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Oncle Joe raconte : Les chemins de ma vie (2)

Départ vers l'Allemagne

Le Papa de notre ami Joe Surowiecki a été réquisitionné par les allemands dès leur entrée en Ukraine pour être envoyé dans un camp de travail en Allemagne.

Environ 3 mois plus tard ce fût au tour de sa maman de partir pour un autre camp mais heureusement, 10 mois plus tard, ils furent réunis grâce à l’intervention du maire de Bad Grund chargé de superviser le camp situé dans son village.

Le père de famille eût ainsi la permission de retourner en Ukraine pour ramener ses enfants en Allemagne afin de pouvoir réunir à nouveau toute la famille.

Après la guerre, Monsieur Surowiecki père remercia personnellement le maire du village, non seulement pour ce qu'il avait fait pour eux, mais également pour tout ce qu'il avait fait pour aider d'autres familles déportées. 

Pour lire la première partie de ce récit CLIQUEZ ICI

 

* * * * * * * * * * 

 

Nos parents étaient partis dans les camps de travail en Allemagne et nous nous retrouvions donc seuls avec Grand-Mère, Marika et Oncle Eddy dans la maison de notre village de Boratyn en Ukraine lorsqu’un beau matin on frappa à la porte d'entrée. Tante Marika ouvrit la porte et, dans l’embrasure se tenait Papa arborant un grand sourire.

Avant qu’il ne puisse dire le moindre mot, Irène se jeta dans ses bras  en l’étreignant et en l’embrassant…

Papa... Tu es de retour, enfin de retour ! Mais où est Maman ? Vous nous manquez tellement !

L'arrivée de Papa ce jour-là était une pilule à la fois amère et sucrée…

Amère pour Grand-Mère car elle savait qu’elle allait perdre ses « chatons » (c’est ainsi qu’elle nous appelait) mais à la fois douce et sucrée pour Irène et moi car nous savions que nous allions partir avec lui en Allemagne et enfin retrouver Maman qui nous manquait tant…

La nuit avant notre départ je ne pense pas que Grand-Mère ait beaucoup dormi.

Je me souviens seulement qu’elle arpentait les différentes pièces de la maison en pleurant et que le lendemain matin nous sommes partis vers la gare dans une charrette tirée par des chevaux

Papa était assis en face de nous à côté d’oncle Eddy. Grand-Mère, Irène et moi étions assis à l'arrière de la charrette et, lors des discussions, Grand-Mère pleurait longuement après chaque commentaire en répétant inlassablement qu’elle allait perdre ses « chatons » pour toujours et qu’elle ne les reverrait plus jamais...

Le trajet jusqu’à la gare a duré environ une heure, et, gagnés par l’émotion de cette séparation brutale, nous avons finalement tous pleuré à chaudes larmes…

Une fois arrivé à la gare, Grand-Mère et Eddy ne sont pas restés longtemps avec nous.

Quelques rapides et pudiques câlins, quelques bisous puis, tout en agitant nos bras dans un dernier salut, nous les vîmes disparaître au loin.

Le train est arrivé peu de temps après notre séparation puis nous sommes montés dans un des compartiments et ce fut le départ pour l'Allemagne...

L’arrivée en Allemagne  

Je n’ai pas beaucoup de souvenirs du trajet que nous avions fait ce jour là.

Ce dont je me rappelle c'est qu'il faisait sombre dehors et que nous voyagions sur un train qui n’avançait pas très vite et faisait des arrêts toutes les 20 minutes environ avant d'arriver à la gare de destination...  

 

Bad1.jpgLa gare de Bad Grund à l'époque du récit

 

C’était donc ça l’Allemagne ? Nous ne connaissions pas le nom de l’endroit mais le paysage montagneux avec de larges zones boisées qui s’offrait à nos regards était d’aspect plutôt agréable…

Wow... L’endroit où vivent Papa et Maman a l’air super ! dit Irène en souriant…

Nous nous éloignâmes avec Papa de quelques centaines de mètres de l'endroit où nous avons quitté le train et nous retrouvâmes face à un bâtiment de 2 étages situé à côté d’un petit bâtiment rouge.

Voilà, les enfants, nous y sommes, dit Papa en nous désignant de la main le petit bâtiment rouge, c’est là que nous habitons…!

