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Oncle Joe raconte : Le drame de la famille Birig

Même aujourd’hui, plus de 65 ans après ces événements, il m’est difficile de parler de ce drame qui me renvoie à mon enfance à la Ferme de Schoeneck…
Si j’en crois ma mémoire, c’était au milieu du printemps dans les années 50-51. Le garde-champêtre du village, souvenez-vous, celui qui s’arrêtait dans les rues en secouant une cloche pour informer la population de chaque décision communale importante, était venu à l’école en début d’après midi.
Il avait frappé à la porte de la salle de classe et notre instituteur, M. Sauder, était sorti pour s’entretenir pendant quelques minutes en tête à tête avec lui. Lorsqu’il revint dans la classe, il demanda à notre camarade Paul Lay de prendre ses affaires et d’aller parler avec le garde-champêtre. Dès que Paul eût quitté la pièce, M. Sauder nous fit part de la raison de son départ précipité en plein cours.
-  Ecoutez bien les enfants, Paul doit rentrer chez lui car son père vient de décéder… 
La plupart d’entre-nous connaissaient le père de Paul Lay et savaient qu’il était gravement malade aussi la nouvelle de son décès ne nous surprît pas particulièrement…
Dans notre petite communauté minière, nous nous connaissions tous et, lorsque quelqu’un décédait, de mort naturelle ou suite à un accident minier, il était habituel que la population lui rendre un dernier hommage en assistant à ses funérailles.
Après le service funèbre, alors que nous étions tous réunis autour de la tombe et, au moment où le cercueil allait être descendu dans la fosse, le curé du village, l’abbé Freud, se retourna vers nous et nous dit :
- Mes frères et mes sœurs, prions ensemble pour celui qui sera le prochain à reposer à coté de M. Lay… 
Nous nous recueillîmes tous en silence pendant que le cercueil fût descendu dans la fosse...
Mais nous voici arrivé au moment du récit dont nous ne savions pas qu’il resterait gravé dans nos mémoires à tout jamais et  que nous en parlerions encore des décennies plus tard…
Parmi les personnes présentes ce jour là et qui avaient prié pour celui qui reposerait à coté de M. Lay, il y avait les frères Ernest et Roger Birig. Ernest fût tué je crois deux ans plus tard à la mine et a été inhumé près de la tombe de M. Lay. Pendant l’inhumation d’Ernest, la famille Birig toute entière était présente ainsi que son frère Roger, et nous avons à nouveau prié pour le suivant ou la suivante qui reposerait à coté de la tombe d’Ernest… Et c’est à ce moment là que l’histoire prit un tournant étrange…
En effet, à l’enterrement de M. Lay, Ernest avait prié pour son propre repos et Roger avait prié pour son frère Ernest. Puis, lors de l’enterrement d’Ernest, Roger avait prié pour son propre enterrement car il allait également décéder d’un accident à la mine quelques années plus tard.
Nous n’en avons reparlé que bien plus tard, lors de l’enterrement d’un fils Schoumer, lorsque nous nous sommes retrouvé entre amis au restaurant. Il me semble que c’était Roos Joseph qui en a parlé en premier…
Aujourd’hui, lorsque je repense à tout cela, je nous revois, enfants, puis adolescents, priants devant les tombes de nos amis disparus, et dans ces moments là, d’étranges frissons parcourent mon corps… 
 
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Les frères et la soeur Birig devant leur baraque à la Ferme
 
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13/11/2016
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