NOSTALGIA, le blog qui fait oublier les tracas...

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Edith Samiec-Newman

 

Un témoignage émouvant : le parcours de Jan Samiec.

Mon père Jan Samiec est né en Pologne en 1918. Sa famille a grandi à Luki, en Biélorussie. Il était également sergent dans la cavalerie polonaise. Sous le règne de Staline, les russes vinrent et prirent toutes les affaires personnelles des familles et envoyèrent les hommes dont mon grand-père Peter, mon père Jean et plusieurs oncles en Sibérie.

Ils les ont fait défiler dans la neige pendant que le peuple russe crachait et jetait des excréments d'animaux sur eux. Les hommes ont été entassés dans des wagons à bestiaux dans un train et envoyés dans les camps de travail en Sibérie. Mon père a parlé de la vie et des conditions horribles dans les camps. Ce serait trop de mentionner ces horreurs ici.

À un moment donné, ils ont pu s'échapper et se rendre à l'extérieur du camp sous le feu des mitrailleuses. Mon père a dit qu'ils ont traversé la neige profonde pendant que des balles étaient tirées sur eux. Quand il s'est réveillé dans la neige, tout le monde était parti et il n’en a plus jamais entendu parler...

Père a été frappé par sept balles éparpillées dans tout le corps. Il a pu se rendre dans une petite ferme où une gentille vieille femme l'a accueilli et a pris soin de lui.

Papa est resté avec elle et a aidé en travaillant à la ferme en contrepartie de son hospitalité. Un jour, il a dit à la femme qu'il devait retourner chez lui pour retrouver sa mère.

Elle lui a conseillé de ne pas le faire car les Russes le chercheraient et le trouveraient alors qu'ici il était en sécurité. Malgré les avertissements, il a tout de même prit la décision de rentrer chez lui.

Il est revenu à la ferme où il est resté avec sa mère bien-aimée, mais, quelques mois plus tard, les soldats russes sont venus le chercher. Il lui ont laissé deux possibilités : retourner dans les camps de travail en Sibérie, ou devenir soldat dans la cavalerie russe et combattre les nazis. Il a choisi la cavalerie et il est devenu sergent dans la cavalerie russe.

Ses choix étaient difficiles car il était pris entre deux ennemis, les russes d’un côté et les allemands de l’autre. Mon père nous a longuement parlé de tout ce qu’il avait vécu pendant la guerre et de l'horreur de ce que la vie était devenue. Encore une fois, trop de choses terribles à raconter ici pour l’instant.

Ensuite, il est monté avec ses soldats à Berlin où il a été capturé par les nazis et fait prisonnier de guerre à la fin du conflit. C’est alors que la chance a tourné car il était l'un des rares soldats alliés choisis par le gouvernement américain pour surveiller les criminels de guerre nazis à Berlin. Il a aidé à garder ces criminels nazis lors de leur transfert de Berlin à Nuremberg pour préparer le fameux procès de Nuremberg. 

Alors que le procès était proche, il a rencontré une jeune fille qui attendait comme lui, dans la file de distribution de soupe et ils se sont mariés peu de temps après.

C’est à ce moment-là qu’il a entendu parler du travail dans les mines de charbon de Schoeneck et a ramené sa jeune fiancée en France… E. Samiec Newman.

 

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 Jan Samiec en Allemagne alors qu'il était gardien pour les américains

(Dernière rangée, deuxième à droite)
 
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18/11/2017
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