avec une fierté non dissimulée que nous comparions nos œuvres respectives…

 

Sans titre 2.jpg

 

La première fois que je participai à cette activité ‘artistique’, je rentrai fièrement à midi et, lorsque grand-mère me demanda comme à son habitude ce que j’avais appris ce jour-là, je lui répondis en ‘Platt’ et avec l’assurance du vieil habitué :

Ay Oma, Hait homma Pâte à Modeler in de Schoul gehat

(Aujourd’hui nous avions ‘Pâte à modeler’ à l’école)

De Pater(4) Modelé ? Ay Clémau, der Paschtor kenn Ich Jo gaa nit… Is das E naya ?

(Le Père Modelé ? Clément, je ne connais pas ce curé ? Est-ce un nouveau ?)

J’entendis dans la cuisine maman éclater de rire…

Grand-mère avait confondu le mot Pâte à modeler avec le terme allemand Pater (qui se prononce Paada) et qui signifie Révérend Père.

Dans la foulée, elle en avait conclu que nous avions eu la visite à l’école d’un énigmatique curé du nom de Modelé

Légèrement vexée par le rire de maman, grand-mère secoua la tête, rétorqua qu’elle ne comprenait rien à ces trucs modernes et me fît asseoir à table où m’attendait une grande assiette de Soudelbohnesoupp et des Poonekourhe (4).

Paada Modelé… Paada Modelé… So E kwatsch !

(Paada Modelé… Paada Modelé… Quelle connerie !) l’entendis-je encore marmonner pendant qu’elle remettait rageusement une pelletée de charbon dans la cuisinière…

Quant à moi, je vidais consciencieusement mon assiette, engouffrai 2 Poonekourhe grands formats et me dépêchai de quitter la table pour aller jouer dehors avec mon vélo Manufrance (5) avant de repartir pour l’école…

 

(1) A écouter absolument en CLIQUANT ICI

(2) Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore cet endroit, CLIQUEZ ICI

(3) Pour ceux qui ignorent tout de cette 'langue' fleurie, CLIQUEZ ICI

(4) Une soupe de haricots, carottes et pommes de terre avec des crêpes ! Plus d'infos ICI

(5) Lire le récit ’Mon premier Vélo’

 

 

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07/06/2019
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Em Clemau sei Footzegge : May 2019

Liewe Noschdalschia lèsa, als Ich es letschde mool may Briefboot gesihn honn das wa kouatz voa de Europawahle un dea hat so rischdisch ongeschla aousgesihn...

Als Ichem die Hond gèhn honn ounne gefrooht honn oba kronk wéa oda obba die Frégg häd do hadda mich mideme lähre blick ongeklootzt unn hat ènfarh gesaat :

- Noch schlimma, Ich mouss die gonze Wähltzédelle eroumdroohn !

Do hon Ich eascht geméakt das sei scheenes élektrische drayrad woa so schtolz drouf wa hinne vunn lauda gewicht fascht sezommzgebroorh wèa un das das hinaschdde Schoutzblèch fascht ouffem räfe geschläft hat.

- Do honn Ich Hounnade devoun oun jedes voun dènne dinga wieht sofill wie dray wourrhe Poscht oun die Misse allegèah noch woa somschda vedèlt wäre, Ich in nit wait woum nèave sesoomebrourh !

Donn issa gonz lognsoom im himbelle gäh de Brifkaschdde voun maynem nochba gong oun hat weidda gegroumelt oun die gonz weld awa Haoupsäschlich die Polidigga vedoomt.

De rèschd hon Ich Nimmé veschdon, Ich hon noua norh gehéaht wia gesaat hat 'das wèat norh nidemol méh betzahlt... Alles noua Aschlé..., Alles Schei..., Ia kinne mich om A... lègge...

Don hon Ich May Brifkaschdde oufgemarh unn honn tatzäschlich so E braouni Kouveat eraousgehol mit eme gonze putsche wähler zéddele die elèn on papia E däl woum Amazonie ouawald gekoscht honn.

Do ware so viel Kondidadde (doat mouss die Soupp gudd schmägge !) das die Gemän E gonzi rai plagadde wänd hat misse uffschdelle fa die gonze plagadde voun dène Kondidadde oufseglève...

