NOSTALGIA, le Blog qui fait oublier les tracas...

NOSTALGIA, le Blog qui fait oublier les tracas...

L'aventure c'est l'aventure (2)...

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Préambule :

Pour bien comprendre ce récit haut en couleur, entièrement écrit sous l'influence de thé revigorant par notre ami JLM, il est nécessaire de faire tout d'abord un petit tour par la boutique en ligne Nostalgia.

Les rares lecteurs ou les visiteurs occasionnels de ce Blog qui ne connaîtraient pas encore cette caverne d'Ali Baba de la vente en ligne peuvent y accéder directement en cliquant ICI

 

 

* * * * * * * * * * 

 

Episode 2 : la magie du Blog Nostalgia

La semaine dernière j'ai reçu un mail d'un ami à qui j'avais posté un lien pour qu'il découvre notre site Nostalgia. Il s'appelle Heiny et a un fort accent du coin, hérité de ses nombreuses saouleries dans les bars entre Schoeneck, Petite-Rosselle et Stiring.

Il m'a dit après quelques jours, que ce site était super et il me demandait comment commander les articles en vente dans la boutique. J'ai éclaté de rire en lisant son mail et je lui ai répondu que ces articles étaient du vent, qu'ils n'existaient pas.

Le lendemain il m'écrivait que je me foutais de lui et qu'il exigeait que je lui dise comment faire. J'ai alors cru qu'il blaguait et je l'ai appelé sur son portable en lui expliquant la même chose que précédemment dans mon mail.

Eh bien vous ne me croirez pas, et lui non plus, il m'a dit que j'étais un salaud car je ne voulais pas le laisser profiter des articles miraculeux dont il avait tant besoin.

Alors là je n'étais pas dans la panade et ne savais plus comment faire pour terminer notre conversation. Après quelques instants il m'a même menacé de venir chez moi se servir des articles que j'avais sûrement acheté, car me demanda-t-il, comment se faisait-il que j'avais depuis peu un si beau 4x4 et un "Colisée" dans mon jardin !  

Pououah ! J'étais à deux doigts de raccrocher quand il me dit venir le soir même chez moi.

Il fallait que je trouve vite une idée pour l'empêcher de mettre son projet de déplacement en action, oui, mais comme tout ce que je disais sérieusement n'avais aucun effet dissuasif, j'ai imaginé le stratagème suivant :

- Ecoutes moi bien Heiny... Tu ne peux pas venir chez moi ce soir, chuttt, c'est un secret, mais ne vient pas !

- Goi ? un zecret ? Mais dis-moi lequel !

- Si je te dis que c'est un secret, c'est que je ne peux pas en parler !

- Ah oui, là encore tu feux être le zeul à brofiter de quelque chose, hein ?

- Ben, je dois te l'avouer, oui…

- Che zavais, che zavais, alors fite dis-moi ze que z'est !

- Bon, comme tu es vraiment un bon ami, écoute, mais écoute bien de tes deux oreilles et surtout ne me coupe pas la parole, je ne me répèterai pas !

- Ja, ja, ch'écoute.

- Tu as vu le pendentif rouleau ?…

- Voui ...

- Mais ne me coupe pas la parole, sinon je raccroche.

- Bardon, vaz-y, ch'ai combris zette fois.

- Donc le pendentif, celui qui représente le rouleau, il a énormément de pouvoirs

- Ja ch'ai lu za sur le zite

- Oh, stop, mais ferme-la putain d'bordel ! Mets-toi une pince à linge sur le bout de la langue et replie le tout dans la bouche.

- Bardon Chan, che me bince la langue et aïaoueh, cha fa mal !

- Bon, enfin… donc je disais que parmi ses nombreux pouvoirs, il peut pénétrer le corps et l'esprit, attirer l'argent comme l'aimant attire les mouches, j'ai aussi découvert qu'il pouvait trouver les trésors cachés dans les vieilles maisons

-  Umm, mmm, ummmm…

-  Chuttt, tu as compris !

-  Du, du, (splash) aïe, butain d'bince à linche, du en as drouvé un chez doi …

-  Bon sang, là je raccroche, tu me coupes la parole sans arrêt !

-  Nein, nein, bar bitié, gontinue.

-  Alors hal di klap noun di dié ! Donc, oui-mais, car il y a toujours un mais, le pendentif…, euh, le pendentif…,

-  Goi le bendentif ?

-  Eh bien il ne marche plus !

-  Et, là tu déconnes, tu te foutre de ma gueule, hein ?

- Non, je suis sérieux, tu crois que je n'aurai acheté qu'un 4x4 s'il marchait encore, et tu crois vraiment que je serai encore à Hombourg-Haut dans ma vieille maison ?

- Jo, jo, z'est za, tu es resté dans ta vieille maison pour chercher encore un autre trésor, ha, che t'ai eu là ! 

- Euh, non, non, c'est pas vrai, d'ailleurs si tu veux je peux te prouver qu'il ne marche plus.

- Et comment za ?

- Tu te rappelles que le pendentif peut pénétrer le corps ?

- Ja, ja,

- Alors écoute bien, je vais poser le pendentif sur ma main en pensant très fort à la tienne et tu auras tout de suite mal à la main, j'y vais t'as compris ?

- Jo, vaz-y !

- Bon, là j'appuie tout fort

- Aïe, aïe, arrête, za fait mal

(Oh p..., le con, il est réceptif à la suggestion, ce n'est pas possible)

- Et là, j'appuie où ?

- Zur mon bied, arrête… arrête.

(c'est pas vrai, ça marche vraiment !)

- Tu sais quoi Heiny ? Va toucher une cuillère dans la cuisine et elle se transformera en or !

- Cu'y vais, attend… za y est, che la touche, et… oh, waou, elle brille comme de l'or, brafo, brafo, attend che prends la louche… oh elle brille auzi, elle est auzi defenue en or.

- Bon on arrête tout là, ça va trop loin !

(là je n'étais pas dans la panade, je venais de lui offrir deux articles en or ? Faut que j'essaye chez moi)

- Merzi Chan, merzi, mais z'est pas azez, faut gontinuer, tu fois que les pouvoirs du bendentifs marchent encore.

- Attend, je vais voir dans ma cuisine, je prends une cuillère…, rien, une fourchette…, rien, ça ne marche pas !

- Gontinue Chan, tous mes couverts zont en or, ha ha, che zuis riche, gontinue encore un peu

- Non, tu te fous de moi Heiny !

- Nein, z'est pas frai, gontinue bite bite !

- Stop, maintenant ça suffit, salut, je vais dormir !

J'ai aussitôt mis un terme à notre conversation. Bien entendu il n'a pas arrêté de m'appeler, je l'ai mis en mode indésirable, verrouillé la porte à double tour et éteint toutes les lumières. Mais ne voilà -t-il pas que comme annoncé il vient sonner à ma porte. Il frappait si fort que j'ai bien cru qu'il allait la défoncer, alors j'ai ouvert avant qu'un voisin n'appelle la police !

 

 

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- Chan, regarde mes couferts, ils zont, ils zont, en or !

- Waou, j'en reviens pas, comme ils sont beaux et lourds !

- Fite donne-moi ton bendentif

(oh zut, je n'en avais pas, comment faire ?)

- Tu sais quoi Heiny, je sais que tu ne vas pas me croire, mais le pendentif, il a…, il a…

- Goi il a ?

- Il a disparu ! C'est sûrement à cause de toi !

- Gomment ? A gause de moi ?

- Oui, bien sûr ! Pour que tes couverts se transforment en or il devait être chez toi, d'ailleurs tu peux fouiller toute la maison, tu n'en trouveras pas !

Il s'est mis à fouiller partout, me foutant la maison sens dessus sens dessous et bien entendu sans le trouver, et pour cause ! C'est là qu'il s'est arrêté, les yeux exorbités, il m'a regardé et dit que j'avais peut-être raison et il a filé à toute allure chez lui. Je l'ai suivi et de l'extérieur de sa maison j'ai vu les lumières qui s'allumaient d'une pièce à l'autre, en ombre chinoise je voyais des affaires voler en l'air, ça devait être beau chez lui.

Au bout d'un moment quand le calme est revenu, j'ai sonné. Il m'a ouvert la porte, il pleurait, gesticulait, jetant ses bras dans tous les sens, s'adressait au ciel en levant la tête et disait que son or avait disparu et qu'il n'avait pas trouvé le pendentif ! Je n'ai pas osé lui dire que son couvert était resté chez moi, je l'ai simplement consolé en le prenant dans mes bras et en lui disant qu'il ne fallait surtout en parler à personne, car sinon nous risquions tous deux d'aller passer un long séjour en hôpital spécialisé dûment camisolés.

