NOSTALGIA, le blog qui fait oublier les tracas...

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Gaston Mai : suivez le guide !

Biographie :

Mai Gaston née le 12 septembre 1956 (il y a longtemps !) à Völklingen (Sarre).    

Papa: Aloyse Mai. Maman: Albertine Bonaventura
Arrivé à Schoeneck en 1957 .
Enfant de choeur à l'église de Schoeneck de 1963 à 1973
Certificat d'études primaires à l'école de Schoeneck en 1970
Certificat de sauvetage Natation en 1971 à Merlebach
Collège d'enseignements technique privé des H.B.L. de 1969 à 1973
CAP et BEP électro-mécanicien en 1973 
​Service militaire au 2ème régiment de cuirassiers en 1977,

promu Brigadier-chef (chef d'équipes choc et feu)
Carrière aux HBL :

Électro-mécanicien fond et Porion Électro-mécanicien fond de 1973 à 2003
Aujourd'hui retraité des mines et guide vacataire au musée les mineurs à Petite-Rosselle. 

  

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Un voyage au centre de la terre

Il est dix heure cinquante, la première visite guidée de la journée est à onze heures.

Déjà un groupe de visiteurs m’attend. Je suis prêt, j’ai endossé ma veste de bleu, mis mon ceinturon, mon casque, et posé le câble de ma lampe à chapeau sur ma nuque comme avant la descente au fond il y a quelques années.

Il reste dix minutes, le temps de me préparer mentalement de repenser mon introduction, de jeter un coup d’œil dans le miroir et de gérer le petit trac qui se manifeste avant chaque départ…   

Aujourd’hui je suis de permanence pour les visites classiques. Mes autres interventions, en dehors des permanences, consistent à recevoir les groupes scolaires, des petits jeunes excités qu’on a bien du mal à dompter, quand ce ne sont pas des adolescents blasés, l’oreille et l’œil rivés sur leur portable.

Rien à voir avec le public d’aujourd’hui. Des visiteurs attentifs, prêts à écouter toutes mes paroles et les poches remplies de questions et d’interrogations.

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Le Siége Wendel & le Musée Les Mineurs Wendel

 

- Mesdames, messieurs bonjour, soyez les bienvenus au musée les Mineurs Wendel, je m’appelle Gaston et je suis un ancien mineur. Avant d’être musée, le site sur lequel vous vous trouvez aujourd’hui était une grande unité d’exploitation, probablement la plus grande des houillères de Lorraine : Le siège Wendel

En ce seul lieu travaillaient en 1950 cinq mille personnels, dont quatre mille gueules noires au fond et un millier en surface. Le siège avait un rendement de cinq mille tonnes de charbon par jour et comptait trois puits d’exploitation. Le premier fonçage fut décidé en 1866 sous la direction de Charles de Wendel, maître de forges, créateur de la ville de Stiring-Wendel et pionnier de la grande épopée charbonnière lorraine… 

 

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Charles De Wendel : 1809 - 1870.

 

Et voilà, je me réjouis, je tiens mon public. Un peu d’histoire, et un brin de suspense, et le tour est joué…

- L’histoire du charbon en Lorraine a durée 190 ans entre le début du creusement du premier puits à Schoeneck en 1817 et la fermeture du dernier puits à Creutzwald en 2007.

C’est effectivement dans le petit village de Schoeneck que la première tonne de charbon a été extraite en 1830 d’une profondeur de soixante-cinq mètres, mais il a fallu attendre 1856 avec le fonçage du puits saint Charles ici à Petite Rosselle pour que la grande aventure prenne tout son essor. 

Sous l'impulsion du baron de Gargan, un premier sondage de reconnaissance est effectué en 1816 à Schoeneck. Le 17 novembre 1817, les terrains houillers sont atteints à 46 m de profondeur et une première veine de charbon à 65 m avec une hauteur de 2,40 m...

 

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En 1820, messieurs Gangloff, Thieriet et Rupied obtiennent, par décret royal de Louis XVIII, la concession de Schoeneck et fondent en 1822 la première compagnie minière du bassin lorrain : la compagnie des mines de houille de Schoeneck.

Jusqu'en 1835, 250 à 300 personnes travailleront sur le site. Les mineurs descendaient au fond dans un cuffat, une grande marmite arrimée à une poulie. Ils ont remonté près de 11 000 tonnes de charbon depuis ce puits.

- Je vous invite maintenant à la traversée du carreau pour passer à côté des différents chevalements des puits I, II, III, et ensuite descendre au fond, où vous aurez l’occasion de découvrir la mine dans toute sa réalité.