Oun dea gonze siagouss noua fa E pa daa spädda feschtseschdelle das die Marine 0.9 % mé schdimme gritt hat als de Macronix de Gaulois, das de Wauquiez sich E naya rodda Jagge kaaffe konn, das die sotzialischde Kapidänlos uff Ihrem Pédalo weidda pletsche un das voum Mélanchouille noua norh say hologramm rescht geblieb is, was fa denne der sich als 'ountaschtbar' voa gonz Fronkraich dogeschdelt hat E richdischa schtoss ons schinbän wa...  

Kouatz gesaad, ma hon gewäld, sie honn fascht alle gèa gewunn un sogga die wo veloa honn sin gliklisch dasse mit so viel onzehn unn wuadde weloa honn.  

Was uns onbelongt, geht's lèwe weidda, de Francis Lalanne un sei Koah 'les petits chanteurs aux gilets jaunes' die wère jede Somschdda weidda ouf de Schtroos singe, mia wère weidda schdayere, alles was gabbout gemach wèad unn ounsere illousionne betzahle...

So, liewe Noschdalschia lèsa, jetz los Ich Aych gehn, wissena, seit das E senator uns éaklèat hat das wourscht Kreberègenda is als das unkraoutvenischdoungsmiddel (1) Glyphozad, doun Ich ma jede moaje beim frischdik Pesticid uff my zwiebak schmére unn honn imma méa huddel fa das zaych se finne...

Ich wère ma waschaynlisch E vorrat oaganisire misse, Ich will jo nit om Lyonakrebs odda om Kwétschesischméakrebs abkratze !

So, bis ball, blaywe gesund unn vegässe nit fa de Noschdalschia Blog se wähle, das is änfarha als fa die Europawahle unn ma doud nit de Wald in gefah bringe !

 

fact2.jpg 

Et voici la version française de ce pamphlet :

Chers lecteurs de Nostalgia, lorsque j’ai vu mon facteur la dernière fois, c’était quelques jours avant les élections européennes, et il avait l’air complètement abattu…

Je lui ai serré la main et quand je lui ai gentiment demandé s’il était malade ou s’il avait attrapé la grippe, il m’a fixé avec un regard vide et m’a simplement dit :

- Pire que ça, je dois distribuer les bulletins de vote… !

C'est là que j’ai remarqué que son nouveau tricycle électrique dont il était si fier croulait sous le poids du chargement et que le garde-boue arrière frottait pratiquement sur les pneus…

- J’en ai des centaines et chacune de ces enveloppes pèse aussi lourd que 3 semaines de courrier habituel et nn plus, il faut que tout soit distribué avant la fin de la semaine, je suis au bord du Burn-out ! 

Puis il s'est dirigé d'un pas las et en claudicant vers la boîte à lettre de mon voisin tout en maudissant l’humanité entière et les politiciens en particulier.

Je n’ai pas compris le reste de sa litanie mais j’ai encore cru entendre ‘c’est même pas payé en plus… bande de trous du c…, faites ch… et allez-vous faire…’, puis j’ai ouvert ma boîte à lettre et j’en ai effectivement retiré une grosse enveloppe brune dont le contenu en tracts et bulletins de vote représentait l’équivalent de la déforestation d’une partie de l’Amazonie…

Il y a avait tellement de candidats (la soupe doit être bonne !) que la commune a dû bricoler en vitesse une nouvelle rangée de panneaux pour pouvoir y coller toutes les affiches des prétendants…

Tout ça pour apprendre quelques jours plus tard que la liste de la Marine avait fait 0.9 % de plus que celle de Macronix le gaulois, que le Wauquiez pouvait aller s’acheter un nouvel anorak rouge, que les socialos dérivaient sans capitaine sur leur pédalo et qu’il ne restait plus que l’hologramme à Mélanchouille car lui-même était en pleine déconfiture ce qui est un tout de même un sacré coup de pied dans les tibias pour celui qui pérorait devant la France entière en prétendant que sa personne était soi-disant sacrée et intouchable !