Là enfin j'ai retrouvé mon vieil ami Heiny un peu naïf, certes, mais coopératif qui promettait d'oublier le pendentif et de s'acheter de nouveaux couverts, en… inox ! Il a aussi compris que mon 4x4 et mon Colisée ont été payés avec mon épargne et mon labeur, ouf, j'étais soulagé.

Nous avons bien ri et je suis rentré rassuré par cette fin heureuse.

En cours de route cependant, quelques questions m'ont turlupiné l'esprit : il avait bien son couvert en or chez moi, car enfin, il n'en avait plus chez lui ?

J'ai accéléré et une fois entré dans la maison j'ai cherché son couvert et là oh surprise, j'ai découvert les cuillères, fourchettes, louche, spatules, toute sa ménagère au grand complet était bien là sur mon canapé enfoui sous les coussins.

Mais quand j'y ai regardé de plus près, je n'ai vu que des couverts traditionnels en inox, de mauvaise qualité de surcroît ! Il ne me restait plus qu'à les rendre à son propriétaire.

Je me suis rendu le lendemain chez Heiny, je lui ai rendu ses couverts et dans un calme olympien il m'a dit :

- Tu sais Chan, che zuis pas fou, tu m'as bien baladé hier hein ?

- Comment ça baladé, je pensais qu'on s'était mis d'accord, que tu avais compris que tout ça c'était foutaise.

-  Nein, tu es un machicien, tu fais croire ce que tu feux à qui tu feux et quand tu feux !

(et ça y est, s'était reparti, je ne savais plus quoi inventer et c'est là que j'ai pensé à mon ami Clémau)

- Oh, mais Heiny, je ne t'ai pas tout dit

- Che zavais, allez hop, dis-moi.

- Tu as presque raison, il s'est passé des choses bizarres, mais le magicien ce n'est pas moi, c'est Clémau.

- Clémau, z'est gui ?

- C'est un druide, un homme venu des lointaines contrées irlandaises, là-bas où des monstres nagent encore dans des lacs,

(Heiny était ébahi, il m'écoutait religieusement, pour une fois sans m'interrompre, j'ai alors enfoncé le clou)

- C'est être incroyable, il m'a envouté, donné des pouvoirs qu'il a aussitôt repris, il est malin comme un singe.

- Mais faut gue tu me brésente ze Clémau, il faut qu'il me donne auzi des bouvoirs machiques.

- Tu as raison, écoutes moi bien.

Si tu veux le rencontrer tu devras aller dans le Schoeneckaland, là-bas il y a une maison au bord d'une forêt entre la France et l'Allemagne, tu la reconnaîtras facilement, c'est la seule qui a dans son jardin un bouquet de noisetiers, tu sais l'arbre des machiciens irlandais (tiens je parle comme Heiny maintenant ?). Tu devras y aller à midi, tu le verras dans son jardin en train de préparer des mixtures sous les noisetiers. T'as compris ?

- Ah jawoueuh, merci Chan, che fais y aller demain

- Non, pas demain, c'est la pleine lune, tu dois attendre la lune montante et seulement là tu dois y aller et surtout n'oublie pas de ne pas parler de moi, car il se fâchera et ne t'écoutera pas !

- Ja ja, che te gonnais plus à bartir de maintenant, allez Sali, che fais regarder le calena lunaire pour zavoir guand che peux y aller. Merci Chan !

 

 

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Oh p…. d'bordel, enfin je me suis débarrassé de Heiny et tant pis pour Clémau qui est, faut bien le dire, à l'origine de toutes ces foutaises sur le blog, je suis impatient de savoir comment il va s'en sortir, mais moi c'est sûr, je me suis juré de ne plus jamais jouer des tours à mes amis.

 

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Faisant suite à votre récit paru dans Nostalgia, je vous fais savoir que je souhaite exercer mon droit de réponse. En effet, j'estime que les propos tenus à mon encontre par de dénommé JLM portent gravement atteinte à mon honneur et comportent de nombreuses contre-vérités. En conséquence, je vous saurais gré de bien vouloir publier le communiqué rectificatif suivant dans les meilleurs délais. Signé, Clémau.

 

 

08 Septembre 2019, Schoeneck.

Vers la fin du mois d’août, la canicule s’est soudain arrêtée et Sidonie et Alphonse ont quitté leur résidence secondaire de Verkhoïansk où ils avaient passé l’été à l’abri des touristes et des nombreux ‘amis’ désirant profiter de la nouvelle clim qu’ils avaient installée dans leur superbe maison de Morsbach… (1).

Après avoir loué leur chalet à un groupe d’Inuits désireux de se réunir à Verkhoïansk pour préparer les négociations de la vente de leur pays, le Groenland, au Président Trump et, sentant les premiers froids approcher dans leur Moselle natale, nos amis décidèrent de revenir chez eux pour goûter à la fraîcheur automnale de leur demeure familiale.

Hélas, leur Clim n’était pas ‘réversible’ et ne désirant pas encore allumer leur chauffage de peur de voir débarquer  une nouvelle horde de parasites avides de profiter cette fois d’un chauffage gratuit, Alphonse et Sidonie prirent la décision d’aller chez leurs amis à tour de rôle et de leur rendre ainsi la monnaie de leur pièce.

Pour commencer leur périple, ils avaient choisi de passer en premier chez moi et nous nous retrouvâmes donc, Alphonse, Sidonie, ma compagne et moi dans mon jardin sous le noisetier pour faire en leur compagnie une partie de Rami, ce jeu de cartes qu’affectionnent tous particulièrement les personnes âgées et les déficients mentaux légers. (2).

Alphonse était sur le point d’abattre une magnifique tierce franche suivie d’une belle série de 5 cartes (72 points !) complétée d’un Joker qu’il hésitait à poser car il considérait que tout Joker susceptible d’être récupérée par un autre joueur était un cadeau inestimable qui lui causait, sur l’échelle de la douleur, le même effet que l’ablation d’un rein sans anesthésie. Sidonie, qui tenait la comptabilité de la partie, ne put s’empêcher de lui faire remarquer que chaque fois qu’il posait ses cartes il nous donnait l’impression d’être la victime non-consentante d’un psychodrame dont l’issue allait lui être fatale… Mais, rien n’y fit et Alphonse continua à se lamenter sur son triste sort et demanda s’il ne restait pas un fond de café pour le réconforter d’avoir à sacrifier un Joker…

C’est au moment où je versais le breuvage dans sa tasse qu’un individu étrange au regard fuyant descendit l’escalier qui donnait sur le jardin…

Bonchour, Che zui Heiny, un gobain de Chan, le Chiélèm… Zé lui gui ma enfoyé izi gar che jerch un nommé Glémau gui aurait des bouvoirs zurnadurels…

Alphonse, Sidonie et ma compagne se regardèrent en réfrénant un fou-rire…

- C’est moi Clémau, que puis-je faire pour vous ?

Che foudrait ajeter le bandendif qui dransvorme les louches en or zil vous blait… Chan m’a vait une démonzdration et za a bien margé mais il m’a dit guil avait berdu son bandandif et m’a enfoyé geai fous en disant gue fous zête une zorde de machizien et gue fous brébarez des botions machiques la nuit zous votre noisedier…

- Ah, le bandendif, pardon, ah, le pendentif rouleau… En effet il était programmé jusqu’à hier pour transformer la tôle en or mais c’est fini maintenant, il recommence un nouveau cycle…

Un noufeau zigle ? Et guess guil fait maindenant… ?

Eh bien, il… (que vais pouvoir inventer pour me débarrasser de ce prototype ?) oui, il donne aux hommes un charme irrésistible sur certaines femmes… Pas toutes, seulement certaines !

Za margerait auzi bour moi ? Aveg les femmes chai zouvent des broblèmes de gondact… Za marche gomment ze druc ?

C’est relativement simple, ce superbe bijou est programmé avec un algorithme qui déclenche une avalanche d’hormones lorsque celui qui le porte est en face de la femme ou de l’homme de sa vie. Le résultat n’est pas instantané mais il est garanti. Une fois en face de la personne idéale, cette dernière ne pourra vous résister et votre charme opérera automatiquement... Mais encore une fois, cela peut durer un moment avant de tomber sur celui ou celle qui vous succombera…

Z’est bas kraff, ch’ai le demps, l’imbordant z’est gue za vonctionne. Che beux en avoir un ?