À proximité du puits trois je m’arrête pour donner quelques explications complémentaires sur le matériel minier exposé, et pour répondre aux nombreuses questions de mes visiteurs. 

- Quelle profondeur ont les puits ? Reste-t-il du charbon dans le sous-sol ? Les femmes ont-elles travaillé au fond ? Et les garçons, à partir de quel âge ? Pourquoi a-t-on décidé l’arrêt de l’exploitation ?

 

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En arrivant devant la porte d’entrée de la mine l’inscription Glück auf attire l’attention du groupe.

 

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 - L’inscription au-dessus de l’entrée est le salut du mineur. Glück Auf, signifie bonne chance pour ta remontée, une allusion aux risques que l’on prenait en exerçant notre métier au fond de mine. C’est de cette façon que l’on se saluait au fond comme au jour, hier lorsqu’on y travaillait, et aujourd’hui encore c’est resté dans nos habitudes d’anciens mineurs. C’est de l’Allemand en effet... En Moselle-est nous parlons le francique lorrain, un dialecte germanique appelé Lothrìnger Platt, ou tout simplement le PlattJe vous dis donc Glück Auf, et allons-y, il est temps de prendre place dans la cage.

Les portes de la cage viennent de s’ouvrir.

– En avant, c’est la cordée…  

Le silence se fait au sein du groupe, certains hésitent. Je les rassure par un sourire avenant en expliquant que la cage est soutenue par quatre câbles d’acier et qu’il n’y a aucun risque. En fait, nous simulons une descente vers l’étage -1200 à une vitesse de 12m par seconde.

Étage -1200 mètres. Nous quittons la cage pour pénétrer dans la galerie principale, et saluons au passage sainte Barbe.

 

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 ATTENTION, DANGER GRISOU

 

- C’est sous la protection de cette belle dame, Sainte Barbe, que nous sommes toujours descendus au fond. Le mineur, il est vrai, n’est pas très pieux, mais le quatre décembre nous commémorons toujours notre sainte patronne. Aujourd’hui encore nous la célébrons avec une pensée particulière pour nos camarades qui ont laissé leur vie au fond de la mine.

C’est également l’occasion de se retrouver, parler du fond et de boire un bon verre pour faire descendre notre silicose.

Sous la statue de sainte Barbe, vous voyez le panneau Danger Grisou, rappel permanent aux hommes du danger principal régnant au fond, le grisou. Ce gaz, qui se dégage lors de l’abattage du charbon, est incolore, inodore et devient explosible à partir de 5%. Le grisou a malheureusement été la cause de nombreuses catastrophes minières. 

À présent, nous voici dans un chantier de creusement roche. Ces galeries sont exclusivement creusées à l’explosif depuis le puits jusqu’aux veines de charbon et peuvent atteindre jusqu’à sept kilomètres. Ces boyaux sont appelées galeries principales, bowettes, ou encore Richtstrecken.

Le creusement de ces galerie a toujours été pénible et dangereux. Il y faisait très chaud et humide, les chutes de blocs étaient fréquentes et les bruits de forations très intenses. 

Ces galeries serviront au passage de l’air, à l’acheminement des hommes et du matériel vers les chantiers. Des convoyeurs permettant de transporter le charbon vers les puits y seront installés un peu plus tard.

 

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À front du quartier rocher

 

- Nous allons maintenant quitter le quartier rocher pour nous rendre au traçages, aussi appelé galerie au charbon. Les galeries au charbon sont creusées à l’aide de machines de creusement et deviendront les deux voies qui délimiteront la future taille dans la veine de charbon. On les nommera voie de base et voie de tête..

Je vais vous expliquer cela à l’aide du croquis que voici.

 

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Croquis de creusement des galeries au charbon (les traçages).

 

- La machine que vous voyez ici devant le front de charbon est une Alpine Miner100.

C’était l’une des plus performante, elle a une masse de cent tonnes et l’avancement dans le charbon pouvait atteindre vingt mètres par jour.

 

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Machine de creusement traçages charbon

 

- L’ensemble du matériel suspendu à l’arrière de la machine d’une longueur de soixante mètres compose le train d’énergie. Il sert à alimenter la machine en électricité ainsi qu’à apporter de l’air à front puisque nous sommes dans un cul de sac, mais aussi à aspirer toutes les poussières faites lors de l’abattage du charbon.

 

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Train d’énergie du chantier de traçages

 

Plus loin, en face du train d’énergie j’explique à mes visiteurs de manière simplifié le fonctionnement du système de dépoussiérage, de l’alimentation électrique, et bien sûr de la surveillance de l’atmosphère.

