NOSTALGIA, le Blog qui fait oublier les tracas...

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Oncle Joe raconte : Le Big Bang !

(1) Excursion à la Saarschleife

Je ne me souviens plus de l'année... C'était en 1955 ou 1956, et nous avions organisé avec Roger Ducroux de la CIMADE une excursion au nord de la Sarre, près de la ville de Mettlach (environ à 45 kilomètres de Schoeneck) là où le fleuve Sarre fait un virage à 360 degrés... Cet endroit s'appelle "La Saarschleife", et, à l’époque c’était déjà une grande attraction touristique car il y avait également à cet endroit un terrain de camping où nous avions prévus de rester pendant une semaine.

 

 

Il y avait une vingtaine de participants au départ, mais quelques-uns se sont désistés et nous n'étions plus que 12 à faire ce voyage à vélo, soit 8 hommes et 4 femmes.

Pour arriver au but fixé, il fallait compter environ 3 heures de route et il y eut quelques arrêts imprévus pour cause de crevaison, mais dans l'ensemble nous avons passé un bon moment à traverser les villes et villages de cette région vallonnée si pittoresque…

Notre groupe était composé des personnes suivantes :

Roger Ducroux, Helmut, Paul Lay, Roos,  Henry et Roger Schoumer, Pepe Gamella et moi. Du côté des filles il y avait Betty, Edith (l’épouse de Roger Ducroux), Gisella et Klara.

Roger Ducroux avait loué tout le matériel de camping à la mine au Puits Simon et nous avions de ce fait tout le nécessaire pour passer une semaine de camping dans les meilleures conditions. Nous étions équipés de deux tentes pour les filles et de 4 tentes pour les garçons ainsi que de plusieurs matelas pneumatiques, de sacs de couchage et de diverses marmites et casseroles.

Le départ s’est fait en deux groupes. Quatre d'entre nous, Helmut, Paul, Roos et moi, sommes partis environ 5 heures avant les autres car notre tâche consistait à monter les tentes sur le terrain de camping.

Quand nous sommes arrivés, le camping était déjà relativement plein et il ne restait plus de place assez grande pour monter nos 6 tentes au même endroit. La seule possibilité était de s’installer sur la rive de l'autre côté de la Sarre car, à cet endroit il n’y avait que 4 tentes déjà montées.

Pour aller de l'autre côté du fleuve, il fallait prendre un petit ferry qui coutait 10 francs par personne et par traversée.

 

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Ce ferry n'était pas très fiable car il y a toujours des temps d'attente mais c’était la seule solution pour pouvoir monter nos tentes au même endroit.

Nous nous mîmes aussitôt au travail et vers 13 heures, tout était en place et nous étions fins prêts pour accueillir le deuxième groupe qui arriva environ 2 heures plus tard…

Nous avons bien profité de cette belle semaine de camping en faisant de petites escalades dans les rochers, de nombreuses promenades dans les superbes sites alentours ainsi que de longues baignades dans la Sarre dont l’eau était, à mon grand étonnement, très propre à cet endroit.

Nous avons également fait quelques tentatives de pêche et, dans l’ensemble, nous avons passé une excellente et inoubliable semaine de plaisirs partagés.

Les filles parlaient déjà d'une autre sortie camping mais malheureusement elle n’eût jamais lieu, probablement à cause des horaires de travail à la mine et de l’intérêt pour ces longues virées qui s’estompait au fil des mois.

Nous avons toutefois continué à faire de courtes sorties lors de certains Weekends en partant tôt le matin pour rentrer le soir vers 22 ou 23 heures et, si ces sorties restaient très agréables, elles nécessitaient toujours beaucoup d’énergie et de pédalage !

Au fur et à mesure que le temps passait, nos excursions à vélo devenaient de moins en moins nombreuses car nous découvrions de nouveaux centres d’intérêts principalement chez les jeunes filles que nous courtisions avec plaisir. Puis, au fur et à mesure que le temps passait, les familles déménageaient et s’éparpillaient, les ami(e)s se perdaient petit à petit de vue et ne restaient plus que les souvenirs de ces années d’insouciance et d’amusement.

Avec le groupe de la Ferme puis avec celui de Behren, nous avons encore fait deux sorties, non pas à vélo mais cette fois en Vespa.

Une première fois à la mi-avril 1957 à Gérardmer lors de la Fête des Jonquilles où nous avons séjourné à l’hôtel car il faisait trop froid pour camper et une deuxième fois, la même année, pour visiter le Camp de Concentration du Struthof en Alsace, cruel rappel de l'Allemagne nazie et de la 2ème guerre mondiale.

 

 

Lors de cette dernière sortie, nous avons fait un arrêt à Dabo et avons gravi toutes les marches menant jusqu’à la fameuse Chapelle Saint Léon construite sur le rocher dans les années 1800.

On imagine le travail éreintant que cela représentait pour les ouvriers chargés de monter toutes ces pierres là-haut sans l'équipement d'aujourd'hui !

Nous avions encore en projet un voyage à Verdun pour visiter le mémorial de la première Guerre Mondiale mais désolé de dire, nous ne l’avons jamais fait et je le regrette car j'ai vécu en France pendant toutes ces années et je n'ai malheureusement pas su prendre le temps de visiter ce haut lieu de mémoire...

Voilà chers amis, aujourd’hui, je suis à un âge avancé et il n'est plus question pour moi de participer à des voyages organisés et, comme on le dit si bien :

Toutes les bonnes choses ont une fin !