Euh… Oui mais bien sûr, et comme c’est jeudi aujourd’hui et que vous êtes passé avant 16h30, vous bénéficiez en plus de la promo spéciale VIP c’est-à-dire d’une remise de 30 %.

Chénial !  Alors za fait gombien ?

Ben875 Euros, payables de suite et en espèces uniquement.

Bas de broblèmes, merzi bour la bromo, che basse au tistribudeur et che refiens dans zinc minudes…

Eh bien, figurez-vous qu’il est revenu et a acheté sans discuter le pendentif que j’ai bricolé entre temps avec une chaînette et une vieille boucle d’oreille trouvée dans un tiroir au fond d’une armoire…

Ah, j’oubliais, je lui ai également fait signer un papier sur lequel il est stipulé que c’est uniquement JLM qui assure le fonctionnement et la garantie du produit. C’est quand-même lui qui a commencé en m’envoyant son copain chtarbé non ?

 

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On a finalement terminé notre partie de cartes dans l’hilarité générale et c’est Alphonse qui a gagné haut la main. Il avait évidemment mis toutes les chances de son côté, grâce à ses Jokers, mais il a une fois de plus transpiré et tremblé de peur qu’un autre joueur puisse éventuellement les récupérer avant la fin de la partie… !

Nous regardâmes encore les photos de vacance de nos amis à Verkhoïansk puis Alphonse et Sidonie nous informèrent avant de reprendre la route, qu’à partir du mois d’octobre, ils iraient se chauffer à Hombourg-Haut chez un nommé JLM, distributeur exclusif et centre SAV de produits vendus par une certaine boutique Nostalgia car ils avaient entendu que ce dernier posséderait un chauffage capable d’affronter les hivers les plus rudes.

 

12 septembre 2019, Hombourg-Haut.

Jean-Lucien M. (4),  PDG d’une entreprise de service locale, propriétaire d’un Colisée, d’une superbe chaudière à bois ainsi que de 9 radiateurs en fonte au pouvoir calorique hors du commun héberge depuis peu un sous-locataire nommé Heiny qui aurait des problèmes récurrents avec un pendentif soi-disant magique vendu par une mystérieuse boutique en ligne. La police mène l’enquête. (4)… 

 

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(1) Lire le récit Ode à la clim ICI

(2) Que nos amis joueurs de carte se rassurent, ce n’est que de l’humour !

(3) Il semblerait que le pendentif se déclenche systématiquement lorsque Heiny se trouve en présence de JLM ! Étonnant non ?

(4) Pour des raisons déontologiques, nous préférons préserver l’anonymat de cette honorable fripouille jusqu’à la fin de l’enquête.

 

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06/09/2019
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Miki, Saignée & Double-Rhum

L'histoire et les personnages :

Miki, le petit Ranger est un adolescent d'environ 16 ans courageux et téméraire qui s'engage dans les légendaires Rangers du Nevada en compagnie de son 'père adoptif', Double Rhum, un vieux Scout ivrogne et grognon. Dans le premier épisode de la série, Miki a pour mission d'arrêter la bande du Vautour, responsable de nombreux délits et du meurtre du sergent Clem. Miki rencontre de nombreux obstacles sur son chemin mais réussit à délivrer Susy, la fille du Colonel Brown, commandant du fort Coulver, enlevée par cette bande. En dépit de son jeune âge et pour récompenser son courage, Miki le Ranger est nommé Capitaine et se fiance avec la charmante Susy. 

En plus de Double Rhum, personnage classique du vieil alcoolique, on retrouve autour de Miki le docteur Saignée, une autre figure emblématique du western traditionnel, réminiscence de l'acteur Thomas Mitchell qui incarna le rôle du médecin ivre dans le film La Diligence. Ces deux personnages très typés, apportent à la série une dose de comique, à la limite de l'excès, largement compensée par la rigueur, la maturité et la clairvoyance du jeune héros.

 

 

Les créateurs :

Miki le Ranger (Capitan Miki) a été créé en 1951 par le fameux trio de la EsseGesse (Sinchetto, Guzzon, Sartoris) qui dessinèrent également Blek et Swing. La série a été publiée en France aux éditions Lug : Flambo-Bourask (40 N°), Névada (N° 429 à 494), Yuma (N°1 à 245 puis 312 à 374) et Spécial Kiwi. Les aventures de Miki ont également été publiées par le même éditeur dans Rodéo et connaissent depuis juin 2002 une nouvelle jeunesse dans Yuma. A l'instar d'autres série publiées dans les petits formats des années 50-60, (Blek, Tex, Pépito etc.) Miki, connut de véritables heures de gloire et une grande popularité chez les lecteurs qui avaient soif d'évasion et d'aventure et cherchaient des dérivatifs pour compenser les années de privations et de guerre.

Vers 1950, les loisirs étant peu nombreux, la télévision quasi-inexistante, seuls les illustrés (communément appelés bouquins) et le cinéma, (le cinoche) pouvaient offrir aux jeunes (et aux moins jeunes !) un monde de rêve dans lequel ils pouvaient s'identifier à ces héros qui ne mourraient (presque !) jamais.

Avant 1950, ces illustrés était généralement imprimés en grand format avec un nombre de pages restreint. Ce n'est qu'après la loi de 1949 sur les publications destinées à la jeunesse que les éditeurs s'orienteront vers le format de poche appelé Petit format, dont certains titres continuent à être publiés aujourd'hui (Rodéo, Kiwi, Swing, Akim, Yuma, Zembla).

 

 

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04/09/2019
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La légende du Hübichenstein et du roi Hübich

Cette histoire et la légende associée sont très éloignées de notre bonne vieille Ferme de Schoeneck.

C'est une histoire que nous avons vécu pendant la Seconde Guerre mondiale en Allemagne, de 1944 jusqu’après la fin de la guerre en 1946 dans la petite ville de Bad Grund (1) située dans les montagnes du Hartz en Basse-Saxe, où vivaient notre famille ainsi qu'une vingtaine d'autres familles (Ukrainiennes et Polonaises) et où mes parents travaillaient dans un camp de travail ouvert.

La carrière de quartz du Winterberg (c’était le nom du camp) était divisée en deux sections: l’une de ces sections était un camp du travail ouvert et l’autre était un camp de prisonniers de guerre hébergeant principalement des soldats russes, britanniques et américains. 

La différence entre les deux camps était comme le jour et la nuit, mais là, je m'éloigne de mon histoire...

Mais parlons plutôt de cette mythique montagne du Hartz et de la légende associée au Hübichenstein.  

Ce dernier, fait partie de cette zone montagneuse dont le point culminant est le Brocken situé en Saxe-Anhalt et dont l'altitude est de 1142 mètres.

Le Hübichenstein culmine à environ 50 mètres de hauteur. et on côtoie son imposante masse lorsque l’on circule sur la Bundesstrasse 242, à environ un kilomètre au nord de Bad Grund dans la région d’Iberg. Il est par ailleurs constitué de deux roches interconnectées, l'une d'environ 50 mètres de haut et l'autre d'environ 40 mètres.

Vers 1897, pour commémorer l’anniversaire de l’empereur d’Allemagne, les braves gens de Bad Grund y installèrent un énorme aigle en bronze d’une envergure d’environ 4 mètres. Plus tard, sous le régime hitlérien, les nazis rajoutèrent 4 croix gammées au pied de l’aigle et, par beau temps, on pouvait voir l’aigle avec les croix gammées noires sur un fond blanc et rouge depuis des kilomètres alentours.

Au milieu de 1946, les croix gammées furent enlevées par les britanniques mais l’aigle majestueux est toujours visible au sommet du Hübi.

Le petit Hübi d'environ 40 mètres est idéal pour les randonneurs et les visiteurs car il ne faut que quelques minutes pour atteindre le sommet. En 1946 et avant, il n'y avait pas de main courante et il fallait être très prudent spécialement les jours de pluie ou en hiver dans l’escalade de ce gros rocher. Depuis 1990, des mains courantes ont été installées et il y a même deux bancs à mi-hauteur pour permettre aux gens de faire une pause. Une fois le le sommet atteint, vous bénéficiez d’une vue majestueuse sur la petite ville de Bad Grund, la carrière de Winterberg ainsi que sur les environs de cette partie des montagnes Iberg et Hartz.