 

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Dépoussiéreur Hölter (obligatoire dans les traçages au charbon afin de neutraliser

toutes les poussières de charbon et ainsi limiter les risques du coup de poussière)

 

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Train d’énergie et surveillance de l’atmosphère

 

C’est également à ce moment de la visite que je relate les détails de la dernière catastrophe de 1985 dans le traçage de la veine 18 au puits Simon à Forbach en Moselle, et de celle de Courrière dans le Nord-Pas-de-Calais en 1906. 

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Croquis du chantier de tracages veine 18 étage 1050

 

Il est temps maintenant de laisser derrière nous le chantier traçages pour aller en taille.

- Mesdames Messieurs tout ce que vous avez vu jusqu’à présent étaient les travaux préparatoires du fond. Maintenant je vous propose d’aller découvrir le cœur de la mine, l’abattage du charbon c’est à dire les tailles et leurs particularités. 

 

Nous pénétrons dans un sas intermédiaire de projection de film.  
- Avant de nous rendre dans les tailles je vous invite à visionner ce petit film qui vous permettra de mieux comprendre le risque principal des travaux en souterrains, l’éboulement. Pour l’éviter il fallait un soutènement. Ce film retrace l’évolution du soutènement au fil des décennies et en particulier dans la seconde moitié du vingtième siècle.
 
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Soutènements en tailles basses
 
Après le film sur le soutènement, nous quittons la galerie appelée travers banc et nous nous engageons dans la voie d’accès de la taille, la voie de base.
- La galerie que nous remontons à présent est en fait celle qui a été creusée par la machine que vous avez vu tout à l’heure « L’Alpine 100 » celle avec le dépoussiéreur. Suivez-moi jusqu’à l’entrée de la taille.
Arrivé à l’entrée de la taille je fais placer mon groupe en face du croquis et j’explique en quelques mots le fonctionnement du chantier.
- Dans le cas présent il s’agit d’une taille en plateure c’est-à-dire que la position de la couche de charbon est à plat, à l’horizontale.
 
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Croquis d’une taille en plateure
 
- La longueur du front de la taille entre la voie de base et la voie de tête est de trois cent mètres, les voies d’accès (voie de base et voie de tête) avaient une longueur d’environ mille deux cent mètres, l’équipement du chantier est de toute dernière génération.
Les piles de soutènement s’ouvraient à cinq mètres cinquante de hauteur (d’ouverture) et pouvaient supporter jusqu’à 500 tonnes de pression. La haveuse qui va servir à abattre le charbon « l’Electra 2000 » est une machine de 12m de long avec une masse de 89 tonnes et une puissance de mille sept cent chevaux. Elle fonctionne sous une alimentation de 5000 volts et son rendement pouvait atteindre vingt mille tonnes par jour.
Mise en service en 1995, elle était la plus puissante de toutes les haveuses...
L’Electra 2000 se déplace en faisant des aller-retour sur trois cent mètres, le long du front de taille, et à l’aide de ses deux tambours de 2,40 mètres de diamètre elle va abattre le charbon.
Tout le chantier va se déplacer progressivement à l’aide du soutènement marchand vers les travers bancs. Le vide laissé à l’arrière du soutènement va se combler tout seul, on pratique ici le foudroyage, c’est-à-dire qu’on laisse tout simplement tomber les terrains. Etant donné la pression énorme du toit, cela va très vite.
Et maintenant suivez-moi nous allons entrer en taille pour voir cela de plus près.
À gauche se trouve la veine de charbon à droite le soutènement et en face de nous la haveuse. Au fur et à mesure que le charbon est abattu, l’ensemble du matériel de la taille se déplace de droite vers la gauche.
 
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Machine haveuse Electra 2000 avec piles de soutènement grande ouverture
 
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Haveuse en action dans une taille en plateures.
 
Je laisse mes visiteurs apprécier la puissance du chantier, en écoutant leur commentaire et je les entraîne vers l’autre bout du chantier. Au passage je leur présente Etienne le haveur (conducteur de la machine), j’explique le fonctionnement des différents éléments et leur raconte encore quelques anecdotes vécues dans cette taille.
Nous abandonnons la taille par la voie de tête et débouchons au pied du montage de la taille en semi-dressants. Comme pour le chantier précédant je me sers d’un croquis pour expliquer la méthode de travail.
- Ici nous allons découvrir une autre méthode d’exploitation dans une taille en semi-dressant c’est-à-dire que la position de la couche de charbon est pentue, inclinée entre trente et quarante-cinq degrés.
En voyant ces images, mesdames, messieurs, vous avez sans doute l’impression de revenir au début du 20ème siècle. Et bien non, cette méthode d’abattage dite en attaques multiples, foration et tir à l’explosif dans les chantiers en semi-dressants a été pratiquée presque jusqu’à la fin de l’exploitation charbonnière jusqu’en 1985.
 
