NOSTALGIA, le blog qui fait oublier les tracas...

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Blek le roc - Miki


Blek le Roc - Miki

Nous sommes en 1955. Je viens tout juste d'avoir sept ans lorsque j'aperçois sur l'étalage de bouquins du buraliste au bout de ma rue, un illustré nommé Kiwi dans lequel je découvre une des premières aventures de Blek le Roc, un trappeur blond et musclé à la force herculéenne vêtu d'un gilet et d'une toque en fourrure. 

Je feuillette rapidement l'illustré et, sans demander l'avis de mes parents, l'achète avec la monnaie du billet de 500 Francs (anciens !) que ma mère m'avait confié pour acheter un paquet de cigarettes Disque Bleu destiné à mon père. Ce geste sera à l'origine d'une grande passion car, comme des milliers de jeunes (et moins jeunes !) lecteurs de l'époque, je m'identifiais totalement à ce héros courageux, défenseur d'une juste et noble cause. En effet, le généreux et désintéressé trappeur Nord Américain a entamé une lutte sans merci contre l'oppresseur Britannique, les fameuses tuniques rouges... C.Keller

 

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La Genèse

Nous sommes en 1774. La Grande Bretagne considère l'ensemble du continent nord-américain comme étant sa propriété et y exerce une dictature commerciale et militaire. Les tuniques rouges sont partout et mettent le pays à feu et à sang. La résistance s'organise et les colons, oppressé, s'apprêtent à déclarer la guerre d'Indépendance aux anglais, aidés en cela par la France. Blek le Roc, un trappeur géant et athlétique entame alors une lutte sans repos. Ses plus fidèles compagnons sont Roddy, son fils adoptif et le génial professeur Occultis. Bien entendu, la population et les Indiens sont de son côté. Incarnant un idéal de liberté, fidèle en amitié, cet homme d'honneur ne pouvait que séduire les jeunes lecteurs épris d'aventure. Dans un des épisodes, Blek, trahi par un homme qu'il vient de sauver de la noyade, est fait prisonnier par les tuniques rouges. Sauvé par Occultis grâce à un mystérieux breuvage qui le fait passer pour mort, le héros se réveille (à la surprise générale) sur le corbillard et se sauve. L'occasion pour le grand Blek de partir se venger contre ses bourreaux avec l'aide de ses trappeurs...

Au fil des nombreux épisode parsemés de By Jove et de Damned, le grand Blek échafaudera les pièges les plus machiavéliques dans lesquels tomberont les uns après les autres les détestables Tuniques Rouges (les homards !) de sa gracieuse Majesté.
Deux autres personnages sont aux côtés de Blek dans ses aventures : le professeur
Occultis, un savant illuminé et farfelu toujours à la recherche de la pierre philosophale, et Roddy, un adolescent rusé débrouillard au visage parsemé de taches de rousseur.
Lors des nombreuses missions, pour la plupart commanditées par
Maître Connolly, un avocat, chef de la résistance, le trio se trouvera tour à tour aux prises avec une civilisation de Viking dans le Trésor dAkbad, confronté à la Chauve-Souris, un rusé espion anglais insaisissable et cagoulé qui mourra avec son secret ou face aux terribles hommes-lynx inspirée d'un film avec Gary Cooper. Blek combattra également Peter Van Peter le Hollandais fantôme sorti de sa tombe pour soulever les tribus indiennes puis sera face à face avec le Capitaine Savage, une des plus fines lames d'Amérique qui le provoquera en duel en lui tendant un piège…
Comme la plupart des bandes dessinées italiennes d'aventures de cette période, les aventures de Blek paraissent sous forme de
strisce, (Il Grande Blek), pour la première fois le 3 octobre 1954.
A l'instar de Miki le Ranger, Blek est l'oeuvre du studio des trois dessinateurs Turinois Essegesse, sigle formé à partir des initiales de leur noms : Giovanni
Sinchetto, Dario Guzzon et Pietro Sartoris. Leur association avait pris naissance en 1950 lors de la réalisation de Kinowa, un western écrit par Andrea Lavezzolo. Les planches d'Essegesse paraîssent dans Kiwi depuis le N°1 jusqu'au N°137.
À partir du N°178, le personnage cesse de paraître en Italie et les Éditions LUG sortent des épisodes inédits pour la plupart réalisés par Carlo Cedroni.
Des dessinateurs français mettrons également la main à la pâte, parmi lesquels on peut citer
André Amouriq qui dessinera 47 récits, Jean-Yves Mitton qui fournira 22 récits en collaboration avec son scénariste Marcel Navarro ainsi que le talentueux Ciro Tota qui sera également l'auteur de six récits d'excellente facture. C. Keller. Portrait :

Portrait : Jean-Yves Mitton

Né à Toulouse en 1945, J.Y. Mitton entre aux Beaux-Arts en 1960. 