 

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Cliquez sur l'image pour accéder à la vue panoramique

 

Il existe différentes légendes relatives au Hübichenstein, je vous parlerai ici de la plus répandue chez les anciens de Bad Grund.

Selon la légende, Hübi était la propriété d'un roi nain nommé Hübich (2). Son château était une grotte située sous le Hübi et toutes les grottes, grandes et petites, étaient habitées par des sorciers affreux et méchants mais le roi Hübich dictait sa loi.

Hübich était un homme bon et doux, selon la légende, très gentil avec les habitants de Bad Grund, mais chaque fois qu'il tentait de faire une bonne action, le conseil des sorcières entrait en conflit avec lui, mais le roi avait toujours le dessus lors de ces conflits.

 

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Toujours, selon la légende, on demandait aux personnes de rester à l'écart des grottes car quiconque ayant le courage d'y entrer était aussitôt capturé par la sorcière perverse ou par ses enfants qui ne manqueraient pas de faire bouillir leurs victimes dans un énorme chaudron noir puis de les manger (le plat qu'ils préféraient était les petits garçons et les petites filles!) puis d’utiliser leurs ossements pour décorer leurs cavernes

J'avais environ 7 ans en 1946 et je me souviens encore des avertissements de notre professeur Scholl relatifs aux cavernes aux sorcières et de son interdiction la plus absolue : ne jamais escalader le Hübi car, selon la loi locale, si cette escalade était tabou, cette loi n’a presque jamais été appliquée et, les dimanches, principalement pendant l’automne, il y avait toujours des jeunes et des ‘casse-cous’ qui essayaient de grimper sur le Hübi de 50 mètres et de s’asseoir au-dessus de l’Aigle de Bronze.

La légende dit que beaucoup de ces intrépides jeunes et moins jeunes, qui s’étaient aventurés dans ces grottes n’ont plus jamais été revus…

Mais les enfants sont les enfants et nous essayions tous d’escalader le Hübi.

J’ai presque honte d’avouer n’avoir jamais réussi à dépasser les premiers 4 ou 5 mètres car cette partie inférieure du Hübi était la plus facile, pour un grimpeur bien entendu…

Nous avons vécu à Bad Grund pendant environ 2 ans jusqu'à la fin de 1946 (65 Ibergstrasse, avec le même numéro de maison qu’à la Ferme de Schoeneck !).

Pendant notre séjour là-bas, je ne peux me rappeler que de 4 personnes ayant atteint le fameux sommet et toutes les 4 avaient environ 15 ou 16 ans.

Ce qui suit est un événement triste et tragique relatif à la montée du Hübi.

Olga Pellaga, une jeune fille d’origine polonaise âgée de 15 ans qui habitait à quelques pas de chez nous, a parié avec l’une des filles qui avait réussi cette escalade qu’elle également pourrait atteindre le sommet et s'asseoir sur l’aigle en bronze.

La plupart des membres de sa famille était contre l'ascension, mais Olga était un Tomboy (un garçon manqué) tout comme l’était sa mère dans sa jeunesse et cette dernière lui a finalement donné la permission de grimper sur le Hübi.

C’est vers 10 heures un dimanche matin en automne 1946, qu'Olga commença son ascension. Tous les enfants de la région ainsi que quelques adultes étaient là pour l'encourager. 

Olga était à peu près à mi-chemin de la montée, lorsque j’entendis des cris et une clameur. Je n'ai pas vu la chute, c’était Olga, couchée sur le dos et couverte de sang. Elle bougeait encore un bras et la bouche mais personne ne pouvait deviner ce qu'elle disait.  

Deux garçons coururent en direction de la carrière de Winterberg (à environ un demi-kilomètre de distance) mais à l'arrivée des secours, Olga était déjà décédée depuis un moment.

Cet accident a stoppé les tentatives d’escalade à l'époque où nous vivions là-bas, mais je suis sûr qu'il y a eu et qu'il y en aura d’autres parmi ceux qui tenteront cette montée…

En 1946, il y avait quelques panneaux indiquant "Selon la loi locale, l'ascension du Hübichenstein n'est PAS autorisée" mais, lors d’un voyage en 1990, j'ai vu un panneau qui disait simplement "Grimper sur le Hübichenstein est à vos risques et périls!".

Le premier week-end du mois de mai, Bad Grund organise une grande manifestation intitulée Célébration de la Hexen Nacht (Nuit des sorcières). Ce samedi-là, la plupart des habitants de Bad Grund, vêtus de haillons défilent, bras-dessus bras-dessous en portant à bout de bras de grandes torches et en chantant le chant des sorcières destiné à faire frissonner grands et petits et, croyez-moi quand vous avez 7 ans et que vous croyez encore aux fées et aux de sorcières, eh bien chers amis, je peux vous affirmer par expérience que vous avez peur et que vous ne dormez pas beaucoup pendant la Hexen Nacht…!

 

grotte.jpg

 

Le dimanche de ce week-end marque le sommet de la fête… Toute la place du marché est décorée de couleurs chatoyantes et l'on peut admirer des images du roi nain Hübich un peu partout sur la place.

Parmi les nombreuses attractions proposées au public, les plus amusantes sont les deux mats de cocagnes enduits de graisse, un pour les enfants et un autre pour les adultes.

Il est nécessaire d’arriver tout en haut pour décrocher un lot de valeur, mais peu de gens remportent un tel succès en raison du pétrole et de la graisse qui enrobe les mats...

Fou rire garanti !

Il y a également des promenades pour les enfants en poney et un superbe Bier Garten (une guinguette à bière) où de charmantes jeunes serveuses portent jusqu’à 4 ou 5 bocks de bière en terre cuite d'une seule main pendant qu’une fanfare traditionnelle joue de vieux airs du folklore local.

Mais, en ce qui me concerne, mon meilleur souvenir a été l’enclos aux porcelets dans lequel les enfants de moins de 12 ans devaient attraper un porcelet gras en moins de 30 minutes !

Oui, j'ai participé  deux  fois à ce ‘Rodéo aux porcelets’ et je reconnais humblement que je suis reparti deux fois les mains vides… La seule chose que j’y ai gagné c’était une superbe ‘engueulade’ de maman parce que j’avais complètement ‘salopé’ mes habits du dimanche !

Lors de mon court séjour à Bad Grund en 1990, j’ai parlé à plusieurs personnes et j'ai été heureux d'apprendre que la ville continue à fêter tous les ans la Hexe Nacht durant le premier week-end du mois de mai, mais j'ai également appris que la participation des habitants diminue malheureusement au fil des années…

Notre séjour à Bad Grund pendant et après la guerre a été difficile pour mes parents, mais pour moi et ma sœur Irène, c’était un peu comme à la Ferme de Schoeneck avec simplement quelques magnifiques montagnes en plus !

 

(1) Plus d'infos sur Bad Grund ICI

(2) La page officielle de cette légende est ICI 

 

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22/08/2019
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Em Clemau sei Footzegge : Jouli-Aougouscht 2019

REFLEXIONS SUR NOTRE SYSTÈME DE SANTÉ

Un 'Billet d'humour' en 'Platt' et en français

Liewe lèsa, ma hatt ouns die letscht tsait oft oun viel voun ounserem waggeldische gesoudhäts sischtém vetsélt oun voun de Schtraygge in de Schpitäla.

Ounsa nayi gesundhätsminischderin hat sich viel miih gènn fa ouns se èaklère das alles ball béssa wiad.

Das hohn Ich om aygene layb gemèakt, oun honn feschtgeschdelt das ma ouffem rischdische wäsch sinn. 

Ia kinne aych norh on die Hitzewéll im Jouni oun onfongs Aougouscht èarinnere oun voun dea geschicht mit dem gonze houddel noo déa berimt Klimaonlarhe voum Alphonse oun de Sidonie. Ay schdélle aych emool voa das die geschischt do mia a se schaffe gemarh hat wayl Ich nooh dem viele hayss oun donn waam omme schénne moaje om 28 Youli mit soome beèngsdiches gekriwls im hals warh woa bin... 

May freindin, E raffiniades Minch wo noua may beschdes will, hat ma donn ingerèd das Ich oumbedingt E Dogda besourhe sollt.