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Boiseur préparant le soutènement.
 
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Front de taille après le tir
 
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Croquis d’une taille semi-dressants à attaques multiples.
 
- Les encoches en dents de scies que vous voyez sur le croquis, ce sont les attaques. Tous les 30 m environs sur 5 m de profondeur, deux mineurs vont attaquer la veine par foration-tir. Le charbon extrait tombe par pesanteur dans un convoyeur qui se trouve en contre-bas (il s’agit du trait blanc sur le croquis).
Dans une taille il pouvait y avoir jusqu’à 10 attaques. Le charbon est déversé dans un tubbing situé dans la cheminée d'extraction. Le soutènement du chantier est réalisé en pin. Au fur et à mesure de l'avancée du chantier, le vide laissé est remblayé de sable et d'eau qui fait remonter le plancher. Le travail dans ce type de chantier était très pénible, pratiquement toutes les tâches s’y faisaient manuellement et en plus, la température pouvait atteindre 37 degrés. C’est ici que des milliers de mineurs ont laissé beaucoup de sueur, de souffrances et sans aucun doute aussi une partie de leur santé.
Nous allons emprunter la galerie d’extraction pour pénétrer dans la taille…
 
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Piqueur à l’œuvre après le tir pour évacuer le charbon.
 
En haut de la galerie d’extraction du chantier, nous arrivons en face de la première attaque. Je laisse mes visiteurs s’habituer à l’ambiance et à l’inclinaison de la taille. La taille en semi-dressant.
- Certains de ces chantiers en semi-dressants étaient également utilisés pour la formation des jeunes mineurs, on les appelait les quartiers école.
Tout personnel du fond même moi en tant qu’électromécanicien, devait y passer trois semaines de formation qui consistait à apprendre les rudiments du métier de mineur.
Je vous avoue que c’était la période la plus dure de toute ma carrière au fond.
À l’époque je n’avais que 17 ans et demi, non seulement le travail était très pénible, mais en plus le formateur qu’on appelait monsieur le moniteur (un vrai mineur pur et dur), n’avait aucune sympathie pour les électriciens.
Il ne m’a d’ailleurs jamais appelé Gaston, mais « électricien ou encore par d’autres noms d’animaux bizarres » je vous laisse imaginer les conditions dans lesquelles j’ai passé ces trois semaines.
Cette formation-là je ne l’ai jamais oublié, même qu’à son terme, je voulais quitter la mine… Et pourtant j’y suis resté durant 31 ans. C’est bien la preuve que la mine était quelque chose de bien particulier. Je vous invite maintenant à traverser la taille en direction de la galerie de remblayage puis nous passerons devant les autres attaques et on quittera ce chantier.
Le chemin de sortie du semi-dressant nous conduit dans la salle rouge. Je laisse mon groupe s’installer en face d’un écran de projection.
- La salle rouge est une salle d’exposition d’objets concernant la sécurité du fond de la mine. La sécurité dans les mines, autrefois bafouée, est devenue, grâce à une prise de conscience générale, l’une des préoccupations principales de l’entreprise durant les 30-40 dernières années d’exploitation.
Le film que vous allez visionner, va en effet vous en détailler une partie, c’est-à-dire la surveillance de l’ensemble des installations du fond. Après quoi on vous présentera encore l’explosion de grisou, le coup de grisou, suivi d’un coup de poussière (la catastrophe minière) et tous les moyens mis en œuvre pour l’éviter.  
 
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La salle rouge.
 
Il est temps maintenant d’aller découvrir la troisième et dernière méthode d’exploitation. Nous délaissons la salle rouge pour pénétrer dans la galerie auxiliaire de retour d’air des chantiers en dressants. Avant de monter dans la taille je dirige le groupe auprès d’une maquette.
 