Nous étions debout tous les trois sur le trottoir à une vingtaine de mètres de l'entrée de la petite maison lorsque la porte s’ouvrit. Une dame se tenait dans l’embrasure et Irène courut aussitôt vers elle en hurlant Maman, Maman puis se jeta dans les bras de cette femme que je ne reconnaissait pas, l'embrassant et la serrant très fort tandis que moi je restais apeuré debout derrière Papa sans dire un mot…

On m’a raconté bien plus tard cette scène de retrouvailles entre Maman et moi…

Au moment où elle s’approcha de moi pour me prendre dans ses bras et m’embrasser, je la repoussais violemment en hurlant… J'étais tellement apeuré et traumatisé que je n'ai pas réussi à lui parler pendant 2 jours, malgré tous les efforts qu'elle faisait pour essayer de me calmer et me mettre en confiance :

Mais je suis ta Maman, ta Maman Joseph, tu n’as pas besoin d’avoir peur…

Finalement, tel un animal qu'on apprivoise, c’est seulement après quelques jours que je commençais à oublier mes peurs et mes angoisses et à communiquer avec elle…

Plus tard, elle m’a raconté que je n’arrêtais plus de lui parler, de lui poser des tas de questions et de la suivre pas à pas en la tenant par sa robe ou son tablier.

Le traumatisme vécu lors de la première séparation était certainement encore présent et je pense que ma hantise était de la perdre une nouvelle fois…

Papa avait expliqué à ma sœur Irène que la propriétaire de cette maison était une femme âgée qui vivait à côté, dans la grande maison, en compagnie de son fils et que notre nouvelle vie allait commencer dans ce beau village de Bad Grund, au cœur de la province du Harz en Allemagne…

 

Bad2.jpgLe village de Bad Grund aujourd'hui

 

Quelques jours après notre arrivée dans le village, les propriétaires des lieux sont venus chez nous pour nous saluer. Comme la dame âgée était vêtue de vieux vêtements, ma sœur Irène ne put s’empêcher de me souffler à l'oreille qu’elle ressemblait à la sorcière qu’elle avait vu dans un de ses livres et que la seule chose qui lui manquait c’était un balai à chevaucher… 

Elle était accompagnée de son fils, un homme d’une trentaine d’année dont le visage était barré d’une large cicatrice et à qui il manquait une partie de l’oreille. Apparemment, cet homme avait été victime de blessures de guerre et se déplaçait avec beaucoup de difficultés en s'aidant d’une canne…

La dame essayait de nous amadouer en nous offrant quelques bonbons mais nous étions terrorisés et ne sommes allés vers elle que lorsque Maman nous a mis en confiance en nous expliquant que ces personnes ne nous voulaient aucun mal.

Nous nous approchâmes alors timidement d'eux pour prendre les bonbons offerts, mais, lorsqu’ils ont commencé à nous parler en allemand, nous ne comprenions pas un traître mot de ce qu'ils disaient... Papa qui parlait leur langue nous a alors expliqué qu'ils disaient simplement que nous étions deux beaux enfants et qu’ils nous souhaitaient la bienvenue…

A ce moment-là, Irène me chuchota à l’oreille que la dame avait une voix douce et ne pouvait donc pas être une sorcière car les sorcières ne parlent pas d’une façon aussi gentille avec les enfants. Maintenant la glace était brisée et notre nouvelle vie à Bad Grund allait enfin pouvoir commencer… 

L’arrivée dans le camp

Nous n'avons pas encore vu grand-chose des alentours, mais ce que nous avons vu nous plaisait bien. Le village de Bad Grund était situé dans une belle région avec de merveilleux paysages et nous y avons passé de très bons moments.

Un matin, alors que nous jouions devant la maison, une petite voiture de l'armée allemande s'est arrêtée devant chez nous, un soldat allemand en est descendu et a dit à maman de rassembler toutes nos affaires car un camion viendrait nous chercher pour nous emmener dans notre lieu de résidence définitif.

Je me souviens d'un très grand camion dans lequel plusieurs personnes étaient entassées dans la benne. Puis nous sommes tous montés à bord du camion sauf papa qui était encore au travail.

Le camion qui nous a ramené à environ 2 km du Bad Grund a roulé sur une longue route pavée bordée par endroits de zones boisées. A un moment donné nous sommes passés devant un grand cimetière avec deux beaux bâtiments en brique situés à environ 100 mètres l'un de l'autre. De l’autre côté du cimetière se trouvait un grand espace ouvert avec une immense grange rouge et à environ 50 mètres de cette grange, une longue enfilade de baraques de style casernement équipée de sept portes vertes et de petites fenêtres.  