Bref, on a voté, tout le monde est content, ils ont presque tous gagné et même les perdants sont fiers d‘avoir perdu avec autant de prestige et de dignité…

Quant à nous, la vie continue, Francis Lalanne et ses choristes ‘les petits chanteurs aux gilets jaunes’ vont continuer à se produire sur la voie publique tous les samedis et nous on continuera à payer la casse, les impôts et le prix de nos illusions… 

Sur ce, chers lecteurs de Nostalgia, je vais vous laisser à vos occupations, car, depuis qu’un sénateur nous a expliqué que la charcuterie était plus cancérigène que le Glyphosate, je me tartine du pesticide sur mes biscottes du petit déjeuner et j’ai de plus en plus de mal à en trouver.

J'envisage d’ailleurs de m’en constituer un stock, je n’ai pas envie de succomber à un cancer dû au saucisson ou à la confiture de Quetsches !

 

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A bientôt, portez-vous bien et n'oubliez pas de voter pour le Blog Nostalgia, c’est plus simple que pour les européennes et on ne risque pas de mettre la forêt en péril !

 

(1) Ce mot existe également dans la 'vraie' langue de Goethe si vous en doutez, CLIQUEZ ICI !

 

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Billet Février 2018 (Changements de Présidents) 

Billet Mars 2018 (Le catalogue russe) 

Billet Avril 2018 (La grève à la SNCF) 

Billet Mai 2018 (N. D. des Landes - Le prix Eurovision) 

Billet Juin 2018 (La coupe du monde) 

Billet Juillet-Août 2018 (La canicule) 

Billet Septembre 2018 (Macronix le gaulois) 

Billet Octobre 2018 (Nouveau Gouvernement) 

Billet Novembre 2018 (Gilets jaunes etc...) 

Billet Décembre 2018 (Cadeaux de Noël) 

Billet Janvier 2019 (La cagnotte)

Billet Février 2019 (La tempête de neige) 

Billet Mars 2019 (La vie en jaune)

Avril 2019 (Le chéquier perdu)

Billet Juin 2019 (La Canicule 2) 

 

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01/06/2019
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Parlez-nous de vous : Joseph Schoumer

L’histoire de notre ami Joseph Schoumer ressemble à un de ces romans de Charles Dickens, cet auteur anglais de l’époque Victorienne qui nous a laissé des chefs d’œuvre tels que Oliver Twist, David Copperfield ou son fameux Conte de Noël ayant comme personnage central le célèbre Mister Scrooge

Né le 19 avril 1943 au sein d’une fratrie de 13 enfants, la mère, Madeleine Schoumer est abandonnée brutalement par son mari et, n’ayant pas de revenus, n’a d’autre solution que de confier ses enfants à l’assistance publique.

Cet organisme placera les plus jeunes, dont Joseph, dans l’orphelinat Saint Joseph (un nom prédestiné) géré par des ‘Bonnes sœurs’ à Sierck-les-Bains en Moselle tandis que les plus âgés (14 ans et plus) iront travailler et vivront chez différents paysans de la région…

Les filles quant à elles seront transférées dans un autre orphelinat à Rettel, un village voisin.

 

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Le quotidien à l’orphelinat est minuté et bien rodé. Joseph raconte :

Le réveil du dortoir dans lequel une trentaine de gamins sont installés est assuré par une des ‘Sœurs’ le matin vers 6h30.

Une fois réveillés, on se met à genoux devant nos lits respectifs pour une première prière puis départ en groupe pour une rapide toilette devant les éviers.

La toilette terminée, retour vers le dortoir où nous revêtons la tenue mise à disposition par l’orphelinat puis chacun s'active pour faire son lit.

Dès que nous étions en mesure de manier un couteau, il fallait aider dans les cuisines à préparer les repas en épluchant les légumes ou en faisant la vaisselle.

On nous avait également appris à faire le ménage, à laver les planchers et plein d’autres menus travaux que nous exécutions sagement sans nous poser de questions…

Joseph passera ainsi une dizaine d’années dans ce lieu fermé dont il ne sortira quasiment jamais et dans lequel les jours se suivent et se ressemblent…

La classe était également assurée par des sœurs qui réduisent le programme scolaire officiel à l’apprentissage du latin, du français et de la religion.

