NOSTALGIA, le blog qui fait oublier les tracas...

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Les années 'Yéyé' : Jean-René Beguier

La culbute dans la génération YéYé ou les années 60, notre révolution.

J’ai été bercé pendant des années par les mélodies et chansons que l’on entendait dans les quartiers des baraques, en particulier par la musique italienne. Ces musiques qui résonnent encore dans ma tête passaient par l’intermédiaire des disques 78 tours en résine qui tournaient inlassablement sur les platines intégrées dans les gros postes de radio à lampes.

En décembre 1962 je me retrouve pour 9 mois à Chamonix en maison de repos dans un chalet 'le Prieuré'. Là je découvre un autre monde. Nous sommes des mômes de 14 à 17 ans originaires de toutes les régions et classes sociales, d’où chacun ramène ses expériences, bonnes ou mauvaises.

 

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Le Prieuré

 

Au Prieuré j’ai intérêt à surveiller mon langage qui est encore du style baraques.

Se fondre dans le décor, pas facile, on n’est pas dans la forêt de la Ferme de Schœneck.

Je découvre le transistor. Certains pensionnaires possèdent des mini transistors et on écoute en cachette l’émission Salut les Copains, que je découvre par la même occasion avec sa nouvelle musique. La musique yéyé, musique de sauvage comme disent certains adultes.

La directrice très sévère, censure tout. Elle possède une platine tourne-disque qu’elle met à notre disposition mais seulement pour écouter de la musique classique. Tchaïkovski, Mozart, Bach et autres. J’en attrape de l’allergie. Je découvre par la même occasion les microsillons vinyles.

Il faut savoir que si une vie en communauté est sévère est surtout restrictive, il y a systématiquement chez certains individus des attitudes révolutionnaires. Et nous sommes au début des années 60, la nouvelle génération ose dire non!

Aujourd’hui j’ai eu la malencontreuse idée d’acheter à un camarade un vinyle 45 tours qui a réussi, je ne sais pas par quelle moyen subtil, de se le procurer.

J’ai mon premier 45 tours, un trésor.

La Directrice est de sortie, il reste une monitrice âgée d’une vingtaine d’années pour nous surveiller, d’un clin d’œil complice elle nous laisse faire. Après avoir placé mon précieux et premier vinyle sur la platine, nous écoutons religieusement Richard Anthony pour la leçon de twist, certains, les plus âgés tentent même quelques mouvements de danse du twist.

Pas longtemps, car surgissant d’on ne sait où, la Directrice en colère récupère le 45 tours et le brise en morceaux. Pas de ça chez moi, hurle-t-elle!  Adieu vinyle. C’est mon baptême dans la génération yéyé. Comme punition je suis privé de courrier et de colis pendant un temps indéterminé.

Le lendemain à la distribution du courrier la Directrice, faisant preuve de mansuétude, me donne une lettre de mes parents.

 

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1963, la mono complice

 

Pour les nostalgiques voici les premiers couplets et le refrain :

  

La leçon de twist de Richard Anthony

  

De tous côtés on n'entend plus que ça
Un air nouveau qui nous vient de là-bas
Un air nouveau qui nous fait du dégât
Et comme moi il vous prendra

C'est une danse au rythme merveilleux
A danser seul à quatre ou bien à deux
Pas besoin de doux regards dans les yeux
Y a simplement qu'à être heureux

[Refrain] :

 

Twist and twist, Vous y viendrez tous
Twist and twist, Et vous verrez tous
Twist and twist, Le monde entier twister...

 

1964 - Premier flirt.

J’ai 16 ans. Elle m’invite à une surprise-party qu’elle organise pour son anniversaire dans la maison de sa grand-mère à Petite-Rosselle. Je suis timide et un peu gauche. Ne sachant pas quoi lui offrir et la connaissant à peine, je consulte ma mère pour le cadeau.

Je lui offre un parfum pour ces 17 ans. Elle est très surprise. J’ai droit à une bise. Nous dansons des slows. Elle est de Forbach Bellevue. On se donne rendez-vous en cachette à l’intérieur du cimetière de Forbach. Ses parents très stricts auraient vu ce rendez-vous d’un mauvais œil. Pour donner le change à ses parents, elle est venue  avec son petit frère dans une poussette. On s’asseoit sur un banc hors de vue, on se parle.

On termine notre rencontre en s’embrassant. Elle ne veut pas inquiéter ses parents, on se quitte. Je ne l’ai plus jamais revue. 

 

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Salle Sommer 1966 (de g. à dr. Gérard, René, Alain, François)

 

Jusqu’à mon service militaire, qui était encore d’une durée de 16 mois en 1968, nous écumons les bals, le samedi on se retrouve à la salle Sommer avec ses fameux orchestres, dont celui de mon ami Dany Robin, et le dimanche avec un style totalement différent, les thés dansants de la région, comme le Trianon et le Métropole à Stiring-Wendel où on peut danser sur de la musique des Checkers, des  Ramblers, des Falcons et bien d’autres...

Il y avait également des thés Dansants fréquentés par une autre 'classe sociale' comme, le Perroquet à Forbach, plutôt estudiantin où se produisaient Les Potaches et la salle Dolisi qui a aussi été tenté un moment par la jeune génération mais sans succès. Il existait aussi des clubs, souvent éphémères, comme le Rock Club of Eddie Cochran de Petite-Rosselle. 

 

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Copie de l'original soigneusement conservé de la carte de membre du Club Eddy Cochran 

  

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The Falcons

 

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Le café AHR

Il ne faut pas oublier la salle du café AHR à Marienau qui a toujours accueilli les bals du samedi soir et du carnaval. Nous avions là une salle avec toute une installation existante, bistrot compris qui n’attendait qu’à se faire courtiser.

Nous sommes un groupe d’une dizaine de garçons et filles de Marienau. Devant le succès grandissant des thés dansants de la région la question est : et pourquoi pas chez nous ?

A l’initiative d’un leader, majeur, et avec l’accord du patron du café AHR, nous sommes réunis dans le café afin de créer une association de bénévoles. Nous démarrons en versant chacun 5 francs de cotisation annuelle. Nous nous chargeons de trouver les musiciens, et de la publicité. La salle est gratuite. Le patron profite de la vente des boissons. Il ne prend aucun risque.

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Le démarrage est lent dans les débuts, mais grâce au bouche à oreille le thé dansant trouve vite sa vitesse de croisière. La salle est régulièrement comble et le succès est grandissant. Les jeunes viennent de toute la région.

Des orchestres et groupes, se produisent, certains moins connus que d’autres. Mais tous ont le mérite de remplir chaque dimanche la salle.

Devant le succès du thé dansant le patron AHR décide de récupérer l’affaire et on dissous l’association. La majorité du comité est un peu naïf, on a certainement dû se faire rouler dans la farine par AHR et par notre leader. Je récupère mon investissement et la vie continue… Jean-René Béguier.

 

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27/01/2017
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