Chaque porte était numérotée et, devant ce bâtiment, était planté un mât en haut duquel flottait un grand drapeau allemand avec une immense croix gammée noire sur fond blanc. C’était cela notre nouvelle « résidence » et nous allions y demeurer désormais jusqu’à la fin de la guerre !

 

Bad3.jpg

Le village de Bad Grund tel que Joe a dû le connaître pendant la guerre

 

Lorsque nous sommes arrivés, deux familles y vivaient déjà, la famille Sokoliwski au numéro 6 et la famille Maslow au numéro 3… Les 7 familles qui allaient vivre à cet endroit étaient d’ailleurs toutes d’origine ukrainiennes.

J’aimerais maintenant vous parler de l’agencement intérieur de cette grande baraque et essayer de planter le décor de l’endroit où il se situait.

L’ensemble était composé de 3 appartements avec une grande cuisine, une salle à manger et 3 chambres et de 4 appartements composés d’une petite cuisine, d’une salle à manger et de 2 chambres. Les cuisines et les salles à manger étaient équipées de deux fenêtres et les chambres d’une seule fenêtre. Il n’y avait qu’une lampe électrique dans la cuisine / salle à manger et ni eau courante ni toilettes. Un unique poêle à bois servait au chauffage  et le mobilier se résumait à une table et à quelques chaises.

Dans les chambres il y avait deux lits à ressorts de type militaire sans matelas mais avec 2 couvertures.

Les familles habitant ce baraquement étaient les suivantes :

Dans l’unité 1 vivait la famille Pitka avec une fille d'environ 2 ans.

Dans l’unité 2, Kohut Luba, son mari Olec, leur petite fille et la sœur jumelle de Luba, Darka.

Dans l’unité 3, Maslow Anna et son mari avec leurs 2 enfants (un garçon d'environ 3 ans et une petite fille).

Dans l’unité 4, Banas avec un garçon de mon âge prénommé Peter qui deviendra par la suite un de mes meilleurs amis.

Dans l’unité 5, Papuha Carol et son mari Larry, un couple sans enfants.

Dans l’unité 6, le vieux Sokoliwski, son fils avec sa femme et deux enfants, (une fille Zina d'environ 14 ans et Tara, un garçon d'environ 16 ans)

Et enfin dans l’unité 7, Maman, Papa, sœur Irène et moi…

Le long baraquement donnait sur un grand terrain ouvert. La moitié de ce terrain était un jardin et l’autre moitié un pré avec quelques petits arbres. Tout au bout du terrain il y avait une grande table fixée au sol avec un banc de chaque côté qui pouvait accueillir 12 à 15 personnes et une fontaine d’eau trônait au centre du terrain.

À l'arrière, il y avait un immense champ qui donnait sur un marais. Sur le côté se trouvait la route goudronnée est à environ 20 mètres du baraquement il y avait une voie ferrée.

Les deux maisons de briques situées à environ 100 mètres l’une de l’autre étaient, elles,  construites sur une colline dont les versants étaient boisés. Je ne me souviens pas du nom des habitants, on les appelait  simplement les « Vos » et les « Burs ».

La maison « Vos » était habitée par un Grand-père et une Grand-mère ainsi que leur fils Carl, son épouse, leur fils Max d'environ 23 ans, les jumeaux Marcus & Walter âgés d’environ un an de plus que moi et Peter. Ils sont également devenus au fil du temps de très bons amis.

Dans la maison « Burs » vivait un vieil homme qu’on appelait « Général », son fils et sa femme ainsi que leur fille d'environ 4 ans prénommée Ursula. Souvenez-vous de son nom, elle est devenue amie avec nous tous…

À environ 25 mètres du Baraquement se trouvait les dépendances ou plutôt les « toilettes ». Pour y accéder, il fallait  descendre un escalier en béton d’environ 12 ou 15 marches qui débouchait sur un espace ouvert dans lequel coulait une petite rivière. Ce ruisseau traversait une grande et dense forêt peuplée de toutes sortes de grands et petits arbres, dont la plupart étaient à feuillage persistant. La dépendance était située au centre de cette zone entre le baraquement la rivière... Ces toilettes mesuraient environ 20 mètres de long avec une porte à chaque extrémité et étaient équipées de 4 sièges sans aucune cloison de séparation !

Tous les hommes vivant dans le baraquement étaient des « ouvriers forcés » limités dans leurs déplacements à un rayon de 50 km et, pour pouvoir sortir de cette limite il fallait obtenir un permis spécial.