Parfois nous répétions pendant une journée entière de petites pièces de théâtre qui étaient ensuite présentées à un public choisi les jours de fêtes religieuses.

Une chorale qui interprétera les nombreux chants religieux lors des messes est également mise en place…

Le jeune Joseph vivra ce quotidien en compagnie de ses frères André (qui a déjà 14 ans et qui est resté comme peintre à l’orphelinat), Roger, Henri et Marcel.

Ces derniers, déjà plus âgés, quitteront l’orphelinat pour aller travailler chez les paysans des environs.

Les années passent et, pendant ce temps, la mère fait la connaissance d’Antoine Noël (encore un nom prédestiné !), un ouvrier mineur originaire du pays-haut (Hayange) venu travailler dans les mines de charbon locales.

Ce dernier est provisoirement hébergé par Charles, un des frères aînés qui travaille déjà à la mine. Madeleine et Antoine s’entendent bien et un nouveau couple se reforme et habite provisoirement dans les baraquements de Simon Sud.

Antoine mettra tout en œuvre pour sortir rapidement les enfants de sa compagne Madeleine de l’orphelinat et c’est finalement en 1955 que ces derniers quitteront Sierck-les-Bains pour rejoindre leur ‘nouvelle famille’ qui occupe désormais une baraque entière à la cité de la Ferme de Schoeneck

C’est la première fois de sa vie que le jeune Joseph, alors âgé de 12 ans, quitte l’endroit dans lequel il vit depuis une dizaine d’année.

Il avait senti lors des dernières visites de sa mère que des choses étaient en train de bouger mais il ignorait encore que le quotidien de la fratrie allait changer à ce point et qu’ils quitteraient bientôt ces structures qui les avaient accueillies, nourries et protégées…

Joseph sentait confusément que sa jeune vie allait basculer vers l'inconnu.

Il se souvient très bien de cette mémorable journée, faite de sentiments partagés entre joie et crainte, lorsque les portes de l’orphelinat s’ouvrirent pour la première fois vers cette liberté qu’il attendait inconsciemment depuis si longtemps et qu’en même temps, il appréhendait…

Un matin ils sont venus me chercher pour me ramener à la gare où je devais prendre le train pour Forbach. A 12 ans, je n’avais jamais roulé ni dans une voiture ni dans un train et je me sentais comme un extra-terrestre qui débarque sur la terre.

Cette arrivée dans un monde 'ouvert’ me causa un véritable choc et les crises d’angoisse et de peur se succédèrent pendant les premiers mois de cette liberté inattendue…

Je découvrais tout ce qui m’était jusque-là inconnu. D’autres enfants, des adultes, des familles, toutes ces baraques pleines de gens qui parlaient des langues que je ne comprenais pas, les jeux, la forêt, l’école, des rues pleines de vie et de mouvement, les magasins, les vélos, les mobylettes et l’Autobus… Rien n’était plus comme avant et j’explorais petit à petit ce nouveau monde dans lequel je me sentais encore étranger...

Les premiers mois passés en famille dans la baraque de la Ferme de Schoeneck furent pour Joseph et ses frères un festival de joies et de nouvelles découvertes.

Leur 'nouveau père' Antoine leur fit découvrir tout ce qu'ils ne connaissaient pas.

Il les emmena pour la première fois de leur jeune vie à la foire, firent en sa compagnie de longues promenades dans la forêt voisine, et prirent l'Autobus pour aller explorer Forbach, la ville la plus proche dans laquelle il découvrirent des magasins, endroits nouveaux dans lesquels il n'avaient jamais mis les pieds...

Les premières semaines passèrent très vite puis Joseph entra à l’école du village chez Monsieur Blum.

Il se fit rapidement de nouveaux amis au sein des élèves de sa classe et manifesta rapidement un intérêt évident pour le sport en intégrant l’équipe de Basket locale puis en devenant jeune sapeur-pompier dans le corps de l'équipe des volontaires du village…

Ces premières années de sa nouvelle vie ont laissé pleins de merveilleux souvenirs à l’ami Joseph qui aime les raconter avec des étincelles de bonheur dans le regard :

On avait même construit un terrain de Basket derrière le bâtiment du Burghof à Forbach sur lequel on s’entraînait le plus souvent possible…

Comme j’étais grand et sportif, je jouais également au foot dans le pré entre la Ferme de Schoeneck et le village.