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Maquette chantier dressant en culbute d’aérage
 
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Croquis d’un chantier en dressant en culbute d’aérage
 
- La taille en dressant signifie qu’ici la veine de charbon est dressée à la verticale. Dans les chantiers mécanisés l’abattage du charbon se faisait sur deux ailes opposées à l’aide de deux haveuses appelées ANF, d’une longueur de douze mètres, d’une hauteur de huit mètres et d’une masse de 100 tonnes. Une machine progressait vers la gauche, une autre vers la droite. Chaque aile avait une longueur de trois cent mètres et le charbon était abattu sur une hauteur de six mètres.
Pour le remblayage au sable, comme on peut le voir sur la maquette, la machine passait sur l’autre aile à l’aide d’un pont. Après le remblayage elle repartait pour s’attaquer à une nouvelle couche de six mètres. Les dressants étaient une particularité des houillères de Lorraine puisque nous étions les seuls en Europe à avoir ce type de veines de charbon.
Dans le secteur du puits Simon à Forbach il y avait huit veines de charbon exploitables, elles étaient positionnées les unes à côté des autres, espacées d’environ trente à cent mètres et s’étendaient sur deux kilomètres.
L’exploitation de ces veines se faisait dans deux quartiers avec une vingtaine de machines. Notre position par rapport au croquis est que nous nous trouvons actuellement dans la galerie auxiliaire, et nous allons emprunter le tubbing d’accès pour monter en taille. Nous irons voir l’ANF puis nous quitterons le chantier par le tubbing central pour nous retrouver dans le travers bancs.  
 
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Machine des chantiers dressants l’ANF
 
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Accès du tubbing principal de la taille dans le travers bancs
 
- Ici nous nous trouvons au pied du tubbing principal, c’est par là que l’air arrive en taille, le personnel pour accéder au chantier emprunte les échelles. Une moitié du tubbing est utilisée comme descenseur pour faire glisser le charbon jusque sur le convoyeur à bande. La nacelle ne sert qu’au transport du matériel, elle est interdite au transport du personnel, sauf pour l’évacuation d’un blessé. Dans ce cas de figure particulier, des règles très strictes sont mises en place : Utilisation de civière spéciale, corde de sécurité, accompagnement de la victime par les échelles…
À présent, mesdames et messieurs, nous arrivons au terme de notre visite du fond, et, avant de quitter la mine, permettez-moi encore de vous raconter une petite histoire pour la route. Elle est en quelque sorte la conclusion de mon exposé, et j’en suis sûr c’est celle qui restera gravée dans vos mémoires. L’histoire concerne les rondins de bois qui se trouvent juste là-bas au sol avant la sortie. Ils font partie intégrante de notre musée et leur histoire est intimement liée à celle du mineur. Les gueules noires lui ont voué un tel attachement que ce morceau de bois est même devenu un symbole. Le symbole du mineur.  
 
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Etait-ce une habitude, une coutume, une tradition, ou juste une légende ?
Peu importe, en tous cas à chaque fin de semaine les mineurs, jeunes ou anciens, emportaient chez eux un bout de ce bois. Pourquoi ? Eh bien voilà...
« La fin de l’histoire je vous la ferais connaitre avec grand plaisir lors d’une visite au musée le Mineurs à Petite Rosselle».
 
Nous quittons le fond, il est douze heure cinquante.
La première visite de la journée s’achève. Sur le chemin du retour les discussions vont bon train, certains de mes visiteurs sont encore tout étourdis par ce qu’ils viennent de découvrir. Il est vrai qu’on ne peut pas imaginer sans l’avoir vu, tout ce qui a été mis en œuvre techniquement et humainement pour venir à bout des forces de la nature pour extraire cette houille si chère pendant presque deux cent ans de notre sous-sol mosellan. Des risques, oui, il y en avait, et pas des moindres, mais on les acceptait par tradition dès l’instant où l’on descendait à la mine.
Aujourd’hui il ne reste plus grand-chose de cette gigantesque usine à charbon au cœur de laquelle des milliers d’hommes tels des fourmis ont su faire avancer, coûte que coûte, la taille dans la braise ardente.
Quelques vestiges demeurent, quelques chevalements de-ci de-là se dressent encore fièrement et témoignent d’un passé presque oublié. Personnellement je suis fier d’avoir fait partie de cette corporation, où les mots solidarité et persévérance avaient une signification authentique. Fier également de pouvoir transmettre aux visiteurs du musée de la mine une image vraie de cette grande aventure. Glück Auf !
 
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Petite  photo souvenir : Chantal et Gaston lors d'une visite guidée du musée en août 2017

 

Plus d'infos sur le musée 'Les mineurs Wendel' : Cliquez ici

Découvrez ci-dessous le musée 'Les mineurs Wendel' en vidéo  

(Vidéo Youtube mise en ligne par Cathy Schoumacher)

 


  

 


 

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12/07/2017
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