Winna's wascheinlisch wisse, bin Ich géhe Dogda oun Méditsin tsimlisch allèagisch, awa mayns hat mich soo long gedrängelt das Ich kèn onneri wahl gehat hon als E Dogda se finne wayl unsera in Schénégge in pension gong iss oun bisjétz norh kèn noofolscha gefoun hat.

Do honh Ich E gonza Daa 32 Dogdere in de gonz oumgéboung ongerouff oun hohn 127 mool nè gesaad kritt (Ich honn monsche E paa mohl ouname falsche noome ongerouf) oun may freindin wo in solsche hoffnoungsloose sitouatsionne imma E lésoug find, hat Mich donn om nègschde moaje gèh 7 oua in die Notoufnoome hingefah.

Im gong voun dem Schpitaal honn schoun oungefèa 124 patsiendde ouf E Dogda gawaaht.

Monsche hon uffna Britsch gelèh, onnere oufna civière, oun so ounggefèa 20 schdig, waschaynlich die wo's gewéhnt ware, hon oufem gekarelde bodde gesitst.

Schdiga 10 fraoue weschidenes älda hon geschtrigt, monche hon Puzzle gemarh oun oufemme compingdisch hon mérere Famillie laout kaadde geschbilt.

 

https://static.blog4ever.com/2016/02/814449/artfichier_814449_8312032_201908103654962.jpg

 

Ich hommich don imme égge ouf de bodde nèwe some groohhorische Monn wo sei pèafusion schlaour proviat hat widga in die Pèafusion se schdègge gesitz oun gewaht...

Dèa Dogda is schlislisch una schdagem applaous, voun dènne wo hon blètsche kinne,  gèhe 15 H èndlich koum.

Gèhe 18 H issa zu mia koum, hat ouf say oua geloud, de kopp geschiddelt oun hat ma so ungefèa 1/4 Schtoun im hals eroumgefoumelt wèrenda mit sayna onera hond de bloutdrouk founa onnera halb omèschdischi patsièntin gemèsst hat...

Wiha féatisch wa, hat déa Schpétsialist mich berouischt oun hat ma gesaat dasses noua E kléni angine wèa uns dass Ich mit 8 tablèdde Oracilline 500 mg in 2 Daa schnell widda fitt wèa.

Donn hadda ma E scheenes rétsept geschrib, wo Ich donn in de éascht bescht Abedék voagelét hon. Es wa 21 H oun ma sin éalayschdat Hèm koum.

Das Médikament wo dèa goudde Dogda ma veschrib hat wa E wares wounna.

Om tsvèdde Daa moajens baym oufstéhn honnich nix mé voun dem krivele im hals geméakt oun bin gonz fitt in's Badetsima gong fa mich se rasire oun fa E douch se holle.

Wie Ich mich awa donn im Schpischel gesin honn, honn Ich gemèakt das may gesischt oun may gonza Koeapa mit rote flègge bedékt wa... Als mich maynes krayche gehéat hat hat's widda rischdisch réagiat oun mich schnell widda in's Schpiddal gefah. 

31 Jouli, der nèdde Dogda voum Schpiddal wo Ich om 17 H gesinn hon noeme kleene schlèfsche ouf na Britsch im gong, hat mich berouischt oun hat ma gessaad dasses noua E klèni réaksion ouf die Oracilline wèa oun hat ma sofoat E onnera antibiotique feschrib Amoxicilline wo Ich 2 Daa long jede Daa 6 tabledde inhohle soll.

Das Médikament hat schnell gewiakt oun om nègschde Daa ware die rodde Flègge schoun wèg oun Ich hon die Scharguel volla hoffnung lea gemarh.   

Als Ich om Aougouscht oufgestoon bin hat may Freindin gemeakt das may Kni unn may éleboe gonz ongeschvoll ware oun das Ich schnell widda zum Dogda géhn mouss bevoa dèa in Oualab faadh, was Ich mitkritt hon wia midda Krongeschweschdda diskudiat hat wèrend dassa E patient E péridurale geléht hat.

Ea hat mich sofoat èakènnt unn hat ma feschproorh dassa sich oum mich kimmere dèt soball èa die vésicule voun dem ène Patsient eraous geholl hét oun mit dènne 2 Koloscopie wo èa im gong marhe misst wayl de opératsions saal voll wèa mit chinése oun yapoonische tourisde die E audobous ounfall nit wayt voun Hom-Haut gehat hon féatisch wèa. (*)

Damit Ich mich wohl fihle (may Kni homma fouaischba wéh gedoun wèn Ich hon misse stéhn) hat ma so E chamondi Moldavischi Krongeschweschda 2 fascht glayschmèsisch longe Krike, voumme Patsient wo ohmèschdisch geffal is oun wo se nimmé gebraourt hat, hèa gebroung.

Om 17H30, hat dèa goudde Dogda wo om nèkschde Daa ouf die grischische insele in Oualab fahre soll (doat isses wassa soo kloa... Douds wéh wen Ich doo droufdrigge ?) beschdèdischt dasses sich oum E réaksion ouf die Oracilline hondelt oun hat ma E rétsept aousgeschdelt fa 3 Scharguele voun dem gonz naye Médikament Friconvitex oun glaysch gesaad das Ich mich nit wounere soll wayl das Friconvitex E nèwewiakung hét un tswa so E kriwele im hals woma nohèa als angine gonz layscht behondele kind.

Do hadda mohl schuwidda rescht gehat oun om 8 Aougouscht nodèm Ich das rétsept in die Poubel geschmiss hon, bin Ich mit mayna Freindin zou maynem Fesicherougs agènt gefaa un hon woasischtshalwa norh schnell E Assurance obsèques abgeschloss.

Ma iss Jo haitsedaa nit voasischdisch genoung...

 

Létschdi Meldoung : May Halsweh is gonz plötslisch weschwoun als Ich 2 Tasse heissa thé mit hounisch getrounk honn wie may Grossmudda domols wo's norh kèn Farmakontsèrne oun daousende tabledde oun gélules in vesischelde Paggunge mit dadoumsfrischt oun innohme empfélung guen hat.

Ah, norh ebbes, Ich hon mich als fraya Kondidat in de Méditsin Fakoultèd inschraywe gelost. Wen alles rischdisch klappt, marich in E paa Joa may aygenes Schpiddal ouf oun wère donn schtèn raich !

 

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Et voici la version française pour les lecteurs non plattophones :

Chers amis lecteurs, ces derniers temps on nous a beaucoup parlé de notre système de santé déficient, des grèves dans les hôpitaux et notre nouvelle ministre de la santé a fait énormément d’efforts de communication pour nous rassurer et nous dire que bientôt tout ira mieux…

J’en ai fait moi-même l’expérience et j’ai constaté que nous sommes effectivement sur la bonne voie.

Vous vous rappelez de cette vague de chaleur en juillet et au début du mois d’août et de mon récit qui a entraîné une cascade d’événements suite à la découverte de la fameuse « Clim » d’Alphonse et de Sidonie ? Eh bien figurez-vous que cette histoire m’a également laissé des traces car, à force d’être alternativement soumis à la chaleur ambiante puis à la clim pendant plusieurs jours, je me suis réveillé au matin du 28 juillet avec un picotement dans la gorge qui ne présageait rien de bon…

Ma compagne, une personne pleine de bon sens et très attachée à mon bien-être, a insisté longuement pour que j’aille voir un médecin.

Comme vous le savez sans doute, je suis allergique à toute forme de médecine mais, devant son insistance, je n’ai eu d’autre possibilité que d’essayer d’en trouver un car le médecin de notre village est parti en retraite et, pour l’instant, il n’y a aucun remplaçant à l’horizon.

 

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Après une journée entière à passer 32 appels dans différents cabinets de la région et après avoir essuyé 127 refus (j’avais même appelé plusieurs fois les mêmes médecins en changeant mon nom), ma compagne, toujours pleine de ressources lorsqu’il s’agit de trouver des solutions aux situations désespérées, m’a finalement conduit le lendemain matin aux environs de 7 H au service d'urgence de l’hôpital le plus proche.

Dans les couloirs de l’hôpital, approximativement 124 malades attendaient l'arrivée d'un médecin.

Certains étaient allongés sur des brancards, d'autres sur des civières et, une vingtaine d'entre-eux, des habitués sans doute, étaient assis à même le carrelage.

Un dizaine de femmes de tous âges tricotaient, d'autres faisaient des puzzles et, assis autour d'une table de camping plusieurs familles jouaient bruyamment aux cartes.

