NOSTALGIA, le blog qui fait oublier les tracas...

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BD des années 50-60


Les Bandes Dessinées des années 50-60

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Notre trésor le plus précieux lorsque nous étions gamins, dans les années 50-60, c’était notre caisse de bouquins… Chacun d’entre nous veillait jalousement sur ce grand carton contenant la matière première de nos rêves d’enfants...
A défaut de Pokémons et autres Transformers, nos héros s’appelaient Blek le Roc, Miki le Ranger, Pecos Bill, Akim, Zembla, Buck John, Tex Willer ou Hoppalong Cassidy…
La noblesse et la générosité les caractérisaient et nous prenions un malin plaisir à jouer leurs aventures, les jeudis, au fond des bois. Le petit ruisseau qui coulait paisiblement derrière nos maisons devenait alors un fleuve tumultueux où d’immenses chutes d’eau formaient un rideau derrière lequel nous pouvions nous soustraire à la vue percante des Cherokee ou des Apaches…
La carrière de sable rouge des houillères se transformait miraculeusement en un immense et profond Canyon et, dans nos forêts de hêtres et de sapins, plus d’une tunique rouge trouvait la mort dans un combat sans merci contre le grand Blek et l’astucieux Roddy. 
La mort qui rodait autour de nos jeux d’enfants avait le goût parfumé des Carambar et des chewing-Gum gagnants, quelques années plus tard, celui plus viril de nos premières clopes, des P4 vendues 16 centimes (de Francs!). Le bonheur était dans le pré, et nous le savions... 
Nous lisions les aventures de nos héros dans les fameux petits formats Kiwi, Blek, Rodéo et Névada que nous allions acheter au tabac du coin ou au buffet de la gare. Il y avait également Pecos Bill, un Cow-Boy droit et généreux héros d’aventures dans lesquelles apparaissait également Calamity Jane, une des rares figures féminines de ce monde machiste et violent…
Quelle merveilleuse école d'apprentissage de la lecture que ces moments passés en compagnie de nos héros préférés! Nous ne ressentions aucun besoin de simplifier l'orthographe des mots et cela ne nous gênait (avec un accent circonflexe) en rien que nénuphar s'écrive avec 'ph' et non avec un simple 'f'...
Que voulez-vous, les ardents partisans du laminage vers le bas n'avaient pas encore la main mise sur tout... Autres temps autres moeurs!
Si on échangeait volontiers un Kiwi contre un Rodéo, il était hors de question d’échanger ces mêmes bouquins contre un vulgaire Buck Jones ou un insipide Battler Britton…
 
   
 
 
Petite histoire de la BD

La bande dessinée a été inventée vers les années 1840 par un éducateur, romancier-dessinateur suisse du nom de Rodolphe Töpffer. Au départ, c'est pour amuser ses élèves et ses proches qu'il se mit à raconter des histoires en images (avec du texte en dessous); c'est une façon d'improviser des histoires que les enfants connaissent bien.

Il se trouve que pour une raison difficile à comprendre, personne n'avait pensé à faire ça comme lui, c'est à dire à inventer des personnages dessinés auxquels il arrive des histoires avec des gags visuels, de l'action, des explosions etc.

C'est parce que Töpffer était un type très libre et très intelligent qu'il a eu cette idée là.

Les histoires principales dessinées au milieu du siècle passé par Töpffer s'appellent Histoire de Mr Jabot, Histoire de Mr Vieux Bois, Histoire de Mr Crépin, Histoire de Mr Pencil, Le Docteur Faustus et L'histoire de Mr Cryptogame.

On peut les trouver encore aujourd'hui aux éditions du Seuil.  Il faut noter que malgré le caractère comique et fantaisiste de ces histoires, elles ont été appréciées par des gens très sérieux comme l'écrivain et philosophe allemand Goethe qui trouvait que la lecture en était tellement exigeante qu'il en avait l'esprit tout retourné.

Goethe admirait particulièrement la vie de ce qu'il appelait des petits fantômes graphiques, ces personnages qui n'avaient d'existence que sur le papier. Aujourd'hui ça nous parait banal, mais à l'époque c'était une véritable découverte. Au fond, Töpffer a inventé la bande dessinée mais il a inventé avant tout le personnage de BD.

Après Töpffer, la BD a continué à exister en Europe, surtout avec une série très populaire, dessinée par un allemand nommé Wilhelm Bush. Cette série intitulée Max und Moritz racontait l'histoire de deux garnements extrêmement blagueurs. Notons au passage que pendant longtemps, la BD servira de terrain de jeu pour des personnages de gamins qui cherchent toujours à faire les blagues les plus explosives possibles. Cela a commencé d'ailleurs avec les onze enfants du Mr Crépin de Töpffer. Apparemment, c'est un sujet parfait pour la bande dessinée et qu'on ne pouvait pas traiter aussi librement ailleurs (le cinéma n'était pas encore inventé)...