Il y avait mon frère Marcel malheureusement décédé à 15 ans d'une méningite mal soignée, Muller Berti & Roland, les frères Birig, Derr André, Scepanzick, toute une bande de jeunes footballeurs dont certains auraient pu faire une belle carrière… Moi j’étais dans les « caisses » en tant que gardien et c’est à cette époque qu’on m’a surnommé « Yashine » du nom de ce gardien de but russe très connu dans les années 50-60. Et puis on allait également jouer sur la place de la mare où se trouvait le 'rouleau' et dans la baraque du foyer dans lequel on pouvait jouer au Ping-Pong et lire des livres à la bibliothèque…

C’étaient de belles années pleines de découvertes !

Bref, tout allait pour mieux dans le meilleurs des mondes et à 14 ans, l’ami Joseph entre en apprentissage chez un artisan qui tenait un atelier métallurgique à Stiring-Wendel et qui travaillait en sous-traitance pour les H.B.L.

Malheureusement tout ne se passe pas comme on lui avait promis et, au lieu de faire un véritable apprentissage, Joseph est exploité et travaille comme manœuvre mais avec le salaire ridicule de quelques dizaines de Francs d’apprenti…

Il fallait absolument que je me sorte de cette galère et j’ai donc volontairement pris la décision de « bâcler » mon travail afin que le contrat d’apprentissage soit rompu.

Ça a marché et comme la plupart de mes amis travaillaient à la mine, j’ai décidé d’y entrer également pour apprendre le métier de mineur…

J’ai passé la visite médicale d’embauche et j’ai commencé le dur apprentissage de mineur en travaillant au triage des Skips de charbon au puits Gargan de Petite-Rosselle…

Pendant tout le poste, armé d’un bâton, je synchronisai l’arrivée des berlines de charbon en bloquant ou en libérant les wagons afin de réguler au mieux le déversement du charbon sortant du sous-sol…

C’est à l’école des mines que joseph prends conscience des lacunes de l’enseignement religieux dispensé par les bonnes sœurs.

Excellent élève en dictée et en français il est nul en calcul et un professeur du centre d’apprentissage viendra spécialement de Sarreguemines pour lui donner des cours de rattrapage.

Ce prof m’avait dit : c’est dommage pour la suite de ton apprentissage, je vais venir 3 fois par semaine pour te donner des cours de soutien en calcul. Cela ne te coûtera rien, je le fais pour t’aider… Je n’oublierai jamais ce que ce professeur a fait pour moi !

 


 

A 18 ans, Joseph est appelé à faire son service militaire et là également, un Capitaine bien intentionné fit en sorte qu’il puisse suivre des cours de mathématiques afin de rattraper définitivement le niveau d’un élève ayant suivi une scolarité normale.

Au retour de l’armée, il rencontre sa première épouse et de cette union naquirent 3 enfants. 

Malheureusement cette union fut un échec et ils se séparèrent après 10 années de vie commune.

Quelques mois après cette séparation il fit la connaissance de Marie Jeanne, une jeune mère de deux enfants avec laquelle il vécut en parfaite harmonie jusqu’à son décès en mai 2018.

Durant sa vie professionnelle, Joseph sera un syndicaliste engagé et convaincu, intégrera par la suite les équipes de sauveteurs et terminera sa carrière avec le grade de boutefeu.

Aujourd'hui, après avoir surmonté quelques petits ennuis de santé, il vit une paisible retraite dans sa maison de Stiring-Wendel, entouré de l'affection d'Estelle, la fille de Marie-Jeanne, de son petit fils Enzo, et des autres membres de la famille.

C'est là qu'il ma reçu par une belle journée de mai en compagnie de quelques ami(e)s fidèles venus papoter avec lui et échanger des souvenirs du bon vieux temps...

Mais ça, c'est une autre histoire dont nous parlerons une prochaine fois. C. Keller, mai 2019

 

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26/05/2019
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