Je pris place dans un coin par terre à côté d’un Monsieur grisonnant qui essayait vainement de remettre le tuyau sur son bocal de perfusion et pris mon mal en patience, si je puis m’exprimer ainsi… Le médecin arriva enfin sous les applaudissement nourris des personnes encore valides vers 15 heures.

Aux environs de 18 heures, il s'approcha de moi, regarda l'heure, hocha la tête et me farfouilla pendant ¼ d’heure au fond de la gorge tout en prenant de l'autre main la tension d’une malade comateuse. L'examen terminé l'homme de l'art me rassura et m’informa que je n’avais qu’un petit début d’angine et que 8 cachets d’Oracilline dosés à 500 mg pris sur 2 jours en viendraient rapidement à bout puis me délivra une jolie ordonnance que j’allais, dans la foulée, présenter à la pharmacie la plus proche.

Il était 21 heures et nous rentrâmes, soulagés, à la maison.

 

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Le médicament que cet excellent praticien m’avait prescrit était quasi-miraculeux.

Au matin du deuxième jour je me réveillai sans le moindre picotement dans la gorge et me levai plein d’entrain pour aller me raser et prendre ma douche matinale.

C’est en me regardant dans le miroir de la salle de bain que je vis que tout mon corps et mon visage étaient constellés de grosses plaques rougeâtres…

Ma compagne, attirée par mes cris, prit une fois de plus la décision qui s'imposait et m’emmena sans hésiter à nouveau aux urgences.

31 juillet. Le sympathique médecin de l’hôpital que j’ai vu vers 16 heures après un petit somme sur une des civières vides, m’a rassuré en me disant que ces plaques n’étaient qu’une réaction allergique à l’Oracilline et me prescrivit un antibiotique de substitution, l’Amoxicilline à prendre pendant 2 jours à raison de 6 cachets par jour.

Le résultat ne se fit pas attendre, les plaques avaient quasiment disparues le lendemain et je terminai la boîte de cachets le cœur léger.

C’est en me levant au matin du 3 août que ma compagne constata que mes genoux et mes coudes étaient tout gonflés et qu’il fallait rapidement consulter le médecin avant que ce dernier ne parte en vacances, info que j’avais captée lors de ma dernière visite durant une discussion entre le docteur et une des infirmières alors que cette dernière l’assistait pendant qu’il procédait à une péridurale sur une patiente dans le couloir.

Il me reconnut de suite et m’assura qu’il allait s’occuper de moi dès qu’il aurait terminé l’ablation de la vésicule et des 3 coloscopies prévues en début d’après-midi dans ce même couloir car le bloc opératoire était surchargé à cause d'un afflux inhabituel de touristes japonais et chinois victimes d'un accident de la route près de Hombourg-Haut (*).

Afin de m’assurer un confort maximum, (mes genoux me faisaient horriblement souffrir lors de la station debout), une des charmante infirmières moldaves me procura une paire de béquilles de longueur presque identiques qu’elle avait récupérée chez un des malades évanoui qui n’en avait plus besoin dans l’immédiat.

A 17H30, l’excellent médecin qui allait partir le lendemain dans les îles grecques (l’eau y est d’une transparence et d’une limpidité extraordinaire… Vous avez mal quand j’appuie là ?) hocha la tête d’un air entendu, me confirma qu’il s’agissait bien d’une simple réaction à l’Oracilline et me rédigea une ordonnance sur laquelle il avait noté 3 boîtes d'un tout nouveau médicament le Friconvitex en me précisant dans la foulée que je ne devais pas m’inquiéter car la réaction à la prise de Friconvitex se traduit la plupart du temps par des picotements dans la gorge risquant de déboucher sur une petite angine très facile à soigner…

Une fois de plus il avait vu juste et, le 8 août 2019, après avoir jeté mon ordonnance dans la poubelle, je partis avec ma compagne chez mon agent d’assurance pour signer à titre préventif, un contrat Assurance obsèques.

On n'est jamais trop prudent par les temps qui courent...

 

 

Dernière minute : mon mal de gorge a spontanément disparu suite à l’absorption de 2 bols de thé chaud additionné de miel comme le faisait ma grand-mère avant l'omniprésence des laboratoires pharmaceutiques et leurs milliers de cachets et gélules conditionnées en plaquettes alvéolées avec date de péremption et posologie à respecter scrupuleusement...

Ah, j'oubliai... J'ai également décidé de m’inscrire en candidat libre à la Fac de médecine. Si tout se passe comme prévu, dans quelques années j'ouvre mon propre hôpital et je fais fortune !

 

(*) Pour bien comprendre ce passage CLIQUEZ ICI

 

Lire les autres billets d'humour : 

Billet Février 2018 (Changements de Présidents) 

Billet Mars 2018 (Le catalogue russe) 

Billet Avril 2018 (La grève à la SNCF) 

Billet Mai 2018 (N. D. des Landes - Le prix Eurovision) 

Billet Juin 2018 (La coupe du monde) 

Billet Juillet-Août 2018 (La canicule) 

Billet Septembre 2018 (Macronix le gaulois) 

Billet Octobre 2018 (Nouveau Gouvernement) 

Billet Novembre 2018 (Gilets jaunes etc...) 

Billet Décembre 2018 (Cadeaux de Noël) 

Billet Janvier 2019 (La cagnotte)

Billet Février 2019 (La tempête de neige) 

Billet Mars 2019 (La vie en jaune) 

Avril 2019 (Le chéquier perdu) 

Billet Mai 2019 (Européennes & Glyphosate)

Billet juin 2019 (La canicule 2)

 

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12/08/2019
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L'aventure c'est l'aventure...

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Episode 1 : Ode à la « Clim »

Pour bien comprendre ce récit haut en couleur et en sueur, nous conseillons vivement à nos lecteurs de lire le "Footzegge" du mois de juin ainsi que les commentaires s’y référant en cliquant ICI.

 

Comme vous le savez sans doute, nous avons organisé dernièrement un voyage en Bus pour aller remercier Alphonse et Sidonie de m’avoir accueilli chez eux lors des jours de canicule du mois de juillet.

C’est suite à un commentaire d’Antoine que cette idée a pris forme et, sans la moindre hésitation je suis allé chez un des "Autocaristes" de la région pour m’enquérir du prix de location d’un Bus avec chauffeur. 

Notre budget étant limité, on m’a proposé un vieil autobus datant de l’époque des transports Federspiel ainsi qu’un chauffeur expérimenté de 87 ans qui faisait encore des "extras" pour arrondir ses fins de mois. 

Quelques jours plus tard, après avoir informé tous nos amis de la date du départ, vers 5 heures du matin, à la fraîche, nous fîmes la tournée des différents points de ramassage.

Quelle ne fut notre surprise d’y trouver plusieurs autres personnes que nous ne connaissions pas mais qui avaient eu vent, à travers les commentaires du Blog, de l’existence de la fameuse "Clim" d’Alphonse et de Sidonie… 

Nous aidâmes d’abord Thyristor à charger son Barbecue, les 37 côtes de bœuf, le sac de 60 kg de charbon de bois, et ses 2 caisses de Pomerol.

Une fois le matériel de survie chargé, toute la bande, composée d’Antoine l’initiateur, Chantal du clavier capricieux, Yves, Patricia, Yan, Jean, Thyristor, Phil et les nouveaux amis trouvés en cours de route, prit place dans le Bus.

Après plusieurs tentatives infructueuses et quelques réglages mécaniques rondement menés à l’aide d’un gros marteau par le chauffeur que nous avons gentiment aidé à sortir de la cabine avec son déambulateur, notre Bus démarra en pétaradant dans un nuage de fumée noire, légèrement moins nocif que celui produit lors de l’accident de Tchernobyl, et ce, sous les applaudissements et les cris tellement enthousiastes des passagers que le chauffeur dû s'arrêter en catastrophe pour baisser le volume de son Sonotone…

thyribus.jpg

Malheureusement, le loueur avait oublié de nous dire que ce Bus n’était pas climatisé et, c’est vers 8 heures du matin, en arrivant en Meuse pour récupérer l’ami Antoine, que les problèmes ont commencé… 

La température ambiante frôlait les 41° et, malgré les fenêtres ouvertes, les passagers transpiraient à grosses gouttes. C’est lorsque Thyristor commença à charger son Barbecue avec le charbon de bois et voulu l’allumer sous prétexte de prendre son petit déjeuner que la situation déjà tendue dégénéra. 

