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Oncle Joe raconte : Hommage à notre ami 'Le rouleau'

De 1946, date du début de la construction de la cité de baraque de la Ferme de Schoeneck, jusque fin des années 60, date de la démolition des dernières habitations, 'la mare', une place recouverte de sable, était le lieu de rendez-vous de tous les enfants de la cité.

Au pied d'un saule pleureur, légèrement enfoncé dans le sable rouge, il y avait un rouleau en béton, vestige oublié d'un engin de chantier. Durant ces années-là, on ne connaissait pas les aires de jeux avec balançoires, tourniquets ou toboggans et ce bloc de béton arrondi était le seul 'jeu' leur permettant de vivre leurs aventures imaginaires.

Des centaines d'enfants, originaires des quatre coins de l'Europe, trouvèrent à cet endroit, non seulement un havre de paix, mais également une nouvelle patrie.

Ce rouleau, témoin muet d'une époque révolue, est toujours à sa place et notre ami Joe Surowiecki, ancien habitant de la 'Ferme' lui rend ici hommage mérité. Clément.

 

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Notre ami ‘le rouleau’ s’est endormi pour toujours au cœur de la végétation qui a recouvert au fil des années le joli coin de France de notre jeunesse. Il est né je ne sais où, est arrivé là en 1946, je ne sais comment, et a tellement aimé ce petit coin de France qu’il a décidé d’y élire son domicile jusqu’à la fin de ses jours…

Ah, si ce témoin silencieux pouvait parler, il aurait plein d’histoires, parfois tristes, parfois joyeuses à nous raconter… Il pourrait nous parler de notre jeunesse et de notre adolescence vécues dans cet endroit magique que nous appelions ‘la mare’, notre parc d’attraction, le modeste ‘Disneyland’ de nos rêves et de nos jeux vécus ou imaginés dans les baraques de la Ferme…

Oui, ‘rouleau’, si tu savais parler tu nous raconterais avec beaucoup de détails l’histoire de nos jeux de billes, de nos tours de France tracés dans le sable où les capsules de bouteilles remplaçaient les vélos de course, des longues et sonores parties de cartes, de belote ou de Poker 21 qui duraient parfois jusque dans la nuit…

 

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Tu nous raconterais les bouteilles vides que nous allions ramasser pour les échanger contre un peu de monnaie dans l’épicerie du fermier Muller, monnaie que nous injections aussitôt dans les parties de cartes en espérant gagner quelques francs qui nous permettraient de nous payer une place de cinéma au Gloria de Gersweiler, au UT, Apollo ou Rex à Stiring-Wendel et parfois à l’Eden ou au Rex de Forbach…

Et tu nous raconterais aussi les tristes nouvelles, celles qu’on partageait pour ne plus jamais les oublier… La mort accidentelle des frères Ernest et Roger Birig, ou celle de Marcel Bour, des gamins de notre âge, à l’aube de leur vie, sacrifiés sur l’autel ensanglanté des mines de charbon…  

Tu saurais également nous rappeler avec tendresse et pudeur nos premiers rendez-vous avec les filles suivis des baisers hésitants de nos premières amours d’adolescents…

Oui, ami ‘rouleau’, tu es resté, tel un indestructible monument du souvenir, le témoin silencieux et fidèle des années de notre vie dans les baraques de cette ‘Ferme de Schoeneck’ aujourd’hui disparue et qui pour nous était tout simplement le Paradis… Joe Surowiecki.

 

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27/03/2018
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