NOSTALGIA, le blog qui fait oublier les tracas...

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Schoeneck autrefois...

Un grand merci à Chantal Faber qui nous a fait parvenir la plupart des photos de ce premier diaporama ainsi qu'à Marie-Marthe De Pauli (Koenig) et Alain Massfelder, auteur de la plaquette 'Schoeneck, d'hier à aujourd'hui'. N'hésitez pas à nous contacter pour participer au développement de cette rubrique !

 

 
Le dernier cordonnier de Schoeneck
Dans ma rue il y avait une échoppe de cordonnier. Dès les premiers rayons de soleil, au printemps, la fenêtre de l’atelier qui donnait sur la rue était grande ouverte. 
Sur le chemin de l’école, qui se situait à l’époque en haut du village, nous nous arrêtions, pour regarder avec curiosité le père Daniel travailler. A l’époque, les gens du village faisaient encore ressemeler leurs chaussures car le prix d’une paire de chaussures neuves représentait un sacré trou dans leur budget.
Les yeux écarquillés, nous regardions le cordonnier clouer, couper, coller les semelles puis, moment que nous attendions avec impatience, enclencher la grosse machine équipée de meules, de brosses et d’outils divers avec lesquels ils polissait, ponçait et finissait le travail effectué… Au fond de l’atelier, sur des étagères, trônaient  en permanence des dizaines de paires de chaussures en attente de remise en état. 
La porte d’entrée de l’échoppe donnait sur un petit local communiquant avec l’atelier où, derrière un comptoir qui nous paraissait immense, d’autres paires de chaussures en tous genres, attendaient d’être récupérées par les clients. 
Sur ce même comptoir était fixée une étrange machine munie de manivelles qui permettait d’agrandir ou d’élargir les chaussures. Deux trois chaises, destinées aux clients désirant faire un essayage, complétaient le mobilier de ce petit magasin.
Enfants, nous étions fascinés par tout cela et c’était toujours un grand moment lorsque nous allions avec nos parents acheter une paire de pantoufles (Roger ne vendait pas de chaussures) ou déposer nos brodequins pour y faire mettre des fers...
Maman nous disait alors dans notre patois local :
- "Kumm, Ma geenn noch schnell bei de Roger E Paar Schlabbe kaaffe..."
Parfois, le père Daniel nous glissait de la monnaie dans la main et nous demandait d’aller lui acheter un paquet de cigarettes Balto, sa marque préférée, au tabac ‘Filipschpatz’ situé un peu plus loin dans la rue Victor Hugo... 
Encore aujourd’hui, 60 ans plus tard, en passant devant la maison où Roger Daniel exerçait son art, il me semble à nouveau entendre les coups de marteau sourds et répétitifs et sentir une dernière fois l'odeur du cuir, de la colle et du tabac qui s'échappait par la fenêtre grande ouverte... 
 

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Un métier en voie de disparition
L'outillage du cordonnier, ou le saint-crépin, qui se limitait à l'origine à une alêne, un tranchet, un pied de fer et un marteau, s'accroît rapidement et compte bientôt une multitude d'outils qu'on peut regrouper en plusieurs catégories qui se distinguent par la fonction de chacun de ceux-ci. La production du cordonnier traditionnel se résumait à quelques modèles qui s'inspiraient surtout de chaussures autochtones, dont la fabrication peut être ramenée à cinq étapes principales : la taille du cuir, la préparation des semelles, la couture, le montage et la finition. Ce mode de fabrication de chaussures va se maintenir jusqu'aux années 1920, et même jusqu'en 1950 dans certaines régions, en dépit d'une industrialisation croissante au cours de la seconde moitié du XIXe siècle.
De nos jours, il ne reste que la fabrication et la réparation de chaussures orthopédiques qui exige encore la mise en application de ce savoir-faire artisanal séculaire car le métier de cordonnier a, hélas, disparu depuis longtemps de nos villages.  (Photos J.M .Daniel)
 