Plusieurs voyageurs le ceinturèrent et le frappèrent à coup de côtes de bœuf en le menaçant de lui faire bouffer son Barbecue, charbon de bois compris, s’il essayait seulement de gratter une allumette… 

Sous la menace, Thyristor accepta, en signe d’apaisement, de manger ses côtes de bœuf crues et suggéra qu'on pourrait profiter d’un prochain arrêt pour qu'il puisse éventuellement utiliser son attirail à l’extérieur du Bus. 

Entre-temps, la température était montée à 43° et les premiers participants à cette virée vers Morsbach commencèrent tout doucement à se déshabiller… 

Suite au soulèvement d’une partie des passagers, (la plupart étaient déjà dans un état semi-comateux) la première halte eut lieu sur un parking en plein soleil à une vingtaine de km de Morsbach. Même en plein soleil, il y faisait moins chaud qu’à l’intérieur du Bus où la température avoisinait maintenant les 48°… 

Quelques-uns des voyageurs aidèrent en râlant Thyristor à sortir tout son fourbi, et, cinq minutes plus tard, une délicieuse odeur de côtes de bœuf grillées et de fumée se répandit dans un périmètre d'une dizaine de kilomètres autour du Barbecue qui fumait comme la locomotive conduite par Jean Gabin dans le film adapté du roman de Zola "La bête humaine".

Malheureusement notre cuisinier occasionnel avait oublié d’enlever une partie du cellophane enveloppant la bidoche et cette première "fournée" ratée passât aussitôt à la poubelle.

Il grilla rapidement les 2 côtes de bœuf restantes qu’il avala en marmonnant qu’on aurait tout de même pu prendre le temps de manger, puis s’enfila, en buvant au goulot sous prétexte qu’il avait oublié les verres, les 2 bouteilles de Pomerol restantes (les 10 autres avaient été vidées par certains passagers au bord de la déshydratation).

Ensuite, il aida le chauffeur à regagner la cabine avec son déambulateur, jeta les cendres encore rougeoyantes dans la poubelle qui prit feu, pissa par-dessus pour éteindre le début d'incendie et rangea finalement tout son fourbi (je parle bien entendu du Barbecue et du charbon de bois !) sur un des sièges avant de s’affaler sur le sien en émettant un long et sonore rot de satisfaction qui fit sursauter le chauffeur qui pensait qu'un des pneus du Bus venait d’éclater…

Chantal, (notre dame du clavier capricieux) qui était au moment du voyage en vacances en Charente et qui nous avait spécialement rejoint en Meuse, commençait sérieusement à regretter d’avoir écourté ses vacances pour aller à ce "pèlerinage" de la clim Alfonso-Sidonique…

Affalée sur son siège vêtue de son seul soutien-gorge et d'un String à paillettes, elle somnolait en rêvant qu’elle était au bord d’une immense piscine dans une villa de luxe à Miami… Un coup de frein brutal, suite à un grésillement dans le Sonotone du chauffeur réveilla en sursaut notre "Miss Nostalgia" qui épongea aussitôt à l'aide d'une immense serviette de bain rose à motifs inspirés du "Kama-Soutra" la sueur qui lui coulait le long du String…

Elle reprit le tricot posé à côté d’elle et se remit à compter les mailles à l’endroit, ensuite les mailles à l’envers puis continua en gémissant à entrecroiser les aiguilles pour enfin terminer le slip assorti à son String qu’elle comptait offrir à l'occasion de son anniversaire à son mari au retour de ce mémorable voyage.

- Encore une dizaine de km et nous y sommes, se dit-elle en enfouissant son visage dans la serviette éponge complètement détrempée.

Tous avaient hâte d’aller saluer Alphonse et Sidonie et de goûter l'espace d'un instant aux plaisirs d’un souffle d’air climatisé stabilisé à 21°… 

Alors que Thyristor essaya pour la huitième fois d’allumer en douce une cigarette sous le regard furibond de son épouse, le chauffeur hurla soudain d’une voix de stentor dans un porte-voix en carton :

- Moaschbarh… Capitale régionale de la Clim inversée, de la tourte au Gombo et à l’oignon rocambole… Tout le monde descend !

Enfin… Dans un immense brouhaha, les passagers encore valides ranimaient ceux qui étaient dans un état semi-comateux et chacun essayait de récupérer tant bien que mal ses affaires pour les fourrer dans son sac ou sa valise.

Chantal termina en vitesse la dernière rangée de la deuxième manche longue de son slip, enfourna son Smartphone à clavier capricieux et son tricot dans son sac en peau de Zébu, récupéra la veste en Lycra imitation léopard dans le filet au-dessus de son siège et se dirigea en chantonnant vers la porte de sortie…

Thyristor réussit encore à engloutir d'une bouchée vorace le reste d’une côte de bœuf qu’il avait planquée dans la poche arrière de son pantalon, regroupa son fourbi autour du Barbecue, attacha le tout à l’aide d’une vieille ficelle à rôti, aida galamment son épouse à descendre l'escalier du Bus en la poussant avec délicatesse à l'aide du Barbecue, puis sauta agilement en bas des marches pour s’étaler de tout son long dans le sac de charbon de bois qui avait éclaté sous le choc…

- Pas de bobo ? demanda le chauffeur qui s’approcha en trottinant avec son déambulateur…

- Non, tout va bien, je descends toujours de cette façon du Bus, rétorqua Thyristor avec un rictus tout en se massant la cheville…

- Alors c’est parfait… Nous voici donc arrivés au terme de notre voyage... Devant vous, chers voyageurs, la superbe maison climatisée d’Alphonse et Sidonie.

D’autres Bus de touristes étaient déjà garés sur la place et de nombreux asiatiques prenaient des photos ou faisaient des Selfies devant la maison en marmonnant des phrases incompréhensibles où seuls les mots Clim, Sidonie et Alphonse étaient parfois perceptibles.

Le groupe se dirigea vers l’entrée de la maison et là… le choc, l’apocalypse, la catastrophe, le désastre, le drame, la tragédie, l’épreuve ultime…

Sur un panneau planté dans la pelouse on pouvait lire les mots suivants, écrits en lettre géantes :

 

FERMÉ POUR CAUSE DE DÉPART A VERKHOÎANSK !

 

En dessous, en lettres plus petites, un complément d’information précisait qu’Alphonse et Sidonie avaient finalement acheté le chalet en Sibérie dans lequel ils étaient partis pendant quelques jours et vivaient désormais pendant tout l’été dans ce qui était devenu leur résidence secondaire à Verkoïansk…

 

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La sidération, cet anéantissement soudain des fonctions vitales, avec état de mort apparente sous l'effet d'un violent choc émotionnel est le seul mot qui s’appliquait à l’instant où ils découvrirent l’écriteau dont les lettres énormes dansaient, comme pour les narguer, devant leurs regards incrédules.

Quelques-uns des passagers tombèrent spontanément dans le coma, d’autres parlaient d’organiser un suicide collectif mais ce fut Thyristor, le visage encore noirci par la poussière du charbon qui réussit à sauver la mise…

- En mangeant ma dernière côte de bœuf, dit-il, j’ai pensé à un truc… Notre ami JLM a laissé sous-entendre dans un de ses commentaires que chez lui à Hombourg-Haut, au plus fort de la canicule, la température à l’intérieur de sa maison ne dépassait jamais les 24°… Aussi, je propose à tous de continuer notre route et d’aller chez JLM à Hombourg-Haut…  

En entendant cette proposition, les comateux se réveillèrent comme par magie et la foule en délire hurla un sonore "Alléluia, vive Thyristor notre sauveur !"

On le porta en triomphe jusqu'au Bus et, sur son passage, plusieurs touristes asiatiques se ruèrent vers lui en criant "Idaina masutâ o nagaiki sa seru" (vive le grand maître !) tout en essayant de lui toucher le visage ou les mains.

En un clin d’œil le Bus se remplit et le chauffeur fonça, pied au plancher en direction de Hombourg-Haut, ville médiévale réputée pour sa collégiale, son chemin des pénitents et la fameuse maison naturellement climatisée de JLM le magnifique…

C’est quand il ouvrit la porte et vit des dizaines de touristes et de lecteurs de Nostalgia portant des bouquets de fleurs fanées et des boîtes de chocolats fondus que notre ami JLM perdit connaissance pour la première fois.