Après 1 an d'académisme, il force la porte des Editions LUG qui le clouent dans leur atelier de retouche BD ... pendant 11 ans ! Cette trop longue période lui permet d'aiguiser ses pinceau sur PIM PAM POUM, OUM LE DAUPHIN, POPOFF, PLUME, SAMMY SAM etc... et surtout BLEK LE ROC dans KIWI dont il dessine une cinquantaine d'épisodes.
En 1972, J-Y Mitton déclare son indépendance et dessine outre des centaines de couvertures, une ribambelle de super-héros dans le style MARVEL qui viennent d'envahir le marché français. 2 épisodes du SURFER D'ARGENT lui ouvrent les portes des "Comics USA". Pour mémoire : "MIKROS", "COSMO", "EPSILON" et "KRONOS", ses propres super-héros, fréquentent sans complexes les pages de MUSTANG, STRANGE, TITANS et NOVA. Ensuite, il réalise  LEONARD DE VINCI pour le Parc MIRAPOLIS,  BLACKSTAR pour TF1 et de l'HISTOIRE DE L'ARMENIE. Il réalise également avec son ami TOTA onze épisodes du superbe "PHOTONIK". Parallèlement à ces créations, J-Y Mitton dessine pendant les années 80 quelques dizaines d'épisodes du FANTOME DU BENGALE et de HERMAN STORM (toujours inédits en France) pour SEMIC INTERNATIONAL.
En 1987, dérapage contrôlé vers le grand hebdomadaire grâce à François CORTEGGIANI. Une nouvelle planète BD s'ouvre à lui avec "L'ARCHER BLANC" dans MICKEY et "NOEL et MARIE" dans PIF. L'année suivante, François me propose de prendre la suite de MALES dans "DE SILENCE ET DE SANG" chez GLENAT. Tout en poursuivant cette série jusqu'au tome 10, Mitton entre aux Editions SOLEIL par l'entremise de ROCCA (Georges RAMAIOLI) avec qui il entreprends la longue saga "VAE VICTIS" inspirée de la "Guerre des Gaules", toujours en cours. Avec la réédition de l'album SF "DEMAIN...LES MONSTRES", carte blanche m'est donnée par SOLEIL pour réaliser les récits complets "LES SURVIVANTS DE L'ATLANTIQUE" (3 tomes) et "CHRONIQUES BARBARES" (6 tomes parus) Après avoir scénarisé pour ZIMMERMMAN la saga de "GILGAMESH" et tout en écrivant la suite des SURVIVANTS DE L'ATLANTIQUE pour MOLINARI, il continue en 1999 chez GLENAT, l'histoire de la fin de l'empire Aztèque sous le titre "QUETZALCOATL" . Chez le même éditeur, il poursuit avec Franck BONNET au dessin une série dont 3 tomes sont parus : "ATTILA...MON AMOUR". 

 

 Et pour finir, la chanson 'Le grand Blek' de Clément Keller

 

 

Quelques témoignages :

 

(1) Cher ami, je vous ai posté en son temps un lien vers un personnage réel dont se sont inspiré, selon moi, les auteurs de Blek le Roc : Jos Montferrand — Wikipédia 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jos_Montferrand. Tout y est, le physique, le courage, la lutte contre l'injustice etc. Il suffit de taper "jos Monferrand" sur le net pour accéder à son histoire réelle ou sa légende, il existe lui une statue et même un timbre à son effigie, c'est tout dire. Un petit paragraphe complémentaire dans votre historiographie serait sans doute utile. Merci pour votre attention. Mon pseudo peut paraître un peu prétentieux, nous avons le même âge et avons eu les mêmes lectures mais physiquement, même aujourd'hui, je ressemble assez au personnage, la toque et le gilet en moins et les cheveux blonds ... très cendrés... ha ha ha!  Signé : Le Grand Blek

 

(2) Où aurions nous trouvé la noblesse de cœur de héros tels que Pecos-Bill, Buck John, Tex Willer et Kit Carson ou les sacrifices révolutionnaires de Blek le Roc, Roddy et du Professeur Occultis ?