L'épicerie Rennolet
Tous ceux qui ont vécu à Schoeneck ou à la Ferme de Schoeneck connaissaient le magasin Rennolet. L'épicerie était tout d’abord située dans un minuscule local rue des marronniers puis transférée  rue Victor Hugo à Schoeneck vers le milieu des années 50.
Tous les membres de cette famille de commerçants mettaient la main à la pâte pour offrir aux nombreux clients de l’époque le meilleur service possible. Il y avait le père, Adolé (décédé relativement jeune à 65 ans), la maman S'Résie, la grande sœur Liliane, puis Doris, Gérard, et Bruno
L’épicerie était une véritable Saga familiale dont l’épopée prit fin en 1975 avec le déclin des magasins de proximité et l'essor des Super, puis Hyper-Marchés.
Chacun d'entre nous se souvient de l'immense fût de harengs en saumure qui trônait à l’entrée du magasin, de l’étal de fruits et légumes à gauche en entrant et des trancheuses à saucisse et fromage à droite, derrière les vitrines réfrigérées.
Lorsque maman nous appelait pour aller en vitesse faire quelque course, la phrase magique, dite en patois local était : Hohl e mohl die Netztasch unn geh schnell bei de Adolé, Ich honn da uffgechribb was ich brauch...
Traduction pour le reste du monde qui ne parle pas notre patois local : Prends le filet à provision et va vite chez Rennolet, je t'ai écris sur le billet ce dont j'ai besoin...
Et c'était parti... Sur le billet maman avait noté la liste des produits à acheter : une saucisse à tartiner à 100 francs, une plaquette de 125 grammes de 'bon' beurre de Drulingen, 1/4 de saucisse de foie, 5 tranches pas trop épaisses de fromage rouge (à cause de la croûte !), un paquet de flocons d'avoine, une boîte de Pilchards et un flacon de Maggi...
On attendait patiemment notre tour puis on remettait à Madame Rennolet, ou à une de ses filles, notre liste. Une fois la commande préparée, elle était soigneusement enfouie dans le filet à provision et... au revoir, à demain !
Nous les gamins étions surtout attirés par le rayon sucrerie et confiserie et faisions des orgies de souris en caramel enrobées de chocolat, de tube de coco et de cigarettes en chocolat Cheftaine dans leur étui blanc et bleu… Rien que des merveilleux souvenirs qui refont surface lorsque l'on regarde les photos ci-dessous transmises par Liliane Boehmer, née Rennolet, ancienne vendeuse dans l'épicerie de son père Adolé...
 
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Le magasin SANAL de Georgette 
Durant les années 50-60 le commerce de détails fleurissait dans les villages et de nombreuses enseignes se disputaient la clientèle locale. En 1908 ont été créées les épiceries Sanal  qui seront réunies dans les années 60 avec 2 autres société pour former le groupe CORA dont le premier hypermarché ouvrira en 1969. 
Enfant, j'allais régulièrement dans le S.A.N.A.L. (Société Anonyme Nancéienne d'Alimentation) de Schoeneck tenu par Georgette, la mère d’un camarade de classe. 
Ce magasin était situé derrière l’église et, c’est en revenant du catéchisme (avec le curé Freud !) que j'y entrai lorsque ma mère ou ma grand-mère m’avaient donné un peu de monnaie à dépenser...
En plus de l’assortiment d’épicerie classique, ce magasin avait un petit rayon ‘presse’ et un présentoir sur lequel étaient disposés des exemplaires de bandes dessinées que nous appelions des 'bouquins'.
C’est là que j’ai acheté le N° 1 de ‘Blek’, une ré-édition des aventures du géant blond qui paraissait d’abord dans KIWI... 
Bien sûr mon regard était également attiré par le rayon bonbons et, lorsque le 'portefeuille' le permettait, il m'arrivait même de m’offrir le luxe d’un Chewing-Gum Malabar… 
Quelle époque ! Il ne fallait pas grand-chose pour nous rendre heureux et nous avons connus des moments de joie intenses, pour ne pas dire le Nirvana...
Essayez d'imaginer la scène; lire les aventures de Blek le roc combattant les tuniques rouges tout en mâchant un Malabar qui faisait des bulles immenses…
Le bonheur était dans le pré !   
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Le café-restaurant Koenig
Durant les années 50-60, Schoeneck, comme la plupart des villages, comptait de nombreux Bistrots.
En venant de la douane, il y avait d’abord la Valuta, puis le bistrot Hoch. Un peu plus loin le restaurant Koenig et, en remontant la rue Victor Hugo le café Greiner, suivi rue Pasteur de l’Auberge Lorraine, du Tigre puis un peu plus tard, à l’endroit dit Le Paradis le restaurant spécialisé en couscous Chez Abdallah.
Dans cette rubrique nous allons nous intéresser au restaurant Koenig, Café des sports que nous avons tous connu, enfants, adolescents et adultes. C’est également là qu’avaient lieu la plupart des banquets organisés par les associations du village entr’autres les Pompiers et les Footballeurs de l’E.S. Schoeneck. 
C’est chez Koenig que les habitants de la Ferme et du village se retrouvaient pour boire un verre, jouer aux cartes ou échanger des points de vue parfois opposés. 
C’est également dans ce restaurant que fût installée un des premiers téléviseurs noir et blanc à l’époque où il n’y avait que trois chaînes (ORTF, Télé Luxembourg et Télé Sarrebruck). 
Enfants, il nous arrivait de coller notre visage contre la devanture pour voir au fond de la salle sur un écran de 54 cm (!) quelques extraits de films avec Rintintin et Rusty, la flèche brisée avec Cochise ou, certains soirs, les fameux matchs de catch sur télé Luxembourg avec l’Ange blanc ou André Benchémoul... 
Un grand Merci à Marie Marthe & à Ernest De Pauli pour les superbes photos anciennes que vous pouvez admirer dans la galerie Schoeneck autrefois.
 