 

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Lorsqu'il se réveilla, quelques heures plus tard, allongé sur le canapé de son salon, et vit tous ces touristes buvant son Thé revigorant en chantant des chansons paillardes en dialecte local, il s’évanouit une deuxième fois et ne se réveilla que quelques jours plus tard dans une chambre médicalisée au service des soins intensifs de l’hôpital de Saint-Avold.

Entre temps, environ une centaine de personnes avaient envahi sa maison, buvaient son thé, vidaient sa cave et jouissaient gratuitement des bienfaits d’une température ambiante qui effectivement, ne dépassait jamais les 24 °...

 

* * * * * * * * * * 

 

Epilogue : La canicule a pris fin vers le 27 juillet et Alphonse et Sidonie coulent toujours des jours heureux dans leur luxueux chalet en Sibérie.

Chantal du clavier capricieux a enfin terminé le tricotage du fameux slip à manches longues qu'elle a offert dès son retour à son mari pour son anniversaire. Après une courte et inexplicable période de dépression, ce dernier communique à nouveau avec son entourage.

Thyristor a été officiellement nommé "Grand Bouddha Blanc" par le gouvernement japonais car il a su par sa sagesse, réaliser l'éveil, c'est-à-dire atteindre le nirvāna en transcendant la dualité samsara /nirvana lors de l'incroyable aventure Morsbachoise.

Invité d'honneur de l'office international du tourisme japonais, il est actuellement en voyage officiel dans les pays asiatique où il dédicace à tour de bras des statuettes de Bouddhas à son effigie.

La maison de JLM est toujours squattée par une trentaine de touristes qui refusent obstinément de partir sous prétexte 'qu'on ne sait jamais' et que 'ça peut recommencer à n'importe quel moment'…

Quand à JLM, après un séjour de quelques semaines en maison de repos spécialisée, il est enfin rentré chez lui. Depuis, il passe ses journées à apprendre les différentes langues et dialectes asiatiques, vit en ermite dans son jardin et se nourrit exclusivement de verdure et de racines. Faute de thé revigorant il ne boit plus que l'eau de son bassin à poissons et dort sur une natte sous la magnifique terrasse couverte qu'il a construit de ses mains l'année dernière et que les autochtones nomment pompeusement le 'Colisée de Hombourg-Haut'.

Dans sa maison, la température est toujours stable à 24°.

Arigatô et Sayônara !

 

* * * * * * * * * * *

Dernière minute !

La rédaction vient de recevoir par mail ce texte dans lequel notre ami JLM nous relate par le menu son expérience 'caniculaire'.

Quelques petites précisions au sujet de l'invasion de ma maison hombourgeoise pendant la canicule. Comme l'a si bien écrit Clémau, faute d'avoir pu profiter de la clim chez Sidonie et Alphonse, les cars de touristes et amis du blog de Nostalgia sont bien arrivés par un bel après-midi chez moi et en effet, l'effet de surprise fut total en voyant tant de monde avec les joues rouges, la sueur qui dégoulinait sur les visages, les chemises collées au corps, le papier aux bonbons que décollaient d'une main maladroite en tirant sur la ficelle certains messieurs et mêmes certaines dames, que je me suis senti mal. Très mal, car sans même attendre que j'autorise l'entrée, c'est une véritable marée humaine qui s'est engouffrée dans la maison en piétinant mon petit corps tombé à la renverse.

Dieu merci une âme charitable m'a tiré de cette mauvaise posture et a appelé les pompiers qui étaient déjà en route vers les urgences de Saint-Avold avec trois personnes souffrant d'insolation. Ils se sont arrêtés devant la maison et m'ont jeté entre les corps étendus à même le sol de deux autres malades sans aucune autre forme de procès. J'ai pour la première fois de ma vie pu voyager entre deux superbes filles aux chemisiers mouillés qui laissaient apparaître des formes que tout célibataire que j'étais n'avait même jamais vu en rêve.

C'est vraiment à contre cœur que j'ai quitté l'ambulance pour prendre place, debout, dans la salle d'attente où plus aucune autre personne n'aurait pu entrer. Je ne me sentais pas très bien parmi toutes ces personnes âgées et me demandais où étaient passées les belles jeunes filles de l'ambulance.

Je les ai trouvées un peu plus loin, l'air bien en forme et je leur ai bien entendu donné mon adresse au cas où elles voudraient profiter un peu de la fraîcheur de ma demeure. Puis j'ai poussé quelques brancards et quelques personnes pour enfin me retrouver dehors, à l'air libre.

Ah, quel bonheur, j'étais sauvé et profitant d'une chaise roulante qui se trouvait là, je m'y suis assis pour récupérer un peu ! Mais voilà que deux gars costauds se présentent et sans me demander mon avis me poussent dans un mini bus aménagé et filent vers les urgences de Forbach. J'avais beau leur dire que je n'étais pas la personne qu'ils auraient dû prendre en charge, ils ne m'écoutaient pas.

J'ai alors tout tenté pour les arrêter lorsqu'on s'approchait de Hombourg-Haut, rien n'y faisait, aussi je me suis levé et ouvert la porte pour sauter en marche du véhicule qui ne s'est même pas arrêté !

Quand je suis arrivé à la maison j'ai vu par la fenêtre tout ce beau monde affalé dans mes fauteuils et chaises en train de siroter mes tisanes revigorantes dont les effets ne tardèrent pas à se faire sentir. Tous, y compris ceux qui étaient passés par la cave pour y vider quelques bonnes bouteilles, tous étaient dans un état euphorique et c'est sans peine que je me suis glissé dans ma maison où personne ne me reconnaissait.

Même pas Clémau qui était assis devant mon ordinateur et tentait vainement de se connecter à Internet, ni même Chantal qui s'était affalée de tout son long dans ma baignoire remplie à ras bord. Bien sûr Thyristor avait déjà ouvert le congélo et cherchait mon barbecue qu'il n'était pas près de trouver car il était bien à l'abri dans mon Colisée.

Les quelques étrangers venus des pays du soleil levant n'arrêtaient pas de se prendre en photo et faisaient des Selfies avec les autochtones qu'ils envoyaient aussitôt sur les réseaux sociaux, si bien qu'en à peine deux heures après mon retour, de nombreux Bus remplissaient le parking de la supérette en face de la maison.

Voyant cette nouvelle invasion, tel le marin sur son navire qui coule, j'ai joint mes mains pour prier pour mon salut avant de me jeter dans le bassin à poissons du jardin. Mais une fois encore la malchance était avec moi, des parisiens y avaient déjà pris place et respiraient avec des pailles depuis le fond de l'eau.

Avec une petite bosse sur la tête j'ai pu néanmoins regagner la chaufferie à l'arrière de la maison que personne n'avait encore découverte.

Euréka me suis-je dit, ils vont voir ce qu'ils vont voir. J'ai allumé la chaudière à coke où je brûle mon bois et en moins de temps qu'il ne faut pour l'écrire, la température de l'eau qui circule vers les radiateurs s'élevait lentement.

Dès 40° j'ai entendu les premiers râles, à 50° ils devenaient plus forts et à soixante-dix les premières personnes, les moins atteintes par la tisane ou le vin, commençaient à quitter la maison. Une fois la chaudière à son maximum, à 90°, il n'y avait plus personne à l'intérieur de la maison où même avec les fenêtres ouvertes la température dépassait les 50° grâce à mes bons vieux radiateurs en fonte chauffés à blanc.

Au dehors s'était une belle panique, un enchevêtrement de personnes qui se bousculaient pour prendre place dans leurs bus respectifs en hurlant qu'on ne les reprendrait plus à vouloir chercher la fraîcheur de la maison hombourgeoise.

Hi, hi, il ne restait plus qu'à fermer portes et fenêtres après avoir éteint la chaudière.

En rangeant la maison de tout le désordre créé par cette invasion inattendue, j'ai entendu la sonnette, c'étaient les deux jeunes filles de l'ambulance qui gesticulaient avec bouteille à la main ! J'ai ouvert la porte et tel le sauveur de ces dames, j'ai écarté mes bras dans lesquels elles se sont ruées.

Bon, là j'en rajoute, ce n'est pas vrai, personne n'a sonné, dommage !!!

Leçon :

Quand quelqu'un te garde au frais par temps de canicule, tais-toi;

Quand tu es bien au frais chez toi, tais-toi aussi, sinon tous en profiteront sauf toi.

Moralité : mieux vaut la fermer pour éviter d'être encaniculé ! 

 

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29/07/2019
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