 

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(2) Le Big Bang

Notre ami Helmut était allemand et avait quelques amis à Klarenthal, un village sarrois situé de l’autre coté de la frontière. Il avait organisé avec eux une rencontre de Football, ou plutôt un match international France/Allemagne qui devait se dérouler à Schoeneck au stade du village…

Le match était prévu pour la fin de l’après-midi et, vers 13 heures, Roger et Dietmar vinrent chez moi. Nous décidâmes d'aller chez Paul et Roos pour aller tous ensemble récupérer Helmut.

Lorsque nous arrivâmes devant chez Helmut, ce dernier, ne répondant pas à nos appels et coups de sifflets habituels, nous contournâmes la baraque (Helmut habitait du coté B) et, arrivés devant l’escalier nous entendîmes quelques bribes de conversations venant de l’intérieur du cagibi…

Nous reconnûmes aussitôt les voix de Helmut, de son frère Werner et celle de Krieger. Nos amis semblaient concentrés sur une tâche et ce n’est qu’une fois arrivé en haut de l’escalier que nous vîmes ce qu’ils étaient en train de bricoler…

Dans le cagibi, Werner et Krieger étaient affairés autour d’une petite table équipée d’un énorme étau. Etalés sur la table, une demi douzaine de balles de fusil mitrailleur que Werner et Krieger avaient trouvé dans les forêts aux alentours car, dans ces années là, on trouvait encore facilement de vieilles munitions datant de la guerre 39-45.

Une des balles était enserrée dans les mâchoires de l’étau et Krieger, muni d’un pince, essayait de désolidariser la balle proprement dite de la douille en cuivre…

A terre, à coté de la table, traînaient plusieurs douilles vides ainsi qu’une bouteille de lait avec, au fond, de la poudre extraite de ces mêmes balles… 

Pendant que Helmut était parti chercher ses chaussures de Foot, Roos demanda à Werner ce qu’ils étaient en train de manigancer...

- On récupère la poudre de ces grosses balles pour en faire des pétards « fabrication maison » pour la prochaine fête du 14 juillet… Comme vous le savez tous, ceux vendus à Forbach chez Duroch ne sont pas aussi gros et relativement chers, et quand ils explosent, le bruit n’est pas aussi fort que le sera celui des nôtres !

Dietmar prit un air dubitatif et répondit :

- Mais ils pourraient vous exploser à la figure, vous blesser ou peut-être même vous tuer, ça pourrait être dangereux non ?

- Nein, Nein,, t’inquiètes pas, nous savons ce que nous faisons… En enlevant simplement la balle en plomb du haut de la cartouche, il n’y a aucun danger… Pour que la balle explose il faudrait faire la chose suivante...

La balle était toujours enserrée dans les mâchoires de l’étau, et, joignant le geste à la parole, Werner se saisit d’un marteau et tapota l’amorce de la balle…

Tout ce que nous entendîmes fut une énorme explosion et le cagibi fut aussitôt envahi par une épaisse fumée… Je ne sais plus comment nous avons réussi à quitter l’endroit et dévaler les marches mais nous nous retrouvâmes en un clin d’œil au bas de l’escalier ! Seuls manquaient à l’appel, Werner et Krieger…

Après quelques secondes, Werner apparut en haut de l’escalier, un sourire un peu crispé sur le visage, et nous dit :

- Voilà les gars, maintenant vous savez à quel moment la balle peut exploser !

Une fois la fumée dissipée nous retournâmes ensemble dans le cagibi…

La table avec l’étau était toujours debout mais la cloison en bois, face à la table, celle qui donnait sur la cuisine des Minke était trouée à l’endroit où la balle avait frappée. Fort heureusement, la cuisinière émaillée, achetée quelques mois plus tôt avait été installée juste derrière la cloison et avait de ce fait arrêté la trajectoire du projectile…

Je frissonnais à l’idée que la table avec l’étau auraient pu être tournés dans l’autre sens… Dieu seul sait quel drame aurait pu se produire car dans ce logement vivait une famille avec des enfants en bas âge... ! 

Sur le moment, on n’a pas eu vent de la réaction de Madame Minke et, après cet incident, Werner n’en a plus parlé…

Puis vint le fameux 14 juillet. Werner avait récupéré la poudre restante et fabriqué quelques uns de ces super pétards dont on entendait effectivement les explosions à plus d’un kilomètres… Ce n’est que quelques jours plus tard que Helmut nous confia que Werner continuait à rembourser la nouvelle cuisinière de sa mère et que finalement les pétards fabrication maison lui avaient coûté 1000 fois plus cher que ceux qu’ils auraient pu acheter chez Duroch... 

Malgré cet intermède explosif, nous avons quand même disputé notre match international ce jour là et l’équipe allemande a brillamment battu la France par 5 buts à 3…  S’il est vrai qu’on ne peux pas gagner à tous les coups, il faut tout de même rester honnête et savoir dire les choses telles qu’elles sont, notre équipe a rarement gagné un de ces matchs internationaux !

Nous aurions peut-être mieux fait de changer le nom de notre fameuse Equipe de France en équipe des Nations-Unies, car finalement, au vu de la vingtaine de nationalités des habitants de l’endroit, le terme aurait été bien plus approprié pour les joueurs de foot de cette bonne vieille Ferme de Schoeneck...

 

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14/11/2021
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