Comment aurions nous fait pour être inspiré par les tours de magie de Mandrake ou la bravoure d'Akim ou de Zembla ? En y regardant de plus près, je suis sûr aujourd'hui que la force de notre caractère doit énormément à ces bandes dessinées et à leurs légendaires ambassadeurs : les marchands de journaux ! C.P.

 

Dernière minute !

Notre équipe d'investigation vient de retrouver une photo inédite et confidentielle du grand Blek le Roc à l'âge de 68 ans. Mis à part les lunettes, la ressemblance avec le personnage bien connu est frappante. Ce document rare, réservé à nos lecteurs, est une exclusivité NOSTALGIA

 

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MIKI LE RANGER

L'histoire et les personnages 

Miki, le petit Ranger est un adolescent d'environ 16 ans courageux et téméraire qui s'engage dans les légendaires Rangers du Nevada en compagnie de son 'père adoptif', Double Rhum, un vieux Scout ivrogne et grognon. Dans le premier épisode de la série, Miki a pour mission d'arrêter la bande du Vautour, responsable de nombreux délits et du meurtre du sergentClem. Miki rencontre de nombreux obstacles sur son chemin mais réussit à délivrer Susy, la fille du Colonel Brown, commandant du fort Coulver, enlevée par cette bande. En dépit de son jeune âge et pour récompenser son courage, Miki le Ranger est nommé Capitaine et se fiance avec la charmante Susy. 

En plus de Double Rhum, personnage classique du vieil alcoolique, on retrouve autour de Miki le docteur Saignée, une autre figure emblématique du western traditionnel, réminiscence de l'acteur Thomas Mitchell qui incarna le rôle du médecin ivre dans le filmLa Diligence. Ces deux personnages très typés, apportent à la série une dose de comique, à la limite de l'excès, largement compensée par la rigueur, la maturité et la clairvoyance du jeune héros.

 Les créateurs :

Miki le Ranger (Capitan Miki) a été créé en 1951 par le fameux trio de la EsseGesse (Sinchetto, Guzzon, Sartoris) qui dessinèrent également Blek et Swing. La série a été publiée en France aux éditions Lug : Flambo-Bourask (40 N°), Névada (N° 429 à 494),Yuma (N°1 à 245 puis 312 à 374) et Spécial Kiwi. Les aventures de Miki ont également été publiées par le même éditeur dans Rodéo et connaissent depuis juin 2002 une nouvelle jeunesse dans Yuma. A l'instar d'autres série publiées dans les petits formats des années 50-60, (Blek, Tex, Pépito etc.) Miki, connut de véritables heures de gloire et une grande popularité chez les lecteurs qui avaient soif d'évasion et d'aventure et cherchaient des dérivatifs pour compenser les années de privations et de guerre.

Vers 1950, les loisirs étant peu nombreux, la télévision quasi-inexistante, seuls les illustrés(communément appelés bouquins) et le cinéma, (le cinoche) pouvaient offrir aux jeunes (et aux moins jeunes !) un monde de rêve dans lequel ils pouvaient s'identifier à ces héros qui ne mourraient (presque !) jamais.

Avant 1950, ces illustrés était généralement imprimés en grand format avec un nombre de pages restreint. Ce n'est qu'après la loi de 1949 sur les publications destinées à la jeunesse que les éditeurs s'orienteront vers le format de poche appelé Petit format, dont certains titres continuent à être publiés aujourd'hui (Rodéo, Kiwi, Swing, Akim, Yuma, Zembla). 

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Visitez également :

Pecos Bill

Pepito & Pipo 

Pim Pam Poum - Tartine

Tex Willer - Les éditeurs

Clément Keller : récits & souvenirs 

La mine - Nos années 60 

Nos ami(e)s racontent 

Je vous parle d’un temps

Parlez-nous de vous 

Souvenirs d’un enfant de l’après-guerre 


10/02/2016
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