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La boulangerie Bastian
Située rue des marronniers à Schoeneck, la boulangerie a été créée dans les années 30. Reprise après guerre elle fût transformée dans les années 50 en épicerie par le couple Auguste et Catherine Bastian (De Aougouscht unn’s Käddy) sous l’enseigne EDEKA, une enseigne du groupe Edeka-Gruppe créé en 1898. Cette enseigne avait pour origine l’E.d.K. une coopérative d'achat d'épiciers allemands qui a formé la marque d'entreprise EDEKA valable jusqu'à aujourd'hui. Après la deuxième guerre mondiale, la reconstruction d'une nouvelle centrale est conduite à Hambourg, puis vers 1954, l'âge du libre-service commence. En 1955, des Fruchtkontore à Bochum, Hambourg, Francfort-sur-le-Main et Munich sont formés.
Victimes comme beaucoup d’autres, de la concurrence due à la grande distribution, l’épicerie Bastian a fermé ses portes en 1975 et le fils cadet, Raymond, a changé son fusil d’épaule en créant dans les locaux la société d’ambulances Bastian Raymond.
Témoignage :
Sur le chemin de l’ancienne école située en haut du village il nous arrivait de nous arrêter le matin à la boulangerie Bastian pour nous acheter un Schneck, cette pâtisserie en forme d’escargot recouverte d’une belle couche de sucre glace. Nous dégustions cette succulente pâtisserie sur le chemin de l’école ou, pour les moins impatients, à la grande récréation. Il ne s’agissait pas à l’époque de pâtisserie industrielle mais d’une véritables spécialité artisanale entièrement fabriquées par le père Auguste Bastian, personnage imposant qui nous accueillait dans son magasin, ceint d’un tablier blanc et la tête couverte de sa toque d’artisan boulanger.
Dans sa boulangerie-épicerie on trouvait, à l’instar de toutes les épiceries de quartier, à peu près tout ce qui était nécessaire au quotidien, mais, pour nous les enfants, le rayon le plus important restait celui des friandises... Entre les chewing-gums gagnants, les tubes de coco, les spirales de réglisses, les cigarettes en chocolat et les bonbons de toutes sortes et de toutes les couleurs, le moins que l'on pouvait dire c'est qu'on avait largement le choix quand à la façon dont nous allions faire la fortune de toute une génération de dentistes... Clément Keller    
 
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Diaporama présenté lors des retrouvailles 2016
 



04/04/2016
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