Les femmes avec enfants n'avaient pas besoin de travailler. Tous les hommes travaillent dans la même mine de potassium 8 à 10 heures par jour sauf le dimanche et les jours fériés allemands. La mine de potassium était associée à la mine de quartz à ciel ouvert du Winterberg. La mine de quartz était également un camp de prisonniers de guerre composé d’environ 80% de russes, les 20% restants étaient britanniques, américains et français. Les travailleurs « forcés »  étaient sous le contrôle du « Burgermeister Amt » (les services municipaux de la ville) tandis que les camps de prisonniers de guerre, étaient eux, totalement gérés par les S.S.

Je me dois de préciser ici que la vie dans notre camp « ouvert » était 1000 fois plus supportable que celle dans les camps de prisonniers de guerre.

 

(Suite)

 

Quant à nous les enfants, tout ce que nous avion à faire, c’était de manger, de jouer et de dormir...

Jouer, oui, nous le faisions beaucoup car nous étions trop jeunes pour aller à l'école et la plupart du temps, à cause de la guerre, les écoles étaient fermées...

Vivre dans ce camp c'était bien pour nous les enfants, mais c’était loin d’être le paradis pour les adultes qui devaient se priver pour nourrir leurs familles.

Les hommes étaient payés pour le travail qu’ils fournissaient et recevaient aussi des cartes de rationnement mais cela ne suffisait jamais.

Le jardin communautaire aidait un peu mais la plupart des hommes n’avaient que des emplois à temps partiel.

Mais les dimanches, les jours fériés ou lors des occasions spéciales, nous étions capables de mettre nos soucis de côté et essayions de vivre comme des gens normaux malgré les difficultés. Et quand il y avait une de ces occasions spéciales, notre lieu de réunion pour faire la fête était toujours autour de la grande table en bois.

Si le temps le permettait, nous mangions les pommes de terre et buvions le vin issu de notre propre production. Chacune des familles préparait un plat et l'apportait à la table pour en faire profiter tout le monde. Pour nous les enfants, c’était un véritable festin car ces jours là, nous avions droit à des aliments que maman n'aurait jamais préparé... Nous n'avions pas beaucoup de ressources mais nous n'avons jamais abandonné et, Dieu merci, nous avons réussi à survivre à ces jours difficiles !

Marcus, Walter, Peter et moi avons beaucoup pêché dans la petite rivière en utilisant des hameçons faits à partir d'épingles à nourrice et il nous arrivait de temps à autre de réussir à attraper un petit poisson...

Il y avait aussi quelques poissons de bonne taille dans cette rivière mais à notre grand regret, nous n'avons jamais réussi à en attraper un. Même Marcus et Walter qui possédaient pourtant des cannes à pêche munies de véritables hameçons n’ont jamais réussis à en sortir un de l’eau !

Nous avons également chassé des corbeaux et des renards à l'aide d'arcs et de flèches artisanales.  Slavko Sokoliwski était passé maître dans l’art de fabriquer des arcs et des flèches avec lesquels nous avons tiré à tour de rôle sur des renards et des corbeaux qui pullulaient dans cette région, mais là également, je dois le dire à mon grand regret, nous n’avons jamais réussi à en toucher un !

Je déteste dire cela mais nous avons même chassé les rats à la décharge de la ville située à quelques centaines de mètres de la grange... Cette décharge était remplie de rats et nous avons vu à plusieurs reprises des adultes munis de fusils abattre ces rats, les ramasser et les mettre dans un sac. J’ignore ce qu’ils en faisaient ensuite, nous ne leur avons jamais demandé d’explications…

Maintenant j’aimerai parler d’un évènement heureux qui a changé la vie de certaines personnes vivant dans cette baraque de notre camp…

Lorsque Luba et Olec Kohut ont décidé de baptiser leur petite fille Mirochka (âgée de 6 mois), tous les résidents du baraquement ont participé à l’évènement.

Comme toujours, chacune des familles a préparé un plat ou deux et nous avons passé, une fois de plus, un excellent moment de convivialité.

C'était la fin de l'été et le temps était idéal ce dimanche-là. Après la cérémonie religieuse célébrée par le prêtre catholique local, la fête a commencé à battre son plein "à l'ukrainienne"...

On mangeait, on chantait et, bien sûr, on buvait quantité de vodka artisanale (Papa appelait ça de l'eau de feu maison). On mettait une allumette dessus jusqu'à enflammer le liquide d'une flamme bleue et les invités buvaient ce truc au grand dam de leurs pauvres estomacs !