De plus, le sujet passionne le public parce que cela donne des idées de gags sur toutes sortes de choses qu'on voit tout les jours : les chapeaux, les chaises, les cheminées etc.

Enfin, il faut parler de ce qui s'est passé dans les dix dernières années du 19e siècle aux États-Unis. C'était une période formidable pour les livres et les jouets d'enfants, un véritable âge d'or; on sortait d'une époque assez triste où on prenait les enfants pour des espèces d'animaux à qui il fallait surtout apprendre à obéir, et en tout cas pas à rêver.

On se retrouve donc en Amérique, vers les années 1890 avec des journaux qui commencent à publier des images en couleur. Un dessinateur fait beaucoup parler de lui et de grands journaux se battent pour lui faire dessiner leur première page du journal du dimanche.

Il s'appelle Richard Outcault, et vers 1895-1896 il dessine une série qui n'est pas vraiment de la BD : chaque semaine il fait une seule énorme image, pleine de couleurs et d'action, bourrée de détails et de petits personnages dans tout les coins. On retrouve les mêmes personnages d'une semaine à l'autre, une bande de gamins pauvres qui font évidemment mille et une âneries en copiant les gens riches et en se battant entre eux...

Ce qui est très drôle dans cette série qui s'appelle Hogan's Alley ce sont les petits détails qui reviennent d'une semaine à l'autre : une chèvre sur un toit, un type qui tombe du balcon, une petite fille portant un énorme chapeau décoré avec un symbole qui illustre l'histoire de la semaine, et surtout une petit gamin chauve en chemise de nuit de couleur jaune canari qui est un peu le présentateur de l'image de la semaine.

Le public va donner le nom de Yellow Kid à ce personnage, qui est le premier personnage de BD ayant une véritable personnalité graphique (on le reconnait à dix mètres avec sa chemise jaune !) et il sera énormément utilisé pour faire de la publicité destinée à vendre des jouets ou des cigares... 

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En tout cas, la publication de nouvelles BD dans les journaux, il y a 100 ans, aux Etats Unis, a mis le feu aux poudres... Les plus grands journaux de New York se faisaient la guerre avec leurs éditions du dimanche, affichant leurs meilleures BD en première page (ce qui explique le côté bizarre, violent, insolite des actions dans les pages de Outcault : les catastrophes, les faits-divers bizarres, c'est toujours ce qui fait vendre les journaux).

C'est l'époque où les personnages de BD commencent à avoir un style bien à eux : des grosses têtes rondes, les petites rides en flèche à la commissure des lèvres, des yeux gigantesques en forme de soucoupes... 
Un biologiste, (Stephen Jay Gould, dans Le Pouce du Panda) prétend même que les grands yeux provoquent sur nous une réaction de tendresse parce que les bébés on des grands yeux…

Il semblerait que pendant quelques courtes années, entre 1895 et 1900, la BD ait mis au point une forme de corps et de visage qui amuse et attendrit le grand public en empruntant notamment une grande partie de ses traits aux bébés. Dernière chose importante : pour que la BD soit complètement inventée, et ressemble à ce qu'on connaît, il fallait lui adjoindre la bulle de parole, le phylactère. Dans les images du Yellow Kid, les personnages s'expriment parfois par des bulles, mais c'est rare.

En fait, il était très difficile d'introduire de l'écrit dans l'image et cela pour une raison assez simple : un texte est toujours dit ou écrit par quelqu'un, il y a toujours quelqu'un qui PARLE à la base, tandis qu'une image, personne ne la 'parle'. Par conséquent, si on ajoute un texte dans une image, la grosse question est de savoir QUI parle ?

On utilisait donc les bulles plutôt comme une sorte de flèche pour dire, 'là c'est le texte que dit le petit garçon qui tombe'. En fait, les bulles qui sont des 'paroles' transformées en images, étaient principalement utilisées pour faire 'parler' les perroquets. Dans leur cas on pouvait se permettre de leur coller une bulle puisque les perroquets ne font que donner une 'image' de parole, ils ne parlent pas vraiment. Mais tout cela change vers les années 1890, avec l'apparition du phonographe. Là, tout d'un coup, les gens ont un autre 'modèle' d'image sonore, c'est le cylindre sur lequel on grave la parole.

En plus, le haut-parleur du phonographe a une sorte de cornet qui fait un peu penser à une bulle de BD, et les micros ressemblaient également à des 'pointes' de bulles de BD.

A partir du phonographe, les paroles humaines deviennent alors de véritables OBJETS qu'on peut graver sur la cire, et donc montrer dans une image, sous une même forme "solide" comme le disque.

 

En hommage à nos héros de BD, ci-dessous la chanson 'Le grand Blek'

 



10/02/2016
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