NOSTALGIA, le blog qui fait oublier les tracas...

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Premiers souvenirs...

La famille Samiec, composée de 6 personnes (Le père Jan, la mère Fanny, les enfants Jeanne-Marie, Astrid, Edith et la belle-maman Anna-Marie) habitait au 54b rue du centre dans une des baraques de la Ferme de Schoeneck de 1948 jusqu'en 1957.

Dans les pages suivantes, l'aînée Edith, résidant aujourd'hui aux USA, nous fait part de ses souvenirs d'enfance au coeur de cette cité de baraques. Comme pour les récits de notre ami  Joe Surowiecki, Edith m'a confié ses écrits en anglais et je les ai traduit en essayant de respecter au mieux le texte original.

Chère Edith, merci au nom de tous pour ces moments de vie et pour toutes ces photos d'une époque déjà si lointaine. Bonne lecture à toutes et à tous.

 

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A gauche, Edith et sa soeur Jeanne Marie, à droite. Jan Samiec, son épouse et leur fille Jeanne-Marie

 

Mes parents se sont mariés la veille de Noël, le 23 décembre 1947 et sont arrivés dans les baraques de la Ferme de Schoeneck en 1948. Mes souvenirs de cette époque sont nombreux mais, en raison de mon jeune âge, ils sont, pour la plupart, centralisés autour de ma famille immédiate et de mes proches voisins.

Papa a travaillé dans les mines de charbon du puits Simon et je me souviens qu'il a eu le bras écrasé lors d'un accident où plusieurs de ses collègues de travail ont perdu la vie.

Il touchait de ce fait, jusqu'à la fin de ses jours, une petite pension d'invalidité versée par les organismes de retraite des mineurs des houillères du bassin de lorraine.

Nous avons quitté la France en 1957. Mes parents étaient amis avec Irwin et Rosalie Rak qui habitaient également à la Ferme de Schoeneck.

La famille Rak a quitté la France pour s'installer aux USA dans la ville d'Aurora (l'Illinois) et nous ont parrainé pour notre installation dans cette même ville. 

La transition, par rapport à notre vie en France, n'a pas été facile. Nous ne vivions pas dans une communauté d'immigrants récents et nous n'étions pas toujours traités avec bienveillance.

Mon père et moi-même avons regretté notre déménagement et la vie paisible et rurale que nous avions connue dans les baraques de la Ferme. Mais ainsi va la vie et nous avons bien été obligés de nous adapter à cette nouvelle vie...

Papa travaillait dans une usine comme opérateur sur une presse à perforer de 1957 à 1988 et son travail était fastidieux et dur. Il est décédé en 1999 à l'âge de 81 ans et maman nous a quitté bien trop tôt, en 1993 à seulement 61 ans. 

J'ai habité Lisle, une ville située à 28 miles à l'ouest de Chicago, dans le comté de DuPage, dans l'état de l'Illinois aux Etats-Unis. C'est une ville d'environ 24.000 habitants appartenant à l'Aire métropolitaine de Chicago. J'aime cette ville en partie à cause de son histoire liée à la France et également parce qu'elle me rappelle Schoeneck avec ses forêts, ses vallons et ses collines. Pour preuve du bien-être de l'endroit, en 2007, le magazine américain Money a classé cette ville à la 20ème place des endroits du monde où il fait bon vivre. 

 

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J'ai officiellement adopté la nationalité américaine en 1987 puis j'ai servi dans le corps américain d'infirmières (USANC) de 1994 à 2004, année où j'ai terminé mon engagement avec le grade de Capitaine.

Professionnellement, je possède un Master d'infirmière et je suis inscrite au registre professionnel des métiers de la santé depuis 38 ans. J'ai assumé durant les 20 dernières années des postes de responsabilité dans l'administration hospitalière et je suis actuellement à la retraite.

Je n'ai malheureusement pu visiter la France que 2 fois depuis 1956.

En 1992 j'y suis retournée pour une rencontre de travail avec un ami et nous avons eu la possibilité de nous arrêter à Schoeneck pendant un court instant. La première chose que j'ai faite en sortant de la voiture, c'était de fermer mes yeux emplis de larmes et d'aspirer à plein poumons l'air vivifiant de l'endroit qui m'a vu naître...

Un peu plus loin, nous nous sommes arrêté à la hauteur d'un homme qui était en train de tondre sa pelouse et lui avons demandé de nous parler de l'ancienne Ferme de Schoeneck.

Il nous a désigné l'endroit d'un geste de la main tout en nous a expliquant que les derniers baraquements avaient été démolis depuis de longues années déjà... 

 

Souvenirs, souvenirs...

Nous faisions souvent de longues promenades dans les forêts environnantes et je me souviens de l'une d'entre-elles où le chemin s'est brusquement arrêté au bord d'une pente abrupte donnant sur un trou profond de plusieurs mètres.

Cette pente qui semblait être artificielle, était en réalité le bord de la carrière de sable des H.B.L. qui longeait la route départementale menant vers le village et qui n'était pas encore sécurisée à cette époque.

Ma grand-mère Anna-Marie, est restée avec nous à la Ferme de Schoeneck. Elle était la mère de Fanny, ma maman. Elle était très utile à ma mère car cette dernière était encore très jeune. Grand-mère a cousu la plupart de nos vêtements en utilisant une vieille machine à coudre qu'elle actionnait aux pieds à l'aide d'un pédalier.

Elle était aussi une excellente tricoteuse et nous tricotait des sous-vêtements, des bas, des pulls et des tenues identiques pour nos poupées.

Grand-mère nous a également fabriqué de ses mains une petite table et des chaises d'enfants en bois de bouleau (voir photo ci-dessous), et monté la clôture en rondins qui entourait la cour dans laquelle nous avions l'habitude de jouer.

 

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Edith, Astrid et Jeanne-Marie, dans le 'salon' clôturé de palissades fabriquées par leur grand-mère

 

Un jour, grand-mère nous a emmenés au cirque et nous a acheté des sucres d'orge.

Cela m'a laissé un mauvais souvenir car je n'ai pas aimé que les clowns s'approchent directement de nos visages en riant et en montrant leurs grosses dents jaunies.

Elle nous a souvent emmenés dans les bois pour cueillir des champignons et nous a appris quels aliments étaient propres à la consommation et lesquels étaient toxiques.

Elle aimait beaucoup la nature et surtout la forêt dans laquelle nous passions de nombreuses heures à chercher des fraises et à vivre toutes sortes d'aventures.

Grand-mère Anna-Marie était une personne stricte mais aimante, très créative dans beaucoup de domaine et je l'aimais sincèrement...

 

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Edith Samiec à l'école maternelle de la Ferme (dernière rangée, 5ème a partir de la gauche). 

 Nadine Chaboussie est également sur cette photo (rangée du milieu 4ème depuis la droite)

 

Il me revient en mémoire un autre souvenir un peu plus angoissant.

Une nuit, grand-mère nous a caché dans notre énorme malle de voyage lorsqu'elle a entendu des bruits étranges venant de l'extérieur de notre baraque. Elle disait que ces bruits étaient faits par des bandes de gitans qui venaient du village et, comme ce jour-là, papa avait poste de nuit à la mine, je pense que grand-mère et maman ont eu peur car elles étaient seules chez elles avec leurs trois petites filles... à suivre (to be continued)... 

 

 

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Avec grand-mère Anna-Marie sur la balançoire

  

* * * * * * * * * 

  

 Autres récits d'Edith Samiec Newman :

  

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27/11/2017
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