NOSTALGIA, le blog qui fait oublier les tracas...

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Oncle Joe raconte : Le Big Bang !

Notre ami Helmut était allemand et avait quelques amis à Klarenthal, un village sarrois situé de l’autre coté de la frontière. Il avait organisé avec eux une rencontre de Football, ou plutôt un match international France/Allemagne qui devait se dérouler à Schoeneck au stade du village…

Le match était prévu pour la fin de l’après-midi et, vers 13 heures, Roger et Dietmar vinrent chez moi. Nous décidâmes d'aller chez Paul et Roos pour aller tous ensemble récupérer Helmut.

Lorsque nous arrivâmes devant chez Helmut, ce dernier, ne répondant pas à nos appels et coups de sifflets habituels, nous contournâmes la baraque (Helmut habitait du coté B) et, arrivés devant l’escalier nous entendîmes quelques bribes de conversations venant de l’intérieur du cagibi…

Nous reconnûmes aussitôt les voix de Helmut, de son frère Werner et celle de Krieger. Nos amis semblaient concentrés sur une tâche et ce n’est qu’une fois arrivé en haut de l’escalier que nous vîmes ce qu’ils étaient en train de bricoler…

Dans le cagibi, Werner et Krieger étaient affairés autour d’une petite table équipée d’un énorme étau. Etalés sur la table, une demi douzaine de balles de fusil mitrailleur que Werner et Krieger avaient trouvé dans les forêts aux alentours car, dans ces années là, on trouvait encore facilement de vieilles munitions datant de la guerre 39-45.

Une des balles était enserrée dans les mâchoires de l’étau et Krieger, muni d’un pince, essayait de désolidariser la balle proprement dite de la douille en cuivre…

A terre, à coté de la table, traînaient plusieurs douilles vides ainsi qu’une bouteille de lait avec, au fond, de la poudre extraite de ces mêmes balles… 

Pendant que Helmut était parti chercher ses chaussures de Foot, Roos demanda à Werner ce qu’ils étaient en train de manigancer...

- On récupère la poudre de ces grosses balles pour en faire des pétards « fabrication maison » pour la prochaine fête du 14 juillet… Comme vous le savez tous, ceux vendus à Forbach chez Duroch ne sont pas aussi gros et relativement chers, et quand ils explosent, le bruit n’est pas aussi fort que le sera celui des nôtres !

Dietmar prit un air dubitatif et répondit :

- Mais ils pourraient vous exploser à la figure, vous blesser ou peut-être même vous tuer, ça pourrait être dangereux non ?

- Nein, Nein,, t’inquiètes pas, nous savons ce que nous faisons… En enlevant simplement la balle en plomb du haut de la cartouche, il n’y a aucun danger… Pour que la balle explose il faudrait faire la chose suivante...

La balle était toujours enserrée dans les mâchoires de l’étau, et, joignant le geste à la parole, Werner se saisit d’un marteau et tapota l’amorce de la balle…

Tout ce que nous entendîmes fut une énorme explosion et le cagibi fut aussitôt envahi par une épaisse fumée… Je ne sais plus comment nous avons réussi à quitter l’endroit et dévaler les marches mais nous nous retrouvâmes en un clin d’œil au bas de l’escalier ! Seuls manquaient à l’appel, Werner et Krieger…

Après quelques secondes, Werner apparut en haut de l’escalier, un sourire un peu crispé sur le visage, et nous dit :

- Voilà les gars, maintenant vous savez à quel moment la balle peut exploser !

Une fois la fumée dissipée nous retournâmes ensemble dans le cagibi…

La table avec l’étau était toujours debout mais la cloison en bois, face à la table, celle qui donnait sur la cuisine des Minke était trouée à l’endroit où la balle avait frappée. Fort heureusement, la cuisinière émaillée, achetée quelques mois plus tôt avait été installée juste derrière la cloison et avait de ce fait arrêté la trajectoire du projectile…

Je frissonnais à l’idée que la table avec l’étau auraient pu être tournés dans l’autre sens… Dieu seul sait quel drame aurait pu se produire car dans ce logement vivait une famille avec des enfants en bas âge... ! 

Sur le moment, on n’a pas eu vent de la réaction de Madame Minke et, après cet incident, Werner n’en a plus parlé…

Puis vint le fameux 14 juillet. Werner avait récupéré la poudre restante et fabriqué quelques uns de ces super pétards dont on entendait effectivement les explosions à plus d’un kilomètres… Ce n’est que quelques jours plus tard que Helmut nous confia que Werner continuait à rembourser la nouvelle cuisinière de sa mère et que finalement les pétards fabrication maison lui avaient coûté 1000 fois plus cher que ceux qu’ils auraient pu acheter chez Duroch... 

Malgré cet intermède explosif, nous avons quand même disputé notre match international ce jour là et l’équipe allemande a brillamment battu la France par 5 buts à 3…  S’il est vrai qu’on ne peux pas gagner à tous les coups, il faut tout de même rester honnête et savoir dire les choses telles qu’elles sont, notre équipe a rarement gagné un de ces matchs internationaux !

Nous aurions peut-être mieux fait de changer le nom de notre fameuse Equipe de France en équipe des Nations-Unies, car finalement, au vu de la vingtaine de nationalités des habitants de l’endroit, le terme aurait été bien plus approprié pour les joueurs de foot de cette bonne vieille Ferme de Schoeneck...

 

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13/11/2016
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