Oui, ces dimanches et fêtes en plein air étaient agréables pour tout le monde, en particulier pour les hommes. Une bonne journée de détente et quelques verres leur remontaient vite le moral sachant que le lundi arrivait annonciateur d’une longue semaine de six jours de dur labeur dans la mine de potassium...

 

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Le travail dans la mine de potassium

 

Le travail dans ces mines était très difficile. Je n'ai jamais osé demander à papa ce qu'ils y faisaient, mais je les ai entendus en parler à plusieurs reprises.

Ils disaient que la partie la plus dure se décomposait en deux étapes. Il fallait creuser toutes les semaines une quarantaine de trous d'environ 5 mètres de long puis travailler dans la poussière et la fumées du dynamitage qui persistait parfois pendant plus d’une heure…

Avaler toute cette saleté flottant dans l’air n'était pas drôle mais ils n’avaient pas vraiment le choix et s’exécutaient en se disant qu’un jour tout cela allait forcément s’arrêter…

Ce jour là, alors que tout les invités assis autour de la table s'amusaient et riaient, Madame Pitka s’est absentée un instant pour aller chercher un plat chez elle.

En arrivant près de sa porte, deux jeunes hommes l'ont accostée et engagé la conversation avec elle…

Quelques minutes plus tard, Madame Pitka s'est retournée en direction des convives attablés et a crié :

Hé les amis, on a la visite de deux jeunes compatriotes !

Et quelqu'un à la table a répondu :

Si ce sont des compatriotes, ils sont les bienvenus et peuvent venir boire un verre en notre compagnie !

Arrivés à la table, un des deux jeunes hommes âgé d’une trentaine d’années a fait les présentations :

Mon nom est Ivan et voici mon frère Basil, nous sommes ouvriers et travaillons en bas de la route à environ 4 kilomètres de l’élevage de poulets appartenant au propriétaire du restaurant « Zum Hartz Wald »...

Nous les enfants connaissions cette ferme de poulets mais nous n'y étions jamais allés si ce n’est quelques mois plus tard pour essayer d'y récupérer des plumes.

Ivan était un bel homme (il ressemblait un peu à Errol Flynn) et monopolisait la conversation. Il parlait beaucoup, d’abord de sa ville natale, puis de son travail à la ferme, mais après quelques verres, sa conversation prit un tournant plus déluré et les blagues qu'il racontait étaient marquées d’un goût plus que douteux…  

A un tel point que le vieux Sokoliwcki se sentit obligé de de le calmer en lui faisant remarquer qu’il y avait des enfants et des dames à table…   

Hélas, l’accalmie fût de courte durée et, l’alcool aidant, il repartit de plus belle dans des blagues grivoises qui ne semblaient intéresser que Anna Maslow et Luba Kohut lesquelles riaient à gorge déployée et en redemandaient…

Ivan le « Casanova autoproclamé » avait fini par trouver son public !

Anna était une jolie jeune femme d’environ 25 ans, pas très grande mais au physique agréable. Elle avait un beau visage, et, qualité non négligeable aux yeux d’Ivan, un tour de poitrine visiblement supérieur à la moyenne...  

Luba, la sœur jumelle de Darka, également âgée d'environ 25 ans, était une célibataire plutôt solitaire, véritable rat de bibliothèque ayant toujours un livre à la main, toujours très amicale et bavarde avec tout le monde. Elle ressemblait à la chanteuse Dolly Parton et arborait également une poitrine plus que généreuse. En réalité, je pense que toutes les femmes présentes ce jour-là, étaient "perturbées" par l’apparition du bel Yvan. Même maman avait plus ou moins succombé à son charme et avait montré beaucoup d'empathie pour le personnage !

Vers la fin de la fête, Basil et Yvan ont dit au revoir à toutes les personnes présentes. Ces adieux se traduisaient par une poignée de main virile pour les hommes, et par un baiser sur chaque joue et deux tapes sur les fesses pour les dames ! 

Pendant que les deux "patriotes" s’éloignaient en faisant de grands signes d’adieu, Anna et Luba, pleines d'enthousiasme leur criaient :

C'était un véritable plaisir de vous avoir rencontrés ! Sachez que vous êtes les bienvenus et n'hésitez pas à revenir nous voir quand vous voulez... ! 

La suite de l'histoire prouvera que ces dernières paroles n'étaient pas tombées dans l'oreille d'un sourd ! A suivre... 

 

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06/02/2022
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